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Défense, sécurité

Défense et Sécurité nationale : le Livre blanc - Les débats

Auteur(s) :

    • FRANCE. Présidence de la République; FRANCE. Ministère de la défense

Editeur :

  • Odile Jacob : La Documentation française

Date de remise : Juin 2008
414 pages

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La Commission chargée le 30 juillet 2007 par le Président de la République Nicolas Sarkozy de préparer le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale a voulu rompre, dans sa méthode, avec les habitudes du « domaine réservé ». Pour définir la nouvelle stratégie de la France à l'horizon des quinze prochaines années, la Commission a souhaité à la fois sortir de l'Hexagone et bénéficier du regard et de la compétence d'experts internationalement reconnus : Javier Solana, Bronislaw Geremek, Sir Lawrence Freedman, Sir David Omand, James B. Steinberg, Ghassan Salamé, Chung Min Lee, Jakob Kellenberger, Sergueï Rogov, Ashley J. Tellis, parmi d'autres, apportent ici leur analyse. La préparation du Livre blanc a aussi été l'occasion de sortir du cercle des spécialistes pour ouvrir le débat stratégique à d'autres voix : celles de syndicalistes, de responsables d'organisations non gouvernementales, de sociologues, de philosophes, de responsables religieux. Enfin, la Commission a donné la parole aussi bien à l'ensemble des partis politiques qu'à des acteurs de terrain : officiers, commissaires de police, directeurs de la sécurité civile. L'ambition du Livre blanc, ce deuxième volume en témoigne, est en effet de faire de la défense et de la sécurité nationale un domaine que tous peuvent partager et dont tous peuvent débattre. Retrouvez également, dans le premier volume, le rapport.




Introduction

 


 
LES « ACTEURS DE TERRAIN »
 

Lieutenant-colonel Foussard, commandant d’escadron
de l’armée de l’air – Audition le 04/10/2007

Colonel Serge Delaigue, directeur du SDIS du Rhône– Audition le 11/10/2007

Capitaine de vaisseau Martin Flepp, commandant du bâtiment
de projection et de commandement Siroco – Audition le 11/10/2007

Général de corps d’armée Antoine Lecerf, commandant
de la force d’action terrestre, ancien commandant
des forces françaises engagées dans l’opération Licorne
(Côte d’Ivoire) – Audition le 11/10/2007

Colonel Christophe Abad, commandant le 31e régiment
du génie (Castelsarrasin) – Audition le 25/10/2007

Commissaire Bernard Petit, chef de la division relations
internationales à la direction de la police judiciaire,
ancien chef de l’Office des stupéfiants – Audition le 25/10/2007

Colonel Bruno Jockers, commandant du groupement
de gendarmerie du Bas-Rhin – Audition le 22/11/2007

 
LES PARTIS POLITIQUES
 

Le Nouveau Centre (Philippe Folliot, député du Tarn
et secrétaire de la commission de la défense
de l’Assemblée nationale) – Audition le 18/10/2007

Le Front national (Jean-Marie Le Pen, président
du Front national ; Michel Hubault, député européen ;
Hubert de Beaufort, géopoliticien) – Audition le 31/10/2007

Le MoDem (Général Philippe Morillon, 2S) – Audition le 08/11/2007

Le Parti communiste français (Michèle Demessine,
sénatrice du Nord, maire-adjoint de Lille ; Jean-Claude Sandrier,
député du Cher, président du groupe GRD ; Vincent Bony,
secrétaire de la commission défense nationale du Parti
communiste) – Audition le 08/11/2007

Le Parti socialiste (Paul Quilès, ancien ministre, ancien député ;
François Lamy, député et secrétaire national en charge des questions
de défense du Parti socialiste ; Louis Gautier, délégué national
pour les questions stratégiques et de défense du Parti socialiste) – Audition le 08/11/2007

L’Union pour un mouvement populaire (UMP) (Pierre Lellouche,
député de Paris, membre de la commission de la défense nationale
et des forces armées de l’Assemblée nationale) – Audition le 15/11/2007

Les Verts (Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts ;
Jérôme Gleizes, membre du collège exécutif des Verts) – Audition le 15/11/2007

 
LES REPRÉSENTANTS DE LA SOCIÉTÉ CIVILE
 

Patricia Allémonière, journaliste (TF1) – Audition le 11/10/2007

Jean Guisnel, journaliste (Le Point) – Audition le 11/10/2007

Benoît Miribel, directeur général de la Fondation Mérieux,
coordinateur international d’Action contre la faim – Audition le 11/10/2007

Monseigneur Emmanuel Adamakis, président de l’assemblée
des évêques orthodoxes de France – Audition le 25/10/2007

