Synthèse
L'évolution
du droit de l'espace en France
Ministère
délégué à la recherche et aux nouvelles technologies
Mars
2003
Extraits
de la synthèse du rapport d'étude sur l'évolution du droit
de l'espace en France
DOMAINE DE L'ETUDE
L'étude se limite strictement aux activites spatiales à savoir
principalement les services de lancement et la vie des satellites en orbite,
lorsque ces activités sont susceptibles de relever de la législation
nationale. Les services proprement dits, télédiffusion et télécommunications,
ainsi que les problèmes de fréquence ne sont pas traités
directement, ces questions ne relevant pas spécifiquement du droit de
l'espace. Seuls les services d'observation et de navigation par satellites ont
fait l'objet de développements exploratoires car ils ne sont pas couverts
actuellement par des régimes particuliers. Les vols habités et
le statut des spationautes font l'objet d'accords internationaux particuliers
et n'ont pas été examinés dans cette étude qui concerne
principalement les activites spatiales sous pavillon national.
STRUCTURE DU RAPPORT
Le rapport s'articule en deux parties
Dispositions generales, communes a toutes les activites spatiales
- Sous le chapitre "Missions publiques de règlementation, d'autorisation,
de surveillance et de conduite des activités spatiales", les activités
qui relèvent de la responsabilité du secteur public, en application
du droit
international de l'espace, comme autorité de régulation (législative
ou règlementaire), d'autorisation, de surveillance, d'immatriculation,
lorsqu'elles sont opérées directement par la puissance publique
ou par concession.
- Sous le chapitre "Soutien au développement du marché et
des initiatives privées", les activités privées et
commerciales et les régimes juridiques qui leur sont propres : la chaîne
de responsabilité entre les differents acteurs privés, la fiscalité,
le régime de propriété intellectuelle, le statut de la
propriété et des suretés sur les objets spatiaux, les conditions
d'accés au marché.
Dispositions spécifiques à chacun des trois secteurs
que sont les services de lancement, l'observation de la Terre et les radiocommunications.
Cette partie reprend en fait les rapports des présidents de chacun des
groupes de travail concernés.
CONCLUSION ET PERSPECTIVES
La question de l'élaboration d'un cadre juridique spécifique
aux activités spatiales se pose plus particulièrement vis-à-vis
des systèmes futurs, délégués ou opérés
par le secteur privé, mais plus généralement, l'intérêt
d'une réglementation cohérente, « sécurisant
» les pratiques actuelles apparaît de plus en plus nécessaire
et fait l'objet d'une demande insistante de la part des maîtres
d'oeuvre, des opérateurs, des assureurs et financiers et des professionnels
du droit.
La forte participation, au meilleur niveau, aux groupes de travail mis en place
dans le cadre de cette démarche prospective en témoigne.
Parmi les principales actions qui peuvent ressortir de cette réflexion,
il conviendrait donc de retenir :
- l'intérêt, à titre prioritaire, d'instaurer
en France un cadre général d'autorisation de lancement d'objets
spatiaux, d'immatriculation et de surveillance des activités spatiales
(lanceurs et satellites) régissant notamment les questions liées
aux responsabilités de l'État ;
- le besoin de préciser ou d'adapter, compte tenu de la spécificité
des activités spatiales, certaines branches du droit interne, notamment
le droit de la propriété et des sûretés réelles,
le droit de la propriété intellectuelle, le droit de la responsabilité
civile et contractuelle, le droit des assurances ;
- la pertinence d'une clarification de la notion de service public appliquée
aux activités spatiales, notamment dans le contexte européen de
l'Union européenne et de l'Agence spatiale européenne
;
- et, dans cette perspective, l'utilité de préciser le cadre
des missions du CNES dans ses interactions avec ses autorités de tutelle,
et plus généralement l'intérêt de mieux appréhender
le rôle des États et leur action régulatrice dans le contexte
européen ci-dessus.