MÉTHODOLOGIE
SOUPLESSE DANS L’ORGANISATION
La mission e-Éduc, confiée à Jean Mounet, président du Syntec informatique, s’est constituée en quatre
groupes de travail (en correspondance avec les quatre axes de la lettre de mission) au sein desquels sont
intervenus des représentants mandatés des entreprises membres du Syntec et des représentants du
ministère (SDTICE, DGESCO, DGES, IGEN) (3). Des points de synthèse hebdomadaires ont été assurés entre
le délégué général du Syntec, le rapporteur et les animateurs des groupes de travail. Trois réunions
plénières et une réunion téléphonique hebdomadaire ont permis d’assurer la cohérence et la
convergence des travaux.
CADRAGE GÉNÉRAL
Lors du lancement de la mission le 23 janvier 2008, Xavier Darcos a rappelé l’objectif national : “faire de
l’École le lieu d’appropriation, par tous les élèves, des usages des TIC comme source d’information, de
communication et d’accès à la connaissance”. Il a exprimé son désir de solliciter la profession, en
relation avec les représentants du ministère, pour obtenir un « éclairage » et la formulation de
propositions concrètes en vue d’atteindre l’objectif.
La première étape a porté sur la délimitation du champ d’investigation ouvert par la lettre de mission,
autour de ses quatre thèmes :
1. Les ressources numériques (contenus, applications et services), la production, la diffusion,
l’adaptation, l’impact sur les usages…
Comment mieux mobiliser l’industrie du logiciel et des services, comment mieux tirer parti des
productions spontanées, individuelles ou collectives, privées ou publiques, en réponse aux besoins de
la communauté éducative ?
2. L’interaction des parties prenantes : État, collectivités territoriales dans les projets de type ENT et,
notamment, la mise en œuvre de partenariats publics privés (PPP).
Quels modèles économiques, quels cadres juridiques pour engager un indispensable effort collectif,
prenant en compte les contraintes de pérennité, de stabilité et de compatibilité des solutions ainsi
que la maîtrise des conditions de leur déploiement, de leur exploitation, de leur maintenance ?
3. La conduite et l’accompagnement du changement dont sont porteurs les TICE et leurs usages…
Comment appréhender et intégrer les apports des TIC dans l’univers scolaire, leur impact sur les
outils de travail, sur les procédures, sur les métiers ? Comment faire progresser la culture du
numérique et rendre plus accessible la formation, aussi bien chez les enseignants que dans
l’encadrement ?
4. La promotion des métiers et des voies de formation dans les secteurs de l’informatique et des TIC,
au regard des tensions sur le marché de l’emploi et de leurs évolutions.
Comment valoriser auprès du public scolaire, la richesse et la diversité des métiers ? Comment
encourager les vocations, en particulier auprès des filles ? Comment tirer parti de la diversité des
voies de formation de notre système scolaire pour alimenter les filières de l’enseignement supérieur
conduisant aux qualifications requises ?
SITE COLLABORATIF
L’étape suivante a consisté en une mise en commun, à partir d’un site collaboratif, de l’ensemble des
données et documents disponibles sur le sujet. La mission aura ainsi beaucoup lu et échangé, tant les
travaux d’analyse et de diagnostic, les notes d’étapes, les plans d’action, les rapports d’audit, de très
haut niveau, publications auxquelles ont souvent contribué les inspections générales, sont nombreux. Le
site a permis également le partage de l’agenda des auditions, le suivi et la mise à jour des comptes
rendus.
PROGRAMMATION DES AUDITIONS ET DES OBSERVATIONS
La liste des auditions a été constituée, avec le double objectif, de relever les points de vue d’acteurs de
terrain (formateurs, professeurs, parents, élèves…) engagés dans l’action, la prescription, la production
ou la diffusion, mais aussi de recueillir des exemples de “bonnes pratiques”, avec un parti pris pluraliste,
auprès de décideurs, de responsables nationaux, territoriaux, académiques, institutionnels, de la Caisse
des dépôts et consignations, d’associations représentatives du logiciel libre, de pôles de compétitivité,
d’entreprises de l’édition…. Des questionnaires et guides d’entretien (voir annexes) ont été élaborés au
sein des groupes qui ont permis de préparer et de conduire les auditions.
La mission a été rendue destinataire de sollicitations spontanées, auxquelles elle a fait largement écho,
soit sous la forme d’entretiens, soit sous la forme d’écrits.
Elle a reçu des contributions spontanées, des publications de chercheurs, des propositions
d’organisations associatives, des témoignages, des suggestions de professionnels…
Elle a examiné de manière particulière certains dispositifs présentant des caractères d’exemplarité aussi
bien en France qu’à l’étranger, en matière de pilotage, d’organisation, d’accompagnement du
changement…
VOLUME ET QUALITÉ DES AUDITIONS
De la fin janvier jusqu’à la mi-avril, la mission aura procédé à plus d’une centaine d’auditions par des
incursions nationales et internationales, auprès d’acteurs publics et privés, d’élus, d’établissements,
d’entreprises, d’associations, de représentants d’usagers (y compris les lycéens), de spécialistes,
d’observateurs…
Dans l’esprit de la démarche choisie, les auditions ont permis un recueil d’expertise particulièrement
remarquable et, tout aussi remarquable, les traces d’un engagement fort, convergent en faveur du
développement du numérique dans l’espace éducatif ; la créativité militante des acteurs du libre ne le
cédant en rien au volontarisme des éditeurs.
COLLABORATION SYNTEC-MINISTÈRE
Dans la configuration retenue, les membres de la mission ont beaucoup partagé en matière d’actualités
du numérique, tant la mise en commun effective des informations issues des différents réseaux,
présents ou représentés - ou en connexion - avec la mission e-Éduc s’est révélée très efficace…
Ce retour méthodologique n’est naturellement pas subalterne : cette forme de partenariat “public-
privé” dans la conduite d’une mission appliquée au numérique dans l’éducation donne à l’évidence des
indices pour être efficace dans l’organisation des travaux à suivre.
OUVERTURE À L’ENSEMBLE DES ACTEURS
Un forum dédié aux thèmes de la mission a été ouvert sur le site du Premier ministre, en direction des élèves, des familles, des enseignants… du 23 janvier au 29 février. Il a permis une expression libre et
spontanée et a bénéficié d’une excellente audience : 198 sujets ont été traités et 525 réponses fournies.
Il aborde des questions concrètes et, finalement, reflète fidèlement les débats qui traversent aujourd’hui le sujet du numérique à l’école : risques par rapport au développement des compétences
des élèves, légitimité d’un enseignement dédié à l’informatique et aux TIC, diversité des situations
d’équipement des écoles et des établissements, problèmes de maintenance des postes et d’assistance
aux utilisateurs, besoins de formation, valorisation et limites des habiletés des élèves, promotion des
solutions libres, mutualisation des ressources, diffusion des usages…
Un questionnaire a été adressé aux lycéens élus du CNVL par l’intermédiaire du délégué national à la vie
lycéenne à la Direction générale de l’enseignement scolaire.
REMERCIEMENTS
Les conversations menées dans le cadre des auditions présentielles ou téléphoniques, les échanges de
courriers électroniques, les visites de terrains ont témoigné d’une grande disponibilité, d’une
mobilisation forte et convergente pour faire avancer le numérique dans l’espace éducatif.
Les membres de la mission remercient toutes celles et ceux qui ont bien voulu apporter leur concoursà ce travail commun qu’ils souhaitent partager avec eux.
(3) Voir dans les annexes la liste des membres de la mission