Professeur Mohamed Aïouaz, adjoint au recteur de la Grande
Mosquée de Paris – Audition le 25/10/2007

Pasteur Claude Baty, président de la Fédération protestante
de France – Audition le 25/10/2007

Père Antoine Hérouard, secrétaire général de la conférence
des évêques de France – Audition le 25/10/2007

Rabbin Haïm Korsia, aumônier israélite des armées – Audition le 25/10/2007

Souleymane Bachir Diagne, chercheur et philosophe,
professeur à l’Université Northwestern d’Evanston (États-Unis)
(Sénégalais) – Audition le 31/10/2007

Bernard Manin, philosophe, directeur d’études à l’École
des hautes études en sciences sociales, professeur à l’Institut d’études politiques de Paris – Audition le 31/10/2007

 
LES RESPONSABLES EUROPÉENS
 

Javier Solana, secrétaire général du Conseil
de l’Union européenne et de l’Union de l’Europe occidentale,
haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune (PESC), ancien secrétaire général de l’OTAN (Espagnol) – Audition le 04/10/2007

Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères,
ancien secrétaire général de la présidence de la République – Audition le 04/10/2007

Général d’armée Henri Bentégeat, président du Comité militaire de l’Union européenne, ancien chef d’état-major
des armées françaises, ancien chef de l’état-major particulier
du Président de la République – Audition le 04/10/2007

Joachim Bitterlich, ancien conseiller européen, diplomatique
et de sécurité (sherpa) du Chancelier Kohl, ancien ambassadeur
auprès de l’OTAN puis à Madrid, membre du MEDEF européen
(Allemand) – Audition le 18/10/2007

Anne Lauvergeon, présidente du directoire d’AREVA,
ancienne secrétaire générale adjointe de la présidence
de la République – Audition le 18/10/2007

Ake Svensson, président de l’association des industries spatiales
et de défense européenne (ASD), président et directeur général
de SAAB (Suédois) – Audition le 08/11/2007

Karl-Theodor Freiherr von und zu Guttenberg, député CSU,
membre de la commission des affaires de défense du Bundestag
(Allemand) – Audition le 15/11/2007

Sir Michael Quinlan, membre de l’IISS, ancien sous-secrétaire
d’État au ministère de la Défense (Britannique) – Audition le 15/11/2007

Bronislaw Geremek, député au Parlement européen,
ancien ministre des Affaires étrangères,
membre fondateur de Solidarnosc (Polonais) – Audition le 22/11/2007

Jakob Kellenberger, diplomate, président du Comité international
de la Croix-Rouge (CICR) (Suisse) – Audition le 22/11/2007

Sir David Omand, ancien security and intelligence coordinator
auprès du Premier ministre et ancien coordinateur
de la gestion civile de crise du gouvernement britannique,
ancien chef du GCHQ, ancien directeur politique du ministère
de la Défense, et ancien secrétaire général du ministère
de l’Intérieur (Britannique) – Audition le 22/11/2007

 
LES « STRATÈGES»
 

M. James Dobbins, directeur de l’International Security
and Defense Policy Center de la RAND Corporation,
ancien ambassadeur des États-Unis auprès
de l’Union européenne et Assistant secretary of state
pour l’Europe (Américain) – Audition le 25/10/2007

M. Lee Chung Min, enseignant et chercheur
dans plusieurs instituts asiatiques, notamment en Corée du Sud
et à Singapour (Sud-Coréen) – Audition le 18/10/2007

M. Sergueï Rogov, directeur de l’Institut des États-Unis
et du Canada de l’Académie des sciences de Russie (Russe) – Audition le 18/10/2007

Sir Lawrence Freedman, membre de l’International Institute
for Strategic Studies (IISS), professeur d’études sur la guerre
et vice-principal pour la recherche au King’s College
de Londres (Britannique) – Audition le 31/10/2007
M. Ashley J. Tellis, senior associate du Carnegie Endowment
for International Peace (Américain) – Audition le 31/10/2007

M. Ariel Levite, ancien membre du cabinet du président Rabin,
ancien directeur général adjoint du Commissariat à l’énergie nucléaire (Israélien) – Audition le 08/11/2007

M. Ghassan Salamé, ancien ministre de la Culture, de l’Éducation
et de l’Enseignement supérieur du Liban, directeur de recherche
au CNRS/CERI et membre de plusieurs commissions et conseils
scientifiques (Libanais) – Audition le 08/11/2007

M. James B. Steinberg, senior fellow à la Brookings et doyen
de la LBJ School of Public Affairs de l’Université du Texas,
chercheur et diplomate, ancien Deputy national security
adviser de l’administration Clinton (Américain) – Audition le 15/11/2007

