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Pour rénover l'enseignement supérieur parisien - Faire de Paris la plus belle métropole universitaire du monde, c'est possible ! - Rapport final

Auteur(s) :

Editeur :

  • Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche

Date de remise : Février 2010
144 pages

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La ville de Paris compte plus de 300 000 étudiants dans l'enseignement supérieur, représentant à elle seule plus de la moitié des étudiants en Ile-de-France. Chargé d'une mission sur l'évolution des établissements universitaires parisiens, Bernard Larrouturou, ingénieur général présente son rapport final, après un premier rapport intermédiaire remis en octobre 2009 (consulter l'annexe 3 pour connaître les principales évolutions du texte entre le rapport intermédiaire et le rapport final). Il identifie, outre le nombre très important d'étudiants à Paris, les principales caractéristiques de l'enseignement supérieur parisien : dispositif institutionnel complexe, coupure entre universités et grandes écoles, place très importante des humanités et sciences sociales, situation immobilière très difficile, etc. Sur la base de ses observations, l'auteur propose cinq objectifs principaux : construire des « universités confédérales » pluridisciplinaires ; repenser la vie étudiante, l'intégrer davantage dans la cité et en améliorer les conditions matérielles ; rénover le paysage universitaire de Paris en redonnant aux établissements et aux pôles universitaires des implantations immobilières cohérentes et une identité territoriale ; faire de Paris la métropole universitaire la plus attractive du monde ; refonder les relations et les modes de travail des acteurs - Etat, collectivités locales, établissements - pour créer les conditions de la responsabilisation et de l'engagement que l'auteur juge indispensables à la réussite de la rénovation de l'enseignement supérieur parisien.



PRÉAMBULE

SYNTHÈSE

VERSION RÉSUMÉE

 
1. UNE GRANDE AMBITION
 

1.1. ÉLÉMENTS DE DIAGNOSTIC
1.2. LES PRINCIPAUX OBJECTIFS

 
2. STRUCTURER LE DISPOSITIF D’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR FRANCILIEN AUTOUR DE QUELQUES « UNIVERSITÉS CONFÉDÉRALES » D’ENVERGURE MONDIALE
 

2.1. QUELQUES EXEMPLES ÉTRANGERS ET FRANÇAIS
2.2. DES PRES À PARIS : POURQUOI ? POUR QUOI ?
2.3. LES PRES ET CAMPUS EN COURS DE CONSTITUTION
2.4. AUTRES ÉVOLUTIONS DU DISPOSITIF

 
3. FAIRE DE LA VIE ÉTUDIANTE UNE GRANDE PRIORITÉ
 

3.1. DÉVELOPPER L’OFFRE DE LOGEMENT ÉTUDIANT
3.2. AMÉLIORER LES AUTRES ASPECTS DE LA VIE ÉTUDIANTE
3.3. PARIS, UNE VILLE OÙ IL FAIT BON VIVRE POUR LES ÉTUDIANTS

 
4. MODERNISER LES BIBLIOTHÈQUES UNIVERSITAIRES PARISIENNES
 

4.1. ÉLÉMENTS DE DIAGNOSTIC
4.2. ORIENTATIONS ET RECOMMANDATIONS

 
5. SCHÉMA DIRECTEUR IMMOBILIER : RÉUNIR L’ENGAGEMENT DES ACTEURS POUR RÉNOVER LE PAYSAGE ET LES CAMPUS UNIVERSITAIRES PARISIENS
 

5.1. DES ENJEUX IMPORTANTS ET SENSIBLES
5.2. OBJECTIFS ET VISION D’ENSEMBLE DU PAYSAGE PARISIEN
5.3. ESQUISSES DE SCHÉMA DIRECTEUR IMMOBILIER
5.4. INVESTISSEMENTS IMMOBILIERS PRIORITAIRES
5.5. PERSPECTIVE FINANCIÈRE

 
6. PILOTER L’ÉVOLUTION DU DISPOSITIF ET ACCOMPAGNER LES ÉTABLISSEMENTS
 

6.1. DE L’AUTONOMIE DES UNIVERSITÉS
6.2. PILOTER L’ÉVOLUTION DU DISPOSITIF FRANCILIEN
6.3. METTRE EN ŒUVRE LE SCHÉMA DIRECTEUR IMMOBILIER

 

