Le World Trade Center de Tel Aviv

Le World Trade Center de Tel Aviv.

© Alexandra Novosseloff

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Dans Questions internationales n° 28, Sarah Bliah-Hadar (économiste, diplômée de l’université Bar-Ilan de Tel-Aviv et de l’université hébraïque de Jérusalem) consacre un article à l’économie israélienne. Extrait :

« Le système économique qui a présidé aux premières années d’Israël se caractérisait par une intervention massive de l’État et une idéologie de type socialiste. Le strict dirigisme économique impliquait tous les secteurs de la vie économique et avait pour fonction la mise en place d’infrastructures économiques, la défense du pays en temps de guerre et l’intégration d’une immigration massive de populations. L’État-providence, l’État interventionniste et un syndicalisme puissant ont alors contribué à l’émergence d’un secteur public important et d’une lourde bureaucratie.

Par la suite, la structure économique du pays a subi une profonde mutation, l'État-providence s’effaçant derrière les associations privées pour la prise en charge de toute une partie des problèmes sociaux. Cette transformation est liée à une réduction des dépenses publiques et à un processus de privatisation des entreprises publiques entamé il y a près de dix ans. (...)

L’économie israélienne est aujourd’hui celle d’un pays développé postindustriel : l'agriculture est un secteur hautement productif, équipé de technologies nouvelles et bénéficiant de recherches à haut niveau. Les services regroupent 77,2 % des actifs. L'industrie, y compris l'eau et l'électricité, occupe 15,7 % de la population active, le bâtiment et les travaux publics 5,3 %.

Israël occupe le 23e rang mondial (sur 177 pays) en termes d’indice de développement humain. Le PIB par habitant est de plus de 24 000 dollars soit un niveau comparable à celui des pays riches et développés. La période récente a été caractérisée par une croissance très soutenue. Les indicateurs de croissance sont très positifs, et la tendance n'a pas été remise en cause par la deuxième guerre du Liban durant l'été 2006. (...)

Cependant, la poursuite de la tendance actuelle risque de causer des dommages structurels à l'économie, de nature à remettre en cause ses fondements mêmes. La poursuite des restrictions budgétaires va aggraver le sort des couches de la population les plus défavorisées. La crainte des délocalisations d'entreprises, de la fuite des capitaux et des cerveaux explique une politique fiscale et budgétaire qui a pour effet d'exclure toute une partie de la population des secteurs économiques performants et, ce faisant, de créer des besoins en matière d'aide sociale. Pour pérenniser son avantage relatif, l'État d'Israël doit désormais trouver le moyen de poursuivre une politique libérale de croissance, tout en corrigeant efficacement les actuelles tendances à la paupérisation et au renforcement des inégalités ».

Mis à jour le 13/08/2008

 

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