Conférence de Bretton Woods

Conférence de Bretton Woods.

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1-22 juillet 1944

Sous l'égide des Nations unies, 45 pays réunis à Bretton Woods, adoptent un régime de changes fixes : les accords de Bretton Woods jettent les bases d'un nouveau système monétaire international et créent le Fonds monétaire international, qui reçoit pour mandat l'équilibrage des balances des paiements, et la Banque mondiale, destinée à l'origine à la reconstruction de l'Europe dévastée par la seconde guerre mondiale.

16 octobre 1945

Création de la FAO (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture) institution spécialisée des Nations unies, chargée d'organiser le développement mondial des ressources agricoles, d'élever le niveau nutritionnel des populations et de lutter contre la faim dans le monde.

1946

Réunion inaugurale du conseil des gouverneurs du FMI et de la Banque mondiale, en Géorgie, aux Etats-Unis. Les participants à la réunion adoptent la réglementation générale des deux institutions et établissent leur siège à Washington.

1956

- Création du Club de Paris, groupe informel de 19 pays regroupant des créanciers publics dont le rôle est de trouver des solutions aux difficultés de paiement de pays endettés.
- Création de la SFI (Société financière internationale), institution spécialisée financière appartenant au Groupe de la Banque mondiale,
chargée de favoriser le développement de l'investissement privé dans les pays en développement.

1960

Création de l'AID (Association internationale de développement), institution spécialisée financière appartenant au Groupe de la Banque mondiale, qui doit permettre aux pays les plus pauvres, qui n'ont accès à aucun marché de capitaux, de bénéficier de prêts à taux quasi-nul sur une durée de 35 à 40 ans. 

1961

Création du Comité d'aide au développement (CAD), principal organe de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) en matère de développement. Il compte 23 pays membres.

1962

- Création du Groupe des Dix, initié lors de la conférence sur les problèmes monétaires tenue à Vienne en 1961. Il se compose des ministres des finances et gouverneurs des banques centrales de dix pays industrialisés (Allemagne, Belgique, Canada, France, Etats-Unis, Italie, Japon, Pays-Bas, Royaume-Uni, Suède) auquels se joindra la Suisse, et détermine les orientations de la coopération monétaire internationale au sein du FMI.
- Les Accords généraux d'emprunts du FMI entrent en vigueur. Les pays du G10 acceptent de prêter 6 milliards au FMI, pour aider à court terme certains pays.

1963

Création au sein du FMI du mécanisme de financement compensatoire, destiné à aider les pays touchés par les effets d'une baisse temporaire de leurs recettes d'exportation.

30 décembre 1964

Création de la CNUCED (Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement). Forum intergouvernemental qui réalise des travaux de recherche et d'expertise et offre une assistance technique aux pays en développement, notamment aux pays les moins avancés, la CNUCED vise à intégrer les pays en développement dans l'économie mondiale.

22 novembre 1965

Création du PNUD (Programme des Nations unies pour le développement), principal organe d'assistance technique des Nations unies et responsable du réseau de développement de l'ONU. Il publie annuellement un Rapport sur le développement humain qui classe notamment les pays selon l'Indicateur de développement humain (IDH).

14 octobre 1966

Création du CIRDI (Centre international pour le règlement des différents relatifs aux investissements). Organisme autonome au sein du groupe de la Banque mondiale, c'est une instance d'arbitrage indépendante dans les litiges entre gouvernements et investisseurs privés.

17 novembre 1966

Création de l'ONUDI (Organisation des Nations unies pour le développement industriel). Devenue une institution spécialisée en 1986, elle doit promouvoir et aider le développement industriel des PED, avec une priorité vers les pays les plus pauvres.

1969

Le FMI crée le droit de tirage spécial (DTS), à titre d'instrument de réserve international, pour compléter les réserves existantes des pays membres (avoirs officiels en or et en devises, et positions de réserve au FMI). Le DTS, qui sert d'unité de compte au FMI et à un certain nombre d'autres organismes internationaux, est aujourd'hui évalué sur la base d'un panier de grandes monnaies (dollar, euro, livre sterling et yen). 

