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Avenirs des métiers : rapport du groupe "Prospective des métiers et qualifications"

Auteur(s) :

Editeur :

  • La Documentation française

Date de remise : Décembre 2002
189 pages

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La structure démographique de la France va profondément se modifier dans les prochaines années alors même que l'environnement socio-économique évolue rapidement. C'est dans ce contexte que le groupe "Prospectives des métiers et qualifications" du Commissariat général du plan présente les perspectives d'évolution des ressources en main d'oeuvre tant sur le plan quantitatif que qualitatif . Le présent rapport comporte trois parties. La première est organisée autour d'un diagnostic dont les principaux enseignements suggèrent des changements importants de comportements tant individuels que collectifs. On trouvera ensuite une présentation des priorités stratégiques parmi lesquelles le relèvement du taux de l'emploi. Enfin, une réflexion est proposée sur l'avenir du groupe "Prospectives des métiers et qualifications" autour de trois scénarios possibles.


SOMMAIRE
Avant propos
Introduction générale

Chapitre I Eléments de diagnostic

1. L'évolution de la population active
1.1. Les perspectives démographiques
1.2. Les projections de la population active à l'horizon 2010
1.3. Les taux d'activité et leurs déterminants

2. Les besoins de l'économie
2.1. Les besoins de l'économie en matière de niveaux de formation
2.2. L'évolution de l'emploi
2.3. L'évolution de l'emploi dans le secteur des technologies de l'information et de la communication

3. Le rôle des TIC dans les transformations des organisations et les évolutions des métiers
3.1. TIC et organisation : la fin d'un modèle de référence unique
3.2. Les transformations des métiers impliquées par les TIC et les réorganisations du travail
3.3. L'impact des TIC sur les compétences
3.4. Les actions de formation dans le domaine des TIC

4. Les transformations des mobilités
4.1. Les déterminants de la mobilité
4.2. Les modifications des trajectoires des individus
4.3. Les perspectives ouvertes par l'évolution des mobilités professionnelles

5. Les principaux enseignements

Chapitre II Priorités stratégiques et propositions

1. Les priorités stratégiques
1.1. Les entreprises à un carrefour
1.2. Une priorité impérative : le relèvement du taux d'emploi

2. Les besoins de connaissance
2.1. Continuer la réflexion sur les mobilités professionnelles
2.2. Approfondir le débat sur la nature du travail non qualifié
2.3. Aller plus loin dans la réflexion sur les qualifications, les compétences et le développement de la formation

3. La méthode : impliquer tous les acteurs
3.1. Les attentes.
3.2. Les modalités d'action
3.3. Permettre l'appropriation des travaux prospectifs par des actions de communication

Chapitre III Développement des travaux et avenir du groupe " Prospective des métiers et qualifications "

1.1 Objectifs fixés par le Premier ministre et mode de fonctionnement du groupe
1.1. Rappel du mandat originel
1.2. Objectifs et activités du groupe actuel
1.3. Politique de communication du groupe

2. Les expériences étrangères de prospective de l'emploi, des métiers et qualifications

3. L'avenir du groupe " Prospective des métiers et qualifications " : trois scénarios alternatifs
3.1. Maintien du fonctionnement actuel du groupe selon des modalités informelles
3.2. Création d'un Groupement d'intérêt public (GIP) sur la prospective des métiers et qualifications
3.3. Création d'une mission " Prospective des métiers et qualifications " pour une période de cinq ans

ANNEXES
Annexe 1 : Composition du groupe plénier
Annexe 2 : Perspectives d'emploi
Annexe 3 : Glossaire
Annexe 4 : Contributions des partenaires sociaux









Synthèse
Avenirs
des métiers : rapport du groupe "Prospective des métiers et
qualifications"
Claude
SEIBEL, Christine AFRIAT
COMMISSARIAT GENERAL DU PLAN
Décembre
2002

Le groupe de " Prospective des métiers et qualifications ", créé en 1997, a
été renouvelé par le Commissariat général du Plan, à la suite de la mission
qui m'a été confiée par le Premier ministre le 6 mars 2000, en vue d'éclairer
le champ des possibles en matière d'évolution des ressources en main-d'ouvre
de notre pays, tant sur le plan quantitatif que qualitatif.

