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Le Brexit, symptôme d’une crise politique britannique, par Agnès Alexandre-Collier

[Le Brexit, symptôme d’une crise politique britannique, par Agnès Alexandre-Collier ], pour plus d'information, consulter la description longue en dessous de cette illustration

Mobilisation pro-européenne à Londres, 25 mars 2017.
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Mis à jour le 19/05/2017

Introduction

Alors que la plupart des sondages prédisaient l’inverse, 52 % des Britanniques ont voté pour le « Brexit » le 23 juin 2016, semblant ainsi mettre un terme à quarante-quatre ans d’une relation houleuse et difficile entre le Royaume-Uni et l’Union européenne. Mais le Brexit sert aussi de révélateur à une crise politique profonde dont les ramifications s’étendent bien au-delà de la question européenne.


Le Brexit, symptôme d’une crise politique britannique

Agnès Alexandre-Collier *

Le référendum britannique du 23 juin 2016 sur la question de l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union européenne a déclenché une onde de choc dans le pays et dans l’ensemble de l'Union européenne(1). Au-delà de la crise économique et politique, que l’on a pu observer à court et moyen terme, il a dévoilé les multiples visages d’un malaise politique sous-jacent et potentiellement explosif. Si les résultats du scrutin ont révélé les fractures profondes de la société britannique, le scrutin en lui-même souligne l’existence d’une triple crise : crise du projet européen ; crise de l’identité britannique liée à la configuration du Royaume-Uni, union politique de quatre nations historiques dont certaines, comme l’Écosse et l’Irlande du Nord, sont travaillées par un désir d’émancipation ; crise de la démocratie représentative et du système politique dans son ensemble, qui perdure aujourd’hui avec une intensité d’autant plus forte que la procédure même du retrait n’a pas été anticipée dans ses détails.

Un scrutin inévitable

Madame Thatchert au Conseil européen de Luxembourg, avril 1980

Margaret Thatcher arrive au Conseil européen de Luxembourg des 27-28 avril 1980 où sera débattue la question de la contribution britannique au budget communautaire

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On ne peut comprendre l’enjeu du scrutin de juin sans mesurer le poids de l’enjeu européen dans la vie politique britannique depuis l’adhésion du pays au Marché commun en 1972. Depuis cette date et même avant, le projet européen, qui engage un débat à la fois économique, politique et constitutionnel, est un facteur d’autant plus clivant qu’il divise presque tous les partis entre eux et en leur sein, notamment les conservateurs et les travaillistes. Au Parlement, les Libéraux-Démocrates restent le seul parti dont l’engagement pro-européen a été relativement constant.

La question pèse d’autant plus lourdement qu’il existe au Royaume-Uni un décalage très net entre l’obsession que nourrissent les partis pour le sujet, alimentée par la presse populaire de Rupert Murdoch particulièrement virulente depuis les années 1990, et l’indifférence hostile de l’opinion publique – communément qualifiée de « consensus permissif » – envers les élites et caractérisée par le fait que l’enjeu européen a longtemps figuré en bas de la liste des préoccupations des électeurs, loin derrière l’économie, l’immigration ou les services publics.

Le tournant des années 1990

La fin des années 1980 et le début des années 1990 constituent un tournant majeur à la fois dans l’histoire de la construction européenne, avec la chute du mur de Berlin et la fin de la guerre froide, et dans l’histoire politique du Royaume-Uni. En premier lieu, c’est une période où commencent à s’affronter deux projets européens : celui de Margaret Thatcher qui effectue un virage eurosceptique dans la seconde partie des années 1980, au moment où la question d’une Europe politique et monétaire est au cœur de l’agenda européen, et celui de Jacques Delors président de la Commission européenne. S’ensuit alors une polarisation autour d’une vision néolibérale et d’un projet social-démocrate qui se répercute de manière conflictuelle sur le paysage politique britannique.

En second lieu, le traité de Maastricht (1993) consacré à la création d’une union politique, économique et monétaire a fait l’objet d’une ratification à la fois longue (dix-huit mois environ) et particulièrement tumultueuse au Parlement. Elle s’effectue au prix d’un clivage d’autant plus profond chez les conservateurs au pouvoir, sous le gouvernement de John Major, qu’il s’accompagne d’une gronde croissante dans l’opinion qui se sent muselée et tenue à l’écart d’un débat pourtant essentiel pour l’avenir du pays. C’est pendant la ratification du traité de Maastricht que se crée une multitude de groupes de pression(2), parmi lesquels le United Kingdom Independence Party ou UKIP(3), fondé par un universitaire de la London School of Economics, Alan Sked, pour lutter contre la ratification du traité.

