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Faits de société

Vivre ensemble plus longtemps - Enjeux et opportunités pour l'action publique du vieillissement de la population française

Auteur(s) :

    • FRANCE. Centre d'analyse stratégique

Editeur :

  • La Documentation française

Collection : Rapports et documents

Date de remise : Octobre 2010
309 pages

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Le vieillissement de la population française s'accélère. Essentiellement lié à la montée en âge des générations nombreuses du baby-boom et à l'allongement de l'espérance de vie, il transforme en profondeur la société, modifie l'économie des relations intergénérationnelles et peut être porteur d'inégalités fortes. Comment organiser une société dans laquelle les individus vivront et seront actifs plus longtemps ? Telle est la question au coeur de ce rapport, qui met en lumière les enjeux du vieillissement pour l'action publique dans des domaines très divers - emploi, logement, urbanisme, sécurité, santé. Ce rapport propose des pistes de réflexion et d'action afin d'infléchir les conséquences du vieillissement dans un sens favorable à une meilleure cohésion sociale.




Avant-propos

Introduction

 
Vivre plus longtemps en bonne santé : des réalités contrastées
 

LA « VIEILLESSE » N’EST QU’UN MOT
Clélia Godot et Vanessa Wisnia-Weill

UN VIEILLISSEMENT COGNITIF RÉUSSI,
CONDITION DU BIEN-ÊTRE DANS LA LONGÉVITÉ
Sarah Sauneron et Olivier Oullier

 
Le marché du travail à l’épreuve du vieillissement : défis et opportunités
 

LE VIEILLISSEMENT : QUELS IMPACTS SUR L’EMPLOI
ET LES MÉTIERS ?
Tristan Klein

MODÈLES DE CARRIÈRE ET LOGIQUES
DE FIN DE VIE ACTIVE : QUELLES LEÇONS
DE LA COMPARAISON EUROPÉENNE ?
Clélia Godot

 
Une population vieillissante : des réponses spécifiques ou orientées vers le bien-être de tous ?
 

VIEILLISSEMENT ET SÉCURITÉ :
COMMENT MIEUX PROTÉGER LES SENIORS ?
Olivier Renaudie

HABITAT ET URBANISME FACE AU VIEILLISSEMENT
Catherine Collombet

LE SYSTÈME DE SANTÉ FACE AU DÉFI DU VIEILLISSEMENT
Virginie Gimbert

 
Une génération en plus : des rapports intergénérationnels modifiés et des politiques publiques à réorienter
 

L’ÉTAT PROVIDENCE, MULTIPLICATEUR
DES SOLIDARITÉS FAMILIALES ? ARGUMENTS
POUR UN MODÈLE DE SOCIÉTÉ « MULTI-SOLIDAIRE »
Vanessa Wisnia-Weill

AIDER LES AIDANTS : QUELS DISPOSITIFS
POUR ACCOMPAGNER LES AIDANTS FAMILIAUX
DES PERSONNES ÂGÉES DÉPENDANTES ?
Charlotte Barbe et Virginie Gimbert

LA FISCALITÉ DES SENIORS
Clément Schaff

 

Conclusion

 

Liste complète des propositions

 

Les auteurs







LISTE COMPLÈTE DES PROPOSITIONS



Chapitre 1
La « vieillesse » n’est qu’un mot

Encourager dans les travaux statistiques et universitaires la référence à des• groupes d’âge plus conformes aux réalités actuelles, en différenciant les
seniors des personnes âgées (avant et après 75 ans).

Chapitre 2
Un vieillissement cognitif réussi, condition du bien-être dans la longévité

Entrer dans un cercle vertueux de la prévention en santé cognitive et de la lutte contre les inégalités sociales en santé par l’accès à une éducation de
qualité pour le plus grand nombre.

Multiplier les expérimentations en entreprise de bonnes pratiques de « pré-
servation cognitive » (en ce qui concerne à la fois les environnements de travail et les formations).

Engager un effort important pour développer les formations aux métiers
d’aide aux personnes âgées, afin d’encourager les vocations.

Développer les efforts de recherche pour comprendre les liens de causalité •
entre vieillissement physiologique et atteinte pathologique et pour permettre
une détection précoce des troubles.

