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La prise en compte des classements internationaux dans les politiques de site

Auteur(s) :

Editeur :

  • Ministère de l'économie, des finances et de l'industrie : Ministère de l'éducation nationale : Ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'linnovation

Date de remise : Août 2017
181 pages

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Le nombre de classements internationaux dans le champ de l'enseignement supérieur et de la recherche est en forte croissance depuis la première diffusion en 2003 du classement académique des universités de classe mondiale - classement dit de Shanghai -. Le présent rapport analyse l'évolution de la visibilité des établissements d'enseignement supérieur français dans cinq des principaux classements internationaux (ARWU, QS, THE, Leiden et Webometrics) ainsi que dans la cartographie multidimensionnelle U-Multirank. Il dresse un constat de l'impact des politiques de regroupement territoriales sur ces différents classements qui sont bâtis sur des modèles différents, lesquels influent sur leur fiabilité et la nature des informations qu'ils délivrent. Le rapport analyse leur influence auprès des acteurs de l'enseignement supérieur et de la recherche, tout comme leur impact sur l'orientation des politiques dans différents pays. Il dresse un parallèle entre la culture des classements nationaux et l'intérêt porté aux classements internationaux et formule onze préconisations qui visent à clarifier la position et la politique du ministère de l'enseignement supérieur et de l'innovation et de ses différents opérateurs sur la question des classements internationaux.

Introduction

1. Les classements internationaux d’établissements d’enseignement supérieur ont un impact de plus en plus marqué sur les acteurs de l’enseignement supérieur et de la recherche

1.1. Les classements internationaux se multiplient et se diversifient avec un impact différencié selon les pays
1.1.1. Le nombre de classements internationaux est en croissance depuis les années 2000
1.1.2. Le développement d’une approche qualité coordonnée : la création de l'IREG et les principes de Berlin
1.1.3. Quelques classements internationaux s’imposent et traitent des établissements de rang mondial
1.1.4. Les classements retenus par la mission répondent à des modèles sensiblement différents
1.1.5. La situation singulière de U-Multirank

1.2. Les travaux de recherche soulignent l’influence des classements internationaux sur les politiques universitaires dans le monde même si tous les pays ne réagissent pas de la même manière
1.2.1. Plusieurs publications ont permis, dès 2007, de mettre en évidence les différentes facettes de l’influence exercée par les classements dans le prolongement du « choc » du classement de Shanghai
1.2.2. La production d’analyses de portée transnationale met en évidence l’influence des classements sur les politiques universitaires en Europe
1.2.3. Les focus géographiques mettent en évidence le fait que, face aux classements, tous les pays ne réagissent pas de la même manière
1.2.4. En France, divers travaux rappellent que la réponse aux classements ne peut pas s’appuyer sur une uniformisation des critères d’évaluation d’établissements différents ou sur une trop grande standardisation des outils de structuration de l’ESR

1.3. Tous les établissements d’enseignement supérieur français ne sont pas concernés de la même manière par les classements internationaux globaux
1.3.1. Les établissements d’enseignement supérieur français représentent 4 à 4,4 % des établissements qui apparaissent dans les 500 premiers des classements internationaux retenus
1.3.2. Le nombre d’établissements français présents dans au moins un classement augmente entre 2010 et 2016
1.3.3. Les établissements d’enseignement supérieur français sont moins bien placés dans ARWU que ceux des principaux pays comparables
1.3.4. Le nombre d’établissements d’enseignement supérieur français apparaissant dans les 100 premiers des classements retenus par la mission est faible et ne progresse pas

1.4. Les classements thématiques assurent une visibilité internationale plus importante aux établissements d’enseignement supérieur français
1.4.1. Les classements thématiques d’ARWU permettent à d’autres établissements français d’être visibles au plan international
1.4.2. Les classements thématiques de THE ne distinguent que deux établissements supplémentaires mais se traduisent par des gains de rang
1.4.3. Les classements par grands champs thématiques de CWTS Leiden n’intègrent aucun établissement qui ne soit pas déjà recensé dans le classement global mais se traduisent également par des gains de rang
1.4.4. Les classements par grands champs thématiques et sous-disciplines de QS permettent à certains établissements français de se distinguer, notamment en SHS

1.5. À l’exception de ceux qui s’intéressent aux écoles de management et d’ingénieurs, les classements nationaux sont peu développés en France
1.5.1. Les classements nationaux français sont peu nombreux et largement portés par des médias
1.5.2. Le classement du Financial Times illustre la forte importance des classements pour les écoles de management
1.5.3. Les classements nationaux se sont beaucoup plus développés dans d’autres pays

2. En France, l’effet des structurations territoriales sur les résultats des classements internationaux n’est pas mécanique

2.1. Les fusions ont à ce jour des effets contrastés sur la place des établissements d’enseignement supérieur dans les classements
2.1.1. Lorsque la fusion implique plusieurs établissements homogènes du point de vue disciplinaires préalablement classés, elle se traduit par une progression dans les classements
2.1.2. Lorsque la fusion implique plusieurs établissements moins homogènes, dont un seul était préalablement classé, les effets sur les classements internationaux sont plus contrastés

2.2. Un quart des COMUE accueille, en 2016, la moitié des établissements d’enseignement supérieur français classés dans les 500 premiers des cinq classements internationaux analysés

