Synthèse du rapport de la mission d’évaluation de la procédure d’ivresse publique et manifeste (IPM)
Résumé du rapport
1. L'état des lieux
1.1 Un champ de procédure important
1.2 Un cadre juridique complexe et flou
1.3. Des pratiques variées
2. Les recommandations de la mission
2.1 Le maintien de la procédure
2.2 L'aménagement et la clarification de chacune des étapes de la procédure
Introduction
Ière Partie : Une procédure au cadre juridique ancien et sommaire, mise en œuvre de façon hétérogène et à un coût élevé, mais qui permet néanmoins de faire face, pour l’essentiel, aux situations rencontrées sur le terrain
1.1 Une procédure au cadre juridique ancien et trop sommaire
1.1.1. Un texte légal d’incrimination, qui date de 1873, organise la répression pénale et la
rétention administrative
1.1.2. Deux circulaires du ministère de la Santé des années 1970 organisent les modalités d’un
examen médical dans les services hospitaliers des urgences.
1.1.3. La jurisprudence et diverses notes des ministères concernés organisent la prise en
charge des frais et précisent le cadre juridique d’intervention
1.1.3.1. Une jurisprudence du Conseil d’Etat du 25 octobre 2002 met les frais médicaux à la
charge de l’Administration
1.1.3.2. Diverses notes des ministères de l’Intérieur, de la Défense et de la Justice précisent
la marche à suivre par les services
1.1.4. En conséquence, la prise en charge de l’IPM par les autorités habilitées à la mettre en œuvre voit se succéder une phase administrative et une phase judiciaire
1.1.4.1. La phase administrative : examen médical et placement en dégrisement
1.1.4.2. La phase administrative : le rôle des différentes forces de sécurité nationales et
municipales
1.1.4.3. La phase judiciaire : organisation des poursuites et jugement
1.1.5. Le dispositif particulier de l’IPM s’inscrit dans un ensemble répressif plus vaste et
récemment complété
1.2. Une procédure mise en œuvre sur le terrain de façon hétérogène et source de difficultés
1.2.1. Un examen médical qui n’est pas systématique
1.2.2. Des modalités d’intervention des médecins très variées
1.2.2.1. Les autorités médicales requises
1.2.2.2. La saisine du médecin
1.2.2.3. Le contenu du certificat médical
1.2.2.4. La prise en charge des frais d’examen médical
1.2.3. Une certaine diversité des actes de procédures
1.2.4. Une réponse judiciaire qui manque d’homogénéité
1.2.5. Une procédure qui doit être clarifiée
1.3. Une procédure mise en œuvre avec des moyens inadéquats
1.3.1. Une formation des personnels limitée
1.3.2. Des locaux de dégrisement le plus souvent rustiques, parfois insalubres et dangereux
1.4. Une procédure dont la mise en œuvre en légère croissance, concerne
70 000 cas par an
1.4.1. De l’ordre de 70 000 IPM par an
1.4.2. Une tendance à la hausse des IPM recensées
1.4.3. Le nombre des amendes prononcées est lui aussi en nette croissance
1.4.4. La population concernée est composite
1.4.5. Une fraction très réduite des personnes conduites par les forces de sécurité est
hospitalisée
1.5. Une procédure légitime mais dont le coût apparaît globalement élevé pour les forces de
sécurité, les médecins et la justice
1.5.1. Une prise en charge publique légitime
1.5.1.1. Forces de sécurité : ordre public et protection de la personne
1.5.1.2. Services médicaux : au cœur du métier de l’urgence
1.5.1.3. Autorité judiciaire : la logique de la réponse pénale
1.5.2. Coûts médicaux : de 25 à 80€
1.5.3. Coûts policiers (pour la police nationale) : entre 110 et 170€
1.5.4. Coût judiciaire : au bas mot 30 €
1.5.5. Coût analytique complet : de 170 à 225€ par procédure
1.5.6. Des charges loin d’être compensées par le produit du paiement des amendes: de l’ordre
de 30€ de recettes pour 200€ de frais
1.6. Une procédure pragmatique, assez comparable à celle de nos voisins européens
1.6.1. Un outil juridique utile
1.6.2. Une pratique française proche de celle des pays européens voisins
