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Le rôle de L'ONU et de l'Union européenne

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Les Nations unies et la question chypriote

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki Moon, avec la Force de maintien de la paix, sur la zone tampon séparant la zone Nord et la zone Sud, Ni...

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki Moon, avec la Force de maintien de la paix, sur la zone tampon séparant la zone Nord et la zone Sud, Nicosie, février 2010.

© ONU

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La communauté internationale plaide depuis longtemps pour une solution au problème chypriote. Le Conseil de sécurité de l'ONU vote ainsi régulièrement une résolution sur la situation à Chypre, soulignant la nécessité de parvenir à un « règlement global fondé sur une fédération bicommunautaire et bizonale et sur l'égalité politique, conformément à ses résolutions pertinentes ».
L'ONU est également présente à Chypre par le biais de l'UNFICYP (Force des Nations unies chargée du maintien de la paix à Chypre) déployée dès 1964 à la suite des violences intercommunautaires et dont les prérogatives furent étendues en 1974. En 2010, elle compte 927 hommes originaires de vingt pays.
Les secrétaires généraux successifs des Nations unies se sont souvent personnellement impliqués dans le dossier chypriote. C'est particulièrement vrai de Kofi Annan qui, à l'approche de l'adhésion de Chypre à l'Union européenne, proposa un plan de réunification.

Ban Ki Moon, rencontre Dimitris Christofias (à g.), President de la Republique de Chypre, et le responsable chypriote turc Mehmet Ali Talat, à Nic...

Ban Ki Moon, rencontre Dimitris Christofias (à g.), President de la Republique de Chypre, et le responsable chypriote turc Mehmet Ali Talat, à Nicosie, février 2010

© ONU

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Le secrétaire général actuel Ban Ki Moon s'est rendu à Chypre en février 2010 pour redonner de l'élan aux négociations soutenant, après l'échec du plan de 2004, une solution "chypriote" émanant des deux communautés elles-mêmes. Il encourage notamment la série de discussions entre le président de la République de Chypre, Demetris Christofias, et le nouveau dirigeant chypriote turc, Dervis Eroglu, portant sur le problème des propriétés foncières dont la résolution est l'une des clés du processus de réunification mais aussi de la réconciliation nationale.
Sur place, il est représenté par son conseiller spécial pour Chypre, l'Australien Alexander Downer, et par la représentante spéciale de l'ONU à Chypre et chef de l'UNFICYP, l'Américaine Lisa Buttenheim.

L'Union européenne, Chypre et la Turquie

Drapeaux de la République de Chypre et de l’Union européenne

Drapeaux de la République de Chypre et de l’Union européenne.

© Union européenne

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Au sein de l'Union européenne, l'incompréhension a pu l'emporter après le rejet en 2004 du plan Annan par les Chypriotes grecs. Ces derniers ont fait l'objet d'un certain nombre de critiques lors de leur adhésion. La Commission européenne a notamment déclaré, le 26 avril 2004, qu'elle regrettait « profondément que la communauté chypriote grecque n'ait pas approuvé le plan de règlement global du problème de Chypre », le commissaire européen à l'Elargissement Günther Verheugen allant jusqu'à déclarer que l'Europe avait été « bernée » par les Chypriotes grecs.

Sur ce sujet, consulter l'article "Chypre : les enjeux européens d'un conflit gréco-turc" de Christophe Chiclet, membre du comité de rédaction de Confluences Méditerranée, président de l’association Balkans-Transit, publié dans la revue de La Documentation française, La Turquie et l'Europe Questions internationales n° 12, mars-avril 2005

La question chypriote et le processus d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne

Alors que tout règlement du problème chypriote passe nécessairement par la Turquie puisqu'aucune décision importante en RTCN (République turque de Chypre du Nord) ne se prend sans l'aval d'Ankara, réciproquement, le destin européen de la Turquie est irrémédiablement lié à la question chypriote. Il est notamment peu probable que la Turquie puisse entrer dans l'Union européenne sans en reconnaître tous les Etats membres, y compris la République de Chypre.