À la fin des années 1990, on trouve un New Labour qui, sous l’influence de Tony Blair, devient officiellement pro-européen, tout en manifestant un attachement sans faille à la relation spéciale avec les États-Unis, et un Parti conservateur qui, dans l’opposition, devient de plus en plus eurosceptique et fait de la question d’un référendum – la nécessité de consulter le peuple – un leitmotiv. L’hypothèse d’un référendum est alors envisagée pour des enjeux comme l’adoption de la monnaie unique européenne, le traité constitutionnel européen de 2005, mais reste tabou en ce qui concerne l’appartenance à l’Union européenne.

L’euroscepticisme britannique se renforce à partir d’un rejet du fédéralisme européen, mais ses partisans entendent se garder d’un anti-européanisme xénophobe. Seuls quelques eurosceptiques au sein du Parti conservateur, comme Norman Lamont – dont le futur Premier ministre David Cameron a d’ailleurs été le conseiller –, envisagent la perspective de remettre en question l’appartenance du pays à l’Union européenne, au motif que l’Union désormais politique engendrée par le traité de Maastricht ne correspond plus au projet de Marché commun auquel le pays a adhéré au début des années 1970.

C’est pendant cette période – la fin des années 1990 et le début des années 2000 – que l’UKIP gagne du terrain avec une rapidité foudroyante au Parlement européen, devenant en l’espace de vingt ans le premier parti britannique représenté à Strasbourg (3 sièges en 1999 puis 24 en 2014), alors même que le mode de scrutin majoritaire uninominal à un tour aux élections législatives britanniques lui interdit l’accès au Parlement de Westminster, du moins jusqu’en 2015, quand il finit par obtenir un siège.

Le retour des conservateurs

L’élection, le 6 décembre 2005, de David Cameron à la tête du Parti conservateur représente un espoir de reconquête pour un parti dans l’opposition depuis 1997. Celui qui se présente comme le candidat de la modernité sur des questions sociétales, comme l’union entre conjoints de même sexe(4), n’est pas représentatif des factions dominantes du parti, parmi lesquelles la faction eurosceptique avec laquelle il engage des tractations en échange des réformes économiques et sociales qu’il envisage d’introduire. Il promet un positionnement ouvertement eurosceptique qu’il confirme en juin 2009 en retirant, par exemple, le groupe des conservateurs du groupe du Parti populaire européen (PPE) à Strasbourg.

En mai 2010, Cameron prend la tête d’une coalition gouvernementale avec le seul parti ouvertement pro-européen de l’échiquier politique, les Libéraux-Démocrates, mais s’aliène les plus eurosceptiques de ses députés qui engagent une série de rébellions parlementaires massives. Ces rébellions se produisent à l’heure où le gouvernement, enferré dans un plan d’austérité budgétaire sans précédent, a besoin au contraire d’une majorité solide pour faire passer des mesures qui s’annoncent très impopulaires et où le Parti conservateur est déjà fragilisé par l’absence de majorité absolue qui l’a contraint à former cette coalition avec les Libéraux-Démocrates.

Appuyée par une série de pétitions en ligne, la rébellion d’octobre 2011 qui oppose le Premier ministre à près du quart du groupe parlementaire conservateur (81 sur 306) porte sur la question cruciale d’un référendum devenu dès lors impossible à éviter.

La campagne référendaire : promesses, mensonges et trahisons

Les négociations

Nigel Farage et Jean-Claude Juncker au Parlement européen, 2016

Nigel Farage et Jean-Claude Juncker au Parlement européen, 2016.

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C’est en janvier 2013, à l’occasion du discours de Bloomberg, que le Premier ministre annonce la tenue d’un référendum d’ici à 2017. L’ouverture assez tardive des négociations avec les partenaires européens est accélérée par l’annonce d’une date arrêtée au 23 juin 2016. De retour de Bruxelles, D. Cameron présente les différents engagements qu’il réussit à obtenir de ses partenaires européens :

– une dérogation unilatérale à l’« Union sans cesse plus étroite» entre les peuples d’Europe ;

– une protection de la City contre les discriminations des pays hors de la zone euro ;

– une suspension des allocations aux immigrés ;

– un frein d’urgence pour l’immigration.

