Vers une récupération nationale ?

"La situation économique, telle qu'elle se dessine en 2003, fait apparaître plusieurs constats, et d'abord une amélioration sensible par rapport à 2001 et 2002, voire par rapport aux années précédentes. Pour la première fois depuis longtemps, l'Argentine respecte certains équilibres macroéconomiques de base : l'inflation est ainsi contenue en dessous de 3%, dans un contexte de fluctuation des changes. L'Etat dispose en outre d'un excédent primaire sans précédent pour le pays. Certes, des questions non résolues demeurent, notamment sur le plan de la dette contractée vis-à-vis des agents privés.

Casa Rosada (palais présidentiel). Le président Néstor Kirchner après son investiture

Casa Rosada (palais présidentiel). Le président Néstor Kirchner après son investiture.

© Presidencia de la Naciòn Argentina

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Du point de vue de l'activité économique, on peut rappeler qu'après une chute très forte du PIB, l'activité retrouve un rythme de redémarrage, permis notamment par le très bon niveau d'équipement du pays, favorisé par la parité entre le peso et le dollar. Du point de vue du commerce extérieur, les exportations ont crû de plus de 15 % en 2003 par rapport à 2002. Les importations ont connu une évolution comparable, à partir toutefois d'une année de référence marquée par l'effondrement brutal des importations, devenues impossibles en raison de la crise économique.

Aujourd'hui, l'excédent économique atteint un niveau important, à près de 9 milliards de dollars pour les neuf premiers mois de l'année. Sur le plan monétaire et financier, le peso a récupéré à ce jour environ 25 % de sa valeur et pourrait progresser encore, si des interventions de la Banque centrale argentine ne limitaient sa progression afin de préserver la compétitivité des produits argentins. Depuis mai 2002, les finances publiques ont amorcé leur redressement, notamment grâce à une collecte fiscale améliorée par les exportations et grâce à la sévérité de la puissance publique vis-à-vis des contribuables solvables - tandis que par ailleurs une action volontariste est menée vis-à-vis des ménages connaissant les plus grandes difficultés, leur permettant ainsi de survivre."

Source : Nathalie Coppinger, chef des services économiques du Cône Sud, Colloque Sénat-CFCE L'Argentine : espoirs et sortie de crise, 4 décembre 2003.

Pour en savoir plus

> Sgard Jérôme, la dette argentine et le déclin du FMI, La lettre du CEPII, n° 241, janvier 2005, 4 p.

La relance du Mercosur

Le Marché commun du Sud, Mercosur pour les hispanophones, Mercosul pour les lusophones, a pour objectif la libre circulation des biens, des services et des facteurs de production, ainsi que l’établissement d’un tarif extérieur commun. Institué le 26 mars 1991 par le Traité d’Asuncion signé par le Brésil, l’Argentine et le Paraguay, il est entré en vigueur en 1995.

Le Mercosur en chiffres

Le Mercosur en chiffres

2000

Population en millions

PIB en milliards de dollars

Espérance de vie

Indicateur de développement humain

Argentine

36

28

73 ans

34

Brésil

170

595

67 ans

73

Paraguay

5

7

69 ans

90

Uruguay

3

20

74 ans

40

Total

214

907

-

-

Source : PNUD

Vers une relance ?

Les pays du Mercosur

Les pays du Mercosur.

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"Le Traité d'Assomption du 26 mars 1991 institue le Marché commun du Cône Sud entre l'Argentine, le Brésil, le Paraguay et l'Uruguay. Le Chili et la Bolivie en sont membres associés.
Après deux années de crise, notamment dues aux difficultés économiques qui ont exacerbé les tentations unilatéralistes des membres, les chances d'une relance du Mercosur semblent aujourd'hui réunies. Après l'élection du Président Luiz Inacio Lula da Silva qui a fait du Mercosur la priorité de la politique extérieure brésilienne, le nouveau président argentin, Nestor Kirchner et le nouveau président paraguayen, M. Nicanor Duarte Frutos, ont fait part de leur volonté de renforcer l'intégration régionale.
Pourrait ainsi être repris l'agenda de "relance du Mercosur" visant à parfaire l'intégration. Cet agenda, défini en 2000, couvrait de nombreux chantiers que le Mercosur doit encore mettre en œuvre.