Pour atteindre cet objectif, le groupe de prospective a mené trois investigations,
confiées à des " Ateliers " : la première sur les conséquences de l'évolution
démographique pour le renouvellement des professions et la dynamique du marché
du travail ; la seconde sur les conséquences de la diffusion des technologies
de l'information et de la communication (TIC) sur les emplois ; la troisième
sur les mobilités professionnelles, en analysant la nature de leurs transformations
depuis vingt ans et les déterminants qui influencent aujourd'hui les trajectoires
individuelles. Le rapport du groupe plénier, qui doit beaucoup au travail remarquable
de son rapporteur général Christine Afriat, chargée de mission au Service des
Affaires Sociales du Commissariat général du Plan, fait, dans sa première partie,
la synthèse des travaux conduits par ces trois ateliers, qui seront publiés
à l'automne . La seconde partie tire les principaux enseignements du diagnostic
que ces travaux ont permis d'établir, diagnostic qui appelle des changements
importants dans les comportements collectifs ; elle propose des orientations
stratégiques pour renouveler et accroître la population active ; elle esquisse
ensuite un programme de travail en vue de poursuivre et d'approfondir les analyses
produites dans ce cadre ; elle suggère des modalités d'action destinées à sensibiliser
et, plus ambitieusement, à impliquer tous les acteurs concernés. La dernière
partie aborde la question du devenir du groupe de prospective lui-même.

Avant de restituer les principaux éléments de diagnostic et de proposition contenus
dans le rapport de synthèse, il est essentiel de souligner les défis démographiques
que nous aurons à relever dans un proche avenir. Les bouleversements de la population
active qu'entraîneront les départs en retraite des générations importantes de
l'après-guerre sont aujourd'hui mieux perçus, mais la conséquence souvent prédite
d'une baisse mécanique du chômage ne va pas de soi. Comme le montrent les évolutions
connues par certains pays européens voisins, il n'y a pas de relation directe,
automatique, entre la baisse de la population active et la baisse du chômage.
Or, si l'action publique se fonde sur des anticipations erronées ou si les comportements
des acteurs ne s'adaptent pas à la situation nouvelle, il existe un risque que
l'emploi soit fortement touché par la baisse de la population active : soit,
les partants ne seront pas remplacés dans certaines spécialités ; soit, les
difficultés de recrutement conduiront à des hausses salariales qui limiteront
l'emploi ; soit, enfin, pour certains segments de la production, des décisions
de délocalisation seront accélérées en réponse à des pénuries de main-d'ouvre.
Certes, les difficultés conjoncturelles actuelles exacerbent l'ampleur des restructurations
de certaines branches industrielles et polarisent le débat sur les problèmes
économiques du court terme. Pourtant, elles rendent encore plus nécessaire de
préparer l'avenir puisque le risque est de voir, à terme, coexister des pertes
d'emplois dans les secteurs les plus exposés et d'importants besoins de renouvellement
qu'il faut prendre en considération dès aujourd'hui. Ce sont ces défis qui sont
au cour de l'analyse et des propositions du groupe de " Prospective des métiers
et qualifications " : les relever demandera une prise de conscience et des efforts
considérables de la part des partenaires sociaux, des chefs d'entreprises et
des pouvoirs publics.

Les principaux éléments du diagnostic Prospective et démographie de la population
active : des situations diversifiées, des tensions prévisibles à court et moyen
termes

Le groupe a bénéficié de travaux importants conduits par la DARES (ministère
du Travail) et la DPD (ministère de l'Éducation nationale). Fondés sur des hypothèses
analogues de croissance économique située entre + 2,4 et + 3 % par an sur la
période des dix années à venir, ils font apparaître des créations nettes d'emplois
qui s'élèveraient à 2,8 millions dans l'hypothèse la plus favorable et à 1,2
million pour l'hypothèse la plus basse. Les créations d'emplois profiteraient
essentiellement au secteur tertiaire, mais les secteurs industriels et la construction
renoueraient également avec la croissance, notamment dans l'hypothèse la plus
favorable. L'évolution du chômage est naturellement plus favorable dans l'hypothèse
haute : le taux de chômage se situerait entre 5 et 6 % ; il se réduirait à 8
% environ dans l'hypothèse basse. Pourtant, les embauches nettes seront beaucoup
plus élevées du fait des flux attendus de départs en retraite à partir de 2005-2006.
Entre 2000 et 2005, environ 480 000 personnes et entre 2005 et 2010, 650 000
personnes par an en moyenne partiront à la retraite. Tous les secteurs ne seront
pas cependant confrontés de la même manière à ce phénomène. Si les métiers de
l'enseignement et de la fonction publique, de la formation, de la santé, des
banques et des assurances, des professions juridiques connaîtront des besoins
de recrutement importants, les métiers de l'hôtellerie-restauration, de l'alimentation,
du bâtiment et des travaux publics enregistreront des départs à la retraite
situés dans la moyenne. En revanche d'autres secteurs, comme les métiers des
études et de la recherche, de l'informatique, des services aux particuliers
connaîtront des tensions sur le marché du travail dues essentiellement à leur
dynamique propre de développement. Malgré la diversité des situations, des tensions
ne manqueront donc pas d'apparaître dans les années qui viennent .

