Abonnez-vous gratuitement à notre lettre bimensuelle
Recevez les références des derniers rapports mis en ligne abonnez-vous à nos flux RSS thématiques
BUR Yves
,
FRANCE. Assemblée nationale. Commission des affaires culturelles, familiales et sociales
Paris
;
Assemblée nationale
(
Documents d'information de l'Assemblée nationale
, n°
697
)
La Commission des affaires culturelles, familiales et sociales apporte sa contribution à la réforme du système de santé engagée pour en unifier le pilotage régional autour d'agences régionales de santé (ARS). Le rapport présente l'organisation, les missions, le statut et les outils opérationnels des ARS, ainsi que leur articulation avec les autres acteurs du système de santé. Il souhaite une cohérence entre les ARS et la répartition des compétences de l'Etat et de l'assurance maladie, notamment en matière de régulation des dépenses de santé, et propose la réorganisation nationale du système pour une plus grande efficacité.
> Consultez le rapport directement sur son site d'origine
Titre de couverture : "Agences régionales de santé : des perspectives pour la réforme"
INTRODUCTION
A. NOTRE SYSTÈME DE SANTÉ PRÉSENTE UN MANQUE D’EFFICIENCE
PRÉOCCUPANT : IL NE PERMET PLUS D’OFFRIR AUX PATIENTS LA
MEILLEURE PRISE EN CHARGE AU MEILLEUR COUT
1. La réponse aux besoins de santé des Français n’est pas organisée de
la façon la plus efficace
a) L’offre de soins n’est pas suffisamment maîtrisée pour assurer l'égal accès
aux soins de tous les patients
b) Le parcours de soins du patient manque de fluidité
c) La prévention reste le parent pauvre du système de santé
2. Le coût de notre système de santé est mal contrôlé et sa croissance est
difficilement soutenable
a) Notre système de santé a un coût élevé, auquel contribue son «hospitalocentrisme», et mal maîtrisé, notamment pour les dépenses de soins de ville
b) La croissance des dépenses de santé n’est pas soutenable sans gains
d’efficience
B. L’ORGANISATION CLOISONNEE DU PILOTAGE DE NOTRE SYSTÈME DE
SANTÉ ET LA MAUVAISE REPARTITION DES RESPONSABILITES ENTRE
L’ÉTAT ET L’ASSURANCE MALADIE ENGENDRENT DES PERTES
D’EFFICIENCE
1. Cloisonné, le pilotage de notre système de santé complique la mise en
oeuvre des politiques de santé et ne permet pas de structurer
efficacement une prise en charge globale du patient
a) Le système territorial de santé est organisé « en tuyaux d’orgue » et piloté en double commande par l’État et l’assurance maladie, parfois de façon
divergente
b) Le cloisonnement des secteurs et la multiplication des structures
compliquent la mise en oeuvre des politiques de santé
c) Le cloisonnement des compétences ne permet pas d'organiser le système de
santé de façon globale et cohérente
2. Le cloisonnement des acteurs et l’enchevêtrement des compétences
engendrent des pertes d’efficience et ne permettent pas de réguler
efficacement les dépenses de santé
a) Au niveau territorial, le pilotage cloisonné de notre système de santé engendre des pertes d’efficience
b) Au niveau national, l’enchevêtrement des compétences de l’État et de
l’assurance maladie ne permet pas une régulation efficace des dépenses de
santé
A. REDONNER DE LA LISIBILITE A NOTRE SYSTEME DE SANTE
1. Illisible pour les usagers, voire pour les acteurs eux-mêmes, d’où une
dilution des responsabilités, le pilotage du système de santé doit être
simplifié
2. Pour des structures nouvelles, contre des structures supplémentaires
a) L’unification du pilotage territorial du système de santé gagnera en
crédibilité si elle n’est pas mise en oeuvre par un élargissement des missions
de l'une des structures existantes
b) Pour éviter d’aggraver la sédimentation des structures territoriales de
pilotage du système de santé, la création de nouvelles structures devra
avoir pour corollaire la suppression des structures existantes
B. RENFORCER L’EFFICACITE DES POLITIQUES DE SANTE
1. Les politiques de santé doivent agir plus efficacement sur les
déterminants de santé et garantir l'égal accès aux soins
a) La santé publique doit « irriguer » toutes les politiques publiques,à commencer par les politiques de santé
b) L’offre de soins doit être maîtrisée, pour garantir l’égalité de tous dans
l’accès aux soins
2. Le pilotage du système de santé doit reposer sur une culture d'objectifs,
de résultat et d'évaluation
C. AMELIORER L’EFFICIENCE DE NOTRE SYSTEME DE SANTE POUR
ASSURER SA SOUTENABILITE
1. Garantir la soutenabilité de notre système de santé constitue le premier
enjeu de nos politiques de santé
2. Le pilotage du système de santé devra exploiter des marges de
productivité dans ce système
3. Le pilotage territorial du système de santé doit pour cela mettre tous les
acteurs en situation de responsabilité dans la recherche d’une
