Le FRETILIN :

En 1974, le Portugal se désengage de ses possessions coloniales. Le Timor oriental est secoué par les rivalités entre les groupes politiques, l'Union démocratique de Timor (UDT) l'Association populaire et démocratique de Timor (APODETI) et le Front révolutionnaire de Timor indépendant (FRETILIN).

En août 1975, le putsch tenté par l'UDT déclenche une guerre civile et le départ en hâte du gouverneur portugais et de ses troupes abandonnant leurs armements. Ce qui permit au Fretilin, mieux organisé, de s'emparer de Dili et de proclamer, en décembre 1975, l'indépendance du Timor oriental. Dix jours après, l'armée indonésienne soutenue par l'UDT et l'APODETI envahissait le Timor oriental et mettait en déroute les forces du Fretilin.

En novembre 1991, à Dili, une manifestation indépendantiste violemment réprimée et l'arrestation du principal dirigeant attirent l'attention de la communauté internationale sur Timor oriental. La guérilla trop faible face à une armée indonésienne mieux équipée, change de tactique et s'oriente vers la propagande et l'information à destination de l'étranger. En octobre 1996, deux figures de la lutte pour l'autodétermination du Timor oriental, Mgr Carlos Belo, évêque de Dili et Jose Ramos-Horta, représentant en exil de la résistance timoraise, obtiennent conjointement le Prix Nobel de la Paix.

Les manifestations des indépendantistes se multiplient en faveur d'un vote sur l'autodétermination. En octobre 1998, se tiennent à New York, sous l'égide de l'ONU, les premiers entretiens entre le Portugal et l'Indonésie sur l'autonomie du territoire.

Jose Alejandro "Xanana" Gusmão

Né en 1946, le premier président de Timor oriental a passé la moitié de sa vie en guérilla à combattre l'armée indonésienne ou en prison.

En décembre 1975, quand les troupes indonésiennes débarquent au Timor oriental après le retrait du Portugal, Xanana Gusmão est déjà engagé dans le FRETILIN. En 1976, il gagne les montagnes pour participer à la lutte armée.

Le Secrétaire général de l'ONU Kofi Annan et le Président de Timor oriental Xanana Gusmão, à Dili en mai 2002

Le Secrétaire général de l'ONU Kofi Annan et le Président de Timor oriental Xanana Gusmão, à Dili en mai 2002.

© UN/DPI

Agrandir l'image

En 1981, il devient le chef de la guérilla, constamment traqué par les Indonésiens. Il forme en 1987, le Conseil national de la résistance de Timor oriental (CNRT) regroupant tous les indépendantistes.

En 1992, il est arrêté à Dili et condamné à vingt ans de prison, qu'il purge à Cipinang près de Jakarta. En mai 1993, il est condamné à la prison à vie, sa peine est commuée par la suite en vingt ans de détention. Il continue dans sa cellule de diriger le combat pour l'indépendance. Et comme il s'adonne à la peinture et à la poésie, il se définit comme " un poète guerrier ".

En juillet 1998, le président indonésien J. Habibie propose sa libération, à condition que la communauté internationale reconnaisse le Timor oriental comme partie intégrante du territoire indonésien, avec un statut d'autonomie. En février 1999, il est transféré de prison en résidence surveillée à Jakarta .

Le 7 septembre 1999, une semaine après le vote pour l'indépendance, intervient la libération du leader indépendantiste Xanana Gusmão, accueilli en héros à Dili . Il prône la réconciliation de tous ses compatriotes et la pluralité d'opinions.

Mis à jour le 07/06/2003

 

Autres contenus apparentés

Ressources complémentaires