Propositions
A) Faire de l’orientation active un processus continu, inscrit dans la
durée et comprenant plusieurs étapes :
1. Affirmer le caractère continu et structuré de l’orientation active, définie comme
l’ensemble des actions mises en œuvre au cours du cycle terminal du lycée et de la première
année d’enseignement supérieur pour permettre à chaque élève d’élaborer un projet de
poursuite d’études et l’accompagner au cours de la transition vers les études supérieures ;
2. Situer en octobre/novembre de l’année de terminale la demande de conseil à l’université, généralisée à la rentrée 2010 à tous les élèves qui souhaitent s’inscrire en licence,
afin de la distinguer clairement de la procédure de pré-inscription et de ménager à l’élève une
période de réflexion avant la saisie de ses vœux dans « Admission post-bac » ;
3. Créer dès 2009-2010 un portail informatique comprenant quatre entrées
correspondant aux étapes du processus d’orientation active - découverte des formations et de
leurs débouchés, dialogue et conseil, pré-inscription/admission et suivi de la première année
dans l’enseignement supérieur ;
4. Positionner l’orientation active en cohérence avec le parcours de découverte des
métiers et des formations au lycée et garantir la qualité de l’information sur les formations
supérieures, leurs débouchés et l’insertion professionnelle des jeunes diplômés ;
5. Faire obligation aux formations non-universitaires, en particulier aux BTS, de
produire leurs taux de réussite (par rapport au nombre d’inscrits effectivement présents à la
rentrée) et d’insertion professionnelle ;
6. Mettre à la disposition des élèves à partir du mois de janvier de l’année de première
une application dédiée au dialogue avec les acteurs de l’enseignement supérieur permettant de
transmettre, au cours du premier trimestre de l’année de terminale, un dossier individuel de
demande de conseil à l’université ;
7. Prendre davantage en compte les compétences acquises par l’élève, de façon à ne
pas faire reposer l’avis de l’université sur les seuls résultats scolaires ; la création d’un livret
de compétence pourrait y concourir ;
8. Simplifier et dématérialiser les dossiers de candidatures dans les filières sélectives ;
remplacer les appréciations portées par chaque professeur par un avis synthétique du chef
d’établissement sur les atouts ou les handicaps éventuels de l’élève au vu de la formation
envisagée ;
9. Renforcer l’articulation entre la phase de conseil et la mise en place des dispositifs
de soutien et d’accompagnement prévus au titre du plan « Réussite en licence » ;
10. Poursuivre la généralisation d’« Admission post-bac » aux formations restées en
dehors de l’application, qu’elles relèvent du ministère de l’enseignement supérieur et de la
recherche ou d’autres ministères ;
11. Créer une instance resserrée de pilotage politique d’« Admission post-bac » ;
12. Développer la capacité d’« Admission post-bac » à générer des éléments
d’information statistique en fonction des besoins des établissements d’enseignement
secondaire et supérieur et des administrations ;
13. Améliorer l’outil « Admission post-bac » pour les publics à besoins spécifiques en
mettant notamment en place un dispositif d’alerte pour les lycéens en situation de handicap ;
B) Renforcer le rôle du lycée pour garantir une véritable égalité des
chances :
14. Assurer au cours du cycle terminal du lycée le suivi régulier et l’accompagnement
de l’élève à chaque étape du processus d’orientation active et faire du conseil de classe du
premier trimestre de terminale un temps dédié à l’examen de son projet de poursuite d’étude ;
veiller à ce que tout élève maîtrise le fonctionnement de l’outil « Admission post-bac » et
participe à la phase de demande de conseil s’il envisage de s’inscrire à l’université ;
15. Faire de l’échelon académique le cadre pertinent de coordination de l’ensemble
des actions participant de l’orientation active, en concertation avec les établissements
d’enseignement supérieur ; conforter son rôle d’interface entre les utilisateurs institutionnels
et les responsables de l’application « Admission post-bac » ;
16. Développer la relation lycée-université en organisant les rencontres, échanges,
stages, conférences, visites de laboratoires et toutes autres actions de découverte et
d’immersion susceptibles d’améliorer la connaissance réciproque des personnels de
l’enseignement secondaire et supérieur ;
17. Donner aux personnels du lycée – professeurs, conseillers d’orientation, équipes éducatives – les moyens d’exercer leur mission d’orientation en améliorant, dans le cadre de
leur formation initiale et continue, leur connaissance de l’enseignement supérieur et en
mettant à leur disposition des informations détaillées sur les parcours de formation et
l’insertion professionnelle de leurs anciens élèves ;
18. Renforcer les partenariats lycée-université au service de l’égalité des chances ;
19. Mettre en oeuvre une politique volontariste de valorisation des filières
scientifiques en organisant à l’intention de tous les élèves, professeurs et conseillers
d’orientation des actions pérennes de découverte et d’information mobilisant les établissements d’enseignement supérieur et les laboratoires de recherche ;
20. Mieux faire connaître et valoriser les formations supérieures en alternance,
qu’elles débouchent sur les mêmes diplômes ou sur d’autres types de certification ;
C) Affirmer l’orientation active comme un élément à part entière de la
politique des universités :
21. Valoriser, dans l’évaluation des universités et de leur performance, l’orientation
active en tant que politique d’établissement impliquant l’ensemble des composantes et leurs
personnels ;
22. Diversifier et structurer les actions d’information et de communication des
universités en direction des lycéens, de leurs professeurs et de leurs familles ; assurer une plus
grande lisibilité de l’offre de formation en clarifiant les intitulés et en harmonisant la
présentation de leur contenu ;
23. Veiller, dans le cadre du dialogue entre universités et services académiques, à l’harmonisation des dossiers de demande de conseil, à la fois pour garantir la cohérence de la
démarche et pour faciliter le travail d’accompagnement au niveau du lycée ;
24. Délivrer aux futurs étudiants des avis personnalisés, assortis le cas échéant de
conseils et de propositions alternatives de poursuite d’étude prenant en compte l’ensemble de
l’offre de formation, notamment dans le cadre des pôles de recherche et d’enseignement
supérieur ;
25. Donner à l’étudiant dès son entrée à l’université les éléments d’aide à l’élaboration
de sa poursuite d’études dans le cadre du plan « Réussite en licence » (modules de
construction du projet professionnel, portefeuilles de compétences, bilans de fins de
semestre…) ;
26. Permettre une orientation progressive en première année de licence, assurer la
fluidité des parcours (passerelles, rentrées décalées…), renforcer les dispositifs de repérage
des étudiants en difficulté et aménager des processus de certification
spécifiques (modularisation des BTS, possibilité d’inscription semestrielle…) ;
27. Mettre en place une coordination des différents acteurs impliqués dans la
prévention, le repérage et le traitement des sorties prématurées de l’enseignement supérieur au
titre de leurs missions de formation ou d’insertion professionnelle ;
28. Ouvrir aux bacheliers professionnels et technologiques des perspectives plus larges
de poursuite d’études, en développant une offre de formation et des modalités pédagogiques
adaptées qui leur permettent d’accéder à la certification ;
D) Évaluer l’orientation active
29. Assurer l’évaluation de l’orientation active conçue comme un élément de la
politique d’établissement du lycée et de l’université ; définir à cette fin une méthodologie et
des indicateurs permettant d’évaluer la qualité des prestations et de mesurer l’influence
respective des différents acteurs et/ou volets du dispositif (information, conseil) par des
enquêtes locales ou nationales sur les déterminants des choix de poursuite d’études.