IIème Partie : Un dispositif dont les objectifs restent pertinents mais dont l'efficience doit être améliorée
2.1 Maintenir l’architecture globale du dispositif
2.1.1. Des objectifs implicites et étroitement intriqués : l’ordre public et la protection de la
personne
2.1.2. La mise en œuvre pratique de cette procédure articule étroitement les aspects sanitaires,
policiers et judiciaires
2.1.3. L’option de la médicalisation totale doit être écartée
2.1.3.1. La psychiatrisation obligatoire serait une mesure disproportionnée au regard des
libertés publiques et des enjeux sanitaires
2.1.3.2. L’option du dégrisement à l’hôpital serait disproportionnée au regard des nécessités
médicales
2.1.4. L’option du rattachement de l'ivresse à des infractions connexes doit aussi être écartée
2.1.5. Le maintien de l’architecture générale de la procédure d’IPM
2.2. Sécuriser l’intervention
2.2.1. Objectiver l’ivresse en établissant par éthylotest l’imprégnation alcoolique de la
personne interpellée
2.2.2. Réorganiser et clarifier la prise en charge médicale
2.2.2.1. Prévoir dans la loi un examen médical
2.2.2.2. Inclure l’examen médical prévu dans le dispositif de la permanence des soins
2.2.2.3 Encourager la consultation médicale sur place
2.2.2.4 Faciliter la consultation sur le lieu de rétention
2.2.2.5. Prévoir le financement par l’Administration des visites médicales
2.2.2.6. Donner pour cadre juridique à la saisine du médecin et à sa mission la réquisition
administrative
2.2.3. Améliorer les conditions de la surveillance de la personne en rétention
2.2.4. Clarifier le statut de la période située entre l’interpellation et la mise en dégrisement
2.2.5. Encadrer la durée de la rétention et la limiter à 12h
2.2.6. Clarifier l’articulation du dégrisement et de la garde à vue
2.2.7. Moderniser les locaux de dégrisement et se rapprocher des normes européennes
2.3. Adapter la réponse pénale et y intégrer la dimension sanitaire
2.3.1. Faire de la sanction pénale un levier de changement pour le contrevenant
2.3.2. Adopter la procédure de l’amende forfaitaire et l’adapter pour favoriser la prise en
charge sanitaire
2.3.3. Organiser ce suivi sanitaire
2.4. Renforcer l'implication des communes
2.4.1. Les maires sont directement concernés par la problématique de l’IPM
2.4.2. La mission ne recommande pas de confier l’IPM aux polices municipales
2.4.3. La mission recommande d’associer les communes à la prise en charge des IPM dans le
cadre de conventions
Conclusion : des gains en temps et en qualité
Rappel des préconisations
Rappel des principales recommandations
Annexe 1 :
Lettre de mission
Annexe 2 :
Liste des services et des personnes rencontrées ou mises à contribution
Annexe 3 :
Bibliographie
Annexe 4 :
Décision de recevabilité de la Cour européenne des Droits de l’Homme de la requête
présentée par Claude Castelot contre la France
Annexe 5 :
Bulletin de non hospitalisation
Annexe 6 :
Modèle de procès-verbal de gendarmerie
Annexe 7 :
Statistiques OFDT des interpellations pour IPM
Annexe 8 :
Procédures d’ivresse publique et manifeste établies
par la gendarmerie nationale
Annexe 9 :
Estimation du nombre de personnes en état d’ivresse et du nombre de demandes de
certificat médical, aux urgences de l’AP-HP, en 2007
Annexe 10 :
Estimation du coût horaire complet d’un gardien ou d’un gradé de la police nationale
Annexe 11 :
Taux de recouvrement des amendes IPM
Annexe 12 :
Etude comparée du traitement de l’IPM en Europe
Annexe 13 :
Quelques données sur le lien entre l’ivresse et la pathologie alcoolique
Annexe 14 :
Quelques données sur le lien entre alcool et violence
Annexe 15 :
Recommandations pour le suivi médical
Annexe 16 :
Schéma de principe d’une chambre de sûreté
Annexe 17 :
Vérifications concernant l’alcoolémie : modèle de fiche A
Annexe 18 :
Certificat de présentation aux consultations d’addictologie :
l’exemple de Saint- Quentin
Annexe 19 :
Dispositif de prise en charge des addictions