INTRODUCTION
I. DIAGNOSTIC DE L’INDUSTRIE FRANCAISE
1. Les constats généraux
1.1 Le recul de l’emploi industriel
L’emploi dans l’industrie accuse une baisse régulière
La diminution de l’emploi industriel affecte tous les secteurs, y compris ceux
bénéficiant d’une croissance de la valeur ajoutée
Peu de sous-secteurs se caractérisent par un duo vertueux de maintien des
effectifs et de croissance de la valeur ajoutée
Paradoxalement, certains secteurs éprouvent des difficultés récurrentes de
recrutement
1.2 Le recul de la position de l’industrie française
Un secteur manufacturier qui pèse moins dans la valeur ajoutée que dans la
plupart des pays de l’Union européenne
La valeur ajoutée de l’industrie française a évolué moins favorablement que
celle des autres pays de la zone euro depuis 2000 et que celle de l’économie
française dans son ensemble
L’industrie française est en majorité largement ouverte sur l’international, élément de force et de vulnérabilité
La balance commerciale de l’industrie française se dégrade
Une situation qui contraste avec celle de l’Allemagne
Une situation qui se traduit par une perte de parts de marché de l’industrie
française au niveau mondial mais aussi et surtout vis-à-vis de l’Allemagne et
de la zone euro
Des marges dans l’industrie française plus faibles que dans les principaux pays
de l’Union européenne
1.3 Une faible dynamique d’investissement et d’innovation
Une dynamique d’investissement globalement faible et hétérogène selon les
secteurs
En lien avec les investissements, la productivité de l’industrie continue de
croître mais l’hétérogénéité sectorielle est grandissante
L’effort de R&D dans les branches industrielles les plus intenses en R&D est
comparativement plus important en France qu’en Allemagne
Mais la France accuse un retard notable en termes de dépenses totales de R&D
rapportées au PIB du fait de la part importante des industries peu intenses en
R&D dans son tissu industriel
La stagnation de l’effort en R&D privée en France réduit la capacité du pays à influer sur la définition des normes et standards au niveau mondial
La R&D de l’industrie manufacturière française est concentrée sur quelques
secteurs
1.4 Les faiblesses rémanentes du tissu de grosses PME en France
Les PME représentent plus de 90 % des entreprises en France mais ne génèrent
que 17 % des exportations
Un tissu d’entreprises de taille intermédiaire (ETI) plus faible en France qu’en
Allemagne et au Royaume-Uni
2. L’identification des principaux facteurs déterminant la situation de
l’industrie française
2.1 Les facteurs favorables
Des grandes entreprises à rayonnement mondial et des savoir-faire reconnus
Des écosystèmes innovants de PME/ETI dans certains segments industriels
Une capacité relative d’attraction des investissements étrangers
Une qualité reconnue de la formation des ingénieurs et des scientifiques
Une bonne performance comparée en matière environnementale
Des dispositifs de soutien public qui attestent de l’intérêt soutenu des Pouvoirs
publics et des collectivités territoriales pour l’industrie
Des infrastructures de qualité
2.2 Les facteurs pénalisants
Le constat d’une sensibilité plus forte qu’en Allemagne à la question des
parités monétaires
Un prélèvement public sur les entreprises par rapport à la valeur ajoutée plus
important que dans la plupart des pays comparables
Un avantage compétitif sur les coûts du travail dans l’industrie par rapport à l’Allemagne qui s’est effrité depuis 2000 et a disparu
Des difficultés spécifiques dans le domaine du financement
Des dispositifs de formation insuffisamment adaptés aux besoins des salariés et
des entreprises
Une image dégradée de l’industrie et de ses métiers qui entraîne un déficit
d’attractivité
Une culture de l’innovation et de la créativité insuffisamment développée
La croissance des entreprises encore trop peu encouragée et accompagnée
Des relations entre acteurs du monde de l’industrie et de la recherche
insuffisamment structurées et pas assez orientées vers le bénéfice collectif
Les outils d’aides publiques à l’industrie sont nombreux mais manquent d’une
lisibilité d’ensemble
3. Les spécificités par filière
3.1 Les biens intermédiaires, biens d’équipement et industries de
l’environnement
3.2 Les biens de consommation (y compris agro-alimentaire)
3.3 Les industries de santé
3.4 Les industries des TIC
3.5 Les industries des matériels de transport
II. LES ENJEUX
1. Construire une réponse industrielle aux défis majeurs de la société
1.1 Le défi démographique
1.2 Le défi du développement durable
1.3 Le défi de la mobilité
1.4 Le défi du progrès médical
1.5 Le défi de la société numérique
2. Intégrer davantage l’innovation et la prise en compte des évolutions
des citoyens et des consommateurs dans le cadre d’écosystèmes mieux
structurés
2.1 Mieux prendre en compte l’accélération de l’innovation technologique et
l’extension du concept d’innovation
2.2 Satisfaire les attentes des consommateurs et répondre aux interrogations de
la société
2.3 Structurer des écosystèmes plus solidaires dans le cadre d’une politique de
filières
3. Mettre en place un environnement plus favorable à la compétitivité de l’industrie française
4. Rechercher la mobilisation et l’engagement de tous les acteurs autour
de l’objectif de la reconquête industrielle
III. SYNTHESE DES PROPOSITIONS DES ACTEURS
1. Redonner au pays une véritable ambition industrielle
1.1 Définir et affirmer une telle ambition
1.2 Rechercher l’adhésion de la société à cette ambition par le lancement de
grands projets
Les véhicules du futur
L’aéronautique et l’espace
Les énergies renouvelables et décarbonées
Le nucléaire de demain
Les transports et l’urbanisme durable
La couverture du territoire par le très haut débit
Le développement de services, usages et contenus numériques
Les sciences du vivant
1.3 Créer les conditions pour que l’adhésion de la société se concrétise par des
