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On le sait depuis longtemps, tous les coups sont permis lors des campagnes électorales en Ukraine. Celle pour l’élection présidentielle du 17 janvier 2010 ne fait pas exception. Ainsi, les trois principaux candidats, les actuels président de la République et Premier ministre, Viktor Iouchtchenko et Ioulia Timochenko, ainsi que le leader du Parti des régions, Viktor Ianoukovitch, se sont emparés de la pandémie mondiale de grippe pour s’accuser mutuellement soit de ne rien faire, soit d’en faire trop au point de créer la panique dans la population. A peine le premier décès dû à la grippe A était-il révélé, le 30 octobre, que Iou. Timochenko annonçait des mesures drastiques, sans équivalent en Europe, comme la mise en quarantaine des dix régions occidentales les plus touchées, la fermeture des écoles dans tout le pays pour trois semaines (ramenées ensuite à une semaine), exhortait ses concitoyens à se munir de masques protecteurs, « quitte à les fabriquer eux-mêmes », réceptionnait au beau milieu d’une nuit 16 tonnes de Tamiflu, expédiées en toute urgence de Suisse… Laquelle cargaison aurait été commandée par V. Iouchtchenko, jurait-on dans l’entourage du Président qui, pour sa part, s’en est très violemment pris à son Premier ministre, l’accusant de « négligence criminelle ». Il lui reprochait notamment d’avoir organisé, alors qu’elle était informée des risques de contagion, des réunions électorales à l’intention de ses partisans dont bon nombre venaient des régions occidentales. Il adressait la même diatribe à V. Ianoukovitch qui, de son côté, a réclamé l’ouverture d’une enquête sur la gestion de l’épidémie. Ceci étant, même si l’Ukraine n’est pas, selon l’OMS, plus durement touchée, ces empoignades contre-productives au sommet de l’Etat inquiètent ses voisins : la Slovaquie a fermé presque tous ses postes frontières et des pressions sont exercées par l’opposition sur le gouvernement hongrois pour qu’il fasse de même.
Mis en ligne le 20 novembre 2009
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