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La mesure du déclassement

Auteur(s) :

    • BOISSON Marine
    • FRANCE. Centre d'analyse stratégique

Editeur :

  • La Documentation française

Date de remise : Juillet 2009
Réf. : 094000528
147 pages

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Peu à peu se diffuse dans le corps social l'idée que les générations récentes ne parviendraient pas à maintenir le niveau de vie des générations précédentes, notamment de celles qui ont prospéré sous les Trente Glorieuses. Cette crainte du déclassement est-elle fondée ? Comment mesure la réalité d'un phénomène aux facettes multiples d'autant plus complexe qu'il relève à la fois de situations objectives et d'un ressenti ? Le Centre d'analyse stratégique tente de répondre à ces questions, en ne se limitant pas à la dimension sociale du déclassement (écart entre la position sociale d'un individu et celle de ses parents), mais en l'élargissant à d'autres phénomènes, tel que le déclassement synonyme de déqualification (par décalage entre l'emploi occupé et le niveau de diplôme) ou le déclassement territorial (comme éloignement subi des centres urbains). Sans nier la progression marginale et récente de ces phénomènes, le rapport souligne l'écart entre les craintes exprimées par les Français et la réalité objective : les « mobilités sociales ascendantes » restent majoritaires et le socle des classes moyennes continue de s'élargir, contrairement à ce que l'on constate dans d'autres pays. Le rapport formule en conclusion des recommandations.



Résumé

Introduction : Trente ans de déclassement ?


 
Première partie Déclassement, mobilité et fluidité sociale
 

Chapitre 1 : Le déclassement dans la mobilité sociale
1. La part des « CSP+ » dans la structure des emplois continue à progresser
2. « L’égalité des chances » n’est pas en cause
3. Le vieillissement du sommet de la structure sociale a été déterminant

Chapitre 2 : Le déclassement et l’éducation
1. Un phénomène diffus mais différencié
1.1. De l’inégalité entre les filières
1.2. Un déclassement fonction des secteurs d’activité
1.3. Un phénomène sexiste ?
1.4. Déclassement et classes sociales
2. Expliquer le déclassement
2.1. Trop de diplômés ?
2.2. Le diplôme, une ressource à compléter
2.3. Déclassement et politiques de l’emploi
3. Les solutions au déclassement

Chapitre 3 : Le déclassement et la qualité de l’emploi
1. Une réduction de la « zone refuge » des positions moyennes
ou stables
1.1. Une tendance à la polarisation des emplois à nuancer
1.2. Une dégradation de la qualité des emplois non qualifiés
1.3. Une transformation des mobilités professionnelles
2. Le rôle des politiques de l’emploi et de la formation
2.1. Une évaluation de l’impact des politiques de l’emploi à consolider
2.2. Des inégalités du système de formation professionnelle à corriger

Conclusion de la première partie

 
Deuxième partie Déclassement, niveau de vie et qualité de vie
 

Chapitre 4 : Le déclassement et le niveau de vie
1. Des appréhensions face à l’avenir
1.1. Une distorsion entre la progression du niveau de vie et sa perception
1.2. Un pessimisme renforcé par la crise
1.3. Un niveau d’inquiétude plus élevé en France que dans les
autres pays européens
2. Plus qu’un déclin ou une paupérisation des classes moyennes,
des effets de comparaison sociale
2.1. Les classes moyennes comme « classe anxieuse »
2.2. En France plus qu’ailleurs, les classes moyennes maintiennent
leur position
2.3. Les effets de la comparaison sociale
3. Une progression du ressenti des restrictions
3.1. Un sentiment de contrainte sur la consommation
3.2. Une progression des dépenses contraintes

Chapitre 5 : Le déclassement par le logement
1. Une peur de l’exclusion par le logement sans mesure
avec le risque de déclassement brutal
1.1. La peur de devenir SDF
1.2. Un nombre croissant de ménages en situation de fragilité
1.3. Les jeunes et les retraités particulièrement exposés
sur le marché locatif
2. Une hausse exceptionnelle des prix du logement depuis 2000,
source d’un déclassement par « érosion »
2.1. Une rupture après des décennies de stabilité relative
2.2. Des effets négatifs prononcés pour les ménages modestes
et les jeunes générations
2.3. Un impact renforcé sur les locataires modestes du secteur libre
2.4. Le blocage des trajectoires ascendantes
3. Mobilités géographiques et processus de déclassement par
recomposition de la population des quartiers urbains et périurbains
3.1. Le déclassement massif des quartiers de grands ensembles
3.2. « Gentrification » des quartiers populaires et éviction des ménages
3.3. Le risque de déclassement des habitants du périurbain
3.4. Des pistes d’action pour développer l’offre de logement à destination des classes moyennes et populaires


Chapitre 6 : Le déclassement et le surendettement
1. Le surendettement comme accélérateur du déclassement
causé par les accidents de la vie
1.1. La France apparaît beaucoup moins touchée que le Royaume-Uni
et les États-Unis par les déséquilibres liés à un endettement
excessif des ménages

1.2. Le nombre de situations de surendettement connaît cependant
une croissance rapide, que la crise pourrait aggraver
1.3. Cette évolution s’explique par la fréquence accrue des accidents
de la vie et la part élevée des dépenses contraintes dans le budget
des ménages
1.4. Les comportements des acteurs financiers contribuent à la dynamique du surendettement