Promouvoir un style de vie actif en ciblant particulièrement les quadra et
quinquagénaires.

Soutenir l’innovation afin d’adapter les nouvelles technologies aux besoins des populations les plus âgées (interfaces conviviales, jeux adaptés, réseaux
sociaux…).

Chapitre 3
Le vieillissement : quels impacts sur l’emploi et les métiers ?
Sensibiliser les acteurs de l’entreprise à une nouvelle gestion de l’emploi qui
intègre l’ensemble du cycle de vie professionnelle en favorisant notamment
la formation des gestionnaires RH aux outils de ce nouveau management
des âges.

Développer et renforcer les outils d’observation et de prospective sur les
métiers dans les entreprises et dans les branches.

Réduire les inégalités d’accès à la formation pour les travailleurs non qualifiés
(salariés comme demandeurs d’emploi) tout au long de la vie professionnelle
pour former les seniors de demain.

 

Développer les outils de signalement et de reconnaissance des compétences
des seniors afin de leur permettre de mieux les transmettre.

Favoriser les dispositifs organisationnels accordant aux salariés une
certaine autonomie dans l’exécution des tâches et renforçant leur latitude
décisionnelle.

Sensibiliser les PME au design universel, c’est-à-dire à la conception de
produits utilisables facilement par tous, en favorisant la création de centres
d’expérimentation où les PME pourraient vérifier que leurs produits et services
sont adaptés aux besoins des seniors et des personnes handicapées.

Soulager la tâche des aidants familiaux en construisant une offre
d’interventions ponctuelles de professionnels, notamment pour les situations
de dépendance légère.

Faire évoluer les représentations des métiers de l’aide aux personnes âgées
pour y attirer davantage d’hommes et de jeunes, par exemple grâce à une
campagne nationale de communication.

Engager une réflexion sur les conditions de travail et la qualité de l’emploi
dans les métiers de l’aide aux personnes âgées, afin de rendre ces métiers
plus attractifs qu’aujourd’hui.

Favoriser l’émergence de postes d’encadrement de proximité et d’assistants
de secteur, chargés de gérer les interventions des professionnels.

Organiser des passerelles entre les interventions à domicile et les fonctions
occupées en établissement, voire entre les métiers de l’aide aux personnesâgées et les métiers de la petite enfance ou de l’aide aux personnes
handicapées.

Simplifier l’offre de certifications professionnelles dans l’aide aux personnes
fragiles, notamment aux niveaux CAP et BEP ; proposer une certification de
niveau Bac par la voie de la VAE pour les gestionnaires d’intervenants.

Chapitre 4

Modèles de carrière et logiques de fin de vie active :
quelles leçons de la comparaison européenne ?

Prévoir une prise en charge du coût des indemnités de départ en retraite par
un mécanisme d’assurance plutôt que par l’entreprise elle-même, afin de
corriger les effets négatifs de certains mécanismes liés à l’ancienneté sur
l’emploi des seniors.

Lutter contre les inégalités d’accès à la formation continue tout au long de
la carrière par le renforcement des droits à la formation du travailleur, en
responsabilisant plus encore l’employeur.

Responsabiliser davantage les entreprises quant à l’amélioration des
conditions de travail en réformant le système de couverture des AT-MP, ce qui
favorisera une logique plus préventive des risques de santé liés au travail.

Renforcer les dispositifs incitant à prolonger l’activité par la mise en place
d’une surcote en capital.

Introduire une plus grande souplesse entre emploi et formation initiale à l’entrée dans la vie active, en favorisant les allers-retours par le biais du
développement des formations en alternance, des stages professionnalisants,
ou des périodes de césure au cours des études pour se familiariser avec le
monde du travail.

Chapitre 5
Vieillissement et sécurité : comment mieux protéger les seniors ?

Mieux sensibiliser les seniors aux actes de délinquance dont ils sont les
cibles privilégiées.

Créer un chapitre consacré à l’insécurité des seniors dans l’enquête annuelle« Cadre de vie et sécurité » de l’INSEE.

Créer un module de formation des personnels de police consacré à l’insécurité des seniors.

Responsabiliser les seniors en les intégrant à des dispositifs de participation
citoyenne.