L'institutionnalisation

Entité intergouvernementale fonctionnant avec une présidence tournante semestrielle, le Mercosur a fait le choix d'une faible institutionnalisation. Mais les pays, y compris le Brésil longtemps réticent, ont vu la nécessité d'un renforcement pour rendre plus effective l'intégration. Ils ont ainsi créé le Tribunal permanent afin de dépolitiser le système de règlement des différends (Protocole de Olivos du 18 février 2002 qui doit encore être ratifié par le Brésil et le Paraguay). Le secrétariat du Mercosur a été renforcé mais des contraintes budgétaires en limitent encore les effets. Un des défis du Mercosur reste l'intégration dans les législations nationales des normes Mercosur (33 % aujourd'hui).

Le marché intérieur

Le libre-échange au sein du Mercosur doit encore être complété, notamment en définissant un régime pour le sucre, produit pour lequel le Brésil a une compétitivité sans concurrence et qui a suscité des mesures protectionnistes de ses partenaires (mesure antidumping argentine).
Le secteur automobile reste également soumis à un régime particulier de commerce administré régi par un coefficient d'équilibre des échanges. Un accord entre le Brésil et l'Argentine signé en septembre 2002, après de longues discussions, fixe le déséquilibre possible entre les importations et les exportations à 1 pour 2 en 2002, coefficient progressivement augmenté en vue de l'instauration du libre-échange en 2006. Par ailleurs, les pays déplorent également des barrières au commerce intra-zone (plus de quatre-vingts barrières identifiées en 2001). Le marché intérieur devait être complété par la libéralisation du secteur des services et des marchés publics mais les discussions connaissent aujourd'hui une pause.

L'union douanière

Le TEC (tarif extérieur commun) ne couvre aujourd'hui que deux tiers des produits du bloc. Le Mercosur est contraint de le redéfinir, notamment dans la perspective des négociations externes (ZLEA Zone de libre-échange des Amériques, Union européenne-Mercosur).
Un des premiers enjeux sera la question du renouvellement de l'exemption qui a permis à l'Argentine de baisser les droits sur les biens d'équipement (en vigueur jusqu'en juin), le Brésil préférant des flexibilités limitées.

La convergence macroéconomique

Les pays se sont fixés comme objectif le respect de certains indicateurs : un objectif d'inflation de 5% jusqu'à 2005 (repoussé jusqu'à 2006 lors du Sommet Mercosur des 5 et 6 décembre 2002) puis de 4%, une réduction globale de la dette publique, un déficit budgétaire n'excédant pas 3% du PIB. Alors que l'abandon de la dollarisation du peso argentin rend désormais possible cette convergence, a été créé un institut monétaire chargé d'analyser les conditions de création d'une monnaie commune, objectif qui reste cependant de long terme.

Au-delà de ces questions d'ordre commercial et économique, les nouveaux présidents ont annoncé leur ambition de renforcer la dimension politique et sociale du Mercosur. Ce renforcement du Mercosur est impératif pour que le bloc conserve son identité et une unité alors qu'il entend nouer des liens préférentiels plus denses au sein de l'hémisphère, avec la CAN (Communauté andine), dans le cadre de la ZLEA (Zone de libre-échange des Amériques) voire avec les Etats-Unis."

Source : Tardieu-Smith Marie-Cécile, Vers une relance du Mercosur, Revue Amérique latine n° 4, mai 2003, Ministère de l'économie, des finances et de l'industrie, DREE / Trésor

VERS UN ACCORD D'ASSOCIATION UNION EUROPEENNE - MERCOSUR
• L'Union européenne et le Mercosur ont entamé des négociations concernant un accord d'association en juin 1999. L'accord comprend trois volets : politique, coopération et commerce, et économie.
• Les négociations commerciales visent l'élimination des droits de douane sur une partie importante des échanges. L'offre de l'Union européenne prévoit l'élimination des droits pour 91% des importations communautaires originaires du Mercosur. Dans le même temps, l'Union bénéficiera de l'élimination des droits de douane proposée par le Mercosur, puisque les exportateurs de l'UE font face actuellement à des droits de douane pouvant atteindre 35% sur leurs exportations vers le Mercosur.
• L'Union européenne est le premier partenaire commercial du Mercosur et représente 25% de l'ensemble des échanges du groupe régional, elle absorbe notamment environ la moitié de toutes les exportations agricoles du Mercosur. Entre 1980 et 2002, les importations dans l'Union européenne en provenance du Mercosur ont augmenté en moyenne de 5% par an et le commerce entre l'Union européenne et le Mercosur a représenté environ 40 milliards d'euros en 2002. 

Mis à jour le 25/02/2005

 

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