efficience accrue
A. POUR UNE ORGANISATION EFFICIENTE ET DÉCLOISONNÉE DE LA
RÉPONSE AUX BESOINS DE SANTÉ DES FRANÇAIS, LES ARS DOIVENT
AVOIR UN LARGE PÉRIMÈTRE DE COMPÉTENCES
1. Les ARS devront, au minimum, organiser conjointement l’offre de soins
ambulatoires et hospitaliers
a) Charger les ARS de piloter à la fois l’offre de soins de ville et l’offre de
soins hospitaliers permettra d’exploiter mieux qu’aujourd’hui les
complémentarités qui existent entre la ville et l’hôpital dans la réponse aux
besoins de santé
b) Compétentes pour organiser conjointement l’offre de soins ambulatoires et
hospitaliers, les ARS pourront contribuer à rééquilibrer l’offre de soins au
profit des soins ambulatoires et à résoudre la « crise des soins primaires »
2. La politique régionale de santé publique gagnerait à être organisée
conjointement avec l’offre de soins
a) Mieux articulée avec l’offre de soins, la politique de santé publique serait
plus efficace
b) Certains craignent toutefois que les ARS délaissent la politique de santé publique au profit de l’organisation de l’offre de soins et que la politique de
santé publique soit coupée de ses relais interministériels
c) Les ARS peuvent être organisées de façon à éviter ce risque
d) Il ne faut pas écarter l’idée de confier aux ARS la santé environnementale et
la santé au travail, voire la santé scolaire
3. L’implication des ARS dans le pilotage de certains établissements
médico-sociaux, en lien avec les conseils généraux, contribueraità fluidifier le parcours des patients et faciliterait les restructurations
a) Un pilotage conjoint du secteur sanitaire et d’une part du secteur médicosocial
contribuerait à fluidifier le parcours de soins, favoriserait les filières
et les réseaux de santé et faciliterait les restructurations hospitalières
b) Il faudra cerner avec précision les établissements et services médicosociaux
qu’il est pertinent de piloter conjointement avec l’offre de soins et
la prévention
c) Certains acteurs plaident en faveur d’une intégration différée du secteur
médico-social au périmètre des ARS, pour laisser à ce secteur le temps de
se restructurer
d) Au contraire, les ARS pourraient simplifier le pilotage du secteur tout en
garantissant le respect de ses spécificités
4. Le périmètre de compétence des ARS pourrait utilement intégrer les
activités de veille et de sécurité sanitaires
a) Certains estiment que les activités de veille et de sécurité sanitaires n’ont
pas leur place dans le périmètre de compétence des ARS, du fait de leur
caractère régalien et de leur « cinétique rapide »
b) Au contraire, confier aux ARS les compétences des DDASS, des DRASS, des
ARH et des CIRE en matière de veille et de sécurité sanitaire permettrait
d’optimiser les moyens qui y sont consacrés
5. Confier ou non la gestion du risque aux ARS relève d’un choix
stratégique fondamental quant à l’organisation de notre système de
santé
a) Premier scénario : la voie unitaire, suivant laquelle une seule structure,
l’ARS, serait chargée à la fois de l’organisation de l’offre de soins et de la
régulation des dépenses de santé
b) Second scénario : la voie du dialogue entre une ARS chargée d’organiser
l’offre de soins et la politique de santé publique d’une part, et une direction
régionale de l’assurance maladie (DiRAM) régulatrice des dépenses de
santé d'autre part
B. QUEL QUE SOIT LE SCHÉMA RETENU POUR SON PILOTAGE RÉGIONAL,
LE SYSTÈME DE SANTÉ NE POURRA PAS ETRE PILOTÉ EFFICACEMENT
SANS OUTILS NOUVEAUX
1. Les outils de planification de l’offre de soins et de programmation des
politiques de santé doivent être rénovés, mis en cohérence et enrichis
a) Charger les ARS de mettre en cohérence les différents schémas
d’organisation, voire les fusionner, et établir des procédures d’élaboration
coordonnées et partagées
b) Laisser aux ARS des marges de manoeuvre financières et organisationnelles
c) Développer de nouveaux outils pour favoriser l’adéquation de l’offre de
soins aux besoins de santé
2. Il faut de nouveaux outils au service de l’efficience du système de santé
a) L’ARS, dans sa fonction d’organisation de l’offre de soins, devra disposer
d’outils lui permettant de promouvoir des organisations efficientes et de
suivre la performance des producteurs de soins
b) Le régulateur de l’offre de soins doit mettre en oeuvre la politique tarifaire
fixée au niveau national et développer un programme inter-régimes de
gestion du risque élaboré en lien avec l’ARS
3. Les ARS devront s’appuyer sur des systèmes d’information exhaustifs
a) Le foisonnement et le cloisonnement qui caractérisent l’offre de systèmes
d’information en santé compliquent le pilotage du système de santé et
engendrent des pertes d’efficience