Chapitre 6
Habitat et urbanisme face au vieillissement
Rééquilibrer la stratégie française d’adaptation des logements aux besoins
des personnes âgées en l’orientant moins systématiquement sur le flux
de construction, et en faisant preuve de plus de volontarisme quant à la
réhabilitation du stock de logements.

Renforcer la solvabilisation des travaux d’adaptation des logements des
personnes âgées par : des aides de l’ANAH plus importantes pour les bas
revenus et dégressives ; un meilleur accès à l’emprunt par une prise en
charge au moins partielle de l’assurance décès par la puissance publique.

Entreprendre un recensement systématique des logements adaptés afin de
faciliter le relogement des personnes en perte d’autonomie.

Mettre en place des guichets uniques de prise en charge des personnesâgées, compétents tant en matière sanitaire et sociale que sur le logement.
Ceux-ci seraient organisés par la métropole dans les espaces qui en seront
dotés et dans les autres cas, notamment dans les espaces ruraux ou
faiblement urbanisés, par le Conseil général.

Chapitre 7
Le système de santé face au défi du vieillissement
Afin de réduire le nombre d’entrées aux urgences, renforcer les structures
de soins de premier recours, type maison de santé, dont certaines pourraient
assurer une fonction en continu d’accueil et d’aiguillage en amont des
urgences.

Mettre en place des équipes mobiles pluridisciplinaires de manière à assurer
une continuité des soins entre le domicile et l’institution (médicalisée ou
non) qui permettrait de mieux gérer les situations d’urgence ou de « crise ».

Développer les contractualisations entre les différents acteurs clés de la prise
en charge des personnes âgées (EHPAD, hôpitaux, médecins traitants, etc.).

Chapitre 9
Aider les aidants : quels dispositifs pour accompagner les aidants
familiaux des personnes âgées dépendantes ?

Assouplir les conditions d’accès au congé pour solidarité familiale de manière à pouvoir l’utiliser de façon fractionnée en cas de soutien à une personne
dépendante (et non pas forcément en une seule fois, au moment de la fin
de vie).

Examiner les modalités d’une compensation financière minimale (et non
d’une rémunération) en cas de diminution d’activité salariale pour limiter les
restes à charge des familles et permettre aux aidants familiaux de bénéficier
de droits sociaux (notamment droits à l’assurance, à la retraite, etc.) pendant
la durée du travail d’aidant, tout en définissant des critères très stricts
d’attribution.

Inciter les entreprises à proposer aux salariés en situation d’aidants des
assouplissements d’horaires, des formules de télétravail et des programmes
de soutien.

Mobiliser un ensemble plus large d’acteurs (entreprises, assureurs, associations d’aidants, etc.) pour diffuser une information complète incluant
l’ensemble des aspects de la problématique du maintien à domicile. Miser
sur des moyens de communication attractifs et accessibles (site Internet
notamment) pour intéresser les citoyens, peu sensibles à ces questions tant
qu’ils n’y sont pas personnellement confrontés.

Mieux informer sur l’existence des gérontechnologies, par l’intermédiaire
d’acteurs déjà existants. Inclure la possibilité de financer ce type d’aide
technologique dans l’Allocation personnalisée d’autonomie (pour les plus
coûteuses, étudier les conditions d’une aide spécifique).

Développer l’offre de centres d’accueil temporaire, en la rendant plus lisible
(en mettant en place un système d’information permettant de prévoir en
temps réel les places disponibles) et plus accessible (ce qui suppose la mise
en place de moyens de transport).

Soutenir les Établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) qui souhaiteraient décloisonner les dispositifs et structurer
l’offre de services en mettant à disposition des équipes de personnel mobile
intervenant à domicile.

 

Chapitre 10
La fiscalité des seniors
Sortir les résidences secondaires de l’assiette de l’exoné ration et revoir
la condition de non-résidence pour ne pas subventionner des logements
vacants.

Évaluer l’ensemble des niches d’assiette et supprimer celles qui sont inutiles
pour accroître la lisibilité, l’efficacité et la redistributivité de l’impôt sur le
revenu.

Réévaluer l’abattement personnes âgées après la suppression de certaines
niches d’assiette pour mieux apprécier son efficacité, en prenant en compte
notamment l’impact sur l’ensemble des prestations sociales.