Rapport de la Commission de réflexion sur la modernisation des commémorations publiques
KASPI André
,
FRANCE. Secrétariat d'Etat à la défense et aux anciens combattants
Paris
;
Ministère de la défense
La Commission présidée par André Kaspi avait pour objectif de réfléchir au sens et au contenu des commémorations publiques, dont le nombre a doublé depuis 1999. Parlant d'un « phénomène inflationniste », la Commission estime que le trop grand nombre de commémorations entraîne « une désaffection et une incompréhension de la part d'une très grande majorité de la population, un affaiblissement de la mémoire collective, des particularismes qui vont à l'encontre de l'unité nationale ». Elle souhaiterait retenir trois dates dans le cadre d'une commémoration nationale, les autres dates devenant des commémorations locales ou régionales : le 11 novembre pour commémorer les morts du passé et du présent, le 8 mai pour rappeler la victoire sur le nazisme et la barbarie, le 14 juillet qui exalte les valeurs de la Révolution française. D'autres propositions sont présentées : donner une plus forte ampleur au tourisme de mémoire, inciter les établissements scolaires à mettre au point des projets pédagogiques permettant une réflexion approfondie sur la signification de la date commémorée, préparer à l'intention des médias des programmes, des événements qui retiennent l'attention des lecteurs et des téléspectateurs. La Commission souhaite également conforter le rôle des collectivités territoriales dans l'organisation des journées de la mémoire.
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novembre 2008
47
pages
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LES PRINCIPALES CONCLUSIONS DU RAPPORT
La commission avait pour objectif de réfléchir sur le nombre et le
déroulement des commémorations publiques. Après avoir entendu
les associations d’anciens combattants et une quarantaine d’invités,
elle aboutit aux conclusions suivantes :
1 - Les commémorations publiques ou nationales sont trop
nombreuses. Elles atteignent aujourd’hui le nombre de 12,
soit deux fois plus qu’en 1999. Leur nombre pourrait encore
augmenter dans les années à venir. Ce qui entraîne une
désaffection et une incompréhension de la part d’une très
grande majorité de la population, un affaiblissement de la
mémoire collective, des particularismes qui vont à l’encontre
de l’unité nationale.
2 - Trois dates devraient faire l’objet d’une commémoration
nationale : le 11 novembre pour commémorer les morts du
passé et du présent, le 8 mai pour rappeler la victoire sur le
nazisme et la barbarie, le 14 juillet qui exalte les valeurs de la
Révolution française. Bien entendu, dans toute la mesure du
possible, les commémorations nationales seront intégrées dans
le processus de la construction européenne.
3 - Les autres dates ne seraient pas supprimées. Elles deviendraient
des commémorations locales ou régionales. De temps à autre,
elles revêtiraient un aspect exceptionnel, comme ce fut le cas
en 2004 pour les débarquements alliés de 1944.
4 - Il ne suffit pas d’exprimer des exigences à l’égard de l’Education
nationale et des médias. Il faut inventer des formes nouvelles
de commémoration, qui contribueront à transmettre la
mémoire des grands événements de notre histoire. De là, un
effort particulier dans plusieurs directions :
donner une plus forte ampleur au tourisme de mémoire,
qui offre la possibilité de visiter des lieux historiques, de
rassembler sur le plan national et sur le plan international ;
inciter les établissements scolaires à mettre au point des
projets pédagogiques, qui ne seront pas limités à la date
commémorée, mais permettront une réflexion approfondie
sur sa signification ;
préparer à l’intention de la presse écrite, de la presse
radio - télévisée et électronique des programmes, des événements qui retiennent l’attention des lecteurs et
des téléspectateurs.
5 - Ne pas tout attendre de l’Etat central. Les collectivités territoriales
doivent tenir une place primordiale. C’est d’elles que
partiront les initiatives les plus novatrices. C’est elles qui
mettront sur pied des journées de la mémoire, adaptées aux
lieux. Chacune d’elles peut apporter sa contribution à la
sauvegarde de la mémoire nationale.