Bilan des résultats de l'Ecole - 2009 - L'enseignement professionnel
FRANCE. Haut conseil de l'éducation
Paris
;
Haut Conseil de l'éducation
Afin de changer l'image négative de l'enseignement professionnel et de permettre à chaque élève de sortir du cursus scolaire avec un diplôme (au minimum le CAP), le Haut Conseil de l'éducation émet dans ce rapport une série de recommandations. Il recommande notamment de renforcer le lien entre voie professionnelle et entreprises, que tous les formateurs de la voie professionnelle possèdent une expérience directe et récente de l'entreprise et des compétences d'enseignement. Il rappelle que la revalorisation de la voie professionnelle implique que cette voie offre de réelles perspectives d'études supérieures et demande que soit établi et diffusé un bilan exhaustif sur le « lycée des métiers », pour exploiter au mieux les potentialités de la formule.
Télécharger le rapport
(
429
Ko, PDF)
novembre 2009
37
pages
Vous avez besoin de la dernière version d'Acrobat reader pour lire les documents
au format PDF. Vous pouvez télécharger ce logiciel en cliquant ici
LES RECOMMANDATIONS
PRÉAMBULE
1 – L’ENSEIGNEMENT PROFESSIONNEL CONCENTRE DE GRAVES DIFFICULTÉS
1.1 Des publics vulnérables
1.2 Un trop grand nombre de jeunes sans diplôme au sortir de la voie professionnelle
1.3 Un trop grand nombre de jeunes sans emploi au sortir de la voie professionnelle
2 – PLUSIEURS CAUSES À CETTE SITUATION
2.1 Les causes tenant à l’organisation du système éducatif
▪ Dans l’Éducation nationale, une orientation et un choix par défaut
▪ Une obligation imposée à la voie professionnelle : prendre en charge tous ceux à qui l’École
n’est pas parvenue à donner les bases indispensables pour avoir les meilleures chances de
réussir dans la vie
▪ L’organisation de l’État ne permet ni la définition d’une politique d’ensemble ni le contrôle de
la qualité de toutes les formations
2.2 Les causes tenant à l’enchevêtrement des acteurs
▪ Le nombre des acteurs (État, Régions, organisations professionnelles) freine l’évolution des
diplômes et leur adaptation aux emplois
▪ La relation entre formation et emploi est complexe
2.3 Les causes tenant aux employeurs
▪ Certains jeunes sont encore plus en difficulté que les autres sur le marché du travail
▪ Les employeurs publics et privés ne sont pas assez engagés dans la formation
professionnelle des jeunes au premier niveau de qualification
3 – LEVIERS POUR L’ENSEIGNEMENT PROFESSIONNEL
3.1 Des atouts incontestables
▪ Une pédagogie originale
▪ De nouvelles marges d’autonomie pour les établissements
3.2 Approfondir la réforme actuelle, la « rénovation de la voie professionnelle »
▪ Pour augmenter le nombre de ceux qui accèdent au baccalauréat professionnel : une période
d’observation pour tous en second cycle, en vue d’une orientation positive
▪ Pour diminuer les sorties sans diplôme et favoriser l’insertion : une seconde année de CAP
exclusivement en apprentissage
▪ Pour favoriser la réussite dans le supérieur : améliorer l’accueil des bacheliers professionnels
en STS et diversifier les poursuites d’études
3.3 Exploiter les potentialités du lycée des métiers
▪ Des points d’appui pour améliorer la qualité des formations professionnelles
▪ Des effets qui restent encore à évaluer
3.4 Faire de la voie professionnelle une école d’entrepreneurs
3.5 Mieux mettre en valeur le potentiel des établissements
▪ Affermir le pilotage local
▪ Mieux tenir compte des exigences de la voie professionnelle dans la formation de tous les
personnels
COMPOSITION DU HAUT CONSEIL DE L’ÉDUCATION
LES RECOMMANDATIONS
1) Pour atteindre les objectifs fixés à la voie professionnelle (élévation du niveau général de
qualification, disparition des sorties sans diplôme de premier niveau, ou avec un diplôme
sans débouché), le Haut Conseil de l’Éducation propose que des expérimentations
ambitieuses soient menées dans plusieurs académies :
a) qu’à la fin du collège les élèves soient tous orientés vers une classe de seconde,
générale et technologique ou professionnelle (le mode de formation, sous statut
scolaire ou par apprentissage, étant libre), et que le premier trimestre de la seconde
professionnelle soit un temps d’observation, à l’issue duquel le choix est fait de
préparer le baccalauréat professionnel ou le CAP ;
b) par exception à la règle précédente, que les élèves des Sections d’enseignement
général et professionnel adapté (SEGPA), très exposés au risque d’une sortie sans
diplôme, aient tous une place réservée en CAP ;
c) que la seconde année de formation au CAP se fasse exclusivement en
apprentissage, quel qu’ait été le mode de formation en première année (sous statut
scolaire ou sous contrat d’apprentissage) ;
d) que les lycées professionnels offrent plus de places en apprentissage.
2) L’enseignement professionnel préparant désormais à deux diplômes, le baccalauréat
professionnel et le CAP, le maintien à long terme du BEP comme certification intermédiaire
n’est pas cohérent avec l’esprit de la réforme. Le Haut Conseil de l’Éducation considère que,
de toute façon, l’acquisition des diplômes professionnels par unités capitalisables permet :
- la suppression des sorties « sans rien »,
- une obtention du diplôme visé différée dans le temps,
- l’obtention d’un autre diplôme voisin, et par conséquent des changements
d’orientation plus aisés à toutes les étapes du cursus.
3) La revalorisation de la voie professionnelle implique que cette voie offre de réelles
perspectives d’études supérieures. Le Haut Conseil de l’Éducation recommande notamment
que les STS et les IUT mettent en place les dispositifs nécessaires pour accueillir plus de
bacheliers professionnels.
4) Le Haut Conseil de l’Éducation demande que soit établi et diffusé un bilan exhaustif sur le« lycée des métiers », pour exploiter au mieux les potentialités de la formule.
5) Le Haut Conseil de l’Éducation recommande que la voie professionnelle soit pensée
comme une école d’entrepreneurs.
6) Le Haut Conseil de l’Éducation suggère de renforcer le lien entre voie professionnelle et entreprises :
a) en intégrant dans le Conseil pédagogique des lycées professionnels des
formateurs du milieu professionnel (tuteurs des élèves, maîtres d’apprentissage) ;
b) en mettant en œuvre de façon volontariste la disposition prévue par la loi du 23
avril 2005 qui permet de désigner le président du Conseil d’administration des lycées
professionnels parmi les personnalités extérieures ;
c) en recourant davantage à la possibilité d’engager des « professeurs associés »,
qui partagent leur temps entre activité d’enseignement et activité professionnelle en
entreprise.
7) Le Haut Conseil de l’Éducation recommande que tous les formateurs de la voie
professionnelle, en centre de formation comme en milieu professionnel, possèdent une
expérience directe et récente de l’entreprise et des compétences d’enseignement.