Dès 1976 et le coup d'Etat militaire, la junte au pouvoir introduit une poiltique "néolibérale" en Argentine. La corruption se généralise, les structures économiques et sociales sont démantelées.
Cette politique se poursuit sous les deux mandats de Carlos Menem, de 1989 à 1999. Lorsqu'il est élu président en mai 1989, l'Argentine est au bord de la faillite, avec une inflation de 200% par mois. Il impose un programme d'austérité qui va permettra à l'Argentine de redevenir, huit ans plus tard, le pays le plus riche d'Amérique du Sud avec un produit intérieur brut de 270 milliards de dollars. L'essentiel de ces mesures drastiques ont porté sur la libéralisation du commerce, la privatisation des principales entreprises d'Etat et le licenciement massif de plus de 100 000 fonctionnaires.

A partir de 1991, l'économie argentine est en croissance continue jusqu'à la crise du peso mexicain fin 1994, qui ébranle la structure financière du pays et provoque une fuite des capitaux.

Après la réélection de Carlos Menem en mai 1995 on assiste à un semblant d'embellie économique, bien vite démenti par un taux de 45% de chômage et de situations précaires enregistrés en 1996. Les réformes prônées par le FMI visant à réduire les dépenses publiques et à augmenter les recettes fiscales entraînent un mécontement populaire, des vagues de licenciements et une précarité grandissante. La classe moyenne, moteur social de l'économie argentine, est frappée de plein fouet.
Parallèlement le pays est secoué par une vague d'affaires de corruption impliquant les plus hautes autorités de l'Etat, dont le président Menem et ses proches. Enrichissements illicites, évasion fiscale, blanchiment de narcodollars, trafic d'armes, anomalies judiciaires sont au centre de tous ces scandales. Au moment où la crise sociale touche le plus grand nombre, le régime ménémiste affiche un excès de luxe. Les manifestations anti-gouvernementales se multiplient. La crise du real brésilien en janvier 1999 va achever de fragiliser l'Argentine, premier partenaire commercial du Brésil.

Une crise monétaire

Une crise exceptionnelle

"La crise ouverte que connaît l'Argentine depuis décembre 2001 est une des plus graves qu'ait connue ce pays, à l'histoire pourtant très riche en la matière.
Elle est aussi exceptionnelle lorsqu'on la compare à d'autres épisodes de même type, à l'échelle internationale.
Sa violence, le contexte social et politique dans lequel elle se développe, le coût à long terme qu'elle risque d'imposer au pays ne peuvent que frapper les observateurs.
Alors que l'insolvabilité de l'Etat et une crise bancaire sont des événements graves, mais qui s'observent assez régulièrement, la crise argentine ajoute à ces deux éléments une dimension monétaire exceptionnelle, qui explique sa violence. Celle-ci renvoie au régime de currency board adopté en avril 1991 à l'issue de l'hyperinflation de 1989 et 1990 : après deux tentatives de stabilisation fondées sur le seul peso, l'objectif était de créer une règle bimonétaire à la fois publique, institutionnalisée et aisément vérifiable. Ainsi, espérait-on, les agents accepteraient de détenir encore quelques pesos (plutôt que des dollars), malgré les pertes inflationnistes énormes subies pendant des années.
[...]

