INTRODUCTION
1 EN DEPIT DES CRITIQUES RECURRENTES SUR LE NIVEAU DE PRIX
ACTUEL DU QUOTA, LE MARCHE EUROPEEN N’A CESSE DE GAGNER EN
MATURITE ET A PROUVE SA CAPACITE A REFLETER DANS LES PRIX
L’EVOLUTION DES FONDAMENTAUX
1.1 Le système européen d’échanges de quotas d’émissions de gaz à effet de serre régi par la
directive 2003-87 du 13 octobre 2003 a donné lieu à la création en 2005 du premier marché de
quotas de CO2 à grande échelle dans le monde
1.2 L’évolution récente des prix sur le marché est globalement conforme à celle des
principaux fondamentaux de l’équilibre entre l’offre et la demande de quotas au niveau
européen
1.3 Les enchères vont devenir à partir de 2013 le mode de « création » et d’allocation
dominant des quotas de CO2 en Europe, sans altérer en principe l’équilibre global entre l’offre
et la demande
2 LES EXPERIENCES ETRANGERES RECENTES DE MISE EN ŒUVRE
D’ADJUDICATIONS DE QUOTAS DE CO2 TEMOIGNENT DE CONVERGENCES
QUANT AU FORMAT DES ENCHERES
2.1 Les expériences extra-européennes de marchés de permis d’émissions témoignent d’un
intérêt grandissant pour la délivrance de quotas par voie d’enchères et peuvent servir
d’exemples sans être directement transposables dans l’Union européenne
2.2 Plusieurs expériences d’adjudications de quotas ont été menées au sein du marché européen sur la période 2008-2012 : la France pourrait s’en inspirer pour favoriser une plus
grande homogénéité au sein du marché européen
3 LE PRINCIPAL OBJECTIF DES ENCHERES ETANT L’EFFICACITE
ALLOCATIVE, LA THEORIE ECONOMIQUE ET LE RESULTAT DES
EXPERIMENTATIONS EMPIRIQUES PLAIDENT POUR DES ENCHERES
UNIFORMES A PRIX UNIQUE ASSORTIES D’UN PRIX DE RESERVE
3.1 Les principaux objectifs de la mise aux enchères sont l’efficacité allocative et la
minimisation des risques financiers pour les pouvoirs publics émetteurs et pour les participants
aux enchères, notamment les assujettis
3.2 Plusieurs critères doivent présider au choix du format des enchères : l’adjudication doit
notamment éviter d’emporter des perturbations sur le marché secondaire
3.3 Au regard de ces objectifs, la théorie économique ne permet pas de déterminer avec
certitude la procédure d’enchères la plus adaptée pour les quotas de CO2
3.4 Le format d’enchères approprié au regard des critères définis est l’enchère scellée à un
tour
3.5 Le prix de clôture de l’adjudication devrait être uniforme
3.6 Afin de pallier le risque de dysfonctionnements du marché primaire, un prix de réserve
pourrait être mis en place, calculé en fonction des évolutions de prix sur le marché secondaire
4 LA FREQUENCE DES ADJUDICATIONS EN COURS D’ANNEE DEVRAIT
ETRE ELEVEE EN PHASE III : CALENDRIER ET VOLUMES DEVRAIENT FAIRE
L’OBJET D’UNE COMMUNICATION PREALABLE ET NE DEVRAIENT POUVOIR
ETRE MODIFIES QUE DE MANIERE EXCEPTIONNELLE
4.1 Pour la phase III (2013-2020), la fréquence des adjudications devrait être élevée
4.2 Des adjudications devront être organisées durant la période de mise en conformité et en
fonction des délais de règlement-livraison des contrats à terme
4.3 Une opération d’adjudication devrait porter en France a minima sur un volume de cinq
millions de quotas en phase III
4.4 Le panachage des lots entre quotas spot et quotas à terme devrait être envisagé de
manière progressive
4.5 Le calendrier des enchères et la taille des lots devraient être établis et rendus publics très
en amont des adjudications annuelles
4.6 Le calendrier des enchères et les volumes associés ne devraient faire l’objet de
remaniements que de manière exceptionnelle et selon des règles préétablies
