Monument à Washington à la mémoire d’Abraham Lincoln, le 16ème président des États-Unis

Monument à Washington à la mémoire d’Abraham Lincoln, le 16ème président des États-Unis.

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C'est la Constitution américaine de 1787 qui, en même temps qu'elle définit les pouvoirs du Président, fixe son mode de désignation. L’élection présidentielle est une élection à deux degrés : le président des États-Unis n’est pas élu au suffrage universel direct, il l’est par un collège de grands électeurs.

Ce corps intermédiaire indépendant est un héritage de l’histoire américaine : pour les Constituants américains en effet, les États-Unis étaient une République avant d’être une démocratie. A l’origine, l’élection du président était confiée aux citoyens les plus éclairés et les plus vertueux : les grands électeurs. Ce système a perduré jusqu’à nos jours, en dépit d’une évolution profonde de la société américaine.

La désignation des grands électeurs relève de la compétence exclusive de chaque État fédéré qui en fixe les règles. Il en découle un système complexe et qui se déroule en plusieurs étapes : des délégués à l'échelon local sont tout d'abord désignés par les électeurs au cours de « caucus » ou d'élections primaires.

En vigueur dans une dizaine d'États, le caucus est un comité électoral qui rassemble les militants politiques d'un parti pour désigner des délégués. Dans le cadre d'un système de caucus en plusieurs étapes, les militants locaux (c'est-à-dire à l'échelle d'un bureau de vote) choisissent, au cours de petites assemblées électorales, les délégués qui les représenteront dans les réunions au niveau du comté, puis du district. Ces réunions permettront à leur tour de désigner les délégués qui seront envoyés à la convention nationale du parti. Le premier caucus (traditionnellement celui de l'Iowa) a eu lieu le 3 janvier 2008.

Organisées dans une quarantaine d'États, les primaires constituent l'autre mode de sélection des délégués qui participeront aux conventions nationales. Il existe deux sortes de primaires : chaque citoyen, quelle que soit son obédience politique, peut participer aux primaires dites « ouvertes » : un électeur inscrit sur la liste d'un parti pourra ainsi participer à la désignation du candidat d'une autre formation. En revanche, pour les primaires dites « fermées », seuls peuvent voter les électeurs inscrits sur la liste du parti. Dans le respect de la tradition, c'est l'État du New Hampshire qui a ouvert la série des primaires, le 8 janvier 2008.

Au terme des caucus et des primaires qui ont permis de désigner leurs délégués, chacun des partis organise durant l'été qui précède l'élection présidentielle une convention nationale. La convention nationale est à la fois le dernier acte d’une campagne interne au parti et le coup d’envoi de la véritable bataille pour l’élection. C'est au cours de ces conventions que les délégués investissent officiellement leurs candidats à la présidence et à la vice-présidence (le « ticket »). Le choix du vice-président obéit à deux critères : il est représentatif d'une autre tendance du parti et d'une autre région que le candidat à la présidence. Par ailleurs, c'est au cours des conventions nationales que les délégués votent le programme (platform) de leur parti.

Le Capitole à Washington.

Le Capitole à Washington.

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C'est donc par choix successifs et élimination des candidats les plus faibles qu'ont été désignés au cours de l'année 2008 les champions des deux principaux partis. La convention nationale du Parti démocrate réunie à Denver (Colorado) du 25 au 28 août 2008 a désigné le ticket Barack Obama-Joseph Biden, celle du Parti républicain rassemblée du 1er au 4 septembre 2008 à Minneapolis-St Paul (Minnesota) le ticket John McCain-Sarah Palin.

Dernière étape de la course à la Maison-Blanche, le président et le vice-président sont élus le 4 novembre 2008 pour quatre ans par le collège des grands électeurs au suffrage universel indirect : les États-Unis étant une fédération, on ne décompte en effet pas les voix au niveau national (comme c'est le cas en France), mais au niveau de chaque État. Chaque État a droit à autant de grands électeurs qu'il a de représentants au Congrès (435 représentants, 100 sénateurs et trois électeurs pour le District de Columbia).
 Tous les États n’ont pas le même poids dans le collège des grands électeurs : les voix de la Californie (55 votes) comptent plus que celles des treize États les moins peuplés. Des États comme New York (31 votes), le Texas (34), la Floride (27) ou l’Illinois (21) pèsent particulièrement lourd dans le résultat.

Ce sont donc 538 grands électeurs désignés au suffrage universel direct (dans chaque État, le « ticket » gagnant à la majorité relative obtient la totalité des grands électeurs) qui sont chargés d'élire le président. Leur mandat étant quasi impératif, dès l'instant où l'ensemble du collège est élu (le 4 novembre 2008), on connaît le nom du futur président, bien que son élection officielle n'ait lieu qu'en décembre et sa prise de fonction en janvier suivant.

A noter enfin que le collège des grands électeurs n’existe qu’à l’occasion de la fonction qu’il est appelé à remplir et uniquement pour celle-ci. Pour les Constituants américains, le caractère éphémère de ce collège et la décentralisation de ses activités au niveau de chaque État apparaissaient comme autant de garanties empêchant de possibles déviations, notamment la confiscation du pouvoir par un groupe d’individus ou par un État.

Mis à jour le 16/11/2011

 

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