De la crise financière à la rupture monétaire

Le premier signe de rupture, en août 2001, a été la création de monnaies parallèles - notamment des "patagons"- par la ville de Buenos Aires et les provinces. Incapables de boucler leurs comptes et exclues des marchés de capitaux, elles se sont dotées en fait de planches à billets. L'Etat était donc mis en question, à la fois parce qu'on violait la règle d'émission qu'il s'était imposée depuis dix ans et parce qu'il acceptait de voir contester son monopole régalien sur l'instrument monétaire.
Puis, à partir de novembre, la pression s'est portée sur le système bancaire : anticipant une rupture prochaine du change et des problèmes aigus de solvabilité bancaire, les déposants ont commencé à retirer en masse leurs dépôts. En l'absence de prêteur en dernier ressort, la seule solution pour éviter un effondrement complet a été le contingentement des retraits en pesos (début décembre), puis en dollars (début janvier). Dans le même temps, les possibilités de conversion en dollars des actifs libellés en pesos, tout comme l'exportation de capitaux, ont été interdits. Alors que les premières mesures protégeaient la liquidité des banques commerciales, les secondes revenaient à imposer un contrôle de change sévère, afin de protéger la Banque centrale et le peso.
Résultat, les paiements internes et externes ont été largement interrompus, avec toutes les conséquences habituelles : les agents ont été pris dans des chaînes d'arriérés, les délais de règlement inter-bancaire se sont allongés démesurément et un moratoire a du être décidé pour éviter la mise en faillite d'entreprises victimes de la crise de liquidité.
Enfin, les transactions réelles ont été directement affectées ce qui s'est traduit, dès janvier, par un nouveau recul de la production, des ventes de détail et même des exportations. Le seul avantage de ces mesures de contrôle était de rendre possible le décrochage du taux de change : dès lors que les possibilités de fuite vers le dollar étaient étroitement limitées, on pouvait éviter un effondrement immédiat du peso. Le 11 janvier, le pays a donc abandonné l'ancrage adopté en 1991 et s'est doté d'un système double : un change officiel réservé à un nombre limité d'opérations (1,4 pesos par dollar) et un change libre qui a fluctué entre 1,7 et 2,2 pesos. Mais ce taux ne correspondait guère à un équilibre de marché : dès qu'on relâcherait les contrôles internes et externes, tout le monde se précipiterait, d'abord pour retirer ses avoirs des banques, ensuite pour changer ses pesos. Déjà, le seul glissement entériné en janvier impliquait une réévaluation des dettes et des dépôts susceptible de détruire les capitaux propres des banques. La crise s'entretiendrait alors d'elle-même, par une interaction directe entre la destruction du système bancaire et la fuite devant la monnaie nationale.
Quelle stratégie a tenté de mettre en place le gouvernement constitué par le Président Duhalde ? Dans un premier temps, il a cherché à ajuster les bilans bancaires afin de limiter leur exposition au glissement déjà observé du change. Il s'agissait donc de conforter leur solvabilité, afin que l'anticipation de leur défaillance ne relance pas immédiatement la ruée des déposants, dès que les blocages seraient levés. Le résultat a été une première forme de "pesification" : c'est-à-dire la conversion volontaire en pesos des dépôts libellés en dollars (65% du total), dans le but de limiter le risque de change. On a donc proposé aux agents une libération plus rapide des dépôts en pesos et un taux supérieur à celui du marché, afin de les inciter à convertir volontairement leurs avoirs."

Source : Sgard Jérôme, "Le peso argentin peut-il résister à la concurrence du dollar ? ", La Lettre du CEPII, n° 209, février 2002

Des origines anciennes : le plan de convertibilité de 1991

"Le plan de convertibilité, mis en place en 1991, ressemble beaucoup au système dit du currency board imposé au siècle passé dans certains pays par l'Angleterre, puissance coloniale de l'époque.Ce système existe dans quelques petits pays de l'Est et à Hong Kong.
A la différence cependant de Hong Kong, deux monnaies coexistent en Argentine pour l'ensemble des transactions : le peso et le dollar.
Ce système impose une contrainte forte à l'émission monétaire : celle-ci doit être strictement limitée à l'entrée de devises. La base monétaire (billets et dépôts des banques auprès de la banque centrale) doit avoir pour contrepartie des dollars. Autrement dit, chaque peso créé doit avoir sa contrepartie en dollar, et donc si l'entrée de dollars fléchit, l'émission de crédit d'origine publique (déficit budgétaire) ou privée (crédit aux entreprises et aux particuliers) devrait suivre.