Une diffusion généralisée des technologies de l'information et de la communication
(TIC) dans la majeure partie des métiers

Si la création nette d'emplois liée directement aux technologies de l'information
et de la communication devrait se poursuivre à un rythme voisin de celui du
passé, la diffusion de ces technologies dans les organisations de travail modifiera
profondément les postes de travail et agira, dès lors, sur l'évolution des métiers
: innovations technologiques et innovations organisationnelles transforment
en effet les logiques de métiers préexistantes. Certes de nouveaux métiers émergent,
de nouvelles compétences et de nouvelles fonctions sont mises en ouvre. Mais
les métiers totalement nouveaux sont rares. Lorsqu'apparaît une nouvelle profession,
elle naît le plus souvent de l'hybridation de compétences relevant de champs
professionnels initialement distincts, comme dans le cas des " bio-informaticiens
". Les " vieux métiers " résistent dans leurs identités à l'arrivée des nouveaux
outils, ils modifient certes les pratiques professionnelles mais ne disqualifient
pas nécessairement les savoirs de base du métier. L'élargissement des compétences
requises pour l'exercice d'un métier nécessite de nouveaux concepts, de nouvelles
qualifications L'opposition entre " anciens " et " nouveaux " métiers est, dans
le nouveau contexte, réductrice : au concept de " nouveaux métiers ", il est
proposé de substituer celui de " nouvelles logiques professionnelles ", entendues
comme de nouvelles combinaisons de connaissances, de compétences et de caractéristiques
de champs professionnels autrefois considérés comme distincts, exprimant de
nouveaux rapports à l'organisation et au marché du travail. L'accent mis sur
la polyvalence des postes de travail traduit cet élargissement des compétences
requises au-delà de la maîtrise des outils techniques nécessaires à l'exercice
de chacun des métiers : la plupart des postes de travail, notamment dans les
activités de services, nécessitent des compétences " techniques ", des compétences
" organisationnelles " et des compétences de " marché " . Leur reconnaissance
dans une qualification redéfinie est un des enjeux de l'avenir, quelles que
soient les modalités de leur acquisition ( formation initiale ou formation tout
au long de la vie, formation informelle ou " sur le tas ", expérience professionnelle,
expérience sociale ).

Dynamique du marché du travail et mobilités professionnelles : un contexte
et des mouvements favorables, qu'il faudra cependant accompagner

