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La Russie et les autres pays de la CEI en 2007Avant-propos n° 1065 - janvier-février 2008
L’idée, née en 2003-2004 avec les «révolutions de couleur», selon laquelle nombre d’Etats issus de l’URSS s’étaient enfin débarrassés des pratiques héritées du communisme en portant aux commandes des hommes nouveaux, n’a pas été longue à se déliter. Les vieux réflexes ont vite repris le dessus en Géorgie, en Arménie, en Ukraine : mobilisation des «ressources administratives» pour faire élire le candidat du pouvoir, musellement des médias, répression de l’opposition. L’exemple, si l’on peut dire, est donné par la Russie où l’on a assisté à une transmission de la charge présidentielle, dans le plus grand mépris des électeurs, tandis que les atteintes à la liberté d’expression, de réunion, de manifestation... se faisaient de plus en plus nombreuses et graves. Un tableau de la région encore assombri par les dictatures biélorusse et centre asiatiques qui ont renforcé leur assise en 2007, avec une petite nuance peut-être pour le Kirghizstan où l’option autoritaire est à la fois plus tardive et moins affirmée. Si cette régression est une tendance commune à tous les pays de la CEI, un clivage existe bien dans leur vision du monde extérieur entre les anti- et les pro-occidentaux. De la première catégorie relèvent la Russie et la Biélorussie, mais avec des crédos différents. Moscou, tout en se posant en victime de la politique de «double standard» des organisations multilatérales - tenues pour être bien plus exigeantes à son égard que vis-à-vis d’autres pays - cherche à retrouver son statut de grande puissance sur la scène internationale, notamment en utilisant l’arme énergétique. Quant au régime en place en Biélorussie, il développe une rhétorique agressive à l’encontre de l’Europe et des Etats-Unis en guise de réponse à leurs critiques. En revanche, les autres Etats, ou bien cherchent à sauvegarder un équilibre précaire entre ces derniers et la Russie, ou bien, quitte à aggraver leur contentieux avec Moscou, choisissent sans réserve le camp occidental, allant jusqu’à faire acte de candidature à l’Otan, comme la Géorgie et l’Ukraine. Quoi qu’il en soit, la Russie entend désormais employer le langage de vérité avec ses partenaires de la CEI, et a décidé d’en finir avec une pratique voulant qu’elle subventionne implicitement leurs économies en leur vendant son pétrole et son gaz moins cher qu’à ses clients européens. Pour avoir sans conteste été rude, le choc ne semble cependant pas avoir eu de répercussions graves sur la croissance, toujours très vigoureuse dans l’ensemble de la zone : 7,8 %, en moyenne en 2007, après 7,5 % en 2006, selon la Berd. Ces économies n’ont pas eu non plus à souffrir de la grave crise financière venue des Etats-Unis, la Russie apparaissant même aux investisseurs étrangers, comme un havre de paix. Ceci étant, le dynamisme de l’activité continue d’être porté essentiellement par les secteurs de l’énergie, des matières premières et des produits semi-transformés et aucune de ces économies n’a encore amorcé un virage vers la modernité. Plus grave encore, les indicateurs sociaux font tache, comparés aux scores parfois impressionnants des fondamentaux. Si une classe moyenne émerge laborieusement en Russie, pour représenter désormais 20 % de la population, toute une autre frange continue à s’enfoncer dans la pauvreté. Et pour nombre d’Ukrainiens, de Moldaves, de Tadjiks, d’Ouzbeks... l’émigration de travail constitue souvent l’unique moyen d’assurer une vie un tant soit peu décente à leur famille. Dès lors, que ces populations se détournent du débat public et de l’intérêt collectif se conçoit aisément.
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Se procurer la revue :En librairies Les archives de la lettreLa lettre du courrier des pays de l’Est a cessé de paraître en août 2008. |
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