5 L’ACCES AUX ENCHERES DEVRAIT EN PRINCIPE ETRE OUVERT A TOUS,
ACTEURS FINANCIERS ET INDUSTRIELS, DANS LA MESURE OU L’INTEGRITE
DU PROCESSUS D’ADJUDICATION ET DU MARCHE DE QUOTAS EST
GARANTIE
5.1 Pour préserver la continuité du marché, l’accès aux enchères devrait s’effectuer sans
discrimination entre les « obligés » et les « non-obligés »
5.2 Pour que cette ouverture puisse s’effectuer sans nuire aux entreprises sous quotas, les
enchères devraient être mises en œuvre dans un marché strictement régulé et harmonisé
5.3 L’intégrité des adjudications doit être assurée au moyen d’un dispositif rigoureux de
contrôle de la qualification des participants
5.4 L’accès des petites et moyennes entreprises pourrait être garanti par un système
d’enchères non compétitives mais les expériences actuelles ne démontrent pas clairement l’intérêt de ce dispositif
6 LES MODALITES DE SURVEILLANCE ET DE REGULATION DU MARCHE
DES QUOTAS CONSTITUENT UN ELEMENT ESSENTIEL DE L’EQUILIBRE DU
DISPOSITIF D’ENCHERES
6.1 Une régulation publique du marché par les prix doit d’emblée être écartée dès lors que
l’organisation des adjudications primaires est satisfaisante
6.2 En l’état actuel du droit, la priorité devrait consister à identifier les objectifs généraux
de la surveillance du marché du carbone et du contrôle de la mise en œuvre des adjudications
6.2.1 L’application des instruments juridiques de protection contre les abus de marché à l’échelon
communautaire n’est pas harmonisée concernant les quotas de CO2
6.2.2 La directive 2003/8/CE révisée ne désigne pas de régulateur identifié pour la surveillance du
marché des quotas de CO2, ni ne précise les modalités de surveillance des adjudications
6.2.3 En l’état actuel du droit français, aucune instance nationale ne pourrait assurer une mission de
surveillance des adjudications sans modification de son cadre de compétence
6.2.4 À ce stade, il conviendrait avant tout de porter auprès de la Commission européenne des
recommandations sur les objectifs généraux de la mise en œuvre de mesures de régulation
6.3 Les résultats de l’adjudication devront faire l’objet d’une communication le plus
rapprochée possible des opérations : un reporting régulier sur l’organisation des enchères
devrait par ailleurs être mené au niveau communautaire
7 LA FRANCE A UN ROLE MOTEUR A JOUER DANS LA CONSTITUTION
D’UNE PLATE-FORME D’AMBITION EUROPEENNE ET DANS LA PROMOTION
DE REGLES STRICTEMENT HARMONISEES S’IL DEVAIT SUBSISTER AU SEIN
DE L’UNION EUROPEENNE PLUSIEURS SYSTEMES D’ENCHERES
NATIONAUX OU REGIONAUX
7.1 La mise en place d’une plate-forme unique d’émission de quotas primaires à l’échelle
européenne constitue une solution optimale du point de vue des entreprises
7.2 La directive 2003/87/CE ne tranche pas formellement la question de la plate-forme
unique ou multiple mais oriente plutôt vers un schéma décentralisé au niveau des États
7.3 La mise en place d’une plate-forme européenne unique, au sens d’un seul émetteur
central de quotas en Europe, pourrait être freinée par les stratégies individuelles des États
membres
7.4 A défaut de plate-forme européenne unique, il est nécessaire d’examiner également des
formes d’organisation sans émetteur central, qui pourraient produire des avantages économiques équivalents pour les entreprises assujetties
7.5 La France devrait opter pour un type de plate-forme robuste en termes d’efficience et de
sécurité des adjudications
SYNTHESE
ANNEXES
LETTRE DE MISSION DES MINISTRES
MEMBRES DE LA COMMISSION
BIBLIOGRAPHIE