CONCLUSION

ANNEXES

ANNEXE 1 : LETTRE DE MISSION DU 31 DÉCEMBRE 2008

ANNEXE 2 : LETTRE DE MISSION DU 7 OCTOBRE 2009

ANNEXE 3 : DU RAPPORT INTERMÉDIAIRE AU RAPPORT FINAL

ANNEXE 4 : QUELQUES GRANDS PÔLES UNIVERSITAIRES ÉTRANGERS

ANNEXE 5 : QUELQUES INFORMATIONS ET RÉFLEXIONS SUR LES PRES

ANNEXE 6 : LE PRES « UNIVERSITÉ PARIS CITÉ »

ANNEXE 7 : LE PROJET DE PRES « 2-4-6 »

ANNEXE 8 : LE PROJET DE PRES HESAM

ANNEXE 9 : LE PROJET DE CAMPUS « PARIS SCIENCES ET LETTRES – QUARTIER LATIN »

ANNEXE 10 : QUELQUES REMARQUES CONCERNANT LA DOCUMENTATION NUMÉRIQUE

ANNEXE 11 : LA SORBONNE, UN ATOUT OU UN POIDS POUR L’ENSEIGNEMENT
SUPÉRIEUR PARISIEN ?

ANNEXE 12 : LE « PROJET POLIVEAU » POUR PARIS 3 ET LE MUSÉUM

ANNEXE 13 : QUELQUES COMPLÉMENTS SUR LE SCHÉMA DIRECTEUR IMMOBILIER

ANNEXE 14 : SUR LE PROJET DE CONVENTION PROPOSÉ À PARIS 6

 

RÉCAPITULATION DES RECOMMANDATIONS

INDEX

TABLE DES SIGLES






 

L’enseignement supérieur parisien a connu dans les dernières décennies un accroissement important de
ses effectifs étudiants ainsi que des évolutions profondes des contenus des formations et des recherches, et
parfois des méthodes pédagogiques. Mais le dispositif est aussi resté figé dans son organisation,
prisonnier des cloisonnements érigés après 1968, et la communauté universitaire parisienne fait face à des
difficultés très lourdes. Toutefois, l’enseignement supérieur parisien conserve des atouts exceptionnels, et
il reste incontestablement la vitrine de toute l’activité intellectuelle, scientifique et technologique de notre
pays. En s’appuyant sur ces atouts, ce rapport propose d’engager, 40 ans après la dernière étape
significative, un plan d’envergure pour rénover l’enseignement supérieur parisien.

Cette rénovation implique d’avancer avec l’ensemble des acteurs – avec les établissements
d’enseignement supérieur, leurs personnels et leurs étudiants, et avec les collectivités locales – dans
plusieurs directions :

Le premier objectif est de construire à Paris – via des regroupements d’établissements, et en
s’appuyant sur les exemples de grands pôles universitaires étrangers – quelques belles « universités
confédérales ». Appuyées chacune sur un projet pédagogique et scientifique pluridisciplinaire, bâti
conjointement par les établissements membres du groupement, mobilisées pour accroître leur
ouverture et leur attractivité, elles auront les meilleures chances d’être placées parmi les meilleures en
Europe.
Améliorer la vie étudiante à Paris est une priorité majeure et un devoir pour tous les responsables
de l’enseignement supérieur parisien. Il faut sur ce sujet un « changement de prisme », un
rééquilibrage de nos priorités. Les efforts à mener portent sur les conditions matérielles de la vie étudiante – lieux de travail, logement, restauration, installations sportives – mais aussi sur tous les
aspects qui concernent la vie étudiante dans les politiques des établissements d’enseignement
supérieur – lieux de vie, formation culturelle, ouverture des campus sur la ville, préparation à la vie
professionnelle, etc.

Il est indispensable aussi de moderniser le dispositif documentaire de l’enseignement supérieur
parisien, en se plaçant résolument dans l’optique du développement des services d’accès à la
documentation numérique, et en privilégiant l’accroissement du nombre des places de travail en
bibliothèques et l’augmentation des fonds documentaires en accès libre.

