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Travail, droit du travail

Les missions locales et l'innovation

Auteur(s) :

    • CENTRE D'ETUDES DE L'EMPLOI (Noisy-le-Grand, Seine-Saint-Denis)

Editeur :

  • Centre d'études de l'emploi

Collection : Rapport de recherche

Date de remise : Mai 2005
282 pages

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Ce rapport a pour objet de participer à la réflexion sur l'activité des missions locales d'insertion des jeunes en difficulté et leurs pratiques innovantes. En premier lieu, ces missions proposent d'agir sur le marché de l'emploi (emploi en alternance et emploi aidé, épreuves d'orientation et de sélection des jeunes, parrainage, aide à la création d'activité). Elles souhaitent offrir de nouveaux services aux jeunes usagers, prendre en charge leur souffrance (santé, handicap), leur permettre d'accéder à l'espace public. Le rapport indique ensuite les facteurs de l'innovation (recrutement ouvert à différents profils et expériences, organisation de partenariats locaux...). En conclusion, est proposée une définition de l'innovation, notamment dans l'action sur le marché du travail et son adaptation aux besoins des jeunes. On note en annexe, le compte rendu de cinq missions locales menées en régions et à Paris.



Introduction

1. La construction du cadre d’analyse

2. Méthodologie générale

  
Partie 1 : Agir sur le marché de l’emploi
 

1. L’analyse des fiches-action : présence des entreprises/absence des syndicats
2. Des théories implicites du marché du travail ?
3. Emploi en alternance, emploi aidé : un moyen pour intervenir dans la relation d’emploi
3.1. Contrats aidés et parrainage : un exemple de montage astucieux pour des parcours de stabilisation
dans l’emploi
3.2. Un exemple de partenariat autour de l’apprentissage
3.3. La mise en musique des stages individualisés de formation en alternance (Sifa)
3.4. Les emplois-jeunes

4. Agir sur les épreuves d’orientation/sélection des jeunes
4.1. L’atelier de simulation professionnelle
4.2. L’implantation locale de la méthode IOD
5. Variations autour du parrainage
5.1. Un « coup de pouce » pour des jeunes « prêts à travailler » versus un dispositif pour des jeunes en
grande difficulté
5.2. Une action essentiellement centrée sur la personne versus une double intervention auprès des jeunes
et des employeurs locaux
6. L’aide à la création d’activités

 
Partie 2 : Offrir de nouveaux services aux jeunes usagers
 

1. Le jeune, sous la figure de l’usager
2. L’accueil des jeunes
2.1. L’organisation de l’accueil
2.2. La politique de proximité
3. La diversification des services offerts
3.1. Cyberespaces et nouvelles technologies
3.2. Les ateliers-look
3.3. Un projet de renforcement de l’action d’insertion par le logement

4. Créer des dispositifs sur mesure pour répondre aux besoins des jeunes

 
Partie 3 : Innover dans la prise en charge de la souffrance
 

1. Accès aux droits et partenariat externe avec des professionnels de la santé
2. Recruter des professionnels au sein de la mission locale
3. La prise en compte du handicap

 
Partie 4 : La citoyenneté et l’accès des jeunes à l’espace public
 

1. La réaffiliation des jeunes
2. L’accès aux droits
3. L’accès à l’espace public par l’expression culturelle
4. La démocratie participative : une réflexion autour de l’hypothèse d’un comité d’usagers

 
Partie 5 : Les facteurs de l’innovation
 

1. Un recrutement ouvert à une pluralité de profils et d’expériences
2. Un équilibre interne entre organisation formelle et spécialisations informelles
3. L’organisation des partenariats locaux
4. Freins et limites institutionnels
5. La diffusion de l’innovation

 

Conclusion

1. Une définition de l’innovation
2. L’innovation dans l‘action sur le marché du travail
3. L’innovation, adaptation aux attentes et aux besoins des jeunes, malgré la multiplicité des injonctions institutionnelles
4. Le caractère marginal des initiatives visant l’accès des jeunes à l’espace public
5. Les conditions de l’innovation

 

Annexe 1 : Méthodologie

Annexe 2 : Questionnaire pour la constitution d’un fonds commun d’expériences

Annexe 3 : Les monographies (uniquement dans la version électronique,
cf. www.cee-recherche.fr)

Sigles et abréviations










Résumé




L’étude a pour objet de participer à la réflexion sur l’activité des
missions locales et leurs pratiques
innovantes, en liant trois niveaux
d’analyse :
- une exploration bibliographique
de travaux réalisés en sciences
sociales sur la question de
l’innovation ;
- une analyse de « fiches-action »,
rédigées par des missions locales
et PAIO dans le but de décrire les
actions qui leur paraissent les plus
significatives ;
- des monographies approfondies,
afin de mieux comprendre les
conditions d’émergence et de
déroulement de ces actions au
sein des associations.

