20 propositions
pour une nouvelle dynamique en faveur des métiers d’art
1. Inscrire dans un texte normatif une définition officielle des métiers d’art comme étant « des métiers de la main, associant savoir-faire et création artistique, pour
produire en intégralité des objets utilitaires, uniques ou en petite série ».
2. Inscrire les arts culinaires sur la liste officielle des métiers, en y incluant les métiers
de la vigne et du vin.
3. Mettre en place un « pôle d’excellence de la création » en Ile-de-France, sur le
modèle des pôles de compétitivité, concentrant sur un seul site des centres de
formation et de recherche ainsi que des centres de production, permettant d’attirer les
jeunes talents et de promouvoir le développement économique de la filière.
Ce projet pourrait se développer à partir d’un pôle « textile et mode », qui consacrerait
la place fondamentale de la capitale en la matière.
4. Inclure le design dans la définition de l’innovation prise en compte pour bénéficier
des aides OSEO.
5. Pérenniser le crédit d’impôt en faveur des métiers d’art au-delà de 2010, qui a fait
ses preuves en maintenant le relèvement du plafond décidé dans le cadre de la loi de
finances rectificatives pour 2009.
6. Recenser l’ensemble des manifestations similaires à la journée des métiers d’art
existantes et fédérer l’ensemble des réseaux professionnels autour de l’organisation
annuelle d’une journée nationale et unique de promotion des métiers d’art.
7. Lancer une campagne nationale de promotion des métiers d’art.
Le coût de celle-ci devrait pouvoir être maîtrisé en s’appuyant sur des modules vidéos
courts, présentant chacun un métier et faisant l’objet d’une diffusion multimédia,
notamment sur le service public audiovisuel.
8. Mettre en place une labellisation commune des produits d’art, qui, en garantissant
l’excellence des méthodes de fabrication et la qualité du produit, contribuerait à promouvoir l’image des métiers d’art français dans le monde.
9. Instituer un poste de chargé de mission spécifiquement affecté aux métiers d’art,
au sein de chaque direction régionale des affaires culturelles,.
10. Réserver un département ministériel, chargé de la coordination des différentes
politiques en faveur des métiers d’art et du luxe. Ce ministre ou secrétaire d’Etat serait également chargé de la politique de valorisation et de promotion des métiers d’art,
actuellement éclatée entre plusieurs ministères.
11. Doubler le nombre de maîtres d’art, pour atteindre environ 200. Cette augmentation
pourrait s’accompagner d’une ouverture à d’autres disciplines, peut-être plus tournées
vers la création contemporaine.
12. Permettre aux maîtres d’art de former plusieurs élèves successivement. Il est, en
effet, regrettable que le savoir-faire d’excellence que récompense un tel titre ne puisse
se transmettre qu’à un seul élève, alors que le rayonnement de notre patrimoine
culturel et la sauvegarde de certains métiers nécessitent une formation aussi large que
possible. Le faible impact budgétaire d’une telle mesure devrait permettre une mise enœuvre très rapide.
13. Créer un conservatoire national des outils mettant en relation d’une part, les
artisans désirant arrêter leur activité et, d’autre part, ceux qui souhaitent s’installer ou
s’équiper. Internet devrait permettre d’en faciliter la mise en place.
14. Redonner un caractère obligatoire à l’enseignement du dessin, pour tous les élèves, au cours de la scolarité.
15. Créer un diplôme supérieur des métiers d’art (DSMA), permettant aux élèves les
plus motivés d’évoluer d’un CAP vers un diplôme bac+5, pour répondre à un réel
besoin de qualification.
Ce nouveau diplôme donnerait par ailleurs aux métiers d’art en France une perspective
légitime qu’ils ont déjà à l’étranger.
16. Généraliser au niveau national la licence professionnelle « création ou reprise
d’entreprise », qui correspond à un réel besoin de formation en gestion
entrepreneuriale sensible dans l’artisanat d’art comme dans d’autres secteurs.
17. Réserver à un organisme national unique la charge de collecter et de répartir avec
cohérence la taxe d’apprentissage pour le secteur des métiers d’art.
18. Réfléchir à l’introduction dans les marchés publics d’un critère de qualité, certifié par l’attribution du label EPV.
La généralisation de ce label au niveau européen, proposée par ailleurs, permettrait
d’éviter de se heurter aux règles européennes de concurrence.
19. Ouvrir le « 1 % artistique » aux entreprises des métiers d’art.
20. Étudier, négocier et arrêter l’ensemble des mesures économiques et fiscales en
faveur de cette filière dans le cadre « d’États généraux des métiers d’art », que le
nouveau ministère, en charge des métiers d’art et du luxe, aurait la responsabilité d’organiser.