Soucieux de présenter ces acquis comme une victoire sans précédent afin de défendre le maintien de son pays dans l’Union, le Premier ministre occulte les critiques selon lesquelles ses exigences auraient été calibrées pour être acceptées d’emblée par les partenaires. Il est vrai, par exemple, que la lutte contre la bureaucratie et la suspension des allocations étaient déjà à l’étude par la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE).

La campagne

La campagne s’articule autour de deux camps rassemblant différents partis qui s’avèrent loin d’être unifiés et solidaires. Le camp du maintien (Britain Stronger in Europe) regroupe les conservateurs proches du gouvernement, les travaillistes, les Libéraux-Démocrates, le Scottish National Party écossais, le Plaid Cymru gallois et les Verts, ainsi que la plupart des principaux syndicats, les banques et des entreprises multinationales comme Shell ou BT (British Telecom).

Le camp des partisans du retrait se scinde quant à lui autour de deux groupes concurrents : le groupe Vote Leave, reconnu comme le représentant officiel des partisans du Brexit et dominé par des ténors conservateurs qui se sont désolidarisés de la position gouvernementale – Michael Gove puis l’ancien maire de Londres, Boris Johnson – ainsi que par les unionistes d’Ulster, et le Leave.EU porté par l’UKIP. Celui-ci est dominé par la figure de Nigel Farage omniprésent dans les médias, en particulier dans les débats télévisés qui lui confèrent une légitimé inégalée alors que l’UKIP n’a qu’un seul député à Westminster.

Excentrique et populaire, N. Farage, qui se présente comme l’Anglais moyen auquel s’identifient un grand nombre d’électeurs, notamment travaillistes, chez les ouvriers et les employés(5), circule en car en affichant des promesses qui s’avéreront fantaisistes et impossibles à satisfaire, comme par exemple l’engagement selon lequel 350 millions de livres sterling seraient immédiatement reversés au système de santé britannique en cas de sortie du pays de l’Union européenne.

Dans un camp comme dans l’autre, les arguments principaux tournent autour de l’économie, de la souveraineté nationale, du poids de la réglementation européenne et tout particulièrement de l’immigration et de la sécurité des frontières, inquiétude majeure des électeurs britanniques accentuée par la crise des migrants qui coïncide avec la campagne.

De fait, celle-ci est placée sous le signe non seulement de la violence physique – avec la mort de la députée travailliste et europhile Jo Cox, assassinée par un déséquilibré, qui a abouti à une suspension de la campagne pendant trois jours –, mais également verbale. Le camp du retrait est accusé de mensonges concernant l’immigration ou les services publics et celui du maintien de catastrophisme, d’improvisation et d’apathie dans la mesure où les deux leaders des principaux partis sont perçus comme très peu crédibles pour porter le message du maintien du pays dans l’Union. Jeremy Corbyn, le leader du Labour Party, qui fut l’un des leaders travaillistes de la rébellion anti-Maastricht, a refusé, de surcroît, d’être associé aux conservateurs au sein du camp trans-partisan du maintien.

Les résultats

Annoncés le lendemain matin, les résultats du référendum – dont le taux de participation atteint le niveau record de 72,21 % – indiquent que 51,89 % des électeurs britanniques ont voté pour la sortie de leur pays de l’Union et 48,11 % pour le maintien, révélant des lignes de fracture profondes, à la fois géographiques, sociodémographiques et économiques.

Face à l’Angleterre et au pays de Galles, l’Écosse et l’Irlande du Nord ont en majorité soutenu le maintien du pays (62 % des électeurs écossais et 55,8 % des électeurs nord-irlandais), Londres et les grandes villes également, tandis que les partisans du Brexit se sont concentrés dans les circonscriptions du nord-est de l’Angleterre et sur la côte, mais aussi dans les bastions ouvriers du Parti travailliste, comme Birmingham ou Sheffield.

Ainsi a-t-on pu observer que le référendum du Brexit renvoyait dos à dos le peuple contre l’élite, les petits partis contre les partis traditionnels, les métropoles contre les régions désindustrialisées, l’Écosse contre l’Angleterre... Ces clivages politiques reflètent des fractures qui ont remis en cause l’unité du système politique et les certitudes constitutionnelles.

Les effets immédiats

L’effet de surprise est tel que, dès le lendemain, la livre sterling s’effondre et les investisseurs étrangers annoncent leur retrait des projets qu’ils avaient conçus avant le référendum. En réalité, les effets sont mécaniques, liés à l’instabilité des marchés, et les économistes ne tardent pas à prédire une atténuation des conséquences, voire une reprise des investissements.

