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Vie économique - Économie internationale

Vers un monde sans croissance ?

Problèmes économiques
N°3133 - Première quinzaine mai 2016

Auteur(s) :

Editeur :

Année d'édition : 2016
Réf. : 3303332031337
64 pages, 21 x 27 cm

5,00

 

Selon les économistes américains, Robert J. Gordon et Larry H. Summers, la période de forte croissance que les économies avancées ont connue au lendemain de la révolution industrielle serait une exception historique. Elles seraient désormais entrées dans une période de « stagnation séculaire », c’est-à-dire de croissance quasi-nulle.

L’ère de la « stagnation séculaire »
Foreign Affairs
Lawrence H. Summers
Après la crise de 2007, beaucoup s’attendaient à ce que la récession particulièrement forte soit suivie d’une reprise rapide aux États-Unis et que la production et l’emploi retrouvent dans un laps de temps relativement bref le niveau qui était le leur avant la crise. En dépit de la politique monétaire agressive de la Réserve fédérale (Fed) américaine, la reprise  n’a pas été à la hauteur des attentes. L’explication tient, selon l’ex-secrétaire au Trésor de Bill Clinton, Lawrence H. Summers, au fait que l’économie américaine serait entrée dans une ère de « stagnation séculaire », due à une propension croissante à épargner et à une diminution de l’investissement. Ce comportement constitue un frein à la demande, réduit la croissance et l’inflation, et fait baisser les taux d’intérêt réels. Dans ces conditions, seule une politique budgétaire expansionniste permettrait de sortir l’économie américaine de la stagnation séculaire.

Les vents contraires défiant la croissance
Centre for Economic Policy Research

Robert J. Gordon
L’économie américaine est aujourd’hui, selon Robert J. Gordon, l’un des économistes américains défendant ardemment le concept de « stagnation séculaire », malmenée par six « vents contraires » : le vieillissement de la population et l’allongement de l’espérance de vie, le creusement des inégalités, le coût de la mondialisation (délocalisations, pression à la baisse des salaires au Nord, affaiblissement de la productivité, etc.) renchéri par internet, un système éducatif moins performant, les contraintes environnementales, et le niveau élevé de l’endettement public. Ce phénomène n’est pas propre aux États-Unis puisqu’il touche également d’autres économies avancées, mais les difficultés auxquelles elles sont confrontées peuvent être de nature différente. Quoi qu’il en soit, ces facteurs négatifs constitueront de véritables freins qui empêcheront, à l’avenir, la croissance américaine de tirer pleinement profit de l’innovation. Le produit intérieur brut (PIB) réel sera ainsi plus faible qu’il ne l’a jamais été sur une période aussi longue depuis la fin du XIXe siècle.

Le progrès technologique fera repartir la croissance
VoxEU

Joel Mokyr
Depuis la Grande Récession de 2008, de nombreux économistes considèrent que le monde est désormais entré dans une longue période de stagnation. Loin de partager ce point de vue, l’auteur estime au contraire que le progrès technologique – en particulier dans des domaines comme l’informatique ou le génie génétique – permettra de retrouver des taux de croissance élevés. À long terme, les effets indirects provoqués par les avancées scientifiques sur la productivité pourraient dépasser nettement les effets directs. Si les progrès technologiques peuvent notamment induire une polarisation du marché du travail, ils peuvent également avoir d’importantes retombées positives dont les statistiques agrégées ne rendent pas compte avec exactitude.

La croissance potentielle, une notion d’avenir
Alternatives économiques

Jacques Adda
Après un bref rebond en 2011, l’activité économique est atone dans la zone euro. Entre 2008 et 2014, en France, le produit intérieur brut (PIB) n’a crû que de 0,1 % à 0,2 % en moyenne par an. Si les États-Unis et le Royaume-Uni s’en sont nettement mieux sortis, leur rythme de croissance est néanmoins en recul par rapport aux années 1990. Dans ce contexte, les gouvernements n’ont de cesse de s’interroger sur la politique à mener pour relancer l’économie. La notion de « croissance potentielle » est ainsi devenue essentielle car elle permet d’évaluer les marges de production inutilisées qui, si elles sont mobilisées, peuvent stimuler l’activité sans qu’il faille craindre  une augmentation trop importante des salaires et des prix. Mais apprécier de façon juste la croissance potentielle d’une économie s’avère délicat dans la mesure où le potentiel de production est une notion dynamique qui dépend notamment des évolutions passées et présentes de l’investissement et de la force de travail disponible.