Enfin, il est impératif d’engager un grand plan de rénovation immobilière pour surmonter les
difficultés de la situation actuelle et redonner à chaque établissement une identité territoriale reposant
sur un ensemble cohérent et resserré d’implantations, regroupées pour l’essentiel dans les grands « quartiers universitaires » de la capitale. Rénover le paysage et les campus universitaires parisiens
procurera des bénéfices très importants pour les activités pédagogiques et scientifiques, pour la vie étudiante, et pour la visibilité et l’identité des établissements.
La réalisation de ce plan de rénovation implique de réunir l’engagement des établissements, et
d’accompagner et responsabiliser chacun d’entre eux pour mettre en œuvre son schéma directeur
immobilier et bénéficier, s’il le souhaite, de la dévolution des biens immobiliers. Elle implique aussi
de construire avec la Ville de Paris et le Conseil Régional une vision partagée du schéma directeur
global de l’enseignement supérieur parisien : dans le cadre de l’Opération Campus et d’un plan
conjoint avec les collectivités locales, il est possible de mener en dix ans, sans augmentation
budgétaire, une très belle rénovation du paysage de l’enseignement supérieur parisien !
Sur tous ces registres, des recommandations concrètes sont présentées dans le rapport et des projets sont
en préparation, souvent élaborés avec les acteurs de l’enseignement supérieur parisien eux-mêmes. Ces
recommandations et ces projets permettent d’étayer solidement la grande ambition proposée ici : que
Paris soit en 2020 et pour les décennies suivantes la plus belle métropole universitaire du monde !









ANNEXE 3
DU RAPPORT INTERMÉDIAIRE AU RAPPORT FINAL



Cette Annexe résume les principaux enseignements de la concertation menée au cours des quatre
derniers mois : elle est aussi l’occasion d’éclairer les principales évolutions de la rédaction entre le
rapport intermédiaire et la présente version.

A.3.1. Au global, la principale critique formulée sur le rapport intermédiaire – et qui s’applique à l’identique au rapport final – concerne son étendue. Plusieurs acteurs, dont le Conseil Régional et les
présidents des universités de périphérie, ont regretté que, pour l’essentiel, le rapport concerne l’ES&R
parisien et non tout l’ES&R francilien.

Je comprends cette remarque. Le rapport intermédiaire soulignait déjà que « la carte pédagogique ou
scientifique pertinente, c’est la carte francilienne », et proposait que la mise en œuvre de ses
recommandations s’appuie sur un dispositif inter-académique francilien. Dans le rapport final, les
recommandations des sections 2.4 et 6.2 visant à engager sans tarder à l’échelle de l’Ile-de-France un
travail analogue à celui qui a été mené depuis un an sur Paris sont renforcées. Cependant, j’ai aussi fait
valoir à mes interlocuteurs que la complexité et la taille du dispositif parisien justifiaient pleinement la
démarche engagée. Oui, il faut désormais construire avec les acteurs une vision globale pour
l’évolution de l’ES&R francilien, mais il faut aussi réaliser que commencer par Paris était la seule
approche réaliste.

A.3.2. Le chapitre 1 du rapport, sur le diagnostic des difficultés et des atouts de l’ES&R parisien, a
recueilli une très large approbation. Quelques voix se sont élevées pour proposer de tempérer le
diagnostic porté sur les difficultés spécifiques du domaine des SHS mais, au sein même de ce domaine,
des voix plus nombreuses encore ont approuvé ces constats et souligné l’importance d’engager
rapidement, sur cette base, des réflexions et des évolutions de fond.

A.3.3. La vision proposée au chapitre 2 sur les « universités confédérales » a été très bien accueillie et
a contribué à favoriser la construction des projets des PRES.

Outre les évolutions importantes concernant les projets de PRES, la principale évolution du chapitre 2
entre le rapport intermédiaire et le rapport final concerne le sujet du rapprochement entre universités et
grandes écoles. J’ai pu observer au cours de la période de concertation que ce rapprochement est
largement souhaité « à la base », parmi les personnels des établissements, notamment les chercheurs et
enseignants-chercheurs – beaucoup plus qu’au niveau des dirigeants. Et j’ai repris dans le rapport final la
remarque éclairante que m’ont livrée quelques interlocuteurs : la construction des PRES est une occasion
unique, historique, de donner une impulsion décisive pour le rapprochement entre universités et écoles, à Paris et à Saclay. Il ne faut pas la laisser passer !

Notons aussi que les principaux organismes de recherche partenaires des universités parisiennes ont
exprimé des réactions très positives sur les PRES en cours de constitution.