2.3. La prise en compte des COMUE par les opérateurs de classements pourrait se traduire, pour certaines d’entre elles, par une progression immédiate dans les classements

3. Le Commissariat général à l’investissement porte une attention soutenue aux classements internationaux qui intéressent peu les organismes de recherche et sont absents du dialogue contractuel entre le ministère et les établissements

3.1. La perception et l’attention du CGI sur les classements internationaux ont évolué sous l’impulsion du jury international et de ses avis
3.1.1. Classements et politique de site : l’appel à projet Idex - I-site
3.1.2. Les lauréats convergent pour retenir un nombre limité de classements internationaux
3.1.3. L’utilisation qui est faite des classements internationaux est variable selon les dossiers
3.1.4. Les lauréats mobilisent avec plus d’intérêt les classements thématiques et disciplinaires
3.1.5. Les universités de référence choisies par les lauréats occupent un rang significativement plus élevé que le leur dans les classements internationaux
3.1.6. La culture des classements internationaux progresse sensiblement entre 2010 et 2016

3.2. La politique contractuelle menée par le MENESR n’intègre ni les classements internationaux ni les classements nationaux

3.3. Le HCERES invite les établissements d’enseignement supérieur à construire leur autoévaluation sur la base des éléments de parangonnage de leurs choix

3.4. Les organismes de recherche soutiennent les établissements d’enseignement supérieur dans leur recherche de visibilité internationale tout en restant attachés à la mesure et à l’affichage de leurs propres performances

3.5. Le ministère des affaires étrangères et du développement international propose dix mesures pour améliorer le positionnement de la France dans les classements internationaux

3.6. Campus France défend l’idée selon laquelle l’attractivité des établissements d’enseignement supérieur français dépend moins des classements internationaux que des politiques de communication qu’ils devraient améliorer

4. Les stratégies des sites et des établissements évoluent face aux classements

4.1. L’enquête réalisée par la mission auprès des établissements d’enseignement supérieur français fait apparaître que l’influence des classements concerne un périmètre plus large que celui des seuls établissements classés
4.1.1. Les établissements répondants reconnaissent une influence grandissante des classements internationaux sur les décideurs politiques et les gouvernances d’établissements français et étrangers
4.1.2. 62 % des répondants considèrent utile un appui de la DGESIP et de la DGRI dans leur stratégie par rapport aux classements internationaux
4.1.3. Il existe des différences significatives de perception des classements selon les types d’établissements d’enseignement supérieur

4.2. Les établissements visités par la mission confirment cette influence grandissante des classements internationaux et hésitent de moins en moins à s’appuyer sur ces derniers
4.2.1. Les établissements déclarent ne pas définir leur stratégie sur la seule base des classements internationaux…
4.2.2. … mais ils considèrent que ces derniers peuvent toutefois constituer des points d’appui utiles pour conduire une stratégie d’établissement
4.2.3. L’ouverture internationale est une variable discriminante de l’utilisation des classements…
4.2.4. … qui justifie pour certains établissements la mise en place d’une politique d’optimisation de ces derniers
4.2.5. La communication sur les classements est une pratique assumée et largement répandue
4.2.6. Une proposition de taxonomie des comportements des établissements vis-à-vis des classements

4.3. La plupart des établissements d’enseignement supérieur attendent du MENESR qu’il se saisisse de la problématique des classements
4.3.1. Les établissements souhaitent que le MENESR pilote le développement d’une ingénierie dédiée aux classements
4.3.2. Les établissements demandent à disposer des données microéconomiques de caractérisation de l’enseignement supérieur et de la recherche français
4.3.3. Les établissements attendent du MENESR qu’il soutienne une politique d’influence relative aux classements
4.3.4. La question de la prise en compte des classements dans le dialogue de gestion des établissements avec le MENESR est posée

5. Recommandations sur la prise en compte des classements internationaux dans les politiques des établissements et les politiques de site

5.1. L’État doit rendre explicite sa position vis-à-vis des classements et proposer aux établissements les outils statistiques appropriés

5.2. Le MENESR doit se structurer pour être en mesure d’analyser les classements disponibles, de produire ou collecter des données au service du dialogue stratégique avec les établissements et les sites

5.3. Le MENESR et les conférences doivent expliciter leur position vis-à-vis de la cartographie multidimensionnelle européenne U-Multirank et promouvoir le projet d’une cartographie multidimensionnelle française 103

5.4. Les établissements d’enseignement supérieur français doivent intégrer davantage les instruments de comparaison nationale et internationale dans leur pilotage stratégique

5.5. Le MENESR doit promouvoir des travaux de recherche portant sur l’enseignement supérieur français à partir des données devenues publiques

5.6. La visibilité internationale des COMUE doit être soutenue

Annexes
Annexe 1 : Fiches descriptives des cinq classements internationaux retenus par la mission
Annexe 2 : La présence des établissements d’enseignement supérieur français dans les cinq classements étudiés
Annexe 3 : L’impact des classements nationaux aux États-Unis : le cas de Northeastern
Annexe 4 : Exploitation de l’enquête relative aux classements internationaux
Annexe 5 : Analyse de la référence aux classements internationaux dans les dossiers de candidature des établissements lauréats des appels à candidature Idex et I-site
Annexe 6 : Liste des personnes rencontrées par la mission