La Banque centrale cesse donc d'être le prêteur en dernier ressort et refuse de refinancer (réescompter) des crédits faits par les banques lorsque des entrées de dollar ne sont pas suffisantes. On peut donc considérer que si les banques peuvent créer de la monnaie, comme toute banque en accordant des crédits, leur refinancement auprès de la banque centrale dépend de l'entrée de dollars, ce qui peut freiner leur volonté d'accorder des crédits à l'économie lorsque les entrées de devises sont insuffisantes, sauf à accepter de prendre des risques importants.
Les banques ont donc structurellement un problème de capitalisation. Elles ne peuvent faire face aux demandes de liquidité s'il y a insuffisamment de dollars nouveaux et si les épargnants demandent la conversion de leurs dépôts en cash. Les dollars virtuels (d'un montant approximatif de 15 milliards en février 2002) qu'elles créent à partir des dollars déposés (multiplicateur de crédit) ne peuvent être financés, et donc existés, si un besoin de liquidités se fait jour. C'est ce qui explique fondamentalement que les banques ne peuvent convertir leurs dépôts de dollars en dollars effectifs.
D'une manière générale, cette contrainte va peser lourdement sur les possibilités d'emprunt et poussera le gouvernement à chercher "un déficit zéro" de son budget, précipitant la récession, la faisant durer et la transformant en crise ouverte. Ce problème était déjà apparu, avec une gravité moindre, en 1995 lors de l'effet tequila : plusieurs banques avaient dû être recapitalisées avec l'aide du FMI, et de nombreuses banques ont disparu. C'est d'abord la conversion de plus en plus massive des dépôts en pesos en dépôts en dollars, signe avant coureur de la défiance vis-à-vis de la politique du gouvernement à surmonter les difficultés et à rétablir la croissance, puis la demande de conversion de ces dépôts en argent liquide qui ont conduit le dernier gouvernement de de la Rua à imposer le corralito et, ce faisant, à détruire la confiance vis-à-vis du système bancaire".
Le ministre de l'économie limogé le 26 juillet 1996, est remplacé par le président de la Banque centrale argentine, Roque Fernandez, défenseur de l'économie libérale, qui présente devant le Congrès un important programme de privatisations, dont celui du complexe hydro-électrique de Yacyreta.
Le 3 décembre 2001, après d'importantes fuites de capitaux, le gouvernement argentin instaure une mesure dite el "corralito" qui limite les retraits bancaires des particuliers à 250 dollars par semaine. Cette disposition sera levée un an plus tard."

Source : Salama Pierre, Argentine : chronique d'une crise annoncée, Haut Conseil de la coopération internationale (HCCI). Etudes, septembre 2002

Le démantèlement du système social

Les plans d'austérité : des réformes touchant aux acquis sociaux et les conséquences sociales de ces réformes

"L'Argentine a, depuis plusieurs années, mis en place progressivement une série de mesures dont les conséquences sociales se sont avérées dramatiques pour la population.

Les réformes engagées depuis le printemps 2000 et renforcées suite à la crise de novembre sur recommandation du FMI, font craindre un accroissement des inégalités et de la pauvreté. En effet, quand on sait que 13,2 millions d'Argentins (sur 33,6 millions) vivent en dessous du seuil de pauvreté et que 3,1 millions sont des indigents, on ne peut que redouter les effets de ces réformes qui renforcent l'austérité, la rigueur et l'ajustement budgétaire.

La dérégulation du système de santé publique

Manifestation dans la rue

[...] Concernant la dérégulation du système de l'assurance santé, il convient de préciser quel était le fonctionnement du système avant la mise en place de la réforme afin de mieux appréhender la portée de celle-ci (effective depuis janvier 2001).

Le système avant la réforme

Depuis le 29 novembre, date de la signature du décret ordonnant la dérégulation du système de l'assurance santé déficitaire, le partenariat entre l'Etat et les syndicats, initié par le Président Juan Peron cinquante ans plus tôt, est démantelé et avec lui le système de couverture universel qui assurait aux salariés un système de soins de santé publique.
Le système était construit pour les salariés autour d'institutions appelées Obras Sociales (OS). Ces institutions étaient dirigées pour la plupart par des syndicats et fonctionnaient comme des assureurs de santé, autrement dit ils payaient des fournisseurs de soins de santé sur la base de services rendus. L'OS devait garantir au minimum la provision d'un ensemble de services de base défini par le gouvernement et appelé : le "Programa medico obligatorio".
Ce système était financé par des contributions patronales et salariales représentant respectivement 5 et 3% du salaire. Dans le cadre de ce système, 90% de ces contributions étaient versées aux OS et les 10% restants finançaient une agence de supervision et un mécanisme de redistribution appelé "le fonds redistributif solidaire".