1971

L'ONU définit une nouvelle catégorie de pays, baptisés PMA, pays les moins avancés, dans le but de les faire bénéficier de mesures d'aide plus favorables, dans le domaine du financement du développement, et dans le cadre du commerce multilatéral. Les PMA correspondent à une catégorie définie par la CNUCED sur la base de trois critères : le PIB (produit intérieur brut) par habitant, la part des industries manufacturières dans le PIB et le taux d’alphabétisation. Le groupe des PMA, qui ne recensait que 25 pays à sa création en 1971, en compte 49 en 2004, dont 34 en Afrique.

Août 1971

Les Etats-Unis abrogent la convertibilité du dollar en or. Deux éléments principaux du système de Bretton Woods, le système des parités fixes et la convertibilité officielle du dollar en or et en d'autres avoirs de réserve, cessent d'exister.

Novembre 1971

Constitution du Groupe des Vingt-quatre, par le Groupe des Soixante-dix-sept (qui rassemble les pays en développement aux Nations unies), afin de contrebalancer le Groupe des Dix (pays industrialisés) et coordonner la position des PED au sein du FMI.

1974

- Etablissement du mécanisme élargi de crédit au sein du FMI pour accorder une aide à moyen terme aux pays en proie à des problèmes de balance des paiements.
- Création du Comité intérimaire du FMI et du Comité de développement de la Banque mondiale.
- La valeur du DTS (droit de tirage spécial) , calculée à l'origine en or, est redéfinie sur la base d'un panier de monnaies, qui se compose du dollar, de l'euro, de la livre sterling et du yen.

1975

Le premier sommet des pays industrialisés, est organisé à l'initiative du Président français Valéry Giscard d'Estaing, à Rambouillet. Six pays participent au sommet : l'Allemagne, les Etats-Unis, la France, l'Italie, le Japon et le Royaume-Uni, qui seront rejoints par le Canada en 1976 et constituent alors le Groupe des Sept (G7). Au programme figuraient les désordres monétaires internationaux et la crise pétrolière.

Janvier 1976

Les Accords de la Jamaïque, conclus par le Comité intérimaire du FMI, entérinent le nouveau système des changes flottants avec l'abandon officiel des changes fixes.

13 juin 1976

Suite à la Conférence mondiale sur l'alimentation de 1974, création du FIDA (Fonds international de développement agricole), qui a pour mission de fournir des moyens financiers très favorables aux pauvres des régions rurales.

22-23 octobre 1981

Conférence au sommet sur le nouvel ordre économique international réunie à Cancun (Mexique), à l'initiative du président français F. Mitterrand.

Août 1982

Crise de la dette : le Mexique suspend le règlement du service de sa dette extérieure (80 milliards de dollars). La crise se propage aux autres pays en développement (dette totale : 780 milliards de dollars). Les Etats-Unis, la BRI et le FMI accordent 8 milliards de dollars de prêts d'urgence conditionnés par l'adoption de mesures d'ajustement structurel.

22 septembre 1985

Le groupe des sept pays les plus industrialisés signe les Accords du Plazza pour faire baisser le dollar, entérinant une baisse de 50% par rapport aux deux autres monnaies de réserve, le yen et le deutschmark.

9 octobre 1985

A l'initiative du secrétaire d'état américain James Baker, les pays riches décident un plan d'allègement des créances publiques bilatérales, pour les pays gravement endettés qui entreprennent un programme d'ajustement, dit Plan Baker.

1986

Création de la facilité d'ajustement structurel (FAS) par le FMI, pour les pays en développement à faible revenu.

1987

La facilité d'ajustement structurel renforcée (FASR) du FMI remplace la FAS. Elle est destinée à fournir des ressources aux pays membres à faible revenu qui adoptent des programmes de politique économique jugés efficaces, d'une durée de trois ans.

12 avril 1988

Création de l'AMGI (Agence multilatérale de garantie des investissements), institution spécialisée financière appartenant au Groupe de la Banque mondiale, chargée de faciliter les investissements privés productifs dans les pays en développement en assurant la couverture des risques.

10 mars 1989

Devant l'insuccès du Plan Baker sur la dette des PED, le FMI, sur proposition du secrétaire américain au trésor, Nicholas Brady, adopte le Plan Brady : selon ce plan, les institutions internationales et les gouvernements prêtent de l'argent aux pays endettés pour leur permettre de racheter les créances dévalorisées que les banques commerciales cèdent sur le marché secondaire avec une forte décote.

