AVANT-PROPOS
Par lettre de mission en date du 24 juin 2009, Monsieur le Premier Ministre a souhaité que
soient réexaminées les conditions de financement du projet de Radio Numérique Terrestre, et,
dans ce cadre, qu’une nouvelle analyse soit faite des seuils de concentration acceptable dans
le domaine de la radio.
L’appréciation économique du projet de Radio Numérique Terrestre ne peut être déconnectée
de ses modalités d’exécution. La durée du processus lui-même, la période pendant laquelle il
sera nécessaire de maintenir une diffusion en mode FM, l’attractivité des nouveaux services
associés, le prix des équipements et leur disponibilité, et, plus largement, l’évolution de la
couverture radiophonique, à savoir le nombre de radio qu’en moyenne chaque Français pourra
recevoir, tous ces éléments déterminent le calcul de la rentabilité des investissements à consentir. C’est pourquoi il est apparu nécessaire de réexaminer chacun de ces éléments de
manière aussi approfondie que possible.
Mais il faut voir plus loin. La diffusion numérique n’est qu’un élément de la numérisation de
la radio. Celle-ci accompagne depuis plusieurs années déjà le processus en cours dans notre
société. L’avenir de la Radio Numérique Terrestre se mesure donc à l’aune des autres services
offerts à nos concitoyens et du développement du marché des terminaux « multifonctions» dont ils raffolent.
La radio n’échappe pas aux contradictions du monde numérique : média gratuit par
excellence, saura-t-elle le rester sur les supports type réseaux fixes en mode IP, ou
réseaux 3G ? Saura-t-elle également préserver sa place sur un marché publicitaire de plus en
plus disputé ? La réponse aux questions de cette nature n’est jamais exempte de controverses.
La mission a concentré ses analyses sur le développement des diffusions en mode broadcast,
sans pour autant négliger l’existence de nouveaux réseaux de diffusion (modulation
d’amplitude et FM).
Les opérateurs de radio sauront-ils faire face à tous ces défis simultanément ? On ne saurait éluder cette question. Il est nécessaire d’y répondre, en concertation avec eux, avant de
s’engager dans un projet de longue haleine. Confrontés à la nécessité de financer des réseaux
très haut-débit pour l’ensemble de la population française, les Pouvoirs publics devront-ils également concourir au passage de la bande FM au mode numérique - directement ou
indirectement ? C’est à cette analyse qu’a été consacrés une part des travaux pour répondre de
manière aussi adéquate que possible à la question posée par Monsieur le Premier Ministre.