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N° 348 - École primaire : réforme et débatsFévrier 2009
Éditorial
L’école primaire va mal. L’ensemble des spécialistes du monde éducatif s’accordent sur ce diagnostic : l’école connaît un taux d’échec scolaire trop important. Chaque année, 15 % des élèves sortent de ses rangs pour entrer en 6e avec des difficultés sévères, compromettant leur réussite scolaire et, ensuite, professionnelle. Le plus inquiétant est qu’ils seraient déjà 10 % à souffrir de telles insuffisances dès le cours préparatoire. Les classements internationaux ne fournissent pas d’éclairages plus favorables : ainsi selon l’enquête PIRLS de 2006, la France se situe au-dessus de la moyenne internationale, mais derrière la plupart des pays occidentaux comparables (États-Unis, Angleterre, Italie, Allemagne, Suède …). La réforme de l’école primaire, mise en œuvre depuis la rentrée 2008, vise à remédier à cette situation. Il s’agit de diviser par trois en cinq ans le nombre d’élèves en difficulté à l’entrée en 6e et de diviser par deux le nombre d’élèves ayant pris une année de retard dans leur scolarité. Pour cela, les programmes ont été revus – avec comme objectif de les recentrer sur les enseignements fondamentaux (français et mathématiques principalement) –, deux heures de soutien hebdomadaires ont été instaurées et de nouvelles évaluations en CE1 et CM2 ont été mises en place afin de fournir de meilleurs outils aux responsables éducatifs pour améliorer les résultats des élèves. Parallèlement, les cours du samedi matin ont été supprimés et le nombre d’heures de classe hebdomadaire réduit de 26 à 24 heures, réparti sur quatre jours. C’est sur cette dernière mesure que se concentrent la majorité des critiques de la réforme. En effet, cette nouvelle organisation hebdomadaire des cours ne serait pas respectueuse du rythme biologique des enfants : les journées d’école seraient trop longues et les heures de soutien, placées entre midi et deux ou le soir après les cours, ne pourraient pas être bénéfiques aux élèves en difficulté et donc permettre de réduire l’échec scolaire. Les autres dispositions sont aussi critiquées : pour certains observateurs, les programmes ne sont finalement pas recentrés sur les matières fondamentales, car ils proposent de nouveaux enseignements (ex : histoire de l’art), et les évaluations sont trop compliquées ou arrivent trop tôt dans l’année. En dépit des débats et des critiques, il reste que l’école primaire doit trouver des solutions à l’échec scolaire. Un premier bilan d’application de la réforme en fin d’année scolaire permettra peut-être de faire le tri entre le bon grain et l’ivraie. Isabelle FLAHAULT
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