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Vie économique

Vous pensiez tout savoir de l'économie ? Freakonomics ou l'économie insolite

Problèmes économiques
N°3000 - 21 juillet 2010

Auteur(s) :

Editeur :

Année d'édition : 2010
Réf. : 3303332030002
48 pages, 21 x 27 cm

4,70

 

Problèmes économiques
No 3000 (numéro anniversaire)
21 juillet 2010

Vous pensiez tout savoir de l'économie ?
Freakonomics ou l'économie insolite

Quand l'économie renouvelle ses méthodes

" Au départ, mes travaux n'ont pas été très bien reçus par les sociologues "
Problèmes économiques
Entretien avec Gary Becker
Lauréat, en 1992, du prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel, Gary Becker, 79 ans, a accepté d'accorder une interview à la rédaction de Problèmes économiques. S'il a été l'un des premiers économistes à s'intéresser à des questions sociétales comme la famille ou la criminalité, il rappelle, dans cet entretien, combien il a été, au début, difficile de faire accepter ses travaux auprès de la plupart de ses collègues sociologues. Interrogé sur la freakonomics, Gary Becker vante le sérieux et la qualité des études menées par son collègue du département d'économie de l'université de Chicago, Steven Levitt. Selon Gary Becker, celles-ci contribuent au renouvellement des approches et des outils des sciences économiques qui peuvent être appliqués à de nombreux domaines. C'est une des raisons pour lesquelles il prédit un avenir radieux à la science économique.

Comment éduquer vos enfants pour qu'ils prennent soin de vos vieux jours
Journal of Political Economy
Gary Becker
Avant la publication, en 1981, de Traité sur la famille, un des ouvrages phares de Gary Becker, les questions portant sur les relations entre les membres de la famille, comme le divorce, le mariage, la place de l'homme et de la femme dans le couple, la parentalité, les enfants, etc. avaient été largement négligées par les économistes. Selon Gary Becker, le modèle malthusien a échoué parce qu'il ne prend pas en compte l'appréciation de la valeur du temps qui augmente le coût de la prise en charge des enfants et dissuade donc de procréer. Les parents sont en outre, selon sa thèse, encouragés à investir dans l'éducation de leurs enfants pour augmenter les chances de bénéficier, plus tard, d'un " retour sur investissement ", c'est-à-dire d'une aide lorsqu'ils seront âgés. Mais n'étant jamais certains d'obtenir un tel retour, les parents inculquent en sus à leurs enfants les sentiments de culpabilité, de l'amour filial et de l'obligation envers leurs aïeuls.

Etes-vous vraiment libre de vos décisions au quotidien ?
La vie des Idées
Emilie Frenkiel
Selon la science économique " classique ", l'individu n'aurait qu'un seul mode de pensée, réfléchi et rationnel qui le conduirait à maximiser son bien-être et, plus largement grâce à l'intervention de la " main invisible ", celui de la société. Mais l'économie comportementale a montré que l'individu pouvait au contraire se montrer intuitif et automatique. Une nouvelle doctrine du paternalisme libertarien a, avec le concept anglo-saxon de nudge (" coup de coude " en français), trouvé un moyen permettant d'inciter les individus à prendre les " bonnes " décisions sans les priver de leur liberté d'action. L'impact des nudges aux Etats-Unis a été tel que le président, Barack Obama, en est devenu un fervent adepte. Ces " coups de coude ", émanant d'institutions ou d'entreprises, imperceptibles pour les individus, représentent en effet une troisième voie permettant d'expliquer les décisions individuelles et en mesure de mettre d'accord sur ce point keynésiens et libertariens.




Quand la biologie vient au secours de l'économie
Le Monde Economie
Antoine Reverchon
Déjà au XIXe siècle, les théoriciens britanniques de la décision rationnelle, comme Jevons et Edgeworth, s'inspiraient de l'Ecole psychophysiologique allemande pour laquelle la pensée était le résultat d'une fonction physiologique. Aujourd'hui, la neuroéconomie, produit du rapprochement entre la science du cerveau et la science économique, tente d'élaborer des modèles prédictifs de la prise de décision. Désireux d'être considérés comme de véritables scientifiques, bon nombre d'économistes ont multiplié les expériences neurologiques et ont, de ce fait, popularisé une nouvelle discipline au sein de la science économique : la neuroéconomie. Certains chercheurs nous mettent toutefois en garde contre le danger qu'il y aurait à confondre l'homme social et l'homme biologique.

Dealers, avortement, altruisme…la freakonomics à la conquête de nouveaux objets d'étude

L'homo-œconomicus est mort. Vive l'homo-altruisticus !
Super freakonomics (Éditions Denoël)
Steven Levitt et Stephen Dubner
Dans les années 1970, un meurtre a été commis dans la banlieue de Chicago. Ce crime s'est déroulé une demi-heure durant devant plusieurs témoins. Mais aucun d'entre eux n'est intervenu ni n'a cherché à alerter la police. Pourquoi ? Cette question ne relève a priori pas de la science économique. La réponse la plus évidente est que, face au danger, des individus rationnels ont tout intérêt à rester passifs ou à s'enfuir. Pourtant, l'homme est capable, dans bon nombre de situations, de faire preuve d'altruisme. C'est ce qu'a montré une expérience menée, il y a quelques années, aux Etats-Unis, par des professeurs d'université, laquelle consiste à mettre en scène dans le cadre d'un jeu deux personnes devant se partager vingt dollars.

