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Communication, médias

Vers une crise du 7e art ?

Problèmes économiques
N°3139 - Deuxième quinzaine 09/16

Auteur(s) :

Editeur :

Année d'édition : 2016
Réf. : 3303332031399
64 pages, 21 x 27 cm

5,00

 

La revue Problèmes économiques présente ici son dernier dossier et remercie ses lecteurs de leur fidélité.

Né à la fin du XIXe siècle, le 7e art est rapidement devenu une activité économique majeure aux États-Unis mais également en France. Le cinéma a, au cours de son histoire, connu de profondes mutations. Aujourd’hui, le succès mitigé des films français dans l’Hexagone ainsi que la stagnation de leur part de marché suscitent une réelle inquiétude pour l’avenir du secteur.

La crise couve dans le cinéma français
Alternatives économiques          

Marc Chevallier
Les bonnes nouvelles concernant le secteur cinématographique français abondent : la fréquentation des salles a augmenté de plus d’un tiers en vingt ans, le public a rajeuni, et les infrastructures d’exploitation sont les plus importantes et les plus denses d’Europe. Mais le succès mitigé des films français dans l’Hexagone ainsi que la stagnation de leur part de marché (35,5 % en 2015, contre 44,5 % en 2014) assombrissent toutefois le tableau. Les difficultés les plus importantes auxquelles fait face le secteur sont : la surabondance – qui se traduit par des problèmes de distribution des films – et la question du financement des productions. La vie commerciale d’un film ne se réduisant pas à sa seule exploitation en salles, les producteurs comptent désormais de plus en plus sur les ressources engendrées par la vente de DVD, la vidéo à la demande (VoD) et le préachat par les chaînes de télévision. Or ces sources de recettes annexes sont à la baisse.

Les spécificités de l’industrie française du cinéma
Le Débat

Olivier Alexandre
Le modèle économique du cinéma français est souvent considéré comme une exception. À l’origine, la taxe spéciale additionnelle (TSA) créée en 1948 pour prélever 11,6 % sur chaque film américain diffusé en France servait à financer, via une redistribution du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC), la production française. La crise de fréquentation dans les années 1980 – le nombre d’entrées a chuté de 201 millions en 1982 à 116 millions en 1992 – a poussé à refondre le système. La création de nouvelles chaînes de télévision a permis de renouveler les sources de financement. Ce qui explique que la production n’ait cessé d’augmenté dans les années 1980 en dépit de l’érosion des entrées en salles.

Désacraliser les salles et développer le e-cinéma
Studio Ciné Live
Entretien d’Éric Libiot avec Vincent Maraval
Le 18 décembre 2012, Vincent Maraval, distributeur de films en France et à l’étranger, a publié une (désormais célèbre) tribune dans Le Monde pour dénoncer les dérives du système de financement des productions françaises. Selon lui, les films sont trop chers en raison notamment des cachets faramineux versés aux vedettes françaises – beaucoup plus élevés que ceux des stars américaines – tandis que, rappelle-t-il, le cinéma français bénéficie de subventions relativement élevées de la part du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC). Les producteurs auraient également trop de pouvoir et ne prendraient, selon lui, pas suffisamment de risques. Dans ce contexte, Vincent Maraval propose de désacraliser les salles, de favoriser le développement du e-cinéma en mettant fin à la diabolisation des plateformes de streaming comme Netflix ou Amazon et de supprmer la loi de chronologie des médias.

Le streaming va-t-il tuer la télévision et le cinéma ?
Les Échos Week-End

Françoise Blind-Kempinski
Fondé en 1997 en Californie, le géant américain du streaming, Netflix, est considéré par beaucoup comme une réelle menace pour le secteur de l’audiovisuel et en particulier du cinéma. Le visionnage en flux continu de longs métrages représente en effet une concurrence directe pour les salles obscures, même si la loi  de chronologie des médias française interdit la diffusion dans l'Hexagone d'un film sur une plateforme de vidéo à la demande par abonnement moins de trois ans après sa sortie en salles. Comment Netflix a pu s’imposer aussi rapidement dans 190 pays ? L’auteur revient sur l’évolution du business model de la firme américaine et sur certaines erreurs réalisées par son PDG charismatique, Reed Hastings.