Mai 1990

Le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement) crée un nouvel outil de mesure du développement, l'Indicateur de développement humain (IDH), qui combine trois éléments :
- l'espérance de vie à la naissance,
- le niveau d'instruction, mesuré par le taux d'alphabétisation des adultes (pour 2/3) et le taux brut de scolarisation tous niveaux confondus (pour 1/3),
- le revenu, mesuré par le PIB réel par habitant.

3-14 juin 1992

Le 1er sommet de la terre réuni à Rio de Janeiro (Brésil) sous les auspices des Nations unies lie la notion d'environnement et de développement et développe le concept de développement durable.

4-6 octobre 1994

49ème Assemblée générale du FMI et de la Banque mondiale à Madrid. Le cinquantenaire est marqué par le refus des pays industrialisés d'augmenter les moyens financiers du FMI et par des manifestations de la coordination des ONG contre "la tyrannie" des organisations monétaires.

Décembre 1994

Crise monétaire mexicaine : dévaluation du peso de 14%, suivie d'une chute de 40% par rapport à novembre 1994. Le FMI accorde au Mexique 17,8 milliards de dollars de prêts d’urgence, niveau sans précédent jusqu'alors. La crise se propage dans les "pays émergents".

1er janvier 1995

Entrée en vigueur à Genève, de l'OMC (Organisation mondiale du commerce, WTO World Trade Organization), qui succède au GATT. Elle a quatre missions principales : arbitrer les conflits commerciaux entre Etats, contrôler les accords de libre-échange mis en place par l'Acte final de l'Uruguay Round, élargir les champs du libre-échange à de nouveaux domaines par l'ouverture de cycles de négociations et faire le bilan des politiques commerciales des États membres.

Juin 1995

- Création d'un mécanisme financier d'urgence au sein du FMI.
Doté d'environ 50 milliards de dollars, le fonds d'urgence dont la création est appuyée par le G7 doit faire face aux crises financières internationales. Il est entériné lors de la 50ème Assemblée générale en octobre.

1-3 octobre 1996

Lors de la 51ème Assemblée générale, à Washington, les institutions financières internationales adoptent officiellement l'initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PTTE), destinée à permettre aux pays les plus pauvres de négocier la réduction partielle de leur dette envers les institutions financières internationales, en échange de réformes économiques. Le FMI est doté de moyens financiers accrus pour faire face aux crises du type crise monétaire mexicaine de décembre 1994.

Février 1997

Le CAD (Comité d'aide au développement) de l'OCDE observe la plus forte diminution de l'aide publique au développement depuis son institutionnalisation : 0,27% du PNB en moyenne pour les 21 pays du CAD en 1995, contre l'objectif de 0,7% fixé par l'ONU en 1970.

Juillet 1997

La crise financière asiatique débute en Thaïlande avec la chute du baht thaïlandais. La crise se poursuit en Asie, notamment en Indonésie et en Corée du Sud. En 1997-98, le FMI débloque des prêts d'un montant exceptionnel de plus de 36 milliards de dollars.

20-25 septembre 1997

52ème Assemblée annuelle à Hong Kong. Accord sur une augmentation du capital du FMI qui sera porté à 288 milliards de dollars afin de renforcer ses moyens d'intervention lors de crises financières. Suite à la crise financière asiatique, le FMI créé la Facilité de réserve supplémentaire (FRS).

Août-septembre 1998

Crise financière russe. Au printemps 1998, la conjonction d'une baisse des cours mondiaux du pétrole et de la crise financière asiatique plongent la Russie, fragilisée par son important déficit public, dans une crise financière, puis économique. Malgré une aide de 22,6 milliards de dollars accordée le 13 juillet par le FMI, la Banque mondiale et le Japon, le gouvernement est contraint le 17 août de dévaluer le rouble, qui aura perdu 27% de sa valeur le 2 septembre.

Janvier 1999

Crise monétaire brésilienne : dévaluation du réal brésilien de 9%, puis flottement de la monnaie, qui perdra en quelques jours environ 40% de sa valeur.

Juin 1999

Création, lors du 25ème sommet du G7 à Cologne (Allemagne), du Groupe des Vingt (G20), forum de réflexion sur les finances mondiales. Il regroupe le G7, l'Union européenne et douze pays émergents : Afrique du Sud, Arabie saoudite, Argentine, Australie, Brésil, Chine, Corée du Sud, Inde, Indonésie, Mexique, Russie, Turquie.

