Synthèse
Santé,
adolescence et familles : Rapport préparatoire à la Conférence
de la famille 2004
Marcel
RUFO, Henri JOYEUX
Ministère de la santé, de la famille et des personnes handicapées
Ministère délégué à la famille
Mars
2004
Les diverses études et comparaisons internationales montrent que les
adolescents français vont globalement bien. Ils l'expriment d'ailleurs
eux-mêmes, dans les différentes enquêtes portant sur ce sujet.
Ils ont peu recours aux professions médicales, même si ce fait
peut donner lieu à des interprétations diverses.
La santé de l'adolescent ne peut être réduite à
une approche médicale. C'est au contraire l'affaire de tous
et, en particulier, celle des adolescents eux-mêmes. La santé relève
d'une dynamique permanente et du maintien d'un équilibre. Il
s'agit, à tout moment, de trouver les ressources nécessaires
pour rétablir cet équilibre.
L'adolescence est d'abord, et avant tout, une période de modifications
du corps, la transformation pubertaire, un moment d'interrogation sur ces
mutations et leur signification. Ce moment complexe ne trouve pas toujours les
réponses adéquates. Il doit être mieux accompagné
tant physiquement que psychologiquement.
La question de la santé des adolescents doit prendre en compte l'éducatif
et le social, sans cloisonner les approches. Il importe en effet que les nombreux
intervenants, les nombreuses institutions qui ont la charge du suivi des adolescents
dans les différents domaines de leur vie agissent de façon plus
coordonnée et plus cohérente et qu'ils partagent, tout en
restant dans leur domaine de compétence, une culture commune.
Des comportements des adolescents peuvent avoir des effets immédiats
sur leur santé et d'autres déterminer leur santé future
d'adultes. Certaines tendances qui se dessinent ou certains constats (augmentation
du surpoids et de l'obésité, faible estime de soi durant
cette période de la vie, relations difficiles entre les filles et les
garçons, désarroi des familles
), ainsi que la gravité
de troubles du comportement, conduisent à promouvoir un examen par les
pouvoirs publics de cette question de la santé des adolescents.
Mieux informer et former les différents acteurs, dans le domaine de
la santé des adolescents
Mise en place d'un référent par département qui aurait
pour mission d'identifier les ressources en terme de santé des adolescents
et de favoriser les formations des professionnels et associatifs en contact
avec les adolescents.
Les actions visant à soutenir les familles dans leur action éducative
auprès des adolescents méritent d'être valorisées.
Des modules de formation sur l'adolescence pourront être inclus dans
la formation initiale et continue des professions médicales. La création
de nouveaux diplômes universitaires (ou inter-universitaires), à
l'instar de ceux de Poitiers, Paris ou de Marseille, favoriserait une approche
pluridisciplinaire et pluriprofessionnelle de l'adolescence.
Rendre les adolescents acteurs de leur santé, notamment en les incitant
à maîtriser les risques inhérents à cette période
de la vie.
Instauration de campagnes d'information notamment dans les lieux scolaires
mais aussi associatifs ; soutien aux réseaux de téléphonie
en direction des adolescents et aux initiatives émanant des adolescents
et des jeunes à des fins de prévention.
Etendre sur toute la période de l'enfance les actions de prévention,
notamment en rendant possible, à titre expérimental, la poursuite
des actions de PMI jusqu'à 12 ans.
Entre 0 et 6 ans les enfants bénéficient de 20 examens intégralement
pris en charge par l'assurance maladie. En revanche, entre 6 et 12 ans,
rien de tel n'est prévu. Or durant cette période de nombreux
troubles peuvent être détectés et traités. Une meilleure
répartition de ces examens sera recherchée ; leur nombre pourra
être légèrement accru afin de mieux couvrir la période
entre 6 et 12 ans. A titre expérimental, les compétences de la
PMI peuvent connaître une extension sur cette tranche d'âge.
Instaurer, à des âges clés du développement des
adolescents, des examens de prévention
Pour accompagner les adolescents dans leur développement, les informer
personnellement et dépister les troubles éventuels, il est proposé
d'instaurer, sur la base d'un protocole à établir, des
examens de prévention, à des périodes clés, qui
comporteront un entretien et un examen clinique.
Prévenir les ruptures dans l'accès au soin des adolescents
La continuité des prises en charge entre l'enfance, l'adolescence
et l'âge adulte n'est pas toujours clairement assurée
aujourd'hui. Les autorités organisatrices des soins devraient veiller
à pallier ce dysfonctionnement à la faveur d'une organisation
commune et partagée par l'ensemble des acteurs, eu égard
à la spécificité de la prise en charge des adolescents
et des pathologies émergeant à cette période.
Favoriser la diversité des structures et des lieux d'accueil
pour adolescents
Il arrive qu'une séparation temporaire d'avec la famille constitue
un moyen de prévenir la crise dans des situations diverses. Les pouvoirs
publics devraient faciliter la création de lieux d'accueil diversifiés
pour les adolescents, notamment en promouvant un internat scolaire rénové
ainsi qu'en encourageant toutes les formules d'accueil souples et
à temps partiel, tant dans le secteur sanitaire que dans le secteur socio-éducatif.
Créer des maisons pour les adolescents
Il s'agit d'instaurer des lieux d'accueil spécifiques
qui peuvent être des sites nouveaux ou une mise en réseau de structures
existantes. Les adolescents, et ceux qui les entourent, pourront trouver des
réponses à une demande d'information sur la santé
ou la prévention et, si besoin est, bénéficier d'une
prise en charge sanitaire. Ces sites contribueront au développement général
des compétences des acteurs de première ligne.