A.3.4. La rédaction du chapitre 3 sur la vie étudiante a peu évolué entre le rapport intermédiaire et le
rapport final. D’une part, les principes et démarches proposées dans ce chapitre ont été très bien reçus,
avec de fortes attentes – notamment des organisations syndicales étudiantes – que les recommandations
de ce chapitre soient suivies d’effets concrets. D’autre part, les constantes de temps pour mener des évolutions en matière de logement étudiant sont très longues.

Cela étant, il faut noter deux évolutions. Le Conseil Régional a approuvé à l’automne 2009 le schéma
directeur régional du logement étudiant, et le MESR a lancé des travaux concrets dès la remise du rapport
intermédiaire : la ministre a demandé au directeur du CROUS de Paris de mener, avec les directeurs des
CROUS de Créteil et Versailles, une étude de faisabilité et de préfiguration du « portail francilien du
logement étudiant », et d’élaborer un schéma directeur à cinq ans pour le développement de la
restauration universitaire parisienne. Les résultats de ces travaux seront remis au premier trimestre 2010.

Il est juste aussi de préciser que la période électorale n’a pas permis d’engager les discussions nécessaires
pour finaliser les accords indispensables entre l’État et les collectivités territoriales sur les opérations
foncières ou immobilières. Mes interlocuteurs de la Ville de Paris m’ont dit qu’ils considéraient, pour
l’essentiel, que le rapport constituait une très bonne base pour un travail entre l’État et la Ville sur
l’ES&R parisien, mais que la Ville ne souhaitait pas engager ce travail avant avril 2010. Le Conseil
Régional a adopté la même position.

A.3.5. Le chapitre 4 sur les bibliothèques universitaires mérite davantage de commentaires. Ici encore, je
peux dire, après avoir vu la très grande majorité des directeurs de bibliothèques d’Ile-de-France et après
avoir discuté ces sujets avec plusieurs présidents d’universités, que les orientations proposées sont très
largement acceptées, et même validées. Les principales inflexions de la rédaction du chapitre 4 entre le
rapport intermédiaire et le rapport final ne correspondent donc pas à des changements d’orientations mais
plutôt à une appréciation nettement renforcée d’une grande urgence à agir pour moderniser les
bibliothèques universitaires et interuniversitaires, pour plusieurs raisons dont je n’avais pas pris toute
la mesure au moment de la rédaction du rapport intermédiaire :

- Les difficultés rencontrées par les nouvelles bibliothèques sont beaucoup plus aigües que ce qui
apparaissait il y a quelques mois, la situation la plus critique et la plus urgente étant celle de la
bibliothèque Sainte Barbe.
- La réforme du « L1 Santé » provoquera dès la prochaine année universitaire une forte augmentation
des demandes de places pour les étudiants, dans les bibliothèques ou dans des lieux de travail bien
adaptés.
- La capacité de stockage du CTLES à Marne-la-Vallée sera quasiment saturée dès 2010, du fait du
déport d’une partie des collections de la bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne – déport qu’il
n’est pas question de repousser car il est nécessaire pour mener les travaux de mise en sécurité des
locaux de la Sorbonne. Or, les nouveaux silos ne seront disponibles qu’en 2013, et les trois
prochaines années – au cours desquelles les magasins de certaines bibliothèques parisiennes
atteindront aussi un état de saturation complète – vont être très difficiles.

Il y a donc ici, plus que dans le rapport intermédiaire, un message d’alerte : la situation, déjà difficile,
risque fort de s’aggraver dans les prochaines années.

A.3.6. Les principales évolutions du chapitre 6 concernent le « Projet Poliveau » pour Paris 3 et le
Muséum, et le projet de convention proposé à Paris 6. Mis à part le sujet concernant le site de Saint
Vincent de Paul, sur lequel le risque s’est accru de ne pas pouvoir concilier les propositions du rapport
avec les projets de la Ville de Paris, il n’y a pas eu d’avancement significatif sur les autres projets
immobiliers : ni sur la CIUP qui nécessite un accord entre l’État et la Ville, ni sur Lourcine ou les locaux
d’Agro ParisTech qui sont d’abord des sujets interministériels. Sur tous ces projets, je maintiens dans le
rapport final les mêmes propositions que dans le rapport intermédiaire.

A.3.7. Les recommandations du chapitre 6 ont été un des principaux sujets évoqués dans les réunions de
concertation.