8 mars 2000

Publication du rapport au Congès américain de la Commission consultative sur les institutions financières internationales, dite Commission Meltzer. Le rapport, très critique sur le FMI et la Banque mondiale, préconise une réforme urgente.

Septembre 2000

Le rapport 2000 de la Banque mondiale "Combattre la pauvreté" préconise l'accès des plus pauvres aux besoins essentiels (emploi, eau, santé...) et la participation des populations les plus défavorisées aux décisions politiques.

6-8 septembre 2000

Sommet du millénaire de l'ONU, 2000

Sommet du millénaire de l'ONU, 2000.

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Sommet du Millénaire de l'ONU. Adoption d'une Déclaration du Millénaire ainsi que des Objectifs du Millénaire pour le développement, nouvelle charte internationale du développement à l'horizon 2015.

25-30 janvier 2001

1er Forum social mondial, réuni à Porto Alegre (Brésil). Il se termine sur un mot d'ordre d'annulation de la dette des pays en développement.

9-14 novembre 2001

Après l'échec de la Conférence de Seattle en 1999, la quatrième conférence ministérielle de l'OMC (Organisation mondiale du commerce) réunie à Doha, au Qatar, lance un nouveau cycle de négociations commerciales multilatérales baptisé "Agenda du développement".

Décembre 2001

Eclatement de la crise financière argentine. Le FMI refuse d'accorder à L'Argentine une aide de 1,3 milliard de dollars. Selon le FMI qui a débloqué 20 milliards de dollars en 2001, l'Argentine n'a pas respecté le programme de réformes économiques. Le 6 janvier 2002 : suspension de la parité peso-dollar, correspondant à une dévaluation d'environ 29%.

18-22 mars 2002

Conférence des Nations unies sur le financement du développement à Monterrey (Mexique). Les pays du Sud déplorent la modestie des ambitions du communiqué final dit "Consensus de Monterrey" (document PDF - 178 Ko) qui ne prévoit aucun engagement précis des pays industrialisés, et préconise le recours aux investissements privés et au libre-échange. Lors de cette conférence, l'Union européenne annonce une augmentation de son aide qui devra passer de 0,33% du PIB à 0,39% en 2006, les Etats-Unis limitant leur objectif à une augmentation de 0,10% à 0,13% de leur PIB.

26 août-4 septembre 2002

Sommet mondial des Nations unies sur le développement durable à Johannesburg (Afrique du Sud). Le 3ème sommet de la terre, dix ans après le sommet de Rio de juillet 1992, se termine par l'adoption d'un Plan d'action et d'une Déclaration finale jugés decevants.

20-24 septembre 2003

58ème Assemblée annuelle du FMI et de la Banque mondiale à DubaÏ (Emirats arabes unis). Après l'échec de la conférence de l'OMC à Cancun, les ministres des finances des pays en développement appellent à un rééquilibrage de leur représentation au sein des conseils d'administration du FMI et de la Banque mondiale.

10 octobre 2003

Réunion du Groupe des vingt-deux (G22) à Buenos Aires, qui rassemble des pays émergents dont la Chine, l'Inde et le Brésil, hostiles aux subventions agricoles. Le Groupe, constitué à l'occasion de la conférence de l'OMC, a contribué à l'échec de la conférence de Cancun.

13-18 juin 2004

CNUCED XI, la onzième Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement se réunit à Sao Paulo (Brésil) sur le thème "Cohérence entre les stratégies nationale et internationale du commerce et du développement”.
Les 192 pays membres de la CNUCED, adoptent une déclaration finale (Document PDF - 361 Ko) appelant au soutien international à la diversification de la production et du commerce des pays en développement (PED). Ils décident le lancement d'un cycle de négociations commerciales entre PED, parallèlement au cycle de Doha, mené au sein de l'OMC et au point mort depuis l'échec de la conférence de Cancun en septembre 2003.

18 novembre 2004

Lancement de l'Année internationale du microcrédit : sous l'égide des Nations unies, 2005 est décrétée Année internationale du microcrédit. Ce projet vise à lutter contre la pauvreté dans le monde, en élargissant l'accès des populations pauvres au microfinancement et à la création de microentreprises et à améliorer le niveau de vie des populations les plus démunies.

