Depuis la Toussaint 1954, les départements d’Algérie sont en proie à de graves événements que les gouvernements successifs de la IVe République n’arrivent pas à stopper.

Sont face à face, les nationalistes algériens qui se battent pour l’indépendance de leur pays et les Européens d’Algérie qui ne peuvent pas envisager qu’un jour, les départements d’Algérie ne soient plus français. Pour eux aussi, l’Algérie est la terre de leurs ancêtres, arrivés un siècle plus tôt : Français, Espagnols, Italiens, ressortissants de l’ensemble du bassin méditerranéen ont fait de cette terre, la leur. En 1954, la phrase tant reprochée à François Mitterrand, ministre de l’Intérieur, et à son président du Conseil Pierre Mendès France est partagée par la grande majorité de l’opinion française : "L’Algérie, c’est la France".

Alger vu du port

Alger vu du port.

Photo OFIC (détail). © Archives La Documentation française

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Les événements de 1954 vont aboutir à une guerre qui ne dira jamais son nom : on parle alors "d’événements". Dans un premier temps, les réservistes de l’armée sont rappelés et partent épauler les troupes françaises présentes, dont une grande partie vient de quitter, vaincue, l’Indochine. Puis à partir de 1955, la situation nécessite l’envoi des appelés du contingent. En 1957, près de 500 000 soldats français sont chargés de "maintenir l’ordre" car la population musulmane, attentiste au départ mais traitée en "citoyens de seconde zone", est de plus en plus sensible aux idées indépendantistes. Les pouvoirs spéciaux donnés aux militaires afin de combattre la guérilla en ville et en campagne se traduiront par certains résultats sur le terrain, mais au prix de lourdes dérives.

Politiquement, le combat que mènent les plus ultras défenseurs de l’Algérie française est un leurre : perte de l’Indochine, mouvement général de décolonisation aidé par les Etats-Unis et l’URSS, crise de Suez, début de la construction européenne, problème budgétaire… D’autres priorités sont apparues pour la métropole.

Le Gouvernement général à Alger et le monument aux morts

Le Gouvernement général à Alger et le monument aux morts.

Photo OFIC (détail). © Archives La Documentation française

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Les Européens d’Algérie le savent et soupçonnent Paris de vouloir les abandonner, d’autant plus que les gouvernements se succèdent et s’affaiblissent mutuellement. À l’occasion d’une énième crise gouvernementale, le 13 mai 1958, la foule algéroise manifeste et se révolte pour réclamer un gouvernement fort. Elle acclame les soldats et leurs officiers, qui lui paraissent comme les seuls remparts contre l’abandon.

Un seul homme semble en mesure de pouvoir relever le défi : le général de Gaulle. Dès le 15 mai son nom est acclamé par la foule algéroise et le Général se déclare prêt à "assumer les pouvoirs de la République". Le 29 mai, le Président de la République, René Coty, lui confie la tâche de former un gouvernement. Le 1er juin, l’Assemblée nationale investit le général de Gaulle à la présidence du Conseil. Parmi les opposants à son retour figurent des personnalités comme Pierre Mendès France et François Mitterrand, qui dénoncent la pression que représente le coup de force d’Alger et le silence du Général qui ne condamne pas le mouvement déclenché le 13 mai.

Mis à jour le 24/06/2008

 

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