Sur le territoire de la Yougoslavie socialiste, la dépression a été foudroyante à partir de 1991, les guerres qui ont accompagné sa disparition ayant eu de graves conséquences économiques dans toute la région.
A partir de 2000, la croissance s'est rétablie à peu près partout à un rythme de l'ordre de 5 % par an. En Serbie, au Monténégro, au Kosovo et en Macédoine, les niveaux de vie moyens sont toutefois, à l'heure actuelle, toujours nettement plus bas qu'il y a une vingtaine d'années.
Alors que les pays des Balkans occidentaux ont un désir d'Europe très fort, le niveau de développement de leurs économies est bien inférieur à celui des pays membres de l'Union européenne.

Des économies fragiles

Agriculture et services

Marché à Gracanica, Kosovo

Marché à Gracanica, Kosovo, 2006.

© ONU /F. Limani

Agrandir l'image

Dans les pays les plus riches de l'UE, l'agriculture ne représente aujourd'hui que 2 à 3 % de la population active, et les services de 70 à 75 %. Pour les pays des Balkans occidentaux, les chiffres moyens sont de l'ordre de 25 % de la population active dans l'agriculture et 50 % dans les services. Il faut souligner l'avance de la Croatie sur les autres pays, avec moins de 10 % de la population active employée dans l'agriculture, et 65 % dans les services. Quant au transfert vers le secteur privé de pans de l'activité économique contrôlés autrefois par l'Etat, les pays des Balkans occidentaux ont un taux de privatisation de 60 % en moyenne et donc un retard d'une dizaine d'années sur les pays d'Europe centrale et orientale entrés dans l'UE en 2004.

Investissements étrangers

Un autre facteur clé de la transition économique concerne les investissements directs étrangers (IDE) d'origine occidentale. Depuis 1999, les pays des Balkans occidentaux ont attiré en moyenne beaucoup moins d'IDE que les nouveaux Etats membres, mais davantage que la Bulgarie et la Roumanie. Sur ce point aussi, la Croatie est en avance : elle a drainé au moins quatre fois plus d'IDE (notamment en provenance de l'Allemagne) que ses voisins du Sud en proportion de la population.

Emploi

Par ailleurs, les taux moyens du chômage sont élevés allant de 14-15 % en Croatie et en Albanie, 20 % en Serbie, plus de 25 % au Monténégro, jusqu'à 30 % en Bosnie-Herzégovine et 40 % au Kosovo. Le manque d'emploi est un problème clé de la région aussi bien sur le plan politique qu'économique et social. La situation économique au Kosovo est peu encourageante, le PIB (produit intérieur brut) per capita étant estimé à 1 100 euros environ en 2005, bien en-dessous de la moyenne régionale.

Les aides européennes : les programmes d'assistance financière

Les pays des Balkans occidentaux sont le dernier maillon d'un marché unique achevé. Et nulle part en Europe, le besoin en aides provenant du budget de l'UE ne paraît aussi pressant. Les programmes européens d'aide à la reconstruction, qui existent depuis 2001, n'ont pu, en raison de montants modestes, avoir un impact bien visible. A titre comparatif, les dépenses de l'UE en faveur des nouveaux Etats membres (adhésions de 2004 et de 2007) comptant 105 millions habitants, représentent en moyenne, dorénavant, une injection annuelle de 1,5 % à 2 % de leur PIB. Il n'existe encore rien de comparable pour les pays des Balkans occidentaux, pour lesquels, ces dernières années, les aides communautaires ont plafonné aux environs de 500 à 600 millions d'euros par an, soit à peine 0,4 % du PIB total des pays de l'ensemble de la région, comptant 21 millions d'habitants.

2000-2006 : le programme communautaire d'assistance à la reconstruction, au développement et à la stabilisation (CARDS)

Réhabilitation de la bibliothèque nationale de Bosnie-Herzégovine

Réhabilitation de la bibliothèque nationale de Bosnie-Herzégovine.

© CE/D. Vekic

Agrandir l'image

Lancé officiellement en décembre 2000 après le départ de la scène politique du président de la République fédérale de Yougoslavie, Slobodan Milosevic, le programme CARDS était doté de plus d'un milliard d'euros pour sa première année de fonctionnement. Mais son enveloppe globale a ensuite été réduite d'année en année, et ne représentait qu'un peu plus de 500 millions d'euros en 2006. Le soutien apporté aux économies de la région, qui atteignait à l'origine près de 0,9 % de leur PIB, est tombé à moins de 0,4 % en 2006. Le programme CARDS s'arrête en 2007/2008, avec la fin de la période budgétaire 2000-2006, en même temps que les programmes de pré-adhésion consacrés aux pays d'Europe centrale et orientale (PHARE, ISPA, SAPARD).

2007-2013, l'instrument d'aide de préadhésion (IPA)

Entré en vigueur le 1er janvier 2007, l'instrument de préadhésion IPA rassemble en un seul outil ciblé tous les mécanismes de soutien à la préadhésion, pour les années 2007-2013. Ouvert aux pays candidats comme aux candidats potentiels, il opère une distinction entre les uns et les autres. Les pays candidats reçoivent une aide relative à la préparation de leur adhésion, c'est-à-dire aux efforts faits pour satisfaire les critères d'adhésion, alors que celle versée aux candidats potentiels est fixée selon les conditions qui avaient été définies dans le programme CARDS.

Principaux indicateurs socio-économiques des pays d'Europe centrale et orientale

Principaux indicateurs socio-économiques des pays d'Europe centrale et orientale

Agrandir l'image

Source : Le Courrier des Pays de l'Est, n° 1062, juillet-août 2007

Mis à jour le 01/02/2008

 

Autres contenus apparentés

Ressources complémentaires