De très nombreux interlocuteurs m’ont dit leur accord sur les remarques et les recommandations des
sections 6.1 et 6.2 concernant la coordination et le pilotage nécessaires pour conduire les évolutions de
l’ES&R francilien dans les prochaines années. Seuls trois présidents d’universités ont exprimé leur
désaccord sur le projet de créer un comité d’orientation stratégique avec les collectivités territoriales et un
comité de coordination des PRES et des universités d’Ile-de-France.

Plusieurs personnes m’ont suggéré d’aller plus loin dans les recommandations de réforme de l’échelon
déconcentré du MESR en Ile-de-France, en proposant la mise en place d’un « chancelier des universités
d’Ile-de-France ». Il s’agirait de conserver les trois académies actuelles pour l’enseignement scolaire
mais, en quelque sorte, de réunir tout l’enseignement supérieur francilien en une seule académie, en
dissociant les fonctions de recteur (pour le scolaire, par académie) et de chancelier (pour l’ES&R, à l’échelle de toute l’Ile-de-France). Cette réflexion est intéressante mais j’ai considéré qu’une telle réforme
soulève inévitablement des questions qui débordent de l’Ile-de-France, et dépasse le cadre de ma mission.

Je n’ai entendu au sein de la communauté universitaire aucune critique sur la proposition de mettre en
place auprès des trois recteurs franciliens un « vice-chancelier des universités d’Ile-de-France » et sur la
recommandation de lui confier la direction d’un service inter-académique chargé de la coordination des établissements, de l’amélioration de la vie étudiante et de la modernisation des bibliothèques. Des
attentes positives se sont même exprimées avec force :

- les présidents des universités situées en périphérie sont très demandeurs que l’État se donne une
meilleure capacité de construire avec les acteurs une vision globale de l’ES&R francilien ;
- les organisations syndicales étudiantes souhaitent que soit engagé un travail de fond sur la carte des
formations proposées en Ile-de-France, et soulignent la nécessité d’une coordination inter-académique
en matière de vie étudiante ;
- les directeurs de bibliothèques sont nombreux aussi à souhaiter l’accompagnement d’un service interacadémique
pour coordonner les réflexions et concrétiser les projets concernant la modernisation du
dispositif documentaire.

La section 6.2 comprend aussi un ajout important concernant la question du redéploiement d’emplois
entre les établissements d’enseignement supérieur.

Les recommandations de la section 6.3 concernant la mise en œuvre du plan de rénovation immobilière
ont aussi été souvent commentées. La démarche de préparation par chaque établissement d’un schéma
directeur immobilier n’a fait l’objet d’aucune critique. Il n’en va pas de même du projet de création de
l’Épaurif, avec lequel trois présidents d’universités ont exprimé leur désaccord. Leurs critiques se
résument principalement en trois points :

- une demande que les universités se voient confier la maîtrise d’ouvrage des opérations de
construction ou de réhabilitation de leurs bâtiments ;
- un refus que l’Épaurif ait la responsabilité de valider le schéma directeur immobilier des établissements – au motif que cette responsabilité doit revenir au MESR ;
- et un refus de voir confier aux recteurs franciliens un rôle fort dans la gouvernance de l’Épaurif.

Le rapport final tient compte de ces trois critiques. Sur les deux premiers points, la rédaction du rapport
intermédiaire demandait à être précisée ; sur le troisième point, je propose une alternative pour la
gouvernance de l’Épaurif.

De nombreux autres interlocuteurs, au sein de la communauté universitaire, approuvent le projet de créer
cet établissement public d’aménagement universitaire. J’ai souvent entendu le souhait que cet établissement inclue l’EPCJ, pour éviter de créer un établissement supplémentaire, et j’ai retenu l’idée de
constituer un « conseil consultatif » avec des représentants des établissements utilisateurs des bâtiments
construits ou réhabilités par l’Épaurif.

A.3.8. L’Annexe du rapport concernant la Sorbonne (Annexe 11 dans cette version finale) a aussi retenu
l’attention de nombreux lecteurs.

Sur l’utilisation du nom « Sorbonne », beaucoup d’interlocuteurs conviennent que la situation actuelle
n’est pas tenable. Après la publication dans cette Annexe de la longue liste des marques incluant le nom « Sorbonne » et les positions fermes prises par l’État et la Ville de Paris pour refuser qu’un PRES prenne
le nom « La Sorbonne » et demander aux établissements de se concerter à ce sujet, je considère que le
moment est venu pour ouvrir, avec les établissements et en lien avec la Ville de Paris, le travail de « remise à plat » de l’utilisation du nom « Sorbonne » par les établissements d’ES&R parisiens. Ici
aussi, on ne retrouvera pas de sitôt une nouvelle occasion si nous ne saisissons pas celle qui se présente
aujourd’hui.

