INTRODUCTION
PREMIÈRE PARTIE : LA FRANCE EN DÉBAT AVEC SON PASSÉ
I.- DES « LOIS MÉMORIELLES » RÉVÉLATRICES ET PROBLÉMATIQUES
A. L’APPARITION D’UNE NOUVELLE GÉNÉRATION DE « LOIS
MÉMORIELLES »
1. Une intervention parlementaire ancienne et protéiforme
a) La Révolution : fêtes civiques et culte des grands hommes
b) Une mythologie républicaine célébrée de manière protéiforme
2. Les nouveaux termes du débat : la « querelle des lois mémorielles »
a) La loi « Gayssot » de juillet 1990 et la pénalisation du délit de
négationnisme
b) Le tournant de 2005 et la mobilisation des historiens
B. QUE PENSER DE CES INITIATIVES LÉGISLATIVES ?
1. Une conséquence de la limitation des pouvoirs du Parlement
2. Des lois au contenu très divers mais dont la motivation commune est
placée sous l’invocation du « devoir de mémoire »
3. Une dynamique de qualification de l’histoire pouvant présenter des
risques juridiques et politiques
a) Un risque d’inconstitutionnalité
b) Un risque d’atteinte à la liberté d’opinion et d’expression
c) Un risque d’atteinte à la liberté des enseignants et des chercheurs
d) Un risque de remise en cause des fondements mêmes de la discipline
historique
e) Un risque de fragilisation de la société française
f) Une source possible d’embarras diplomatique
C. LA DIMENSION EUROPÉENNE DU DÉBAT : LA PROPOSITION DE
DÉCISION-CADRE D’AVRIL 2007
1. Un texte dont certaines dispositions suscitent une vive inquiétude chez
les historiens et les juristes
2. Rappel du contenu juridique de la proposition de décision-cadre
II.- LES AMBIGUITÉS DU « DEVOIR DE MÉMOIRE »
A. L’HISTOIRE DE FRANCE ET LA MÉMOIRE NATIONALE : UN COUPLE SOUS
TENSION
1. La méthode historique, garantie de rationalité et d’universalité
a) L’histoire contre la mémoire
b) L’histoire avec la mémoire
2. La tension médiatique
B. LE « DEVOIR DE MÉMOIRE » : UNE NOTION UTILE MAIS DONT LE
MANIEMENT EST DÉLICAT
1. Une notion essentiellement positive
a) Une notion à visée morale
b) Une notion qui trouve son origine dans une demande et un contexte précis
c) Une notion qui a permis des avancées fondamentales en matière de justice
pénale : la lutte contre l’oubli des crimes les plus graves perpétrés contre
la communauté internationale
d) Une notion qui a conduit à l’adoption de dispositifs de « réparation de
l’histoire »
2. Une notion qui peut être source de malentendus si elle ne vise que la
reconnaissance des souffrances
a) Une notion problématique sur le plan intellectuel et moral
b) Une notion dont les effets politiques ne doivent pas être négligés
c) Une notion devenue un enjeu délicat des relations internationales
C. LA LEÇON DE SAGESSE DE PAUL RICOEUR : LE « TRAVAIL DE
MÉMOIRE » EN PRÉALABLE AU « DEVOIR DE MÉMOIRE »
1. Le cheminement vers la « juste mémoire »
2. Des exemples d’application concrète du « travail de mémoire »
DEUXIÈME PARTIE : LES CLEFS D’UNE POLITIQUE RASSEMBLANT LA NATION AUTOUR D’UNE MÉMOIRE PARTAGÉE
I.- PRÉSERVER L’EXPRESSION DU PARLEMENT SUR LE PASSÉ TOUT
EN PERMETTANT AUX HISTORIENS DE TRAVAILLER SEREINEMENT
