Le Courrier des pays de l'Est
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Nouveaux Etats membres de l’Union européenne : une intégration réussie ?
Avant-propos n° 1063 - septembre-octobre 2007
Quatre années à peine se sont écoulées depuis l’entrée, le 1er mai 2004, de huit pays de l’Europe centrale et balte (Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Pologne, République tchèque, Slovaquie et Slovénie) au terme d’un parcours de négociations qui avait représenté pour eux, comme pour Bruxelles, un défi sans précédent. Insuffisant pour dresser un bilan exhaustif, ce recul permet néanmoins d’émettre un jugement positif, d’un point de vue économique du moins, sur ce cinquième élargissement, parachevé le 1er janvier 2007, par l’adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie, deux pays dont la fragilité institutionnelle et les retards dans le domaine des réformes posent question. La vitalité économique des nouveaux Etats membres (NEM) à laquelle contribuent de façon décisive, au prix parfois de douloureuses délocalisations, nombre d’entreprises des pays de l’UE-15, emporte l’unanimité, et avec elle, la conviction, pour une large majorité des opinions publiques est-européennees, que l’appartenance à l’UE est une bonne chose. Incontestablement, cet élargissement a relancé la dynamique européenne et permis aux politiques communautaires de faire à nouveau la preuve de leur efficacité.
Ainsi, bien qu’accordé de façon progressive, le bénéfice des aides directes dispensées dans le cadre de la Politique agricole commune à des pays, pour certains encore largement ruraux, a représenté pour l’ensemble des exploitations éligibles un formidable aiguillon, accélérant une modernisation désormais inéluctable, dont les plus petites unités ont néanmoins toutes les chances de faire les frais. De la même manière, les bouleversements intervenus dans le domaine de l’emploi, avec le cas emblématique de la Pologne, traduisent l’impact spectaculaire de l’ouverture (encore partielle) du marché européen, dans laquelle se sont engouffrés, notamment, près de deux millions de Polonais (soit 12 % de la population active). Contribuant à diviser par deux en trois ans le chiffre du chômage, cette émigration bienvenue, conséquence directe d’une intégration à l’UE louée par une majorité écrasante de la population, comporte cependant certains risques (pénurie de main-d’œuvre locale, financement insuffisant de la protection sociale) qui, à leur tour, amènent les autorités polonaises à imaginer des stratégies d’adaptation inédites.
Participant désormais à l’aventure de la construction européenne, en principe dans une relation d’égal à égal avec leurs pairs de l’UE-15, mais qui est de fait biaisée par un niveau de développement inférieur de moitié à la moyenne communautaire, les NEM constituent un ensemble qui, sans être homogène, entend bien faire valoir ses arguments face aux arbitrages budgétaires ou aux exigences de la Commission en matière de discipline budgétaire et monétaire conditionnant leur entrée dans la zone euro. Pas plus, mais pas moins que les pays de l’UE-15, ils se montrent disposés à participer au renforcement de l’architecture institutionnelle de l’UE, sous réserve toutefois que celui-ci ne fasse pas d’ombre à leurs prérogatives nationales, ni à leurs convictions et pratiques libérales. C’est par contre au nom de la solidarité européenne que plusieurs NEM plaident, au sein des instances communautaires, pour une attitude constructive mais ferme à l’égard de la Russie, pour une stratégie énergétique commune d’envergure, ou encore, à défaut d’un nouvel élargissement, pour une politique de voisinage (Moldavie et Ukraine) la plus attrayante possible, autant de positions que leur situation géographique et leur appartenance passée à l’orbite soviétique rendent, à leurs yeux, aussi légitimes que nécessaires.
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