Jérusalem, vers la Porte de Damas

Jérusalem, vers la Porte de Damas.

© Alexandra Novosseloff

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Dans Questions internationales n° 28, Jeremy Allouche (docteur en relations internationales et chercheur invité au MIT) propose un panorama de la société israélienne et souligne ses évolutions récentes. Extrait :

« La société israélienne peut être définie de deux manières : ou bien l’on considère tous les habitants en Israël comme faisant partie de la société israélienne, ou bien l’on définit la société israélienne comme la communauté juive. Cette question est primordiale, et reste à ce jour équivoque. Les penseurs sionistes avaient imaginé que leur projet d’État juif était tout à fait compatible avec les tenants d’une démocratie. Au demeurant, comme le prévoit la déclaration d’Indépendance, “l’État d’Israël assurera la plus complète égalité sociale et politique à tous ses habitants sans distinction de religion, de race ou de sexe […] nous demanderons aux habitants arabes de l’État d’Israël de préserver la paix et de prendre leur part dans l’édification de l’État sur la base d’une égalité complète de droits et de devoirs et d’une juste représentation dans tous les organismes provisoires et permanents de l’État”.

D’un autre côté, Israël a été conçu comme un État pour les juifs, ce qui, d’une certaine manière, exclut les autres groupes ethniques, nationaux ou religieux de ce projet national. Plusieurs sondages confirment cette vision de l’État israélien. La quasi-totalité des personnes interviewées considère en effet comme important ou très important de conserver la spécificité juive de l’État israélien. Une très large majorité de la population estime donc que la société israélienne ne peut exister sans une majorité juive. D’autres études ont montré que la judéité de l’État israélien est la valeur la plus importante pour les Israéliens, avant la paix, la démocratie et Eretz Israel (les terres d’Israël). La sécurité du territoire israélien dans ses limites actuelles et la balance démographique constituent les principales préoccupations des Israéliens, loin devant l’incorporation des territoires occupés. La judéité de l’État et de la société apparaît dans les sondages comme une valeur apolitique et universelle. La question primordiale est donc de savoir dans quelle mesure les autres groupes ethniques, nationaux ou religieux font partie intégrante de la société israélienne ».

Mis à jour le 13/08/2008

 

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