Retour
 
Politiques sociales

Rapport d'information fait au nom de la commission des finances, du contrôle budgétaire et des comptes économiques de la nation et de la commission des affaires sociales sur l'Agence française de l'adoption

Auteur(s) :

Editeur :

  • Sénat

Collection : Les Rapports du Sénat

Titre de couverture : "Une seconde chance pour l'agence française de l'adoption"

Date de remise : Mars 2009
103 pages

Pour lire les rapports au format PDF vous avez besoin d'un lecteur PDF.
Pour lire les rapports au format EPUB vous avez besoin d'un lecteur EPUB.

L'Agence française de l'adoption a été créée par la loi du 4 juillet 2005 portant réforme de l'adoption ; elle a pour mission "d'informer, de conseiller et de servir d'intermédiaire pour l'adoption de mineurs étrangers". Ce rapport analyse le fonctionnement et les moyens de l'Agence et fait le bilan de son action. Il analyse les raisons qui expliquent les difficultés rencontrées par l'Agence (conditions contraignantes pour l'adoption internationale, mise en oeuvre inachevée de la réforme de 2005, difficultés financières pour l'accompagnement des familles, engorgement dans le traitement des demandes résultant de l'absence de sélection des familles et du dépôt simultané de plusieurs dossiers). Les rapporteurs préconisent d'accroître l'efficacité de l'organisation institutionnelle de l'adoption, de rationaliser le fonctionnement de l'agence pour lui permettre de jouer son rôle, de revoir les conditions de délivrance des agréments, de mieux encadrer les demandes de l'adoption internationale et de favoriser l'adoption nationale (raccourcissement et simplification des procédures de déclaration d'abandon, recours à l'adoption simple).



AVANT-PROPOS

PROPOSITIONS ET RECOMMANDATIONS


 
I. L’AGENCE FRANÇAISE DE L’ADOPTION : UN OBJECTIF LÉGITIME - UNE RÉPONSE DÉCEVANTE
 

A. LA CRÉATION D’UN ORGANISME PUBLIC POUR RÉPONDRE AU PROBLÈME
SPÉCIFIQUE DE L’ADOPTION INTERNATIONALE
1. Les raisons qui ont conduit le législateur à créer l’Agence française de l’adoption
a) L’incapacité des organismes autorisés pour l’adoption à répondre à l’ensemble des
demandes d’adoptions internationales
b) L’ouverture d’une troisième voie pour l’adoption

2. L’Afa : un nouvel intermédiaire public au service de tous les candidats
a) Le rôle de l’agence : informer, conseiller et servir d’intermédiaire pour l’adoption
b) Une intervention de droit dans les Etats parties à la convention de La Haye, sur
habilitation spécifique dans les autres Etats
c) Un organisme qui opère sans sélection des candidats à l’adoption

3. Une agence constituée sous la forme d’un groupement d’intérêt public
a) Un groupement d’intérêt public associant l’Etat, les départements et les
fédérations d’organismes autorisés pour l’adoption
b) Les règles de gouvernance
c) Une agence soumise au contrôle général, économique et financier de l’Etat et au
contrôle d’un commissaire du gouvernement

B. LES MOYENS DE L’AGENCE FRANÇAISE DE L’ADOPTION
1. L’Agence dispose de ressources significatives mais sous-consommées
a) Son budget repose pour l’essentiel sur une subvention de l’Etat
b) Le maintien, chaque année, de la subvention à 4 millions d’euros en loi de
finances initiale n’apparaît pas justifié
c) Les dépenses de l’Afa et les raisons de l’insuffisante mobilisation des crédits

2. Les effectifs de l’agence : une gestion qui présente des faiblesses
a) L’effectif cible retenu par l’agence : trente-cinq équivalents temps plein
b) L’évolution des effectifs de l’agence depuis sa création
c) Le statut des agents de l’Afa

C. UN BILAN MITIGÉ QUI A TERNI L’IMAGE DE L’AGENCE
1. Les réserves émises sur la création d’un organisme public de l’adoption

2. Des résultats décevants qui ne sont pas à la hauteur des moyens engagés en matière
d’adoption
a) La diminution préoccupante des adoptions réalisées par l’Afa
b) Les réticences de l’agence à adopter une attitude de coopération constructive avec
les acteurs de l’adoption
3. Un constat plus nuancé en ce qui concerne les missions d’information et de suivi
a) Les relations avec les conseils généraux gagneraient à être renforcées
b) Un satisfecit global cependant pour l’information délivrée aux départements et aux
familles
c) Clarifier les missions de l’Afa concernant le suivi après l’adoption