M. Hitoshi Tanaka, senior fellow du Japan Center
for International Exchange, ancien ministre adjoint
des Affaires étrangères (Japonais) – Audition le 15/11/2007

M. Raul Benitez Manaut, enseignant et chercheur au centre
de recherches sur l’Amérique du Nord de l’Université nationale
autonome de Mexico, ainsi qu’au Woodrow Wilson Center
du Smithsonian Institute (Mexicain) – Audition le 22/11/2007








INTRODUCTION



L’élaboration du Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale a
fait place à de nombreuses innovations, s’agissant de domaines aussi
sensibles et traditionnellement « réservés » que ceux de la défense et de
la sécurité nationale. Un souci de transparence, de consultations et la
recherche de regards nouveaux sur la France, sa politique étrangère et sa
défense ont constamment animé les travaux. Conformément aux souhaits
du Président de la République et aux propres convictions des membres
de la Commission, les travaux se sont allégrement affranchis du cadre
d’habitude restreint, surtout en France, assigné à ce domaine. C’était le
moyen de mieux percevoir les réalités. C’était aussi une façon de sensibiliser
davantage un public plus large aux questions de sécurité internationale
et de défense.

Ces consultations ont été largement ouvertes au public, avec le double
souci de permettre à la communauté militaire de s’exprimer, y compris
sur des modes informels, et de recueillir l’opinion de non-spécialistes.

Quarante auditions publiques ont été conduites par la Commission ;
cinquante-deux personnalités ont été entendues : sept « acteurs de terrain», sept formations politiques, dix représentants de la société civile
(sociologues, représentants des grandes religions, journalistes et ONG) et
une vingtaine de responsables européens et de « stratèges ». Retransmises
en direct ou en différé par les chaînes parlementaires et proposées sur le
site Internet de la Commission, ces auditions ont été en outre consultées
par plus de 150 000 internautes.

La Commission a également proposé aux internautes de « prendre la
parole » en contribuant au débat via des forums organisés sur son site
Internet. Neuf forums ont ainsi été ouverts en dix mois et ont permisà plus de 25 000 internautes de s’exprimer sur les sujets concernant la
défense et la sécurité. Ces échanges ont montré que les centres d’intérêt
des internautes étaient multiples, certains débats ressortant plus que
d’autres : la place de la France et de l’Europe dans le monde, la relation
avec l’OTAN, la nécessaire adaptation des moyens militaires aux missions,
le recours aux réservistes, la mise en place d’un service civique
volontaire ou obligatoire… Le site de la Commission a par ailleurs reçu

plus de 80 000 visites d’internautes d’origines très variées et n’étant pas
tous, loin s’en faut, des spécialistes des questions de défense ou de
sécurité.

Ces consultations ont été délibérément internationales, afin que la
Commission dispose d’analyses « décentrées » par rapport au regard que
les Français portent sur leur propre politique ou sur le monde. Des
personnalités et experts de quatorze nationalités différentes, venus de
tous les continents, ont ainsi pu être entendus et débattre publiquement.
En outre, des membres de la Commission se sont rendus à plusieurs
reprises en Allemagne, au Royaume-Uni, en Italie, en Espagne et, bien
sûr, à Bruxelles au siège des institutions de l’Union européenne et de
l’Alliance Atlantique.

Ces consultations ont été pluralistes, à la fois sur le plan politique,
professionnel et social. Tous les partis politiques ont été entendus en
audition publique et ont fourni des contributions. Dans un cadre plus
restreint, afin de faciliter la liberté des échanges, ont été auditionnés des
représentants des organisations syndicales du niveau confédéral et fédéral,
des représentants d’associations, des membres des conseils représentatifs
des personnels de la défense et de la sécurité, les chefs d’entreprises
du secteur de l’armement, des universitaires, des représentants des
confessions religieuses les plus pratiquées en France, des journalistes. Ces
entretiens ont permis notamment à la Commission de mieux appréhender
les différentes questions relatives aux relations sociales, aux industries de
défense et de sécurité, à la communication publique ou à la recherche.

Ces consultations ont aussi été menées directement sur le terrain,
auprès des forces armées ou des forces de sécurité intérieure et de sécurité civile, en opérations, dans leur cadre de vie, ou dans l’exercice de
leurs missions, à l’extérieur comme à l’intérieur du territoire. Les visites
ont comporté systématiquement des tables rondes entre les membres de
la Commission et les personnels, catégorie par catégorie, et toujours à huis clos, hors la présence de la hiérarchie. Elles ont confirmé la grande
qualité et les motivations profondes des personnels, leurs préoccupations
quotidiennes, liées surtout à la qualité des matériels et aux difficultés
souvent criantes du maintien en condition opérationnelle, ou encoreà leur vie sociale et familiale. Ces déplacements ont montré combien les
attentes étaient fortes, s’agissant en particulier de l’amélioration de la
disponibilité des équipements.