A. SORTIR DE L’IMPASSE À LAQUELLE CONDUISENT LES « LOIS
MÉMORIELLES » : LE PARLEMENT DOIT PRÉSERVER LA SPÉCIFITÉ DE
LA LOI ET UTILISER DE NOUVEAUX MODES D’EXPRESSION SUR LE
PASSÉ
1. Le souci d’apaisement et de réconciliation autour de notre passé
conduit à ne pas remettre en cause les « lois mémorielles » existantes
2. Le Parlement doit désormais renoncer à la loi pour porter une
appréciation sur l’histoire ou la qualifier
3. La révision constitutionnelle centrée sur la revalorisation du Parlement
implique de respecter le caractère normatif de la loi
4. Le Parlement pourra recourir à la nouvelle faculté de voter des
résolutions
5. Il convient d’évaluer l’exacte portée de la proposition de décision-cadre
européenne d’avril 2007
B. CRÉER UN ENVIRONNEMENT FAVORABLE À LA RECHERCHE
HISTORIQUE
1. Améliorer l’accès aux archives
2. Encourager la transmission de la connaissance historique
II.- DONNER UN NOUVEL ÉLAN À LA POLITIQUE DE COMMÉMORATIONS
A. DES COMMÉMORATIONS NOMBREUSES MAIS PARFOIS DÉLAISSÉES
PAR NOS CONCITOYENS
1. L’ère de la commémoration « nationale et civique » : la
Troisième République
2. Le temps de la commémoration atomisée et désenchantée
a) Les allers et retours du calendrier commémoratif depuis 1945
b) Des commémorations davantage tournées vers les victimes
B. QUELS AXES DE RENOUVEAU POUR LE PROCESSUS COMMÉMORATIF ?
1. La nécessité de conserver des repères mémoriels forts
2. Comment dynamiser la politique de transmission de la mémoire ?
a) Quel partage des rôles entre le Parlement et l’Exécutif ?
b) Des pistes d’évolution ont été proposées
c) L’importance du travail préparatoire pour mieux associer les jeunes
générations aux commémorations et célébrations
d) Le rôle rassérénant des cérémonies privées
3. Souligner le rôle décisif des collectivités locales et des associations
dans l’animation des commémorations et célébrations
4. Jouer la carte du « travail de mémoire » en s’appuyant sur des
institutions et des lieux à vocation pédagogique
a) Le rôle irremplaçable de l’institution culturelle et éducative : les musées et
mémoriaux
b) Un exemple d’évocation pédagogique utile : l’histoire de l’immigration
c) L’importance des « chemins de mémoire »
5. Veiller à célébrer les figures ou les oeuvres culturelles
III.- RÉAFFIRMER LA CONTRIBUTION FONDAMENTALE DE L’ÉCOLE À LA
CONSTRUCTION D’UNE CULTURE HISTORIQUE PARTAGÉE
A. QUELQUES REMARQUES LIMINAIRES SUR LES OBJECTIFS ASSIGNÉS À L’ENSEIGNEMENT DE L’HISTOIRE PAR LES POUVOIRS PUBLICS
B. UNE ÉCOLE « BOUSCULÉE » PAR LES REVENDICATIONS MÉMORIELLES
1. A l’origine : l’école perçue comme le vecteur privilégié de
l’apprentissage du « roman national »
2. Aujourd’hui : l’école tiraillée entre sa mission traditionnelle
d’enseignement de l’histoire et sa volonté de répondre aux attentes
suscitées par le « devoir de mémoire »
a) L’histoire : une discipline reine confrontée aux sollicitations de la société
b) Le « devoir de mémoire » à l’école : un risque de dévoiement de
l’institution ?
