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introduction

[Côte d'Ivoire : une succession manquée ], pour plus d'information, consulter la description longue en dessous de cette illustration

A Abidjan, en novembre 2010, un quotidien incite les Ivoiriens à aller voter et condamne la violence
Photo Sia Kambou © AFP

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Ce devait être un jour historique : la première élection présidentielle ouverte à tous les candidats depuis l'indépendance de la Côte d'Ivoire, en 1960. Mais depuis le scrutin présidentiel du 31 octobre 2010 (1er tour) et du 28 novembre 2010 (2e tour), le pays vit au rythme de l'affrontement entre le Président sortant Laurent Gbagbo et son concurrent Alassane Ouattara déclaré vainqueur par la Commission électorale indépendante.

A l'origine des crises à répétition que connaît la Côte d'Ivoire depuis dix-sept ans se trouve la succession manquée de Félix Houphouët-Boigny, père de l'indépendance, décédé en 1993 après trente-trois ans de règne sans partage. En effet, depuis des décennies, Henri Konan Bédié, Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, héritiers présomptifs du premier Président ivoirien et principaux acteurs politiques du pays s'allient puis s'opposent dans un jeu politique à géométrie variable qui a conduit la Côte d'Ivoire au bord du gouffre.

Les années de pouvoir de F. Houphouët-Boigny, fondées sur la florissante économie du cacao, rimaient avec paix et prospérité, même si la dégradation économique et sociale du fleuron de l'Afrique de l'Ouest avait commencé bien avant 1993. Mais depuis cette date, la Côté d'Ivoire n'a plus connu d'embellie. Du boycott de l'élection présidentielle de 1995 à l'introduction du concept "d'ivoirité" par le président Henri Konan Bédié, du coup d'Etat de 1999 à la rébellion armée (2002-2006), du scrutin présidentiel contesté de 2000 aux reports répétés du suivant (2005, 2007, 2008), les blocages politiques se sont multipliés. Et, alors que les Ivoiriens fatigués de cette interminable guerre de succession aspirent à la paix, le jeu politique des trois héritiers ne fait qu'entretenir les divisions politiques, sociales et ethniques.

En octobre-novembre 2010, Henri Konan Bédié, Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara se lancent dans la course présidentielle comme dans un affrontement final pour l'héritage du père de la nation. Depuis le deuxième tour du scrutin le 28 novembre 2010, Laurent Gbagbo, lui-même longtemps écarté du pouvoir par des pratiques peu démocratiques, refuse de céder la place à son adversaire Alassane Ouattara. Ce dernier, exclu des scrutins précédents en raison du concept controversé "d'ivoirité", est déclaré vainqueur par les organisations panafricaines et les Nations unies. Un bras de fer s'installe au risque d'une nouvelle guerre civile.

Mis à jour le 01/06/2011

 

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