Netflix, un modèle économique pérenne ?
The New York Times Magazine

Joe Nocera
En dépit de la valorisation de son titre en bourse, Netflix n’a pas convaincu les sceptiques. Ces derniers doutent notamment de la véracité des chiffres publiés par l’entreprise californienne, concernant son activité, – les abonnés regardent-ils vraiment les contenus diffusés par la plateforme ou conservent-ils leur abonnement parce que son prix est raisonnable ? – et n’ont de cesse de souligner la faiblesse des profits de l’entreprise (2 milliards de chiffre d’affaires pour seulement 28 millions de bénéfices). Si Netflix souhaite accroître sa profitabilité, elle sera amenée à augmenter ses tarifs. Reed Hastings, son fondateur, prévoit en effet de le faire, mais il devra alors s’attendre à ce que les chaînes de télévision – qui lui fournissent une partie des contenus – prélèvent un plus grand pourcentage des recettes. La concurrence avec les autres géants du streaming, comme Amazon dont l’offre est davantage éditorialisée, devrait également s’intensifier.

 Également dans ce numéro

Les effets positifs d’El Niño sur l’économie
Finances et Développement

Paul Cashin, Kamiar Mohaddes et Medhi Raissi
Courant côtier saisonnier chaud, situé au large du Pérou et de l’Équateur, El Niño est devenu un phénomène climatique particulier se caractérisant par des températures anormalement élevées des eaux de surface dans la partie orientale de l’Océan Pacifique. Une étude du Fonds monétaire international (FMI) portant sur la période 1979-2013 montre que si l’impact économique de ce phénomène est considérable, ses conséquences sont très variables d’un pays à l’autre. En effet, si l’Afrique du Sud, l’Australie, l’Inde, l’Indonésie, la Nouvelle-Zélande et le Pérou connaissent une baisse de l’activité économique et une hausse des cours des matières premières – particulièrement néfastes pour le secteur agricole –, d’autres pays comme l’Argentine, les États-Unis, le Canada et le Mexique bénéficient de retombées positives, en profitant d’une hausse de la demande mondiale, celle qui n’a justement pas pu être satisfaite.

Les paradis fiscaux à l’ombre de la morale
Études

Étienne Perrot
En 2016,  les « Panama Papers » ont remis au premier plan la question des paradis fiscaux. Cette affaire, révélée au public par l’International Consortium of Investigative Journalists (ICIJ) basé à Washington, désigne la fuite de millions de documents confidentiels issus du cabinet d’avocats panaméen Mossack Fonseca, qui détaillent des informations sur plus de 214 000 sociétés offshore. Diverses études évaluent à  25 500 milliards d’euros, soit plus que la somme des produits intérieurs bruts (PIB) des États-Unis et du Japon, les montants détenus dans les paradis fiscaux ou concernés par l’évasion fiscale. Les places offshore posent de multiples problèmes d’ordres économique, politique et social et soulèvent des questions morales délicates. Les enjeux sont tels que les États et les grandes organisations internationales ont fait, depuis quelques années, de la lutte contre les paradis fiscaux une question absolument prioritaire.

Chômage et santé mentale
Économie et statistique

Sylvie Blasco et Thibault Brodaty
De nombreux travaux de recherche  montrent que les chômeurs présentent un risque plus important  que le reste de la population en termes de troubles psychologiques, de mortalité,  etc. Une  étude récente portant sur la France a cherché à évaluer plus précisément si l’expérience du chômage et sa durée constituaient des facteurs d’augmentation des risques d’apparition de troubles mentaux dits courants comme la dépression majeure et les troubles d’anxiété. Les résultats indiquent que l’expérience du chômage a un effet plus important sur les hommes que sur les femmes. Cette étude vient compléter un ensemble de travaux de recherche déjà très riches sur ce sujet qui plaident à la fois en faveur de l’hypothèse de causalité, c’est-à-dire l’effet causal du chômage sur la santé mentale, et de sélection, c’est-à-dire que les individus dont le capital santé est déprécié sont plus susceptibles d’être et de rester hors de l’emploi.

 

 

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