Le programme national nutrition santé (PNNS) est un programme de santé publique qui propose
une politique nutritionnelle à travers le double prisme de la tradition culturelle française d’une
alimentation qui rime avec plaisir et patrimoine gastronomique, et de la santé et du bien être au
regard des risques de survenue de certaines maladies, comme certains cancers, le diabète et
l’obésité compte tenu des déséquilibres nutritionnels, liés à la fois à des excès dans l’alimentation,
et à un environnement marqué par une augmentation des comportements sédentaires et au manque
d’activité physique.
Le PNNS s’inscrit dans un système de représentation qui va de la sphère privée à la sphère
publique, mettant en jeu l’histoire individuelle et le mode de vie de chacun, avec une très grande
diversité des comportements alimentaires observés dans un contexte où les valeurs culturelles,
l’environnement économique et social pèsent sur les politiques publiques.
Si le PNNS, au terme de ses deux programmes, s’appuie sur un consensus sur la définition des
repères nutritionnels, dont il a permis de diffuser les références, il lui a été difficile de définir avec
succès une politique nutritionnelle généraliste, qui tienne compte par ailleurs des différentes
populations cibles en fonction de leur âge (les jeunes, les personnes âgées), ou de leur niveau socioéconomique
(les populations en situation de pauvreté ou de précarité).
Les différentes parties prenantes que sont les acteurs institutionnels, administrations, collectivités
territoriales, les acteurs économiques (producteurs du monde agricole, industrie agro-alimentaire,
restauration collective) ou les partenaires associatifs et aussi les sociologues et chercheurs,
souscrivent dans l’ensemble au constat que la nutrition s’impose comme un enjeu de santé publique, mais restent partagées sur la part qui revient à chaque déterminant. Pour certains, la
régulation des comportements alimentaires collectifs doit être privilégiée, alors que pour d’autres la
responsabilité de chacun dans son mode de vie est primordiale. Chacun s’accorde néanmoins à reconnaître l’influence des facteurs d’environnement que sont la politique d’aménagement urbain
comme la politique de transport, les équipements sportifs, mais aussi l’organisation de la
restauration scolaire, la qualité nutritionnelle des aliments, ou leur prix.
Le PNNS ne peut arbitrer à lui seul les différentes manières de penser qui sous-tendent cette prise
de conscience collective, qui se manifestent parfois dans des tensions, voire des litiges entre les
différentes parties prenantes, essentiellement à propos des modalités de gouvernance de ce
programme coordonné par le ministère de la santé et par les choix de stratégie de communication.
La mission, au terme de son travail d’enquête, constate que le PNNS a rempli de manière plutôt
satisfaisante les objectifs qui lui ont été assignés en termes de promotion des bons comportements
alimentaires, avec les moyens humains et financiers qui ont été les siens. Il demeure un exemple et
constitue une référence pour de nombreux pays étrangers. Sa pérennité mérite d’être assurée car
il constitue une démarche utile et indispensable au succès de toute politique nutritionnelle.
Cependant, la mission estime que sa reconduction en l’état n’est pas souhaitable compte tenu
des difficultés qu’elle a identifiées dans l’articulation entre ses fonctions de cadre de référence et
ses responsabilités de conduite opérationnelle, mais aussi dans son dispositif de gouvernance et
dans l’articulation entre ce programme et les autres plans, programmes et politiques sectorielles.