14-16 septembre 2005

Sommet mondial de l'ONU à New York. Dans le document final du sommet, les Etats membres réaffirment les objectifs du Millénaire du développement qui visent notamment à réduire de moitié l'extrême pauvreté et la faim dans le monde d'ici à 2015 et réaffirment le "Consensus de Monterrey", adopté en 2002 à la Conférence internationale sur le financement du développement, qui exhorte les pays développés qui ne l'ont pas encore fait à consacrer 0,7% de leur PIB à l'aide publique au développement.

24-25 septembre 2005

60ème Assemblée annuelle du FMI et de la Banque mondiale, à Washington. Les gouverneurs de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international approuvent la proposition avancée par les pays du G8 d'annuler les 40 milliards de dollars de dettes contractées par 18 pays pauvres très endettés (PPTE) auprès du FMI, de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement. Le débat sur la réforme du FMI, qui porte notamment sur le renforcement du poids des économies émergentes tels le Brésil, l'Inde, la Chine et la Corée du Sud, est relancé sans parvenir à un consensus.

Octobre 2007

Selon le rapport 2008 de la Banque mondiale sur le développement dans le monde, intitulé "L'agriculture au service du développement", la Banque mondiale recommande de placer l'agriculture au centre des politiques de développement, pour pouvoir atteindre l'objectif de réduction de moitié d'ici 2015 de la population vivant dans une extrême pauvreté et souffrant de la faim. Elle reconnaît avoir négligé ce secteur au sein de sa politique de développement, notamment en matière d'investissements.

19-22 octobre 2007

62ème Assemblée annuelle du FMI et de la Banque mondiale, précédée de la réunion du Groupe des Sept (G7) à Washington. 62 ans après sa création, le FMI connaît de sérieuses difficultés tant financières que structurelles. Le Fonds, dont les principales recettes provenaient des intérêts des prêts consentis aux pays en difficulté, est confronté à une crise de financement, du fait du remboursement anticipé de leurs dettes par les pays tels que la Russie, le Brésil ou le Nigéria. Par ailleurs, face au mécontentement grandissant des pays pauvres et des pays émergents, il est contraint de s'engager à finaliser en avril 2008 la réforme en cours des droits de vote qui doit permettre une meilleure représentativité des pays émergents, et notamment celle de la Chine. Lors de la réunion préliminaire du G7 (Groupe des sept principaux pays industrialisés), le 19 octobre, les ministres des finances demandent à la Chine de réévaluer le yuan, dans un contexte de faiblesse du dollar, de flambée des prix du pétrole (aux environs de 90 dollars le baril) et de risque de récession américaine suite à la crise du crédit immobilier (subprimes).

10-13 octobre 2008

La crise financière internationale appelant une "action urgente et exceptionnelle", le groupe des sept principaux pays industrialisés adopte le 10 octobre, un plan d'action en cinq points : sauvetage de tout établissement financier important (les Etats-Unis acceptant d'utiliser une partie des 700 milliards de dollars du plan Paulson pour des nationalisations partielles), restauration du fonctionnement du crédit, garantie des dépôts aux épargnants, rétablissement du marché immobilier, et apport des capitaux nécessaires aux banques. Le plan est soutenu le 11 octobre par le G20, qui réunit les pays riches et émergents, puis par le Comité du Fonds monétaire international, au nom des 185 Etats membres du FMI.

15 novembre 2008

Les dirigeants du G20 (les pays industrialisés du G7, l'Union européenne et douze pays émergents), réunis à Washington, adoptent un plan d'action en six points pour lutter contre la crise financière internationale, dont les mesures concrètes, notamment en matière de régulation des marchés financiers, sont reportées à un prochain sommet en avril 2009, date à laquelle le président américain Barack Obama aura pris ses fonctions. Le FMI, qui devra être "profondément réformé de manière à refléter de façon plus appropriée l'évolution des poids économiques" des différents pays, sera chargé de la surveillance de l'application des normes élaborées par le Forum de stabilité financière (FSF) qui doit s'élargir aux grands pays émergents. L'Inde et le Brésil se félicitent du nouveau rôle du G20 -créé en 1999 à la suite des crises financières asiatique et russe- qui pourrait, selon eux, supplanter le G7 pour traiter des grands dossiers économiques internationaux.