  • Partenaire ancien de l'Union européenne avec laquelle elle a signé un accord d'association dès 1963, connu sous le nom d'Accord d'Ankara, la Turquie a officiellement fait acte de candidature en 1987.
  • En 1989, la Commission européenne a cependant émis un avis négatif en invoquant des motifs à la fois économiques et politiques, et en rappelant la nécessité de parvenir à une Chypre unie, indépendante, souveraine et dont l'intégrité territoriale serait respectée.
  • L'occupation par l'armée turque du tiers de l'île a également pesé dans la décision du Conseil européen de 1997 d'ouvrir les négociations d'adhésion à l'ensemble des pays candidats, excepté la Turquie à laquelle il fut notamment demandé d'apporter un soutien plus ferme aux négociations menées sous l'égide de l'ONU en vue de parvenir à un règlement politique de la question chypriote.
  • En décembre 1999, le Conseil européen d'Helsinki a finalement reconnu la vocation de la Turquie à rejoindre l'Union européenne, une fois remplis les critères d'adhésion dits de Copenhague. La Turquie s'est alors lancée dans un ambitieux programme de réformes, notamment par le biais de plusieurs révisions constitutionnelles.

Vue d’Istanbul

Vue d’Istanbul

© CE

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  • En 2004, le gouvernement turc a choisi, contre l'avis de l'armée, de soutenir le plan Annan. Prenant compte de ces avancées et sur avis de la Commission, le Conseil européen de Bruxelles de 2004 a donc décidé d'ouvrir les négociations en octobre 2005, sous réserve que la Turquie signe le protocole additionnel à l'Accord d'Ankara visant à étendre ce dernier aux nouveaux membres, dont Chypre. La Turquie a réagi en publiant une déclaration unilatérale dans laquelle elle précisait que cette extension ne valait pas reconnaissance de la République de Chypre. En conséquence, en décembre 2006, le Conseil européen a annoncé le gel de huit chapitres des négociations d'adhésion ayant trait à la mise en œuvre du protocole. Chypre bloque également deux chapitres, "énergie" et "éducation et culture".

Officiellement, Chypre ne s'oppose pas à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne. La position d'Ankara sur le sujet reste pour sa part ambiguë et nombre de dirigeants politiques turcs s'accordent pour dire qu'entre l'Union européenne et la RTCN, la Turquie choisirait cette dernière.

Les pays de l'Union européenne

Parmi les États membres de l'Union, la position à l'égard de Chypre est souvent corrélée aux relations entretenues avec Ankara. De manière générale, les Etats favorables à l'adhésion turque soutiennent une solution rapide, quand les pays plus réticents se montrent davantage attentifs aux revendications des Chypriotes grecs, notamment concernant le retrait des troupes turques de l'île.

  • La Grèce est pour sa part dans une position délicate puisque, bien qu'historiquement et culturellement liée à Chypre, elle s'efforce désormais d'être moins impliquée dans la question chypriote afin de faciliter l'amélioration de ses relations avec la Turquie, amélioration indispensable à la réduction de son budget militaire.

Entrée de la garnison d'Episkopi, dans la zone souveraine des bases britanniques à Chypre

Entrée de la garnison d'Episkopi, dans la zone souveraine des bases britanniques à Chypre.

© British Army Picture Library / British Crown Copyright

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  • Le cas du Royaume-Uni est lui aussi singulier puisque le pays est militairement présent sur l'île grâce aux deux bases souveraines d'Akrotiri et de Dhekelia qu'il a conservées après l'indépendance. Beaucoup de ressortissants britanniques sont également installés dans l'ancienne colonie de la Couronne, au Sud mais aussi au Nord où ils sont de plus en plus nombreux à investir. Ceci, parfois en toute illégalité, comme l'a rappelé l'arrêt Apostolides c/Orams rendu par la Cour de justice des Communautés européennes le 28 avril 2009, qui condamne les acquéreurs étrangers de propriétés dont les Chypriotes grecs ont été spoliés en 1974. Les relations ne sont donc pas toujours simples entre les deux pays, les Britanniques étant souvent considérés comme pro-Turcs par les Chypriotes grecs. Tout comme les Etats-Unis, le Royaume-Uni a en effet tendance à militer pour une solution rapide du problème chypriote qui faciliterait l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne.
  • Au sein du Conseil de sécurité des Nations unies, les intérêts de Chypre sont défendus par la Russie, avec laquelle les liens sont étroits du fait de la religion orthodoxe commune aux deux pays, de la présence dans la classe politique actuelle de dirigeants formés dans les pays de l'ex-URSS mais aussi parce que d'importants capitaux russes sont investis dans l'île où vit une importante communauté russe.

Mis à jour le 06/10/2011

 

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