Comment faire baisser la criminalité ? Légalisez l'avortement !
Quarterly Journal of Economics
Steven Levitt et John Donohue
Aux Etats-Unis, la criminalité a, depuis la légalisation de l'avortement en 1973 - lorsque la Cour suprême a rendu son arrêt dit " Roe versus Wade " -, nettement régressé. Dans les cinq Etats qui l'ont autorisée trois ans avant, en 1970, la diminution du nombre de crimes a commencé plus tôt que partout ailleurs. Les Etats affichant des taux d'avortement élevés dans les années 1970 et 1980 ont connu une importante baisse de la criminalité au cours des années 1990. Il existerait ainsi une causalité entre la légalisation de l'avortement et la diminution du nombre de crimes. La première aurait en effet contribué à expliquer 50 % de la seconde. Au-delà des faits, les auteurs mettent en évidence le rôle de l'instruction de la mère ainsi que son âge et ses origines ethniques dans la relation entre les deux variables. Chez les femmes noires concernées par les réformes de la législation sur l'avortement, de moins de 20 ans, mariées ou célibataires, on constate en effet une forte diminution de la fécondité.

Pourquoi les dealers vivent-ils encore chez leur maman ?
Freakonomics (Éditions Denoël)
Steven Levitt et Stephen Dubner
Les dealers pratiquent un commerce illicite censé les enrichir. Alors pourquoi vivent-ils toujours chez leur mère ? Travail sociologique à l'appui - en particulier celui que Sudhir Venkatesh, professeur de sociologie à l'université Columbia (New York), a effectué pendant six ans au sein d'un gang d'un ghetto de Chicago, lorsqu'il était doctorant en sociologie -, Steven Levitt répond à la question. Certes, les revenus de la vente de drogue sont considérables (jusqu'à 68 400 dollars par an au moment de l'étude), mais ce commerce requiert une main-d'œuvre nombreuse, jusqu'à deux cents individus environ qui sont considérés comme de véritables salariés. Or, les dealers n'interviennent qu'en bout de chaîne, c'est-à-dire après les décisions du chef de bureau, des directeurs, des chefs locaux et des lieutenants. Un dealer empoche alors 3,30 euros de l'heure nets en moyenne, soit moins que le salaire minimum fédéral…


La freakonomics ne va-t-elle pas trop loin ?

Avortement et criminalité : les erreurs des " freakonomistes "
The Wall Street Journal
Jon E. Hilsenrath
La thèse, développée par Steven Levitt et John Donohue, selon laquelle la baisse de la criminalité aux Etats-Unis dans les années 1990 s'explique par la légalisation de l'avortement vingt-cinq ans plus tôt a fait l'objet d'un vif débat lors de sa publication dans le Quarterly Journal of Economics, en 2001. Tant du côté des milieux conservateurs - qui considèrent l'avortement comme un crime - que chez les démocrates qui y voient une stigmatisation des mères afro-américaines. Certains économistes ont en outre critiqué le choix des statistiques utilisées pour l'étude.

Freakonomics, des réponses parfois trop simples à des questions complexes
Sociétal
Baptiste Marsollat
Peut-on s'appeler Loser et réussir dans la vie ? Pourquoi souscrire une assurance décès quand on s'apprête à commettre un attentat suicide ? Vaut-il mieux conduire ou marcher en état d'ivresse ? Si ces questions traitées dans Freakonomics et Super freakonomics sont insolites, les réponses ne le sont pas moins ! Ainsi, au regard du nombre de décès par kilomètre parcouru, un piéton ivre a huit fois plus de chances de mourir d'un accident de la circulation qu'un automobiliste saoul. On peut toutefois contester l'unité retenue : le décès à l'heure ne modifierait-il pas la donne ? A propos d'un autre problème, celui du réchauffement climatique, les auteurs de ces deux ouvrages ont également fait l'objet de critiques en ne proposant que des solutions de nature presque exclusivement économique. Certains climatologues les ont en effet jugés dangereusement irresponsables et profondément ignorants du sujet.

Freakonomics ou " trouver les bons chiffres pour expliquer la face cachée de tout "
Problèmes économiques
Entretien avec Philippe Steiner
Sur le blog tenu par Steven Levitt et Stephen Dubner hébergé par le quotidien américain The New York Times, il est indiqué que la freakonomics explore la face cachée de tout. Il est vrai que les ouvrages, Freakonomics et Super freakonomics, co-écrits par les deux bloggeurs traitent de tous les sujets dans un style accessible à tous. Mais, comme le rappelle Philippe Steiner, spécialiste de la sociologie économique, qui a accepté de répondre aux questions de la rédaction de Problèmes économiques, l'analyse de faits sociaux par des économistes reste périlleuse, car leur démarche aboutit à forger une socio-économie capable d'endogénéiser les facteurs sociaux. C'est que l'on appelle, depuis les années 1960, l'" impérialisme économique ", contre lequel les fondateurs de la sociologie économique moderne n'ont eu de cesse de s'élever.







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Urbanissimo

2010-07-01

... la publication de référence, à couverture verte, "Problèmes économiques" fête son 3000e numéro, avec une livraison à couverture rouge, qui se dévore.