b) La réforme du pilotage régional du système de santé doit passer par une
meilleure maîtrise de l’offre de systèmes d’information en santé
C. LA GOUVERNANCE TERRITORIALE DU SYSTÈME DE SANTÉ DOIT AVANT
TOUT GARANTIR L’EFFICACITÉ OPÉRATIONNELLE DE SON PILOTAGE, EN
COHÉRENCE AVEC LES MISSIONS ASSIGNÉES À CHAQUE ACTEUR
1. La gouvernance territoriale du système de santé devra s’appuyer sur un
organe de démocratie sanitaire renforcée
a) Les actuelles conférences régionales de santé (CRS) doivent être
dynamisées
b) De même, les conférences territoriales de santé doivent être renforcées
c) La représentation des professionnels de santé pose cependant des problèmes
d) Le renforcement de la démocratie sanitaire passe surtout par un rôle accru
des élus dans la gouvernance territoriale du système de santé
2. La gouvernance des ARS, leur statut et leur organisation doivent être
cohérents avec les fonctions qui lui sont confiées
a) Le statut de l’ARS doit permettre à sa direction d’avoir une autorité fonctionnelle sur ses personnels, à la différence de l’ARH, ce qui plaide
pour un statut d’établissement public administratif plutôt que de GIP
b) L’organisation des ARS doit prendre en compte la réalité territoriale et les
spécificités des secteurs entrant dans son périmètre
c) Pour être efficace, l’exécutif de l’ARS doit être resserré, légitime, stable et
responsable
d) Une instance intermédiaire de concertation, de suivi et de surveillance
serait utile entre l’exécutif de l’ARS et la conférence régionale de santé
3. La reconfiguration du réseau de l’assurance maladie sera plus ou moins
complexe selon que l’on choisit d’intégrer tout son échelon régional aux
ARS ou de constituer une direction régionale de l’assurance maladie
chargée de la régulation des dépenses de santé
a) Le transfert de la gestion du risque aux ARS aurait pour corollaire
l’intégration aux ARS d’une large part des structures régionales de
l’assurance maladie
b) Face à une ARS aux missions centrées sur l’organisation de l’offre de soins,
l’assurance maladie serait conduite à parachever la structuration d’un vrai
pôle régional, avec une direction régionale de l’assurance maladie
(DiRAM)
c) Pour être plus efficiente, l’assurance maladie devrait en outre envisager de
recomposer son réseau en regroupant les caisses infradépartementales et
en mutualisant autant que possible les capacités de production
D. QUELLE QUE SOIT L’ORGANISATION RETENUE POUR LE PILOTAGE
RÉGIONAL DU SYSTÈME DE SANTÉ, CELUI-CI NE POURRA PAS ETRE
EFFICACE SI LE PILOTAGE NATIONAL DU SYSTÈME N’EST PAS
RÉORGANISÉ EN CONSÉQUENCE
1. Si la gestion du risque est confiée aux ARS, il parait indispensable
d’unifier complètement le pilotage national du système de santé, avec
une véritable Agence nationale de santé
a) L’unification du pilotage national du système de santé est le corollaire de la
création d’ARS compétentes en matière de gestion du risque
b) Plusieurs organisations sont possibles pour garantir la cohérence du
pilotage national d’un réseau d’ARS cumulant les fonctions d’organisation
de l’offre de soins et de régulation des dépenses de santé
2. Si l’on prend le parti de séparer les fonctions de régulation des
dépenses de santé (remboursement avisé) et d’organisation de l’offre
sanitaire, médico-sociale et de prévention (planification) à l’échelon
régional, il suffira à l'échelon national de clarifier la répartition des
compétences entre l'État et l'assurance maladie
a) Le recentrage de l’assurance maladie sur ses fonctions de régulation
conduirait à sortir du champ conventionnel certains dispositifs qui n’en
relèvent pas par nature
b) Pour réguler efficacement le système de santé, l’autorité investie d’une
fonction de remboursement avisé des soins doit disposer des outils
nécessaires à l’exécution de sa mission de gestion des enveloppes de
l’ONDAM
c) Un dialogue doit être organisé au niveau national entre l’État et l’UNCAM,
par exemple au sein d’un Conseil d’orientation stratégique du système de
soins
3. Quelle que soit l’organisation retenue pour les ARS et leur pilotage
national, une attention particulière devra être portée à la conduite de la
réforme
CONCLUSION DES TRAVAUX DE LA MISSION
SYNTHÈSE DES PROPOSITIONS DU RAPPORTEUR
CONTRIBUTIONS DES MEMBRES DE LA MISSION
TRAVAUX DE LA COMMISSION
ANNEXE N° 1 : Composition de la mission
ANNEXE N° 2 : Liste des personnes auditionnées
ANNEXE N° 3 : Nature, nombre, capacités, financement et tutelle des établissements et services sociaux et médico-sociaux
ANNEXE N° 4 : Activités de veille et de sécurité sanitaire des DDASS et
DRASS et effectifs qui y sont consacrés
ANNEXE N° 5 : Pilotage des établissements hébergeant des personnes âgées
ANNEXE N° 6 : Glossaire