choix d’épargne favorables au développement industriel
1.4 Se doter d’une instance consultative de suivi appropriée
1.5 Assurer le relais de notre ambition industrielle aux niveaux européen et
international
2. Rendre plus efficients les aides et services de l’Etat pour l’industrie et
les compléter par des actions propres à amplifier les atouts de
l’industrie française ou à remédier à ses handicaps spécifiques
2.1 Rendre plus efficients les aides et services publics pour l’industrie
Evaluer les dispositifs publics de soutien à l’industrie
Mettre en place un relais global pour l’information et l’accompagnement des
entreprises
Créer un outil de recensement et de diffusion des bonnes pratiques sur les
avancées scientifiques, juridiques et économiques au service des PME
Organiser plus systématiquement l’attribution des aides publiques sur la base
de contrats d’objectifs
2.2 Stimuler l’effort de recherche et d’innovation des entreprises
Mettre en place un crédit d’impôt innovation et étendre le crédit d’impôt
recherche aux dépenses de normalisation
Définir une stratégie et des outils de diffusion de l’innovation entre entreprises
et entre secteurs
2.3 Structurer davantage l’appui financier public à l’industrie et adapter les
outils aux besoins urgents identifiés
Mettre en cohérence les dispositifs pour aller vers un concept global de « banque de l’industrie »
Soutenir davantage l’accès aux fonds propres pour les entreprises innovantes et
les entreprises en développement
Etudier la création d’un nouveau prêt pour l’accès au marché
Développer des outils de financements appropriés pour les PME et les ETI
Mettre en œuvre des mesures ponctuelles pour aider l’industrie française à traverser la situation de crise
2.4 Accélérer la transition de l’industrie vers l’éco-conception et l’écoproduction
Inciter aux investissements vertueux sur les plans écologique et énergétique
Considérer le recyclage et l’accès aux matériaux biosourcés comme des enjeux
stratégiques et structurer les filières correspondantes
Associer plus étroitement les salariés à la problématique environnementale
2.5 Renforcer la performance à l’export
Valoriser la « marque France »
Amplifier la démarche de qualité et d’excellence opérationnelle dans les
entreprises françaises
Simplifier et clarifier l’accompagnement à l’international proposé par les
différents acteurs institutionnels et développer le « portage export »
2.6 Favoriser la revitalisation industrielle du territoire
Mettre en place un dispositif en faveur de la relocalisation compétitive des
entreprises industrielles
Accroître les moyens affectés à la revitalisation des territoires en renforçant la
solidarité entre les secteurs économiques
2.7 Conforter les écosystèmes innovants, la structuration en filières et la
dynamique du tissu industriel
Promouvoir des programmes « interpôles »
Organiser les filières et faire évoluer dans ce cadre les relations donneurs
d’ordres-sous traitants vers des relations de co-traitants
Inciter les filières à gagner collectivement en performance grâce au
numérique
Accompagner les PME dans la définition de leur stratégie
Encourager toutes les formes de mutualisation entre PME
Faciliter le regroupement, la croissance et la transmission des PME
2.8 Améliorer l’image de l’industrie et l’attractivité de ses métiers
Ouvrir très largement l’entreprise industrielle aux jeunes en formation, aux
enseignants et au grand public
Organiser une campagne de communication ciblée sur les jeunes pour
revaloriser les formations techniques et les métiers de l’industrie
3. Prendre en considération les enjeux sectoriels et ceux des territoires
et bassins d’emplois
3.1 Mettre en valeur les atouts sectoriels
Biens de consommation : un accent à mettre sur la création et l’innovation
Agroalimentaire : une image à améliorer, des attentes des consommateurs à mieux identifier
Biens intermédiaires : une force industrielle au cœur des problématiques d’écoconception
et d’éco-production
Industries des STIC (services et technologies de l’information et de la
communication) : articuler les technologies, les services et les usages
Industries de santé : un besoin fort en termes de gouvernance et de recherche
Matériels de transport : des concepts nouveaux à intégrer dans les produits et
les infrastructures
3.2 Répondre aux besoins des territoires et des bassins d’emplois
Repérer et préserver les savoir-faire industriels traditionnels
Mettre en place une gestion prévisionnelle de l’emploi industriel sur une base
territoriale
Organiser en région des relais à la Conférence nationale de l’industrie
Valoriser l’industrie de l’Outre-mer
4. Ouvrir rapidement les chantiers de concertation sur cinq domaines
clés engageant l’avenir de l’industrie : l’environnement réglementaire,
la compétitivité, le social, le financement et l’Europe
4.1 Le chantier de l’environnement réglementaire
La stabilisation du flux
Le réexamen du stock
4.2 Le chantier de la compétitivité industrielle
Une fiscalité prenant mieux en compte l’enjeu de la compétitivité de
l’industrie
Un financement de la protection sociale moins lié au travail
La flexi-sécurité comme réponse au défi de l’adaptation permanente des
entreprises et au besoin de sécurité des actifs
4.3 Le chantier social
Le renforcement de la participation des salariés à la vie de l’entreprise
Un réexamen approfondi de l’enseignement technique et professionnel et de la
formation continue
Une réflexion globale sur les facteurs de fond déterminant l’attractivité des
métiers de l’industrie
4.4 Le chantier du financement de l’industrie
Une plus forte mobilisation des investisseurs institutionnels au bénéfice de
l’industrie
Le développement de produits d’épargne permettant un meilleur financement
de l’industrie
L’amélioration des relations banques-industrie
4.5 Le chantier européen
CONCLUSION