Quels scénarios pour la croissance économique ?
Commentaire

Alain Bienaymé
L’inexorable épuisement des ressources naturelles et les conséquences de la crise financière de 2008 ont quelque peu assombri les perspectives de croissance, en particulier celles des économies avancées. L’addiction à la croissance et les excès du consumérisme sont désormais dénoncés. La transition démographique n’étant toujours pas achevée dans les pays en développement, une stagnation de la production mondiale entraînerait en effet une chute de 23 % du revenu moyen par habitant. L’auteur attire toutefois l’attention sur le caractère relativement utopique des alternatives au modèle de croissance actuel que seraient la décroissance ou la croissance zéro. Il serait plus opportun de favoriser la croissance « sobre » et « intelligente » plutôt que de se fixer un objectif de croissance nulle.

Également dans ce numéro
 
Les crises de la grande distribution
Revue française de socio-économie

Mathieu Hocquelet, Marlène Benquet, Cédric Durand et Stéphanie Laguérodie
La grande distribution s’est, en France,  profondément transformée depuis la Seconde Guerre mondiale. Entre 1962 et 1969, le nombre de supermarchés a crû d’environ 600 %. Au début des années 1970, la part du chiffre d’affaires du commerce réalisé par la grande distribution représentait 30 % du total (contre 12 % en 1960). Dans les années 1990, ce secteur est devenu oligopolistique ; il compte aujourd’hui six grands groupes qui contrôlent, via leurs centrales d’achat, la vente de plus de 90 % des produits de grande consommation. La naissance de l’hypermarché a contribué à l’émergence d’un capitalisme commercial oligopolistique, fondé sur le modèle fordiste (salarisation et consommation de masse). Mais avec la redéfinition des relations entre les distributeurs et les fournisseurs et la transformation des modes de consommation, l’âge d’or de la grande distribution a pris fin au début des années 2000.

Émirats arabes unis : des gratte-ciel sur le sable
Études

Pierre de Charentenay
Les sept émirats du sud de la péninsule arabique, ont connu, à partir des années 1960, grâce à la manne pétrolière un développement économique spectaculaire. Dubaï est le plus développé et le plus moderne des émirats soutenu par la dynamique du secteur touristique et un transport aérien bon marché. Les bâtiments de grande hauteur et les centres commerciaux géants, y ont, ces dernières années, fleuri en grand nombre, sur fond de  bulle immobilière et d’une forte augmentation de la pollution. Beaucoup plus riche que son voisin, l’émirat d’Abu Dhabi – capitale fédérale des Émirats arabes unis (EAU) - s’est engagé dans un développement  plus diversifié, investissant notamment dans les services médicaux spécialisés, le secteur culturel avec la construction de plusieurs musées et l’éducation supérieure avec l’implantation de plusieurs grandes universités étrangères.  La crise de 2008 a  toutefois montré la fragilité du modèle de développement des EAU dont l’économie  est extrêmement dépendante  de l’extérieur.

Constructeurs automobiles et stratégies d’internationalisation
Gérer et comprendre – Annales des Mines
Pierre Buigues, Denis Lacoste et Maurice Saias
À l’ère de la mondialisation, la question de l’internationalisation des entreprises est un sujet essentiel. L’étude présentée par les auteurs se focalise sur les constructeurs automobiles européens qui ont des stratégies d’internationalisation très différentes. Certaines sont influencées par les avantages spécifiques des entreprises, d’autres le sont par les avantages comparatifs des pays d’origine. L’étude empirique associée montre également la manière dont les modalités de l’internationalisation – exportations ou investissements directs étrangers – codéterminent la performance des constructeurs.

 

 

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2 commentaires

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Francis PONTHIEUX, le dimanche 14 août 2016 18:10:47
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Ouvrage typiquement utile à la connaissance économique sans aucune volonté idéologique ou partisane
Vital Tordeur, le lundi 20 juin 2016 18:08:27

ça progresse : quelques économistes sortent enfin de la mythologie de la croissance infinie. Courage, car toute notre civilisation se fonde sur le schéma unilinéaire du progrès/croissance vers le Paradi/Grand Soir/fin des temps (le temps a-t-il un terminus?)
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