L'ampleur des mobilités, qu'il s'agisse des changements d'emploi, d'entreprise,
de secteur, de catégorie socioprofessionnelle, est fortement dépendante de la
conjoncture économique : plus les créations d'emploi sont importantes, plus
les mobilités sont nombreuses. La montée des emplois précaires amplifie ce phénomène,
contribuant en particulier au développement de la mobilité entre entreprises.
Le rôle de la formation dans l'évolution des carrières des individus se transforme.
L'importance des diplômes de formation générale pour progresser sur le marché
du travail s'en trouve renforcée. Les promotions internes se ralentissent. La
possibilité de changer d'emploi à l'issue de la formation est moins probable.
Dans le contexte macro-économique actuel, le marché du travail va connaître
des mouvements importants, susceptibles de faire évoluer favorablement la situation
des individus, qui devraient profiter de l'amplification des mobilités professionnelles.
Pourtant, celles-ci devront faire l'objet d'un accompagnement approprié, car
si les individus dotés de qualifications élevées peuvent tirer aisément parti
de leur mobilité, les autres ne doivent pas être laissés à l'écart. Il s'agit
notamment des salariés de faible qualification scolaire initiale mais dotés
d'une longue expérience professionnelle, qui doivent permettre de satisfaire
les besoins de renouvellement de la population active dans l'industrie et dans
les services. La mise en ouvre de la validation des acquis de l'expérience (VAE),
ciblée sur cette catégorie, serait pour eux un atout considérable. Les propositions
du groupe de prospective Répondre aux défis de l'avenir pour renouveler et accroître
la population active constitue la trame des propositions stratégiques d'action
contenues dans la deuxième partie du rapport. A ces priorités stratégiques sont
liées des propositions d'approfondissement des connaissances et de stimulation
des initiatives d'information et de communication en direction des acteurs économiques
et sociaux les plus directement concernés. · Face au départ massif de certaines
générations de salariés à la retraite, les entreprises auront le choix entre
l'accentuation des gains de productivité, l'embauche de jeunes, la promotion
interne fondée sur des politiques de formation. Leur comportement dépendra des
perspectives de croissance et de rentabilité, de l'environnement institutionnel,
de leur prise de conscience vis-à-vis des problèmes structurels du pays. Les
entreprises vont devoir s'interroger de façon plus précise et mieux informée
sur les compétences dont elles vont avoir besoin : il est donc indispensable
" d'opérationnaliser " les décisions au plus près du terrain (branches, régions,
entreprises) pour anticiper les besoins de renouvellement (quantitatifs et qualitatifs)
de leurs ressources en main-d'ouvre. Le groupe de prospective préconise de "
redynamiser les études prospectives de métiers par branche ou par région ".
Ce relais des études nationales par des travaux décentralisés existe déjà dans
certaines branches (assurances, fonction publique, télécommunication, transport
aérien .) et dans certaines régions, mais il est temps d'étendre en profondeur
ces démarches. Il est indispensable de constituer avec ces partenaires un réseau
d'organismes articulés sur les branches ou sur les régions pour impulser ces
travaux de prospective et pour préparer l'avenir dans ces domaines. · Le deuxième
grand chantier, qui implique les partenaires sociaux et les pouvoirs publics,
concerne l'augmentation des ressources en main-d'ouvre par le relèvement du
taux d'emploi. Certaines de ces actions sont déjà définies par les politiques
européennes de l'emploi. Il s'agit de favoriser le retour à l'emploi de ceux
qui en sont exclus, de maintenir dans l'emploi les salariés âgés, de définir
une politique maîtrisée d'immigration d'actifs en lien avec les pays de l'émigration,
de favoriser une meilleure insertion des jeunes en développant l'attractivité
des emplois dans les branches où les recrutements et la fidélisation de la main-d'ouvre
sont défaillants. · Le groupe " Prospective des métiers et qualifications "
met également en évidence la nécessité de poursuivre des investissements de
connaissance dans trois domaines : l'évolution des mobilités professionnelles,
dont les liens avec la mobilité géographique doivent être mieux cernés ; le
suivi de l'évolution du contenu des métiers en termes de qualifications, de
compétences, en lien avec la certification et la validation des acquis de l'expérience
; l'approfondissement du concept de travail peu qualifié en termes de métiers,
de compétences requises et de reconnaissance salariale et professionnelle.

Mobiliser les acteurs économiques et sociaux et les collectivités territoriales


Les thèmes évoqués par le groupe de " Prospective des métiers et qualifications
" concernent à terme de très nombreux acteurs économiques et sociaux, avec des
dimensions individuelles et collectives, dont la prise de conscience est encore
faible. Les mouvements démographiques de la population active, l'irruption des
technologies de l'information et de la communication dans la plupart des postes
de travail, l'élargissement du contenu des emplois vers de nouvelles compétences,
tout ceci concerne chacun des actifs mais également les entreprises auxquelles
ils appartiennent, les partenaires sociaux, les appareils de formation, les
pouvoirs publics aussi bien l'État que les collectivités territoriales, en particulier
les Régions. Il y a donc un énorme travail pour mettre à la disposition des
intéressés les informations disponibles et plus encore à anticiper les transformations
nécessaires des comportements individuels et collectifs. Grâce à l'analyse menée
pour le Commissariat général du Plan des besoins de connaissance, en matière
de prospective des métiers, des Conseils régionaux, des partenaires sociaux,
de branches professionnelles et d'entreprises, il apparaît une forte demande
sur la plupart des thèmes évoqués ci-dessus, mais beaucoup d'incertitudes sur
les formes de la communication et des échanges à mettre en place. Il ne s'agit
pas de décalquer des modèles et des problématiques nationales auprès d'instances
locales, qu'il s'agisse de branches, d'entreprises ou de régions. L'enjeu serait
plutôt d'accompagner leurs responsables grâce à des données de cadrage et de
contexte ; de développer des outils et des méthodes adaptés aux problèmes à
résoudre ; de capitaliser les expériences, tant dans le domaine de la méthodologie
que pour mieux faire connaître les bonnes pratiques. Il s'agit en fait d'une
fonction de médiation entre travaux nationaux et initiatives locales avec un
accent tout particulier mis sur les régions, en lien avec les OREF et les CARIF,
et sur les branches professionnelles, en lien avec les Observatoires de branches
actuels ou ceux susceptibles d'être créés par les partenaires sociaux.