Mais les effets les plus profonds se révèlent politiques. Le Premier ministre David Cameron annonce sa démission immédiate. S’ensuit une guerre de succession qui oppose les deux ténors du « Leave », Michael Gove et Boris Johnson – ainsi qu’Andrea Leadsom rendue populaire par les débats télévisés – dans le camp des « brexiters », à la ministre de l’Intérieur Theresa May qui avait fait campagne pour le maintien au côté du Premier ministre.

La campagne pour l’élection du nouveau leader conservateur apparaît dès lors comme un enchaînement de coups bas et de coups de théâtre qui conduisent au retrait des trois principaux candidats issus du camp du Leave, laissant Theresa May, seule candidate en lice, remporter l’élection. Cette désignation court-circuite ainsi le vote des adhérents qui aurait été symbolique mais tout de même essentiel pour asseoir la légitimité du nouveau Premier ministre.

Les multiples visages d’une crise politique

Signature par Ernest Davies de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et libertés fondamentales

Signature par Ernest Davies, sous Secrétaire d'Etat pour les Affaires étrangères en remplacement de M. Ernest Bevin, Ministre des Affaires étrangères du Royaume-Uni, de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et libertés fondamentales (Convention européenne des droits de l’homme), le 4 novembre 1950.

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Les ramifications du référendum sont cependant bien plus amples et potentiellement destructrices. Le Brexit a en effet dévoilé les multiples visages d’une crise politique sans précédent et les défis qui attendent encore le gouvernement de Theresa May.

Une crise constitutionnelle

En premier lieu, la décision d’organiser un référendum sur la question de l’appartenance à l’Union européenne a ouvert un débat constitutionnel qui va bien au-delà de la question européenne. Le choix de l’outil référendaire, que Margaret Thatcher considérait comme « l’arme des dictateurs et des démagogues », est en effet loin d’aller de soi dans une démocratie entièrement fondée sur le principe constitutionnel de la souveraineté parlementaire.

Or, depuis l’arrivée au pouvoir de David Cameron, on observe un usage sans précédent de cette procédure, puisque pas moins de trois référendums ont été organisés par le gouvernement en cinq ans : le premier sur le mode de scrutin le 5 mai 2011, puis sur l’indépendance écossaise le 18 septembre 2014 et enfin celui du 23 juin 2016. Cette nouvelle orientation révèle un changement important dans la pratique gouvernementale et, dans le cas de ce dernier référendum, une tension entre le sacro-saint principe constitutionnel de souveraineté parlementaire et la place que le référendum confère au peuple.

S’y ajoute le paradoxe selon lequel les eurosceptiques qui ont exigé la tenue d’un référendum sont précisément ceux qui critiquent les institutions supranationales européennes au motif que seul le Parlement national (Westminster) est souverain.

Une crise identitaire

En second lieu, l’unité constitutionnelle du Royaume-Uni, union politique de quatre nations historiques – l’Angleterre, l’Écosse, le pays de Galles, l’Irlande à l’origine puis l’Irlande du Nord à partir de 1921 –, ressort ébranlée de ce scrutin qui relance la question de l’indépendance écossaise et celle de la frontière entre l’Irlande du Nord et l’Irlande du Sud. Au-delà de l’enjeu européen, c’est donc toute la question de l’identité même et de la configuration historique du Royaume-Uni que pose le Brexit.

Une crise de la démocratie représentative

Enfin, le référendum a révélé l’ampleur d’un profond malaise illustré par l’émergence d’un nouveau populisme, sous les traits de l’UKIP qui, au-delà de la question européenne, lutte contre l’immigration et pour la sécurité des frontières nationales au nom des intérêts de ceux qu’il définit comme les laissés-pour-compte de la mondialisation.

L’UKIP s’affiche comme le nouveau parti du peuple contre l’élite, notamment celle des partis traditionnels, et interprète le résultat du scrutin comme un désaveu de la classe politique élue à Westminster, puisque plus de 60 % des députés, tous partis confondus, ont déclaré avoir voté pour le maintien du pays au sein de l’Union européenne.

