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La visite du ministre des Affaires étrangères turc, Ahmet Davutoglu, dans la région autonome du Kurdistan irakien, le 30 octobre 2009, a été considérée de part et d’autre comme un événement historique. Elle prouve la volonté d’Ankara d’améliorer, sinon de normaliser, ses relations avec son entourage (« zéro problème avec nos voisins »), comme l’ont illustré la multiplication des rencontres avec l’Arménie depuis 2008 et une très timide décrispation avec la Grèce sur le différend chypriote. « Le moment étant venu pour les Arabes, les Turcs et les Kurdes de rebâtir le Moyen-Orient ensemble », selon Ahmet Davutoglu, sa visite à Erbil (capitale du Kurdistan irakien) a débouché sur l’ouverture de deux consulats et une coopération économique accrue, importante pour le développement des régions orientales de la Turquie comme pour la reconstruction de l’Irak. Cette rencontre participe, sur le plan intérieur, des efforts pour trouver une solution non plus militaire mais politique à la question kurde, qualifiés par le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, d’« ouverture démocratique ». Présentée le 13 novembre au Parlement où siègent depuis deux ans, vingt-et-un députés du DTP (Parti pour une société démocratique, principal représentant des 15 millions de Kurdes de Turquie), elle n’a que très partiellement répondu aux espoirs de cette communauté, alors que nombre d’observateurs ont vu dans « la diversité culturelle » du pays, affirmée par R. Erdogan, les débuts d’une nouvelle approche face à un conflit intérieur qui aura fait, en 25 ans, 40 000 victimes.
Mis en ligne le 23 novembre 2009
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