Introduction
Le 1er rapport du comité de suivi, rendu en octobre 2007 entre le vote de la loi et son entrée en
application, s’était attaché à identifier les enjeux sous-jacents à la mise en œuvre du droit au
logement opposable (Dalo). Un an plus tard, le deuxième rapport tirait les premiers
enseignements de son fonctionnement et appelait l’Etat à « assumer l’obligation sur
l’ensemble du territoire ».
Depuis le 1er décembre 2008, une nouvelle étape a été franchie avec l’ouverture de la
possibilité d’un recours juridictionnel pour les ménages désignés comme prioritaires et
n’ayant pas reçu d’offre dans le délai fixé par la réglementation, à l’exclusion jusqu'en 2012
de ceux qui ne sont prioritaires qu’au titre du délai d’attente de leur demande de logement
social. Une loi a été adoptée qui porte « mobilisation pour le logement et la lutte contre
l’exclusion ». Le comité de suivi avait donné son avis sur le texte soumis au Parlement et, si
cette loi ne reprend pas l’ensemble de ses propositions, elle contient un certain nombre
d’éléments qui prennent en compte les besoins induits par le Dalo.
Le comité de suivi a tenu des réunions plénières trimestrielles, mais il a également constitué des groupes de travail thématiques permettant d’affiner sa réflexion sur les sujets qu’il a
identifiés comme prioritaires. Deux groupes ont été constitués de façon permanente :
- Le groupe « Ile de France », co-présidé par Paul Bouchet (Hclpd) et Dominique
Braye (ADCF)
- Le groupe « hébergement », co-présidé par Stéfania Parigi (Hclpd) et Gilles Pierre
(FNARS)
Cinq groupes ont été constitués de façon ponctuelle, avec un objectif de travail a priori limité à ce rapport :
- Le groupe « DALO et gens du voyage », co-présidé par Alice Januel (CNLE) et
Claude Gascard (UNCCAS)
- Le groupe « Les demandeurs DALO qui refusent les offres de relogement », coprésidé par Aminata Koné (CSF) et André Gachet (Fapil)
- Le groupe « L’orientation des relogements et des hébergements », co-présidé par
Annie Guillemot (AMF) et Pierre Quercy (USH)
- Le groupe « Les données de suivi nécessaires à la mise en œuvre du DALO », coprésidé par Christophe Robert (Fondation Abbé Pierre) et Didier Gélot (ONPES)
- Le groupe « Les bonnes pratiques du droit au logement », co-présidé par Eric
Ledoux (Fédération des EPL) et Eric Comparat (Unaf).
Le comité de suivi a également tenu à Marseille, le 24 juin, une rencontre avec les préfectures
et l’ensemble des acteurs de quatre départements que le 2e rapport avait repéré comme
connaissant une situation critique pour la mise en œuvre du Dalo : Bouches du Rhône, Alpes
Maritimes, Var et Hérault. Un déplacement de même nature est envisagé pour les mois à venir
dans un département d’outre-mer.
Parallèlement, Mme Boutin, Ministre du logement, avait confié mission à Paul Bouchet
d’animer deux groupes de travail successifs chargés de lui remettre des propositions
concernant l’accès au droit au logement opposable, d’abord sur l’ensemble du territoire, puis
plus spécifiquement en Ile de France. Ces groupes ont associé Hélène Sainte-Marie, directrice
du projet Dalo à la DHUP, Rodolphe Clauteaux, rédacteur en chef du journal l’Itinérant, et
Martin Choutet puis Noémie Houard, chargés de mission auprès du préfet délégué général
chargé de la coordination de l'hébergement et du logement des personnes sans-abri ou mal
logées. Les travaux réalisés dans le cadre de ces missions et ceux menés à l’initiative du
comité de suivi se sont enrichis mutuellement.
Dans ce troisième rapport, le comité de suivi se veut fidèle à sa mission qui implique à la fois
une grande vigilance face aux difficultés et aux manques qui peuvent apparaître dans la bonne
mise en œuvre du Dalo, et une capacité de proposition constructive. D’une façon générale le
comité constate que le Dalo permet de reloger ou d’accélérer le relogement de personnes qui étaient en situation d’échec. Il fait incontestablement bouger les pratiques des différents
acteurs et nous avons choisi d’illustrer ce rapport en donnant à connaître de « bonnes
pratiques », qu’elles se situent dans la stricte application de la procédure Dalo et des
relogements qui en découlent ou, plus largement, dans l’ensemble des actions qui contribuent à la mise en œuvre du droit au logement (ch.5).
Pour autant, il convient de porter un regard lucide sur les graves insuffisances qui demeurent,
qu’il s’agisse de l’information et du soutien permettant à tous ceux qui en ont besoin
d’accéder à la procédure de recours, ou de la mobilisation et de la production des logements
indispensables pour que les décisions des commissions de médiation puissent être suivies
d’effet. L'Etat a programmé une diminution de ses dépenses budgétaires 2009-2011 pour le
logement, partiellement compensée pour 2009 par le plan de relance. Dans un certain nombre
de départements, il est aujourd’hui condamné pour non mise en œuvre de la loi, sans parler
des situations qui ne font pas l'objet de procédure juridictionnelle mais où l’Etat manque à ses
obligations, en particulier dans le domaine de l’hébergement. Le Conseil d’Etat, dans un
rapport rendu en juin, a relevé l’impérieuse nécessité de tirer les conséquences du droit au
logement opposable dans la conduite des politiques du logement. La résignation est d’autant
moins acceptable que des propositions visant à dépasser les difficultés d’application du Dalo
ont été formulées par le comité de suivi dès son premier rapport. Les solutions existent. Elles
exigent que l’application de ce qui constitue un droit fondamental de la personne humaine
recueille l’attention et les moyens qui lui sont indispensables.
L’Etat n’est évidemment pas le seul acteur du droit au logement, mais il en est le garant. Il lui
revient d’assumer ses propres responsabilités et de faire en sorte que les autres acteurs
assument les leurs.