Le sujet de l’occupation du bâtiment Sorbonne est encore plus difficile. Seules certitudes : la situation
actuelle ne satisfait personne, et elle est particulièrement difficile pour les étudiants. Une majorité des
acteurs continuent de se prononcer en faveur du statu quo, mais un nombre croissant d’interlocuteurs
m’ont confié leur conviction qu’il faut ouvrir ce « chantier » et bâtir une alternative.




LETTRES DE MISSION

 

LETTRE DE MISSION DU 31 DÉCEMBRE 2008

La Ministre

Paris, le 31 décembre 2008


Monsieur l’ingénieur général,

Les universités parisiennes représentent un potentiel extraordinaire en termes de formation et de
recherche, dans toutes les disciplines, et elles apportent une contribution unique au rayonnement
intellectuel et scientifique de notre pays. La mise en œuvre de la loi sur les libertés et responsabilités des
universités va leur permettre de continuer à s’affirmer, et trois d’entre elles ont décidé, avec mon accord,
d’accéder dès le 1er janvier 2009 aux compétences élargies.

Toutefois, ce formidable potentiel ne s’exprime pas pleinement, tant s’en faut. Le comité de l’Opération
Campus avait souligné en juillet dernier les difficultés à mettre en place des coopérations stables et
structurantes entre les universités parisiennes. Le rapport de la mission d’audit de l’immobilier
universitaire parisien que m’ont remis récemment l’Inspection générale des Finances, le Conseil général
de l’Environnement et du Développement Durable et l’Inspection générale de l’administration de
l’Education nationale et de la Recherche met en lumière toutes les difficultés qui découlent de
l’éclatement du paysage immobilier universitaire. Il montre aussi combien cette situation est
particulièrement dommageable pour les étudiants qui, trop souvent, rencontrent de grandes difficultés
pour trouver des lieux où travailler sereinement, pour se repérer dans l’offre de formations et pour se
loger et se restaurer.

Dans ce contexte, nous n’avons pas seulement le devoir d’améliorer la situation actuelle des établissements et des étudiants. Avec tous les acteurs – les collectivités locales concernées et les établissements universitaires – nous avons la responsabilité de définir et d’engager un projet très
ambitieux pour que Paris soit au 21ème siècle une des plus grandes et une des plus attractives villes
universitaires du monde. C’est ce que souhaitent le Président de la République et le Premier Ministre.
Très attentifs à ce sujet essentiel pour l’avenir de notre pays, ils m’ont confié la responsabilité de ce
projet.

J’ai décidé dans ce cadre de vous confier une mission sur l’évolution des établissements universitaires
parisiens.

Je vous demande en premier lieu de proposer, en lien étroit avec l’ensemble des acteurs concernés – collectivités locales et établissements – un schéma directeur pour l’enseignement supérieur à Paris,
appuyé sur les projets pédagogiques et scientifiques des établissements. En particulier, vos
recommandations porteront sur :
- l’amélioration des conditions de vie étudiante à Paris ;
- la structuration et, le cas échéant, le regroupement des établissements d’enseignement
supérieur et de recherche, dans la logique des pôles de recherche et d’enseignement supérieur
et de l’Opération Campus, afin de renforcer leur visibilité internationale et de réduire le
morcellement actuel à 5 et 10 ans ;
- les opérations immobilières prioritaires à engager dès 2009.

Je vous demande également de proposer un dispositif permettant de piloter, dans la durée, la mise en œuvre du schéma directeur qui sera retenu par l’État, en lien avec les collectivités locales. Ce dispositif
devra permettre également d’accompagner et de coordonner les établissements concernés, dans le cadre et
le respect de la loi sur les libertés et responsabilités des universités.

Je souhaite disposer de vos recommandations au mois de mars 2009 pour les questions de vie étudiante et
au mois de mai 2009 pour l’ensemble du dossier. Les services du ministère de l’enseignement supérieur et
de la recherche vous apporteront tout leur concours pour la réussite de votre mission.

Je vous prie de croire, Monsieur l’ingénieur général, en l’expression de ma meilleure considération.

