1994

Hôtel de ville de San Cristóbal de Las Casas (Chiapas)

Hôtel de ville de San Cristóbal de Las Casas (Chiapas) : c'est depuis le balcon que Marcos lit la célèbre "Déclaration de la Forêt lacandone", le 1er janvier 1994.

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1er janvier
L’Armée zapatiste de libération nationale (EZLN, un mouvement jusqu’alors inconnu), menée par le "sous-commandant" Marcos, se soulève dans le Chiapas, l’un des États les plus pauvres du Mexique. Elle occupe plusieurs localités dont la ville de San Cristóbal de Las Casas. Le mouvement met en avant la défense d’idéaux (liberté, justice, démocratie, etc.) et souligne la situation qui est celle des Indiens (qui n’ont accès ni à la propriété de la terre, ni aux soins médicaux, ni au travail, ni à l’éducation, etc.), notamment dans la Déclaration de la Forêt lacandone.
 
Cette insurrection se produit le jour même de l’entrée en vigueur de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), conclu entre le Canada, les États-Unis et le Mexique.

1er-12 janvier 1994
Les combats, qui opposent les rebelles et l’armée, font 193 victimes de source officielle, plus de 400 selon les insurgés. Le 12 janvier, à la suite des protestations et des critiques formulées par la communauté internationale, le président Carlos Salinas de Gortari ordonne un cessez-le-feu.

21 février 1994
Des négociations de paix sont engagées à San Cristóbal de Las Casas, entre le gouvernement et l’EZLN.

10 juin 1994
L’EZLN rejette les propositions du gouvernement. Les négociations sont interrompues.

21 juin 1994
Élections générales. Ernesto Zedillo, candidat du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI, au pouvoir depuis 1929) remporte l’élection présidentielle. Les néo-zapatistes dénoncent la fraude électorale qui, selon eux, aurait entaché l’élection du gouverneur du Chiapas.

6-7 août 1994
Organisée par l’EZLN, la Convention nationale démocratique (CND) réunit au Chiapas plus de 6 000 participants pour la plupart venus de l’étranger (militants associatifs, syndicalistes, intellectuels, etc.). Elle permet au sous-commandant Marcos de se faire connaître et de présenter ses idées sur la scène internationale.

24 décembre 1994
Mgr Samuel Ruíz, évêque de San Cristóbal de Las Casas, met en place la Commission nationale d’intermédiation (CONAI), instance médiatrice reconnue par le gouvernement, chargée de maintenir le dialogue entre celui-ci et l’EZLN.

1995-1996

9 février 1995
Le président Zedillo lance des mandats d’arrêt contre les dirigeants de l’EZLN et révèle l’identité du sous-commandant Marcos : Rafael Sebastian Guillen Vicente, ancien professeur de philosophie. L’armée pénètre pour la première fois dans la zone d’influence de la guérilla.

14 mars 1995
Création de la Commission de concorde et de pacification (COCOPA), entité parlementaire de médiation composée d’élus issus de tous les partis politiques représentés au Parlement.

27 août 1995
1 million de Mexicains participe à un "référendum" organisé par l’EZLN et toléré par les autorités. Les revendications néo-zapatistes sont approuvées à 92 %. De plus, 52 % des participants invitent le mouvement rebelle à évoluer vers un statut de parti politique.

1er janvier 1996
Formation du Front zapatiste de libération nationale (FZLN), coalition de "citoyens sans parti" engagée à défendre sur le plan politique les revendications de l’EZLN.

16 février 1996
L’EZLN et le gouvernement signent les accords de San Andrés Larraínzar sur les droits et la culture des Indiens. Ce texte reconnaît aux communautés indiennes le droit à l’autonomie et à l’autodétermination. Cette reconnaissance suppose une modification de la constitution mexicaine.

27 juillet-3 août 1996
L’EZLN organise une "Rencontre intercontinentale pour l’humanité et contre le néolibéralisme". 3 000 sympathisants mexicains et occidentaux se rendent au Chiapas à son invitation.

1er septembre 1996
Interruption du dialogue entre l’EZLN et le gouvernement. L’EZLN affirme que le gouvernement n’applique pas les accords de San Andrés. Les discussions se poursuivent entre l’EZLN et la COCOPA.

Novembre 1996
La COCOPA fait des propositions que l’EZLN accepte mais que le gouvernement refuse.

1997-1998-1999

11 janvier 1997
Le sous-commandant Marcos rejette les contre-propositions que le gouvernement a formulées par rapport aux accords de San Andrés. L’EZLN interrompt les discussions avec la COCOPA.

22 décembre 1997
45 Indiens sont massacrés par un commando paramilitaire lié au PRI (Parti révolutionnaire institutionnel), dans le village chiapanèque d’Acteal.

7 juin 1998
Démission de Mgr Samuel Ruiz, ce qui entraîne la dissolution de la CONAI.

4 août 1999
Les campements et barrages de l’armée mexicaine, installés en 1995, sont maintenus autour d’une trentaine de communautés indiennes du Chiapas.

2000

Le président mexicain Vicente Fox Quesada avec le président Jacques Chirac, lors d'une visite en France, le 2 octobre 2000

Le président mexicain Vicente Fox Quesada avec le président Jacques Chirac, lors d'une visite en France, le 2 octobre 2000.

© F. de La Mure/ Min. des Affaires étrangères Service photographique

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2 juillet 2000
Vicente Fox, essentiellement soutenu par le Parti d’action nationale (PAN, conservateur) remporte l’élection présidentielle.

20 août 2000
Pablo Salazar, candidat du PRD (Parti de la révolution démocratique, allié au PAN dans le Chiapas), est élu gouverneur du Chiapas contre le candidat du PRI.

1er décembre 2000
Entrée en fonction de V. Fox. Il ordonne le retrait partiel de l’armée des zones d’influence de l’EZLN.

5 décembre 2000
Premières mesures du nouveau gouvernement : V. Fox présente au Parlement un projet de réforme constitutionnelle (qui reprend le texte des accords de San Andrés et accorde notamment des droits aux peuples indigènes). Le sous-commandant Marcos renoue le dialogue avec les autorités.

22 décembre 2000
Début d’un processus au cours duquel le gouvernement ferme sept camps militaires établis au Chiapas et libère des prisonniers néo-zapatistes.

2001

24 février 2001
Le sous-commandant Marcos et vingt-trois chefs de l’EZLN entament une marche pacifique, ponctuée de réunions publiques, qui doit les mener depuis le Chiapas jusqu’à Mexico.

11 mars 2001
Les néo-zapatistes reçoivent un accueil triomphal sur la place du Zocalo de Mexico. L’arrivée du sous-commandant Marcos et de ses compagnons est saluée par le président V. Fox.

28 mars 2001
La délégation néo-zapatiste intervient devant le Congrès et annonce la reprise des pourparlers de paix.

1er avril 2001
Le sous-commandant Marcos regagne le Chiapas.

25-28 avril 2001
Le projet de réforme constitutionnelle du 5 décembre est amendé et approuvé par les deux chambres du Congrès fédéral. Pour entrer en vigueur, il doit être approuvé par la majorité des Etats de la fédération.

28 avril 2001
Le sous-commandant Marcos rejette le projet de réforme constitutionnelle : il estime que les amendements limitent les principes d’autonomie et d’autodétermination contenus dans les accords de San Andrés de 1996.

12 juillet 2001
La majorité requise pour que le projet de réforme puisse être inscrit dans la Constitution est atteinte après l'adoption du texte par le Congrès de l'État du Michoacan.

Mis à jour le 26/09/2001

 

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