1er-2 avril 2009

Le sommet du G20 (Groupe des Vingt) à Londres se termine par l'annonce d'un programme global de 1 100 milliards de dollars destiné à restaurer la croissance, les échanges et l'emploi à l'échelle mondiale. Le communiqué prévoit d'affecter 500 milliards de dollars supplémentaires aux réserves de liquidités du FMI (Fonds monétaire international), portant ainsi à 750 milliards de dollars la réserve destinée à aider les pays les plus touchés par la crise. 250 milliards de dollars seront alloués aux droits de tirage spécial (DTS) du Fonds, et 250 milliards à un programme de relance du commerce international, destiné aux entreprises exportatrices. Enfin, 100 milliards de dollars supplémentaires seront consacrés aux banques multilatérales de développement, afin de renforcer leur capacité de prêt. Concernant les paradis fiscaux, l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) publie le même jour, à la demande du G20, une liste noire comprenant quatre pays (Costa Rica, Malaisie, Philippines et Uruguay). Ceux-ci en sont retirés le 7 avril, après avoir pris l'engagement de respecter les normes internationales sur le secret bancaire. Enfin, le Forum de stabilité financière, créé en 1999 à l'initiative du G7 (Groupe des sept principaux pays industrialisés) suite à la crise financière asiatique, est remplacé par un nouveau Conseil de stabilité financière. Il travaillera avec le FMI pour identifier les risques économiques et financiers et les mesures nécessaires pour y faire face.

24-25 septembre 2009

Lors du Sommet du Groupe des Vingt sur la situation financière internationale, à Pittsburgh (Etats-Unis), les dirigeants présents décident de transformer le G20 en "Forum principal pour la coopération économique internationale", le G8, ne traitant plus, lui, que des questions diplomatiques. Sur la réforme du Fonds monétaire international, un accord est trouvé pour transférer, avant 2011, 5% des droits de vote - 3% pour la Banque mondiale- des pays riches les plus surreprésentés (notamment la Belgique, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et la France) vers les pays émergents sous-représentés, comme la Chine, la Turquie et la Corée du Sud. La réforme des quotes-parts et des droits de vote décidée en avril 2008 n’est toutefois pas encore entrée en vigueur, faute de ratification par un nombre suffisant de parlements nationaux.

6-7 octobre 2009

Le FMI et la Banque mondiale tiennent leur assemblée annuelle à Istanbul, en Turquie. Les 186 Etats membres confirment l'engagement pris lors du sommet du G20 à Pittsburgh (Etats-Unis) en septembre 2009, de transférer 5% des quotes-parts du FMI et 3% de celles de la Banque vers les économies émergentes, mais il reste à négocier d'ici à 2011 la nouvelle répartition des droits de vote, notamment pour les pays surreprésentés. Par ailleurs, le Fonds n'a pas encore réuni les 500 milliards de dollars qui lui ont été promis en avril 2009 par ses Etats membres, afin de tripler ses ressources.

25 avril 2010

Réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale à Washington, consacrées notamment à la crise financière grecque. Le FMI donne son accord le 9 mai pour un prêt d'urgence à la Grèce de 30 milliards d'euros sur trois ans dont 5,5 milliards disponibles immédiatement. La Banque mondiale parvient à tenir l'engagement du G20 pris en septembre 2009, de transférer au moins 3% des voix des pays riches vers les pays émergents. Ces derniers obtiennent 47,19% des droits de vote : ainsi, la Chine passe de 2,77 à 4,42%, le Brésil de 2,06 à 2,24% ou encore l'Inde de 2,77 à 2,91%. La Banque s'accorde également sur une augmentation de capital qui est porté à 85,8 milliards de dollars. Le Fonds monétaire international, quant à lui, n'a toujours pas fait entrer en vigueur le transfert des droits de vote sur lequel ses États membres s'étaient mis d'accord aux réunions de printemps de 2008.

20-22 septembre 2010

Réunis au siège de l'ONU pour le Sommet sur les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), les Etats membres adoptent une Déclaration renouvelant leurs engagements sur ces Objectifs. Ils estiment qu’en dépit de progrès insuffisants, des avancées ont néanmoins été constatées depuis l'adoption en 2000 de la Déclaration du millénaire. Celle-ci énumérait les OMD : réduction de moitié de la pauvreté extrême dans le monde d'ici 2015, promotion de l'éducation, de l'égalité des sexes et de la santé maternelle, lutte contre la mortalité infantile, le sida et le paludisme, et préservation de l'environnement. Toutefois, à cinq ans de la date butoir, près d'un quart de la population mondiale vit encore sous le seuil de pauvreté, un milliard de personnes n'ont pas accès à l'eau potable et 2,5 milliards à des services d'assainissement de base. Un milliard de personnes souffrent de la faim, alors que la planète comptera en 2050 9 milliards d'habitants. 70 millions d'enfants demeurent non scolarisés. Au dernier jour du sommet, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, lance l’initiative "Stratégie mondiale pour la santé des femmes et des enfants", qui recueille 40 milliards de dollars de promesses de dons.