La définition de l’innovation
contient deux notions qui sontà la fois l’idée de «nouveau» et
l’idée de «changement», toute la
difficulté étant d’évaluer à quel
moment on passe de la continuité au changement et à quel titre on
considère qu’une action est nouvelle.
L’innovation est au cœur de
l’activité des ML, n’est-elle pas
définie en ce sens lorsqu’un des
quatre principes inscrits dans la
charte du 12 décembre 1990
précise que les ML et PAIO sont
des « espaces d’initiatives et
d’innovations » créés pour permettre
l’émergence de pratiques
nouvelles, l’expérimentation, la
diffusion et la valorisation des
innovations.

Évoluant depuis leur création
dans un environnement incertain,
tant du point de vue des attentes
de leur public que des contraintes
institutionnelles émanant des
pouvoirs publics, les missions
locales et PAIO constituent le
plus souvent, non des organisations
solidement constituées, mais
plutôt des structures fragiles,
obligées de s’adapter en permanence à un environnement mouvant
pour survivre et poursuivre
leur mission. Dans ce contexte,
l’innovation, c’est d’abord
l’adaptation permanente.

À partir de ce constat, nous avons été amenés à définir l’innovation
comme le processus par lequel
des acteurs acquièrent, au cours
de leur expérience, de nouvelles
prises pour l’action en réponseà des situations critiques. C'est-à-dire
qu’ils étendent l’ensemble
des repères et des dispositifs sur
lesquels ils peuvent s’appuyer
pour intervenir dans les situations
auxquelles ils sont confrontés. Par
ce processus, ils réduisent l’écart
entre ces repères et dispositifs
d’une part, et, d’autre part, leur
expérience sensible des situations.
Ainsi, l’innovation prend
sens - ou même ne prend sens
que - en réponse à une situation
critique : repérer une innovation,
c’est donc d’abord identifier la
situation critique à laquelle elle
répond.

L’étude distingue quatre catégories
de situations critiques auxquelles
les équipes des missions
locales et PAIO doivent faire face
et analyse les réponses qui sont
apportées :
- le danger d’enfermement des
jeunes dans un marché de
l’insertion suscite des innovations
dans l’intervention sur les marchés
locaux du travail, afin de
stabiliser des parcours d’emploi ;
- au risque de la désaffection du
public jeune vis-à-vis de
l’institution répondent de nouvelles

façons d’accueillir les jeunes
ainsi que la conception de nouveaux
services à leur proposer ;
- pour faire face aux difficultés de
plus en plus fréquentes et graves
au niveau de la santé, du logement
et de la vie familiale, les équipes doivent recourir à de
nouveaux recrutements et/ou
partenariats ;
- le déficit d’expression dans
l’espace public des jeunes issus
des milieux populaires appelle
des efforts d’innovation dans le
développement de l’action citoyenne.

L’étude a permis aussi de mettre
en évidence un certain nombre de
conditions favorisant l’émergence
de l’innovation en mission locale
:
- une politique de recrutement
faisant place à une diversité de
profils, permettant aux salariés de
mobiliser leur expérience propre
ainsi que leurs relations antérieures
au profit de l’organisation ;
- une organisation interne offrant à chacun la possibilité d’une
spécialisation informelle ainsi
qu’un lieu de décision collégiale
afin de concrétiser des projets élaborés par les uns ou les autres ;
- la mise en place d’une organisation
des partenariats locaux pour
limiter les effets de concurrence
et les déperditions d’énergie ;
- une structure de financement qui
permette d’échapper, en partie,à la tyrannie de l’évaluation
quantitative ;
- une meilleure reconnaissance de
la capacité d’expertise qu’ont les
structures afin de faire remonter
les besoins qu’elles détectent.






 
 

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