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Accueil > Revues et Collections > Regards sur l'actualité > Les Lycées : état des lieux N° 353

N° 353 - Les Lycées : état des lieux

août-septembre 2009

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Éditorial

couverture : n° 353 Les lycées : état des lieux

Réformer le lycée d’enseignement général et technologique constitue une nécessité selon de nombreux rapports officiels, tels, récemment, le rapport de Benoist Apparu ou encore les préconisations de Richard Descoings. Deux projets de réforme visent une refondation du lycée et de la formation des enseignants du Secondaire pour la rentrée 2010. Le projet de réforme du lycée présenté en mai 2008 par Xavier Darcos ayant été reporté face à l’ampleur des manifestations qu’il avait suscitées.
L’ambition de ce dossier, dans ce contexte sensible, est d’abord de proposer un état des lieux du lycée qui, au delà de son apparente uniformisation, est marqué par une pluralité certaine. La diversité de ses structures, contextes et des expériences lycéennes étant bien souvent synonyme d’inégalités.

Si, en juillet 2009, 86 % des 622 322 candidats ont décroché le baccalauréat (selon les derniers chiffres parus), ils représentent seulement 66,4 % des jeunes d’une classe d’âge, loin de l’objectif de 80% fixé par Jean-Pierre Chevènement. De plus, si cette part des bacheliers a triplé en trente ans, celle des bacheliers généraux a seulement doublé (elle était de 34,6 % en 2008). Or, étudier en filière générale, technologique ou professionnelle n’induit pas la même formation, ni les mêmes perspectives d’avenir. La première est socialement plus valorisée que la filière technologique, qui l’est elle-même davantage que la filière professionnelle. Enfin, au sein de la filière générale, la série scientifique constitue la voie « royale », un tremplin vers les grandes écoles.
Les inégalités sociales se retrouvent dans cette hiérarchisation ; ainsi, les enfants de cadres obtiennent plus souvent un baccalauréat général ou technologique que les enfants d’ouvriers. Ces inégalités sociales de réussite se traduisent avant et après le lycée via, notamment, le niveau scolaire et les choix d’orientation.

La hiérarchisation entre filières est un héritage de la domination des prestigieux lycées du XIXe siècle. Les professeurs et, l’institution scolaire même, doivent ainsi faire face à un décalage croissant entre un héritage élitiste du lycée et la diversification de son public et de ses missions.
La crise économique rend la scolarité d’autant plus déterminante et chargée émotionnellement pour les familles et les élèves qu’elle brouille les choix d’orientation. Or, en France, ces derniers, relativement précoces, s’avèrent, souvent décisifs pour l’ensemble de la scolarité.

Au niveau international, contrairement aux idées reçues, le système d’enseignement français n’est pas le plus équitable. En 2007, la part de la population ayant validé un niveau de scolarité secondaire supérieur y était très légèrement en dessous de la moyenne européenne avec 68,7 % (contre 90,5 %. en République tchèque).

Réalité complexe, le lycée est au carrefour des mondes scolaire, universitaire, professionnelle, mais aussi de dimensions sociale et historique.

Céline PERSINI

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