Tous les produits

 
Retour
 
Environnement

Changements climatiques et risques sanitaires en France

Auteur(s) :

    • FRANCE. Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique

Editeur :

  • La Documentation française

Date de remise : Septembre 2007
208 pages

Pour lire les rapports vous avez besoin d'un lecteur PDF comme Adobe Reader (Acrobat) ou un logiciel libre

Numérique
 
Télécharger

Le rapport de l'Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique traite la question des interactions entre le changement climatique et la santé humaine en France métropolitaine et dans les départements et territoires d'outre-mer. Les principales recommandations concernant les aspects sanitaires sont de renforcer la recherche et l'observation systématique sur la survenance des affections liées au climat, d'en informer la population dans le cadre d'une vigilance accrue et de développer la culture de la prévention.




INTRODUCTION

 

Paul Vergès, président de l’Onerc

   

ACTUALITÉ DU CHANGEMENT CLIMATIQUE ET ACTIVITÉS DE L’ONERC
DEPUIS LE RAPPORT PRÉCÉDENT

 

RÉSUMÉ À L’ATTENTION DES DÉCIDEURS

  
Les maladies humaines susceptibles d’être influencées par le changement climatique en France
 

Changement climatique, canicules et allergies :
la nouvelle donne culturelle
Jean-Claude Cohen, Météo-France
et Jean-Pierre Besancenot, CNRS/Faculté de médecine, Dijon

Changement climatique et émergences de maladies animales
et humaines en France métropolitaine
François Moutou, AFSSA

Impacts potentiels du changement climatique sur la santé :
l’exemple des maladies à vecteurs
François Rodhain, Institut Pasteur

Changement climatique et maladies infectieuses outre-mer
Philippe Sabatier, ENVL-Inra

Émergence et urgence : étude de cas
Jean-Claude Manuguerra, Institut Pasteur

Les conséquences sanitaires du changement climatique :
synthèse médicale
Dominique Belpomme, président de la Société européenne
de santé environnementale

 
Les systèmes de surveillance et d’alerte sanitaires
 

Changement climatique, réseau de surveillance
et veille des maladies infectieuses sur le plan national
Jean-Claude Desenclos, InVS

Changement climatique, urgence et intervention rapide
Jean-Louis San Marco, hôpital de La Timone

Changement climatique et réseau sentinelle
Antoine Flahault, Inserm

Satellite, santé publique et gestion des risques
Antonio Güell, Murielle Lafaye, Pascal Faucher et Nathalie Ribeiro,
Centre national d’études spatiales

Les enseignements à tirer de l’épidémie du chikungunya
Catherine Gaud, hôpital Félix Guyon


 
Santé publique et gestion des risques
 

Aperçu des travaux relatifs aux relations entre climat
et santé au niveau international
Marc Gillet, directeur de l’Onerc

Le changement climatique : quelles conséquences sanitaires ?
Yves Coquin, Direction générale de la santé

 

CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS

 

ANNEXES

 

Annexe 1. Les indicateurs du changement climatique en France
Annexe 2. Bibliographie
Annexe 3. Glossaire
Annexe 4. Sigles
Annexe 5. Personnes ayant contribué à la préparation du présent rapport

 

SYNTHESE

 










Synthèse



Cet ouvrage rappelle tout d’abord certaines des évolutions les plus marquantes observées
dans différents domaines depuis le premier rapport de l’ONERC1 paru en juin 2005. Les
deux dernières années ont été en effet extrêmement actives dans le domaine du
changement climatique. Il n’est plus un seul jour sans que le sujet soit abordé par les
chaînes de télévision, à la radio, ou dans les grands quotidiens nationaux et régionaux. Le
choix a été fait pour le présent rapport de traiter plus en profondeur la question des
interactions entre Changement climatique et risques sanitaires. Dans le domaine de la
santé, la question des risques émergents est en effet tout particulièrement préoccupante,
et nos concitoyens s’interrogent à juste titre sur leurs liens possibles avec le changement
climatique. Les épisodes de canicule, l’apparition de maladies nouvelles comme le
chikungunya tout récemment en Italie ou la fièvre catarrhale ovine aux Pays Bas, le
désarroi à la suite de catastrophes comme le cyclone Katrina à la Nouvelles Orléans, les
interactions entre le réchauffement climatique et la pollution, sans même parler des épidémies qui sont monnaie courante dans nombre de pays en développement, incitent à s’interroger sur cette question.