2. Des politiques de lutte contre le surendettement qui permettent
rarement d’inverser le processus de déclassement
3. Renforcer la prévention de ce type de déclassement


 
Troisième partie L’impact social et sociétal du déclassement
 

Chapitre 7 : Le déclassement et l’État-providence
1. Un niveau de dépenses sociales qui ne crée paradoxalement
pas d’effets de sécurisation
1.1. Le paradoxe français de la protection sociale
1.2. L’impact des nouvelles réalités sociales
2. Quand l’État-providence n’est pas une solution au déclassement
mais une donnée du problème
2.1. Un État-providence surclassant ? L’exemple du système de retraite
2.2. Les classes moyennes face à la courbe en « U » des gains
socio-fiscaux
3. Le sentiment de déclassement, un aiguillon pour la réforme
de l’État-providence ?

Chapitre 8 : Le déclassement et la politique
1. Brève histoire d’une relation
2. Déclassement et politique, quelle actualité ?
3. Les « déclassés » n’existent pas en politique

 


Conclusion : Malaise dans le déclassement

Tableau récapitulatif
Annexe méthodologique : la mesure « externe » ou « objective» du déclassement social
Les auteurs
Bibliographie










Résumé

Les situations d’ascension sociale, qui concernent 40 % d’une classe d’âge, demeurent majoritaires en France. Le déclassement, terme par lequel on désigne ordinairement les individus qui se situent à un niveau de l’échelle sociale inférieur à celui de leurs parents, est une réalité complexe, minoritaire du point de vue quantitatif. Il peut correspondre à un sentiment de frustration lié au décalage entre les aspirations (subjectives) et les possibilités sociales de satisfaction (objectives). Le présent rapport, qui passe en revue les différentes dimensions du déclassement (scolaire, professionnel, salarial, statutaire, etc.), souligne l’écart entre le niveau très élevé de crainte des Français et les principaux indicateurs socioéconomiques qui ne le justifient pas.

La première partie du rapport est consacrée à la quantification statistique du déclassement, mais aussi au rôle de l’éducation et de la formation dans la mobilité sociale. Elle revient sur les effets du vieillissement social qui, avec le départ à la retraite des générations du baby-boom, ouvre de nouvelles perspectives aux jeunes générations, plus qualifi ées que leurs parents (chapitre 1). La démocratisation scolaire ne constitue pas en effet une source de déclassement mais bien un facteur privilégié d’insertion professionnelle (chapitre 2), en lien avec la forte croissance des emplois qualifiés, qui ont doublé depuis les années 1980 (chapitre 3).

La deuxième partie est consacrée à l’évolution du niveau de vie des classes moyennes, sans commune mesure avec la forte anxiété enregistrée dans les enquêtes (chapitre 4). Alors que leur niveau de vie a presque doublé en l’espace d’une génération, la progression des dépenses contraintes, notamment en matière de logement, nourrit un sentiment croissant de restriction. Toutefois, les difficultés de logement restent essentiellement liées à l’accession à la propriété et concernent, au premier chef, les jeunes et les ménages modestes (chapitre 5). Par ailleurs, si le surendettement constitue un facteur aggravant du déclassement, il reste essentiellement causé par les accidents de la vie ou par la nécessité de faire face à des dépenses courantes (chapitre 6).

La troisième partie revient sur l’impact social et sociétal du déclassement et propose des pistes d’évolution de la protection sociale. Alors que la France consacre un tiers de son PIB aux dépenses de protection sociale (ce qui la place au premier rang des pays européens), son système d’État-providence perd en lisibilité, sans parvenir à rassurer les Français quant à leur parcours socioprofessionnel (chapitre 7). Par ailleurs, les retraites sont davantage perçues comme un impôt générationnel que comme un revenu différé, alors que les classes moyennes semblent quelque peu pénalisées par les mécanismes de redistribution socio-fiscale. Sur le plan de l’expression politique, le déclassement ne se traduit pas par un ancrage partisan particulier mais plutôt par des formes d’abstention et de retrait ponctuelles. En aucun cas, on ne peut parler de « vote déclassé » (chapitre 8).

En conclusion, le rapport recommande de favoriser l’insertion et la mobilité professionnelle des jeunes et des actifs, en renforçant notamment le service de la petite enfance et le système de formation initiale et continue (filières scientifiques et techniques du secondaire et du supérieur), et en développant un dispositif de prêts à remboursement contingent au revenu pour financer davantage les études longues. En matière de logement, le rapport recommande d’améliorer l’accès au logement des classes moyennes, en desserrant les contraintes physiques sur l’offre, en favorisant l’investissement privé et en rationalisant les aides publiques. Enfin, le rapport encourage à approfondir la dynamique de réforme de l’État-providence dans le sens d’une plus grande équité inter et intra-générationnelle (réforme des retraites, rééquilibrage du système de redistribution socio-fiscale en faveur des classes moyennes). Il est alors important de disposer de perspectives claires sur les réformes car le sentiment de déclassement s’enracine aussi dans une appréhension forte de l’avenir.








 

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