– La réforme effective depuis janvier 2001

Cette réforme suppose l'ouverture à la compétition des organisations de gestion du système de santé.
Avec ce nouveau système, les individus peuvent choisir leur fournisseur de soins de santé entre les obras sociales, les organisations sociales publiques et celles privées. Tous les fournisseurs de soins de santé doivent offrir (à tous ceux qui s'adressent à eux) un menu de services de base à un premium par tête faible et sont autorisés à fournir des services additionnels pour des contributions additionnelles.
La concurrence entre prestataires d'assurance santé est contrôlée par une nouvelle agence de supervision : la Superintendencia del Seguro de Salud (SSS).
Le travailleur est autorisé à changer d'assureur (une fois par an). Pour cela il doit en faire la demande auprès du fournisseur de son choix qui notifiera la chose auprès de la SSS qui, à son tour, informera l'agence de collecte des impôts, l'administration de sécurité sociale et l'ancienne OS du travailleur. Le fonds redistributif solidaire est chargé, dans le cadre de ce nouveau système, de subventionner automatiquement la fourniture du paquet de service de base aux travailleurs avec les plus bas salaires.
Ce nouveau système a été très bien accueilli par le FMI dans la mesure où, selon cette institution, la compétition entre fournisseurs de services devrait assurer une utilisation plus efficiente des contributions salariales et patronales.
La privatisation du système de soin peut susciter un certain nombre de questionnements : sur le montant du premium, sur l'ampleur des financements des organisations publiques de santé suite aux différentes coupes budgétaires, sur le montant des contributions additionnelles et sur les conséquences de cette privatisation sur les populations défavorisées. On peut, à juste titre, se demander comment cette réforme affectera les 15 millions d'argentins qui ne possèdent pas de couverture sociale autre que les traitements d'urgence dispensés par les hôpitaux publics.
Pour ce qui est de cette réforme, il semble que le gouvernement argentin ait eu peu de marge de manœuvre. En effet : "De la Rua found himself under pressure to act. Apart from other considerations, the International Monetary Fund has made social security reform a condition of continued relief of Argentina's international debt."

La réforme du marché du travail

[...] La réforme du marché du travail, encouragée par le FMI, a pour objectif la satisfaction des demandeurs de travail plutôt que celle des offreurs. La politique engagée vise à libéraliser le marché du travail, à accroître la flexibilité de la main d'œuvre et à réduire les contraintes qui pèsent sur les entreprises, comme le mentionne un document de la Banque mondiale intitulé "Memorandum of the president of the International Bank for Reconstruction and Development to the executive directors on a country assistance strategy of the World Bank group for the Argentine Republic" de septembre 2000 : "Restrictions on firing discourage firms from hiring additional workers".
L'objectif officiel de ce type de réforme est de promouvoir l'emploi, mais le retrait systématique des contraintes réglementaires imposées aux employeurs afin de réduire les coûts associés au facteur travail risque, plutôt que de favoriser l'emploi de renforcer la précarité de celui-ci.
La libéralisation du marché du travail pourrait se traduire par une hausse des licenciements ou par une baisse des rémunérations qui ne ferait qu'amplifier le désarroi dans lequel se trouve une grande partie de la population argentine. On peut s'interroger sur les chances d'une reprise de la croissance et de la consommation lorsqu'une part croissante de la population se trouve sans emploi et vit dans des conditions misérables. Il semble que les institutions financières internationales recherchent plus, lors de leurs réformes, à résorber les déséquilibres et à satisfaire les investisseurs plutôt qu'à assurer des conditions de vie décentes aux populations.
Comme le souligne un document du FMI datant d'octobre 2000 : "The structural reforms that have been put in place in 2000, especially the labor reform and the reform of the union-run health system, will help modernize labor relations, enhance the scope for employment creation, and improve productivity and competitiveness in the economy." […] "In particular, Directors considered that a firm adherence to the requirements of the fiscal responsibility law, with its attendant reduction in the public debt-to-GDP ratio, would buttress confidence in international markets and ease financing conditions."
[...]