La césure entre l’élite et le peuple, que semble avoir dévoilée le référendum, est également illustrée par la crise qui secoue le Parti travailliste, dont le dirigeant Jeremy Corbyn, porté par la base – les sympathisants affiliés désormais autorisés à voter pour le dirigeant –, se heurte à la grande majorité des députés dont seulement 35 sur 200 le soutiennent. Jeremy Corbyn, ayant fait campagne du bout des lèvres pour le maintien, après avoir longtemps milité contre le projet européen, est accusé de n’avoir pas su représenter la position officielle du Parti travailliste, alors qu’il prétend au contraire représenter un électorat ouvrier, historique, qui paraît se détourner de plus en plus du Parti travailliste.

Les réactions des partenaires européens ne se sont pas fait attendre face au Brexit. Au contraire du président français François Hollande et de la chancelière allemande Angela Merkel, décidés à faire preuve d’intransigeance, des responsables politiques à l’extrême droite de l’échiquier politique, comme Marine Le Pen en France et Geert Wilders aux Pays-Bas, ont appelé à l’organisation de référendums semblables dans leur pays. L’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis a aussi été par la suite présentée comme le signe d’un rapprochement entre les deux pays.

Mais au lendemain du scrutin du 23 juin 2016 s’est ouverte une période d’incertitude quant aux options qui s’offrent au Royaume-Uni. Par manque d’anticipation – on pourrait même parler d’improvisation –, aucun scénario post-Brexit n’avait été véritablement envisagé par David Cameron, sans doute trop confiant dans sa capacité à convaincre les Britanniques du bien-fondé du maintien du royaume dans l'Union.

À la suite du résultat du référendum, le clivage autour de l’appartenance à l’Union européenne a laissé la place à un débat animé autour du type de retrait envisagé, les partisans d’un retrait modéré (« soft Brexit ») souhaitant leur maintien dans le marché unique, les défenseurs d’un retrait radical (« hard Brexit ») préférant distendre les liens avec l’Union et, par-delà, redéfinir la position du pays sur la scène internationale, en promouvant notamment des relations plus étroites avec des pays de « l’Anglosphère » comme l’Australie, le Canada, la Nouvelle-Zélande, l’Afrique du Sud et les États-Unis.

*Agrégée d’anglais et docteur en science politique de l’Institut d’études politiques de Paris, est professeur de civilisation britannique contemporaine à l’université de Bourgogne-Franche-Comté (Dijon) et spécialiste des relations entre le Royaume-Uni et l’Union européenne et de la vie politique britannique.

Notes :

(1) Pauline Schnapper, « Le Royaume-Uni face aux préparatifs du Brexit », P@ges Europe, 12 avril 2017, DILA © La Documentation française
(2) Agnès Alexandre-Collier, La Grande-Bretagne eurosceptique ? L’Europe dans le débat politique britannique, Éditions du Temps, Paris, 2002.
(3) Karine Tournier-Sol, « Reworking the Eurosceptic and Conservative Traditions into a Populist Narrative: UKIP’s Winning Formula ? Journal of Common Market Studies vol. 53, n° 1, janvier 2015, p. 140-156.
(4) Agnès Alexandre-Collier, Les Habits neufs de David Cameron. Les conservateurs britanniques (1990-2010), Presses de Sciences Po, Paris, 2010.
(5) Rob Ford et Matthew Goodwin, Revolt on the Right: Explaining Support for the Radical Right in Britain Routledge, Londres et New York, 2014.

*Agrégée d’anglais et docteur en science politique de l’Institut d’études politiques de Paris, est professeur de civilisation britannique contemporaine à l’université de Bourgogne-Franche-Comté (Dijon) et spécialiste des relations entre le Royaume-Uni et l’Union européenne et de la vie politique britannique.

Bibliographie :

Agnès Alexandre-Collier :

La Grande-Bretagne eurosceptique ? L’Europe dans le débat politique britannique, Éditions du Temps, Paris, 2002.

– « Le phénomène eurosceptique au Royaume-Uni », Outre-Terre, vol. 41, n° 4, 2014, p. 100-112.

Thierry Chopin et Christian Lequesne (dir.), Brexit : un compromis possible entre le Royaume-Uni et les États membres de l’UE ? Fondation Robert Schuman, CERI, 19 octobre 2015 (PDF 397 Ko)

Pauline Schnapper, Le Royaume-Uni doit-il sortir de l’Union européenne ? Collection Réflexe Europe, La Documentation française, Paris, 2014.

Cet article a été publié dans la revue Questions internationales. Pour citer cet article :  Agnès Alexandre-Collier , Le Brexit, symptôme d’une crise politique britannique, Questions internationales, n°83 janvier- février 2016, p.98-104, DILA © La Documentation française

 

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