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Introduction

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En Europe, les années 1990 succédant à la Guerre froide ont été marquées par deux évolutions concomitantes mais divergentes : d’une part, les pays d’Europe centrale et orientale se sont engagés dans un processus de transition et les institutions euro-atlantiques se sont ouvertes dans le but de mettre en place un ordre de paix pan-européen ; d’autre part, les Balkans ont subi quatre guerres qui ont déstabilisé l’Europe du Sud-Est dans son ensemble. Et si la guerre au Kosovo (1998-1999) a fini par recentrer son attention sur cette partie du continent, elle a aussi mis en évidence que l’Europe n’était pas en mesure de faire face à un conflit de ce type, comme l’avait déjà montré la guerre en Bosnie. Bref, l’Union européenne (UE) a dû prendre conscience que l’avenir du continent se jouait aussi dans les Balkans.

Les efforts entrepris par Bruxelles depuis 1996 pour mettre en place une politique à l’égard des pays des Balkans ont été couronnés de succès, car les outils créés se sont montrés adaptés aux problèmes spécifiques de la région, aidés en cela par les alternances démocratiques en Croatie (décès du président croate Franjo Tudjman en 1999) et en Serbie (renversement du président Slobodan Milosevic en octobre 2000) qui ont permis à ces pays d’être plus perméables à l’influence de l’UE.

Les politiques européennes spécifiques dans cette région ont été induites par la nécessité de stabiliser la région. Leurs lancements ont ainsi coïncidé avec la paix (« l’approche régionale » de 1996 après l’accord de paix de Dayton) ou avec la guerre (le Pacte de stabilité pour l’Europe du Sud-Est et le processus de stabilisation et d’association, en 1999 après la guerre au Kosovo).

C’est au Conseil européen de Feira en juin 2000 puis au Conseil européen de Nice en décembre 2000, que les pays des Balkans occidentaux se sont vu reconnaître pour la première fois le statut de « candidats potentiels » et offrir une « perspective réelle d’adhésion ». Une double évolution est alors intervenue : la construction de la paix développée par la communauté internationale s’est progressivement muée en une approche visant, à terme, une intégration européenne. Dans le même temps, l’UE a procédé à une « européanisation » des sorties de crise. Elle a ainsi tenté conjointement de renforcer la politique européenne de sécurité et de défense (PESD) par le déploiement de missions militaires et de police, et cherché à forger des instruments adaptés à la préparation des futures adhésions des pays balkaniques.

Depuis le 1er janvier 2007, les six pays des Balkans occidentaux apparaissent comme un îlot entouré d’Etats membres. Leur objectif politique le plus urgent est l’adhésion à l’UE et pour l’atteindre, ils se trouvent confrontés à des défis capitaux. L’UE constitue le moteur des processus de transition politique et économique, garantissant non seulement l’irréversibilité des réformes, mais également la paix et la stabilisation après des années de guerre. L’intégration de cette région signifiera l’achèvement de l’unité territoriale européenne au nord de la Méditerranée, mais, au sein de l’UE, la politique d’élargissement bute sur l’évaluation de la capacité d’absorption des institutions européennes, ainsi que sur la relative lassitude des opinions publiques après les adhésions de douze pays en 2004 et 2007. Pour les populations des Balkans occidentaux, la perspective d’adhésion représente toutefois le seul espoir de trouver un régime de croissance rapide leur permettant de rejoindre à terme le niveau de vie des pays riches, et de sauvegarder la paix et les libertés garanties par les institutions européennes.

Mis à jour le 01/02/2008

 

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