la réforme du système de fonds de pension

En Amérique latine, les pays ont majoritairement opté pour des systèmes par capitalisation afin de réformer leur système de retraite. Ainsi, le Pérou, l'Argentine, la Colombie et le Mexique ont décidé de transférer la gestion de leurs fonds à des organismes privés et non plus à la sécurité sociale.
Mais, mis à part le Chili, aucun des pays n'a complètement abandonné un système de retraite de base par répartition.
Cette réforme a, en Argentine, débuté en juillet 1994 avec la création d'un système de fonds de pension privé. Ce système est venu remplacer le système national de sécurité sociale public - système de retenue à la source ou "pay as you go" par un système mixte à la fois public et privé.
L'ancien système supposait le prélèvement d'un pourcentage du revenu qui était ensuite redistribué aux personnes actuellement à la retraite. Ce système de retraite par répartition a été complété dès 1994 par un système mixte de retraite dans lequel coexistent un système de fonds de pension public géré en répartition et un système de retraite par capitalisation administré par des fonds de pension privés ou publics.
La différence essentielle entre l'ancien et le nouveau système de sécurité sociale était l'ajout d'une augmentation graduelle de l'âge de la retraite (à 65 ans pour les hommes et à 60 ans pour les femmes d'ici à 2001). Quand le système a été établi, les Argentins ont eu jusqu'au mois de juillet 1996 pour transférer leurs fonds entre les systèmes privé et public. Les fonds dans le système public, après cette date, pouvaient encore être transférés vers le privé par contre les fonds des systèmes privés ne pouvaient plus, après cette date, être transférés vers le public. Les individus sont autorisés à transférer leurs fonds d'un système de fonds de pension privé à l'autre deux fois par an. L'année dernière, plus des deux tiers de la force de travail avait opté pour un système de fonds de pension privé."

Source : Samia Kazi Aoul, Etudes, HCCI, "La crise argentine 1998-2001 : rôle des institutions financières internationales dans la gestion de la crise", octobre 2001

L'effondrement de l'Argentine : décembre 2001

L'Argentine n'ayant pas respecté le programme de réformes économiques dit plan "déficit zéro" lancé en juillet 2001, le 5 décembre, le FMI refuse de lui accorder une aide de 1,3 milliard de dollars, après avoir déjà débloqué 20 milliards de dollars durant l'année.
La Banque mondiale et la BID (Banque interaméricaine de développement) suspendent à leur tour le versement de 1,1 milliard de dollars.
Pour honorer sa dette extérieure, l'Argentine doit puiser dans les réserves des fonds de pension. Le vice-ministre de l'économie et secrétaire d'Etat aux finances, Daniel Marx, démissionne le 13 décembre.
Les émeutes, les pillages, l'attaque de la mairie de Cordoba, deuxième ville du pays, conduisent le président Fernando de la Rua à décréter l'état de siège le 19 décembre. Le ministre de l'économie Domingo Cavallo démissionne le 20 décembre. L'Argentine, frappée par quarante-deux mois de récession, se trouve en faillite et le gouvernement doit faire face à une très grave explosion sociale.

Manifestations devant la Casa Rosada (palais présidentiel)

Manifestations devant la Casa Rosada (palais présidentiel).

© Crisis States Programme, Development Research Centre, London School of Economics and Political Science, 2003

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Le président Fernando de la Rua démissionnaire le 21 décembre, est remplacé par Rodriguez Saa qui démissionne à son tour le 31 décembre. Le 2 janvier 2002, le Congrès élit le sénateur péroniste Eduardo Duhalde à la présidence de la République.
Le président Eduardo Duhalde fait approuver le 2 janvier par le Congrès la "loi d'urgence économique" qui impose la dévaluation de 29% du peso le 6 janvier et supprime la parité avec le dollar, instaurée en 1991.
Le Plan économique anticrise du 3 février 2002 prévoit le rétablissement du peso comme monnaie nationale, le flottement de la monnaie et l'assouplissement des restrictions bancaires instaurées en décembre 2001. Le 11 février, l'Argentine réinstaure le marché libre des changes.

Le 5 mars le Congrès argentin approuve le budget d'austérité qui prévoit un déficit de 3 milliards de pesos (1,5 milliard de dollars) pour tenter de répondre aux exigences du FMI. Le président Eduardo Duhalde espère obtenir une nouvelle aide de 20 à 25 milliards de dollars pour sortir le pays de la crise économique et enrayer une situation sociale explosive.
L'ancien ministre de l'économie, Domingo Cavallo est mis en détention le 3 avril. Il est soupçonné d'avoir participé à des ventes illégales d'armes à la Croatie et à l'Equateur, entre 1991 et 1995. Ces deux pays étaient à l'époque frappés d'un embargo par les Nations unies.
Le Parlement rejette le projet de loi élaboré par le ministre de l'économie Jorge Remes Lenicov qui démissionne le 23 avril. Ce projet visait à remplacer les économies des titulaires de comptes bancaires par des bons d'Etat, pour éviter la banqueroute et l'effondrement du système financier.
A la suite de nouvelles négociations avec le FMI, le G7 et la Banque mondiale et devant leur refus d'un nouveau prêt, l'Argentine s'enfonce dans la crise, après quatre années de récession.

Mis à jour le 25/02/2005

 

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