L'avenir du groupe de prospective des métiers et des qualifications

L'évolution du mandat, des structures et du fonctionnement du groupe de " Prospective
des métiers et qualifications " relève, en logique, d'une décision à prendre
au niveau du Premier ministre, notamment dans la mesure où les objectifs recherchés
et les moyens à mettre en oeuvre supposent une coopération étroite entre partenaires
divers ( partenaires sociaux, régions, administrations de l'État ). Une telle
décision permettrait en outre d'affirmer l'importance que le gouvernement attache
à la préparation de l'avenir face à des problèmes qui nécessitent d'être bien
anticipés et requièrent une forte mobilisation de l'ensemble des acteurs concernés,
économiques et sociaux, aux diverses échelles de notre territoire. Le groupe
de prospective a esquissé trois scénarios possibles pour dessiner son futur
cadre de travail et en a pesé les avantages et les inconvénients respectifs.
Ces scénarios ont en commun d'être fondés sur l'hypothèse du maintien et du
développement - reconnus nécessaires par tous nos interlocuteurs - d'une structure
nationale de concertation, de coordination et d'animation des travaux techniques
de prospective sur les métiers et les qualifications. Les premiers enseignements
des travaux jusqu'alors conduits dans le cadre actuel, et les préconisations
qui en résultent, montrent en effet que les difficultés rencontrées dans la
période récente risquent d'être moindres que celles qu'il conviendra de surmonter
dans les quinze prochaines années. Après examen de ces trois scénarios alternatifs,
il m'apparaît que la mise en place d'une mission de " Prospective des métiers
et qualifications ", au sein du Commissariat général du Plan, permettrait au
Premier ministre d'affirmer le caractère crucial de l'anticipation de l'avenir
dans ces domaines. Une telle mission, qui doit rester légère, permettrait de
contribuer au mouvement de décentralisation et de déconcentration, notamment
des politiques de formation professionnelle, tout en maintenant une certaine
coordination technique des travaux prospectifs sur les métiers et les qualifications.
Elle aurait pour but principal d'éclairer le lien entre les bouleversements
attendus du marché du travail et le développement de la formation tout au long
de la vie, afin d'aider les acteurs socio-économiques à surmonter les tensions
prévisibles. Si cette suggestion était retenue, sa mise en ouvre devrait être
préparée pour permettre à cette mission nationale d'être opérationnelle dès
le début de l'année 2003. En accentuant l'effort collectif en ces domaines,
les pouvoirs publics, les partenaires sociaux et les responsables régionaux
disposeraient d'un outil qui se révélera indispensable dans le cadre de la construction
européenne, car tous les pays européens vont, peu ou prou, vivre les mêmes évolutions
démographiques. L'Union européenne - aussi bien le Conseil que la Commission
- a peu investi sur ce sujet jusqu'à maintenant et les expériences nationales
sont inégales, voire inexistantes. Pourtant, les tendances démographiques à
l'ouvre dans les principaux pays de l'Union européenne et les mécanismes d'élargissement
auront un impact sur les mouvements de main-d'ouvre avec, pour certains pays,
des tensions, voire des pénuries qui apparaissent déjà dans certaines zones
frontalières de notre pays. C'est aussi à ce type de préoccupations que devrait
répondre le développement de travaux de prospective sur les métiers et les qualifications
à l'échelon national et européen. Au terme de la mission qui m'a été confiée
et de cette première phase de la vie du groupe, qui fut intense et fructueuse,
il faut remercier de leur active collaboration tous les partenaires associés
à ces travaux de prospective : qu'il s'agisse des présidents et rapporteurs
des ateliers, des nombreux intervenants, des administrations nationales, des
partenaires sociaux et des représentants des régions, des services du Commissariat
général du Plan, leurs apports ont tous été déterminants. Les contributions
écrites de tous les partenaires sociaux sont publiées avec le rapport de synthèse.
Elles montrent l'importance que ceux-ci attachent au développement partenarial
de ce type d'investigation sur l'avenir.