Enfin, la Commission a fait appel aux étudiants, aux chercheurs et
aux enseignants pour qu’ils apportent une contribution concrète. Ces
travaux, immédiatement diffusés aux membres et aux sept groupes de
travail mis en place dès septembre 2007, ont apporté des éléments nouveaux
et essentiels à la réflexion.

Ces contributions ne peuvent pas toutes être publiées ici. Leur
volume dépasserait largement le cadre de cet ouvrage. Mais il a semblé nécessaire que les lecteurs aient accès, avec le Livre blanc, à la contribution
particulière, nouvelle pour un tel exercice, que représentent les
très riches auditions publiques qui ont accompagné la première phase de
la réflexion en octobre et novembre 2007.

Les « acteurs de terrain » qui ont témoigné sont officiers des trois
armées, policiers, gendarmes, responsables de la sécurité civile. Ils ont
apporté leur expérience directe des opérations conduites récemment par
leurs unités et des problèmes quotidiens. Leurs auditions ont mis en
lumière la passion de ces professionnels pour leur métier, leurs attentes
fortes en ce qui concerne la modernisation et la disponibilité de leurs équipements, leur frustration quand ils ont le sentiment de ne pas disposer
de moyens adaptés à leur mission. Ils ont insisté sur l’importance du
facteur humain et de la vie en équipe.
Les échanges avec les représentants des différents partis politiques ont
permis d’examiner l’ensemble des sujets de défense et de sécurité entrant
dans le champ d’investigation de la Commission. Des propositions très
précises ont été avancées sur les orientations fondamentales de l’effort de
défense, sur l’Europe et l’OTAN, sur le rôle du Parlement, sur les prioritésà respecter, sur la notion de sécurité nationale alors en gestation ou sur
la mise en place d’un service civique.
Les représentants de la société civile étaient responsables d’organisations
non gouvernementales, journalistes, philosophes, représentants des
religions ; ils ont insisté sur l’importance de l’adhésion de la nation, la
question des relations entre sécurité et éthique, ou la nécessité d’une
prise de conscience collective, dans notre société, des enjeux de défense
et de sécurité. À ce titre, ils ont souligné l’apport essentiel de la formation
et de la communication dans la capacité de la société française à faire
face à une crise grave.
Plusieurs hauts responsables sont venus de nombreux pays d’Europe :
le haut représentant de l’Union européenne, M. Solana, le président du
comité militaire de l’Union européenne, le général Bentégeat, l’ancien
ministre et député européen de Pologne, M. Geremek, le président du
Comité international de la Croix-Rouge, M. Kellenberger, pour n’en citer
que quelques-uns. Ils ont présenté à la Commission leurs analyses et
leurs espoirs sur les perspectives de l’Union européenne, les progrès que
celle-ci doit accomplir dans les domaines de la défense et de la sécurité,
le rôle qui peut être celui de la France dans cette perspective. L’importance
des relations bilatérales avec l’Allemagne et le Royaume-Uni a étémise en lumière.
Cet ouvrage regroupe enfin, qu’ils nous en excusent, sous l’appellation
de « stratèges », les meilleurs spécialistes des questions de défense ou
de la sécurité internationale entendus pars la Commission. Ils sont souvent
venus de fort loin, du Japon, de Corée du Sud, des États-Unis, du
Mexique, de Russie, du Proche-Orient, d’Afrique. Ils ont présenté à la
Commission leur vision du monde, sous l’angle de leur continent respectif,
ses évolutions et la place que la France et l’Europe pourraient occuper à l’avenir. Ils ont permis à ce Livre blanc d’être préparé avec un regard
large sur les problématiques les plus actuelles de la paix et de la sécurité internationales. Ces regards croisés ont, sans conteste, aidé la Commissionà caractériser la nouvelle donne internationale dans laquelle s’inscrit
la nouvelle stratégie de la France.
Avec ce second volume du Livre blanc, nous souhaitons que le
domaine « réservé » devienne davantage « partagé » : il met à la disposition
du lecteur une mine d’informations, de témoignages et d’expériences,
dans laquelle la Commission et le gouvernement ont eux-même puisé. Il
est aussi l’occasion de remercier tous ceux, très nombreux, qui, présents
ou absents de ce livre, ont contribué à une réflexion ouverte sur les
quinze années à venir.