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N° 350 - La presse après les États générauxAvril 2009
Éditorial
Depuis trente ans, la presse écrite française est en crise. Les grands quotidiens populaires à fort tirage comme France-Soir et son million d’exemplaires ont vu leurs ventes s’effondrer et Le Monde a accumulé 100 millions d’euros de perte en six ans en dépit de sa position de quotidien de référence. La crise ne concerne cependant pas tous les secteurs de la presse écrite. Si la presse quotidienne est la plus touchée – et en son sein, la presse quotidienne nationale plus que régionale –, la presse magazine se porte très bien. Elle détient le record mondial de titres (3 500) et le groupe Lagardère Active est le numéro un mondial du secteur. Les gratuits – Metro, 20 minutes, Direct soir…– comme le développement d’internet et de l’information en ligne ont bousculé les modèles économique et rédactionnel de la presse écrite. Cependant, ils ne suffisent pas à expliquer l’ampleur des difficultés qui ont conduit le chef de l’État à organiser des États généraux de la presse écrite d’octobre 2008 à janvier 2009. La « crise de la demande », caractérisée par la baisse inexorable des ventes et le vieillissement du lectorat, et la diminution des investissements publicitaires à destination de la presse écrite y contribuent aussi largement…. comme dans tous pays occidentaux. Alors pourquoi la presse écrite française est-elle plus en difficulté que ses voisines européennes ? Une « crise de l’offre » expliquerait l’acuité de la situation : par exemple, ses quotidiens nationaux sont plus chers et proposent une pagination réduite presque de moitié par rapport à celle de ses concurrents européens. En bref, la presse française serait restée sur le bord du chemin pendant que ses homologues européennes évoluaient et cherchaient de nouveaux modèles. C’est aussi une presse aidée par l’État. Si, à la sortie de la Seconde Guerre mondiale, la plupart des pays européens ont eu recours au financement public pour relancer leur presse nationale, ces aides ont ensuite été suspendues. En France, elles atteignaient 1,4 milliard d’euros en 2005 (aides directes et indirectes), ce qui, pour certains observateurs, ne favorisent pas l’innovation. Pour remédier à cette situation, les États généraux ont proposé des pistes d’évolution dans tous les domaines : métiers du journalisme, processus industriel, presse et internet, presse et société. Le président de la République en a retenu certaines qu’il a présentées le 23 janvier dernier parmi ses mesures de soutien à la presse. L’effort consenti par l’État représentera 200 millions d’euros par an pendant trois ans. Mais suffira-t-il à rétablir ce que certains appellent « l’homme malade de l’Europe » (B. Pecquerie) ? Isabelle FLAHAULT |
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