 
II. LES RAISONS AVANCÉES POUR EXPLIQUER LES DIFFICULTÉS RENCONTRÉES PAR L’AGENCE
 

A. DES CONDITIONS PLUS CONTRAIGNANTES POUR L’ADOPTION
INTERNATIONALE
1. La baisse du nombre d’adoptions internationales et leur concentration dans quelques
pays d’origine
a) Une diminution générale des adoptions internationales en France et dans les pays
d’accueil depuis 2005 dont a pâti l’agence
b) Deux tiers des adoptions françaises à l’étranger sont réalisées dans des pays non
parties à la convention de La Haye où l’agence peut plus difficilement s’implanter

2. Des conditions plus restrictives à l’adoption internationale du fait de la ratification
progressive de la convention de La Haye
a) La ratification progressive de la convention de La Haye
b) Des pays d’origine de plus en plus exigeants

B. LA MISE EN OEUVRE INACHEVÉE DE LA RÉFORME DE 2005
1. La clarification du rôle et de l’organisation de l’autorité centrale : un processus
insuffisamment maîtrisé
a) Une transition difficile entre la mission pour l’adoption internationale et l’agence
qui a retardé la réorganisation de l’autorité centrale
b) L’insuffisance du pilotage et de la coordination des activités de l’agence par les
autorités de tutelle et l’autorité centrale

2. Les OAA sont encore trop nombreux pour être pleinement efficaces

3. Les agréments restent délivrés en trop grand nombre et sans véritable formation
préalable

4. L’adoption nationale est encore trop peu développée

C. CERTAINES DES DIFFICULTÉS RENCONTRÉES RÉVÈLENT DES CARENCES
IMPUTABLES À L’AGENCE
1. Les règles de la comptabilité publique et l’organisation actuelle de l’agence rendent
difficile l’accompagnement financier des familles

2. L’agence n’a pas, à ce stade, la capacité de mener des opérations de coopération
a) Des faiblesses dans la gestion de cette activité
b) Des enjeux éthiques et d’efficacité
c) Des actions de coopération encore insuffisamment mises en valeur de manière
globale
3. L’engorgement dans le traitement des demandes résulte de l’absence de sélection des
familles et de la possibilité de présenter simultanément plusieurs dossiers

 
III. RECOMMANDATIONS ET PROPOSITIONS
 

A. ACCROÎTRE L’EFFICACITÉ DE L’ORGANISATION INSTITUTIONNELLE DE
L’ADOPTION
1. Renforcer le rôle de pilotage et de coordination de l’autorité centrale

2. Définir une stratégie coordonnée de l’adoption internationale

3. Renforcer les organismes autorisés pour l’adoption, dans le cadre d’une
contractualisation avec l’Etat

4. Faciliter les procédures d’adoption internationale

B. RATIONALISER LE FONCTIONNEMENT DE L’AGENCE POUR LUI
PERMETTRE DE JOUER PLEINEMENT SON RÔLE
1. En adaptant ses compétences et sa gouvernance
a) Permettre à l’agence de jouer un rôle d’intermédiaire financier pour mieux
accompagner les familles dans les pays d’origine
b) Donner à l’agence la faculté de financer des micro-projets de coopération de
nature humanitaire sous le contrôle de l’autorité centrale
c) Permettre, plus largement, une valorisation de l’effort français de coopération
d) Prévoir un siège d’observateur pour les associations des familles adoptives au sein
du conseil d’administration de l’agence

2. En remédiant à certaines faiblesses administratives
a) Renforcer le pilotage des dépenses et des effectifs, en lien avec la tutelle
b) Définir une évolution des effectifs sur le moyen terme, dans le cadre de la
convention d’objectifs et de gestion et en tenant compte de la nouvelle stratégie
d’action de l’agence
c) Mieux justifier les crédits demandés au Parlement

C. REVOIR LES CONDITONS DE DÉLIVRANCE DES AGRÉMENTS
1. Améliorer l’information préalable des candidats à l’adoption avant l’octroi de
l’agrément

2. Travailler à l’élaboration commune d’un référentiel pour harmoniser les pratiques
des conseils généraux

3. Créer un fichier national nominatif unique des agréments et des refus d’agrément

4. Vérifier annuellement de façon plus rigoureuse la validité des agréments

5. Adapter les critères légaux d’octroi des agréments aux nouvelles évolutions
familiales

 

D. MIEUX ENCADRER LES DEMANDES D’ADOPTIONS INTERNATIONALES ET
FAVORISER L’ADOPTION NATIONALE
1. Développer la coopération institutionnelle avec les pays non parties à la convention
de La Haye pour les encourager à interdire les démarches individuelles

2. Engager une réflexion sur la limitation du nombre de démarches simultanées
d’adoption à l’étranger

3. Favoriser l’adoption nationale
a) Mieux informer les familles sur les voies de l’adoption en France
b) Raccourcir et simplifier les procédures de déclaration d’abandon
c) Développer le recours à l’adoption simple


 


EXAMEN EN COMMISSION

ANNEXE 1 : ORGANIGRAMME DE L’AGENCE FRANÇAISE DE L’ADOPTION

ANNEXE 2 : LISTE DES PERSONNES AUDITIONNÉES