8-10 octobre 2010

Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale, à Washington. La question des taux de change domine les débats souvent vifs entre pays émergents et pays avancés lors de ces réunions qui se tiennent en présence de 187 ministres des finances des Etats membres du FMI. Les changes sont, en effet, devenus ces derniers mois une source croissante de tensions, certains grands pays développés s'irritant du refus de certains pays émergents de laisser s'apprécier leur monnaie, comme la Chine ou encore le Brésil et la Corée du Sud, qui prennent des mesures pour freiner les flux de capitaux étrangers attirés par les performances économiques de ces pays. Le Conseil monétaire et financier international (CMFI), qui regroupe 24 grands argentiers, dont tous ceux du G20, et qui constitue l'instance d'orientation du FMI, se voit confier la mission de renforcer son rôle de surveillance des monnaies. Dans on communiqué final, il appelle le Fonds à "approfondir son travail" en matière de flux de capitaux et de fluctuations des taux de change, "y compris par des études détaillées pour contribuer à accroître l'efficacité des politiques". La Banque mondiale, de son côté, annonce l'élection d'un troisième représentant pour l'Afrique à la tête de son conseil d'administration composé désormais de 25 sièges, permettant aux pays en développement d'en contrôler une majorité.

11-12 novembre 2010

Sommet du G20 à Séoul en Corée. Les dirigeants du Groupe des Vingt se quittent sur un accord à minima sur les taux de changes et les déséquilibres économiques, reflet des vives tensions entre les Etats-Unis et la Chine sur le yuan et le dollar. Ils rejettent également les dévaluations compétitives. Enfin, ils reportent à 2011 la réforme du système monétaire international. Par ailleurs, les dirigeants du G20 approuvent la réforme du Fonds monétaire international (FMI) décidée le 6 novembre 2010 par le conseil d'administration du Fonds. Aux termes de cet accord, 6% des droits de vote seront transférés des Etats développés vers les pays émergents dynamiques, faisant de la Chine la troisième puissance et accroissant l'influence de puissances comme l'Inde, le Brésil et la Russie.

28 juin 2011

Les 24 membres du conseil d'administration du Fonds monétaire international désignent par consensus Christine Lagarde à la tête de l'organisation. Préférée à l'autre candidat, Agustin Carstens, gouverneur de la Banque centrale mexicaine, elle sera à compter du 5 juillet 2011 la première femme à ce poste et succède au Français Dominique Strauss-Kahn, contraint de démissionner le 19 mai après une accusation de tentative de viol et d'agression sexuelle contre une femme de chambre d’origine guinéenne, le 14 mai à l'hôtel Sofitel de New York. La directrice générale devra traiter plusieurs dossiers urgents, notamment celui de la dette grecque, avec la négociation d'un deuxième plan de sauvetage de la Grèce, et celui de la réforme du Système monétaire international.

23-25 septembre 2011

Les assemblées annuelles du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale s'ouvrent sur fond de nouvelle dégringolade des places financières mondiales. Lors de la réunion du G20, le 23 septembre, les pays les plus puissants de la planète s'engagent à soutenir la croissance, à mettre en œuvre des plans de consolidation budgétaire crédibles, et à assurer aux banques les liquidités nécessaires au financement de l'économie, sans toutefois parvenir à aplanir leurs divergences. Ils accroissent leur pression sur l'Europe pour qu'elle mette fin à une crise de la dette qui menace l'économie mondiale. Six pays membres du G20 (Australie, Canada, Corée du Sud, Indonésie, Mexique et Royaume-Uni) appellent la zone euro à agir rapidement pour résoudre la crise de la dette. La zone euro tente, de son côté, de rassurer ses partenaires en démentant les rumeurs de faillite imminente d'Athènes. La directrice générale du FMI, Christine Lagarde, soutient le plan du président américain Barack Obama pour l'emploi (estimé à 447 milliards de dollars), et salue également l'effort des pays engagés dans la baisse de leur déficit budgétaire.

