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Introduction

[Immigration et politique migratoire en France], pour plus d'information, consulter la description longue en dessous de cette illustration

Légende : Réfugiés, Joachim Lutz, 1942.
© Wikimedia Commons

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Les migrations internationales prennent une ampleur inédite dans le monde contemporain. Au moment où des centaines de milliers de réfugiés affluent aux frontières de l’Europe, la France – le plus ancien pays d’immigration du continent – s’interroge sur sa capacité, voire  sur sa volonté à accueillir de nouveaux citoyens, avec l’intégration des immigrés comme antienne politique.

Une France ouverte à la mondialisation, concernée comme ses voisins européens par une arrivée massive de demandeurs d’asile ? En 2015, 80 000 migrants environ ont choisi de déposer une requête de protection dans l’Hexagone contre 65 000 en 2014, selon les données de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA). 31,5 % de ces migrants ont été reconnus comme pouvant bénéficier de la Convention de Genève ou de la protection subsidiaire, les deux formes de protection qu’offre la France. Pour la première fois, les Syriens sont arrivés en tête et ont obtenu quasiment tous la délivrance du statut.

Depuis quelques années, les flux d’entrées sur le territoire national sont croissants.  D'un peu moins de 184 000 titres de séjour délivrés en 2008, le nombre est passé à près de 210 000 en 2014. Le motif "économique" est peu fréquent (20 000 entrées par an). Le regroupement familial, privilégié par la loi française depuis 1974, est le cas le plus fréquent (92 000 en 2014). En effet, l’arrêt de l’immigration de travail salarié décidé par l’État en 1974 a accéléré le regroupement familial des non-Européens, peu nombreux à retourner dans leurs pays, alors que les Européens bénéficiaient progressivement de la liberté de circulation, d’installation et de travail.

Alors que la France était parmi les pays les plus attractifs avant 1975, elle a cédé beaucoup de terrain depuis les années 1980. Rappelons que dès la seconde moitié du XIXe siècle, l’Hexagone a bénéficié d’une immigration de masse venue combler les pénuries de main-d’œuvre. L’instauration d’une "carte d’identité d’étranger", par un décret d’avril 1917, a d’ailleurs été une première expérience en Europe d’une identification ciblée de tous les résidents étrangers sur le sol national, et a marqué une étape fondamentale dans l’histoire du contrôle de l’immigration en France. Par ailleurs, l’usage du terme "immigré", au détriment de celui d’"étranger", s’est généralisé depuis le milieu du XXe siècle pour désigner l’immigration de main-d’œuvre.

Alors que cette dernière est d’abord perçue comme une population n’ayant pas vocation à s’installer durablement en France, l’arrêt de l’immigration de travail a permis aux immigrés présents sur le territoire français de faire venir, depuis les années 1980, leurs familles. L’immigré est alors devenu un habitant de la cité. Ce mouvement a fait naître une réflexion sur sa place au sein de la société et sur les liens qu’il tisse avec elle, puis sur la cohésion d’ensemble de cette dernière. Qu’en est-il du désir des arrivants de faire leur la langue, les valeurs, les usages du pays d’accueil ? Quelle  place ce dernier  fait-il  – ou pas – à la diversité, la perçoit-il comme un enrichissement ?

Le désir d’intégration naît avant tout d’une nation désirable. L’intégration désigne alors l’unité de la société, la réaffirmation d’une identité collective mais également son renouveau porté par des revendications nouvelles, un équilibre recherché entre permanence et variation, certitude et incertitude, identité et différence. Dans ce contexte, le blocage des mécanismes d’intégration, l’accroissement des inégalités,  les inquiétudes quant aux valeurs partagées, la crise de la citoyenneté, la désaffection à l’égard du politique, sont autant de facteurs qui affaiblissent la force d’intégration de la nation.

Mis à jour le 18/03/2016

 

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