3. Des enseignants à la peine pour faire cours sur les questions
historiques dites « sensibles »
a) Un réel sentiment de désarroi face à une mission parfois vécue comme
impossible
b) Des établissements où peut s’inviter une certaine « concurrence des
mémoires »
c) Des élèves vivant sous le régime du « présentisme » et de l’actualité médiatique
C. PARVENIR À UN ÉQUILIBRE ENTRE « DEVOIR D’HISTOIRE » ET « DEVOIR
DE MÉMOIRE » À L’ÉCOLE
1. Rappeler les deux impératifs que sont « comprendre » et « faire
comprendre »
a) L’enseignement de l’histoire ne doit pas être d’abord un instrument de
commémoration ou d’expression des souffrances
b) Il doit mettre l’accent sur le « devoir d’intelligence »
2. Soutenir les professeurs dans leur enseignement des questions
historiques dites « sensibles »
3. Limiter l’intervention du Parlement en matière de programmes
scolaires à sa stricte mission d’évaluation et de contrôle de l’action du
Gouvernement
IV.- RÉFLÉCHIR AUX CONTOURS D’UNE « MÉMOIRE EUROPÉENNE »
A. L’ÉDUCATION HISTORIQUE
B. UNE POLITIQUE À L’ÉCHELLE DU CONTINENT
1. Conforter les échanges entre chercheurs européens
2. Repenser la Fête de l’Europe
3. Explorer une mémoire culturelle plutôt que strictement historique
LISTE DES RECOMMANDATIONS DE LA MISSION
CONTRIBUTIONS DES MEMBRES DE LA MISSION
TRAVAUX DE LA MISSION
ANNEXE 1 : LISTE DES PERSONNES AUDITIONNÉES
ANNEXE 2 : COMPTES RENDUS DES AUDITIONS ET DES TABLES RONDES
– Audition de M. Jean Favier, historien, président du Haut comité des
célébrations nationales
– Audition de M. Pierre Nora, historien, membre de l’Académie française, éditeur, président de l’association Liberté pour l’Histoire
– Audition de M. Marc Ferro, historien, co-dirigeant de la revue Annales :
histoire, sciences
– Audition de M. Serge Klarsfeld, écrivain, historien, président de
l’Association des fils et filles de déportés juifs de France et vice-président de
la Fondation pour la mémoire de la Shoah, et de son épouse, Béate Klarsfeld
– Audition de M. Denis Tillinac, écrivain et journaliste, président des Éditions La Table ronde
– Audition de M. Gérard Noiriel, historien, directeur d’étude à l’École des
Hautes études en sciences sociales (EHESS), président du Comité de
vigilance face aux usages publics de l’histoire
– Audition commune de M. François Dosse, historien, et de M. Thomas
Ferenczi, journaliste, responsable du bureau de Bruxelles au journal Le
Monde
– Audition de M. Jean-Denis Bredin, avocat, membre de l’Académie
française
– Audition de M. Paul Thibaud, philosophe, journaliste, président d’Amitié Judéo-chrétienne de France
– Audition de M. André Kaspi, professeur émérite à l’Université de Paris I,
président de la commission sur l’avenir et la modernisation des
commémorations publiques
– Audition de M. Bronislaw Geremek, historien, homme politique polonais,
député européen
– Audition de M. Alain Finkielkraut, philosophe, écrivain
– Table ronde sur « Les questions mémorielles et la recherche historique »
– Table ronde sur « Les questions mémorielles et la liberté d’expression »
– Table ronde sur « L’école, lieu de transmission »
– Table ronde sur : « Une histoire, des mémoires »
– Table ronde sur « Processus commémoratif »
– Table ronde : « Le rôle du Parlement dans les questions mémorielles »
– Audition de M. Xavier Darcos, Ministre de l’Éducation
– Audition de M. Jean-Marie Bockel, Secrétaire d’État chargé de la Défense
et des Anciens combattants auprès de la Ministre de la Défense
– Audition de M. Robert Badinter, sénateur, ancien garde des Sceaux, ancien
président du Conseil constitutionnel
– Audition de M. Yves Jego, Secrétaire d’État chargé de l’Outre-mer auprès
de la Ministre de l’Intérieur, de l’Outre-mer et des collectivités territoriales
ANNEXE 3: LE TRAITEMENT DES QUESTIONS MÉMORIELLES À L’ETRANGER
ANNEXE 4 : LES PÉTITIONS DES HISTORIENS ET DES JURISTES
ANNEXE 5 : REPÈRES HISTORIQUES QUE L'ÉLÈVE DOIT CONNAITRE À LA
FIN DE LA SCOLARITÉ OBLIGATOIRE