15 octobre 2011

A l'appel planétaire "Tous unis pour un changement global " lancé par le mouvement des "indignés", 951 villes dans 82 pays répondent par des rassemblements de protestations contre les marchés financiers et les banques, ainsi que contre les plans d'austérité imposés aux peuples. De Tokyo à Toronto, de Melbourne à Stockholm, de Genève à Lima on retrouve les mêmes mots d'ordre. Les manifestations drainent plusieurs dizaines de milliers de personnes, avec un succès inégal selon les pays. Au Portugal, en Espagne, les "indignés" se regroupent en masse, avec un demi-million de personnes à la Puerta del Sol à Madrid, où le mouvement a commencé le 15 mai 2011, et 600 000 à Barcelone. En Italie, le mouvement est marqué par des violences lors des manifestations à Rome.

3-4 novembre 2011

Le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement des vingt principales puissances économiques de la planète est dominé par la crise de la zone euro : tout d'abord mobilisé autour de la dette grecque, il s'achève par le cas de l'Italie, qui est finalement placée sous la surveillance du Fonds monétaire international. Le G20 s'achève sur un communiqué appelant chaque pays à prendre des mesures en faveur de la croissance. Les pays du G20 s'engagent à donner à l'avenir au FMI toutes les ressources nécessaires pour lui permettre de faire face aux crises financières les plus graves, sans toutefois chiffrer ces moyens ni les inscrire dans un calendrier. Le fonds disposera cependant d'un nouvel outil anti-crise, des "lignes de crédit de précaution et de liquidités". Par ailleurs, les 29 plus grandes banques du monde, dont quatre françaises, feront l'objet d'un contrôle accru de la part des autorités de régulation et devront porter leur niveau de capitaux propres entre 8 % et 9,5 % de leurs engagements, au lieu des 7 % réglementaires, d'ici à 2013. En ce qui concerne la mise en place d'une taxation des transactions financières qui continue de faire l'objet de l'opposition américaine, aucune avancée n'est constatée. Sur la question de la lutte contre les paradis fiscaux, le communiqué final mentionne onze pays, dont la Suisse et le Liechtenstein, qui ne disposent pas d'un cadre juridique suffisant pour lutter contre la fraude fiscale. Enfin, si le sommet de Cannes n'entérine pas la proposition française de création d'un secrétariat permanent du G20, il est, en revanche, décidé d'institutionnaliser une troïka, sur le modèle européen, rassemblant les trois pays qui se suivent à la tête du G20, en l'occurrence la France, le Mexique et la Russie.

22 novembre 2011

Le conseil d'administration du FMI annonce avoir approuvé la création d'une "Ligne de précaution et de liquidité" (LPL), une mesure qui avait été décidée le 4 novembre 2011, lors du sommet du G20 à Cannes. Ce dispositif mettra à disposition des Etats membres un crédit pour couvrir leurs besoins d'urgence, afin d'enrayer le risque de contagion des crises économiques et financières. Il remplace une autre mesure créée en août 2010, la Ligne de crédit de précaution. La LPL peut être accordée pour des périodes allant de six mois à deux ans pour répondre à des besoins de court terme, comme par exemple ceux de l'Italie, confrontée à une montée des taux d'intérêt auxquels elle doit financer sa dette publique. Le FMI a par ailleurs créé un "Instrument de financement rapide" qui permet de répondre, avec un seul versement, à des besoins comme les catastrophes naturelles ou la reconstruction après un conflit. 

16 avril 2012

L'Américain Jim Yong Kim est nommé président de la Banque par le conseil d'administration. Il succédera à Robert Zoellick pour un mandat de cinq ans, à partir du 1er juillet. Sa nomination perpétue la tradition, pourtant contestée par les pays en développement, qui donne aux Etats-Unis la présidence de la Banque mondiale et à l'Europe le poste de directeur général du FMI.

20-22 avril 2012

Réunions de printemps à Washington. Une quarantaine d'Etats sur les 188 membres du Fonds monétaire international acceptent d'apporter plus de 430 milliards de dollars soit un doublement de la capacité de prêt du Fonds. Trois pays membres du G20 refusent d'y participer : les Etats-Unis, premier actionnaire du FMI, le Canada, et le Mexique. Le Soudan du Sud, indépendant depuis le 9 juillet 2011, devient le 188ème Etat membre du FMI et de la Banque mondiale.

Mis à jour le 22/04/2012

 

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