Valérie PÉCRESSE



LETTRE DE MISSION DU 7 OCTOBRE 2009

La Ministre

Paris, le 7 octobre 2009


Monsieur l’ingénieur général,

Je vous ai confié le 31 décembre dernier une mission sur l’évolution de l’enseignement supérieur parisien,
vous demandant de proposer d’une part un schéma directeur appuyé sur les projets scientifiques et
pédagogiques des établissements, d’autre part un dispositif permettant de piloter la mise en œuvre du
schéma directeur retenu par l’État.

Le rapport que vous m’avez remis dessine pour l’avenir de l’enseignement supérieur parisien et francilien
une perspective à la fois ambitieuse et réaliste, et je vous en remercie très vivement. Comme le précisait
votre lettre de mission : l’objectif de l’État, auquel le Président de la République et le Premier Ministre
sont très attachés, est d’engager un projet très ambitieux pour que Paris soit une des villes universitaires
les plus attractives du monde. La vision que vous proposez – élaborée en lien étroit avec tous les acteurs,
collectivités locales et établissements d’enseignement supérieur – est une contribution majeure et un point
d’appui très solide pour bâtir ce projet.

Dans cette perspective, je souhaite prolonger votre mission au cours des prochains mois.

En premier lieu, il est indispensable de prendre le temps d’une période de concertation sur les analyses et
les recommandations de votre rapport.

En effet, le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche fait siennes dès maintenant les
grandes lignes directrices que vous proposez :

- sur la nécessité que les PRES parisiens et franciliens soient de réelles universités confédérales qui
aient du sens dans le contexte international,
- sur l’impérieuse nécessité d’améliorer la vie étudiante à Paris,
- sur la nécessaire modernisation du dispositif documentaire parisien,
- sur la démarche d’ensemble que vous proposez pour rénover l’immobilier universitaire parisien,
- et enfin sur la mise en place d’un dispositif adapté pour accompagner et coordonner les établissements d’enseignement supérieur franciliens dans les prochaines années.

Mais, au-delà de ces grandes lignes directrices, les décisions du gouvernement sur l’ensemble des
mesures précises à mettre en œuvre pour l’évolution de l’enseignement supérieur parisien ne seront prises
qu’après concertation. Je vous demande donc de mener cette concertation qui permettra de recueillir les
remarques des acteurs de l’enseignement supérieur parisien et francilien sur votre rapport et, le cas échéant, d’infléchir certaines de vos propositions. Vous choisirez les modalités et l’organisation de cette
concertation en lien avec les responsables des établissements d’enseignement supérieur. Cette
concertation se déroulera sur une période de deux mois afin que je puisse disposer de votre rapport final
avant la fin de cette année.

En second lieu, il est nécessaire de poursuivre un certain nombre des travaux que vous avez menés avec
les établissements et avec les collectivités locales. Sans chercher à faire ici une liste exhaustive, je vous
demande :

- de poursuivre le travail d’accompagnement des établissements d’enseignement supérieur sur la
constitution des PRES et Campus parisiens, pour finaliser aussi rapidement que possible ces projets
sous forme d’établissement public de coopération scientifique ou sous forme de fondation de
coopération scientifique, selon les cas ;
- d’engager conjointement avec le recteur de Paris – et avec les recteurs de Créteil et de Versailles, le
cas échéant – les discussions permettant de préparer les accords à mettre en place entre l’État et les
collectivités locales pour finaliser une vision partagée du schéma directeur d’ensemble de
l’enseignement supérieur parisien et un plan conjoint d’investissement ;
- de contribuer au démarrage des opérations les plus urgentes, en vous attachant notamment à préparer
une décision ferme concernant le scénario immobilier retenu pour l’Université Paris 3 ;
- de travailler avec les départements ministériels concernés – et avec la Ville de Paris – sur les deux
sujets immobiliers qui concernent à la fois le projet du plateau de Saclay et la rénovation de
l’enseignement supérieur parisien : les locaux d’Agro ParisTech et les résidences étudiantes de
l’institut Télécom ;
- et enfin d’élaborer une proposition détaillée sur les évolutions de l’échelon déconcentré du ministère
de l’enseignement supérieur et de la recherche en Ile-de-France, en tenant compte des remarques
recueillies durant la phase de concertation et en lien étroit avec la direction de mon cabinet.

Les services du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche vous apporteront tout leur
concours pour la réussite de votre mission.

Je vous prie de croire, Monsieur l’ingénieur général, en l’expression de ma meilleure considération.

Valérie PÉCRESSE