Pour établir ce rapport, l’ONERC a fait appel aux experts français les plus éminents,
provenant de Météo-France, de l’Inra, de l’Institut Pasteur, de l’Inserm, de l’AFSSA, du
Cnes, de l’InVS, de l’IRD, de l’EID, de Medias-France, des CHU et des ministères en
charge de l’écologie et de la santé.

Le rapport aborde des risques de natures différentes : les épisodes caniculaires, les
maladies infectieuses, les suites d’événements extrêmes (tempêtes, inondations,…) et les
liens entre climat et pollution. Il est probable que les effets sur la santé se produiront
souvent sous forme d’événements imprévus, et ceci bien avant la fin du siècle, peut-être
demain. C’est la première leçon que l’on peut tirer du drame de la canicule de 2003.
Cependant, plus la réflexion aura été faite en amont, plus rapide et efficace seront nos
réactions, même devant des événements imprévisibles.

Une des conclusions les plus robustes des scientifiques est que les épisodes caniculaires
deviendront de plus en plus fréquents et de plus en plus intenses. Si le plan canicule mis
en place après l’épisode de 2003 permet de réagir devant l’urgence, toute une réflexion est
encore à faire sur l’adaptation aux fortes chaleurs, notamment dans la conception des
bâtiments et des villes.

Les tempêtes, les cyclones, les inondations et leurs suites constituent un autre type de
menace. Outre les conséquences immédiates de ces catastrophes, la désorganisation qui
s’en suit peut avoir des conséquences dramatiques au plan de la santé, notamment en
matière de qualité de l’eau et des aliments.

Dans le cas des maladies infectieuses, on constate combien la santé humaine est liée à celle des animaux et à l’état des écosystèmes. Dans le domaine du vivant, il est souvent
difficile d’identifier les éléments pertinents, et les scientifiques qui ont contribué à cet
ouvrage insistent sur la nécessité de maintenir une veille indifférenciée, en assurant le
développement et la pérennité des observations. Parallèlement, les études et les
recherches doivent être intensifiées sur les maladies susceptibles d’être influencées par le
changement climatique, afin de définir le cas échéant des stratégies d’adaptation
pertinentes. Une meilleure connaissance de l'écologie microbienne et des facteurs humains
et climatiques devrait permettre sinon d'anticiper toutes les catastrophes sanitaires
potentiellement liées au changement climatique, du moins d'y être un peu mieux préparés.
Les auteurs attirent également l’attention sur les liens encore mal connus entre le
changement climatique, avec la pollution de l’air. Celle-ci peut être d’origine humaine,
puisqu’on s’attend notamment à une augmentation de l’ozone dans les basses couches de
l’atmosphère, mais aussi d’origine végétale, avec l’augmentation de la concentration de
nombreux pollens allergènes.

Au vu de ces constatations, se pose la question de savoir quelles sont les principales
actions au plan opérationnel comme au plan scientifique qui devraient permettre une
meilleure adaptation au changement climatique. Un certain nombre de propositions dans
ce sens sont présentées en conclusion du rapport.

Force est de constater que, dans le domaine du vivant, il est souvent difficile d’identifier les éléments pertinents. Pour détecter des faits sortant de l’ordinaire, une veille large et
indifférenciée est nécessaire, à travers le développement et la garantie de pérennité des
réseaux d’observation.
La bonne utilisation des informations produites par ces réseaux d’observation exige de
mettre en place de bases de données multidisciplinaires sur ‘Climat et Santé’, d’accès libre
et gratuit et établies en suivant l’exemple des données météorologiques.
Parallèlement, les études et les recherches doivent être intensifiées sur les maladies
susceptibles d’être influencées par le changement climatique, afin de définir le cas échéant
des stratégies d’adaptation efficaces. Des modèles de climat plus précis et mieux adaptés
aux échelles locale et régionale seront également nécessaires.
Il est essentiel d’améliorer la communication des informations : entre pays, avec les
médias, avec les autres disciplines, avec les décideurs, avec le public… Il s’agit aussi
d’assurer une réelle mobilisation des décideurs et du public, pour agir sur l’environnement
(réduction par exemple des gîtes larvaires, ou réduction de l’insalubrité propice au
développement des vecteurs).
Des progrès importants ont été réalisés récemment en France sur la gestion des crises,
notamment avec le plan canicule et les diverses mesures prises sur les maladies émergentes.

ll est cependant nécessaire maintenant d’aller plus loin, en développant une véritable
culture de la gestion des risques, incluant un réflexion sur des aspects plus structurels de
la prévention. Si le présent rapport peut y contribuer, il aura atteint son objectif.