Etats dotés de l'arme nucléaire (EDAN)

Les 5 membres permanents du Conseil de sécurité reconnus comme puissances nucléaires selon les termes de l'article IX du TNP stipulant qu'un EDAN est un Etat qui a fabriqué ou fait exploser une arme nucléaire ou tout autre engin nucléaire avant le 1er janvier 1967 : ce sont les Etats-Unis, la Russie, le Royaume Uni, la France et la Chine.

Pays dits "du seuil" ayant acquis l'arme nucléaire après cette date ou soupçonnés d'être proches

Comme l'Inde et le Pakistan considérés comme puissances nucléaires "de facto" depuis leurs essais respectifs de mai 1998 et Israël, qui n'a jamais ni reconnu ni infirmé mais qui est crédité par les experts d'un potentiel nucléaire. Ces trois pays ne sont pas signataires du TNP.

Pays qui ont développé des programmes nucléaires clandestins illégaux, ou sont soupçonnés de le faire

Ce fut d'abord l'Irak, dont le programme nucléaire, révélé dans toute son ampleur, après la première guerre du Golfe, par les inspections de l'UNSCOM et de l'AIEA, a probablement été stoppé dès le début des années 1990, les investigations menées à la suite du renversement du régime baasiste par l'intervention américaine en avril 2003 n'ayant pas apporté d'infirmation sur ce point.

C'est également la Corée du Nord qui s'est engagée à geler son programme nucléaire clandestin suite à un accord avec les Etats-Unis en 1994, mais qui en a annoncé officiellement la reprise en 2002 avant de se retirer du TNP en janvier 2003. Des pourparlers multilatéraux réunissant la Corée du Sud, les Etats-Unis, la Chine, le Japon, la Russie et la Corée du Nord ont débuté à Pékin en août 2003 sur la dénucléarisation du pays. Mais cela n’a pas empêché la Corée du nord de procéder à deux essais nucléaires, en octobre 2006 puis en mai 2009 juste après avoir annoncé son retrait des négociations à Six sur sa dénucléarisation. Le 29 février 2012, en signe d’ouverture, la Corée du Nord accepte la mise en place d'un moratoire sur ses activités nucléaires comme les lancements de missiles à longue portée, les essais nucléaires et l'enrichissement d'uranium mené dans son usine de Yongbyon. En échange elle accepte une aide alimentaire des Etats-Unis.

Quant à l'Iran, qui a admis avoir poursuivi, depuis la seconde moitié des années 1980, des programmes d'enrichissement en partie clandestins, elle a annoncé en novembre 2003 la suspension de ses opérations d'enrichissement d'uranium et signé le 18 décembre 2003 le protocole additionnel au TNP qui autorise l'AIEA à effectuer des visites inopinées des installations nucléaires. Mais en 2005, Téhéran a annoncé la reprise de ses activités de conversion d'uranium, puis à partir de 2006 une intensification de son programme nucléaire avec la mise en route de nouvelles centrifugeuses sur le site de Natanz, au centre du pays, contrevenant aux résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU. Fin 2009, elle a admis la construction d’un autre centre clandestin d’enrichissement d’uranium, près de la ville de Qom. En 2010, après la signature d’un accord avec le Brésil et la Turquie sur l’échange de son uranium faiblement enrichi contre du combustible enrichi à 20% fourni par les grandes puissances, Téhéran a aussitôt annoncé la poursuite de l'enrichissement à 20% sur son territoire et installé de nouvelles centrifugeuses plus performantes dans cette même centrale. En novembre 2011, l’AIEA a publié un rapport émettant de "sérieuses inquiétudes" concernant la nature du programme nucléaire iranien, s'appuyant sur des informations "crédibles" indiquant que Téhéran travaille à la mise au point de l'arme atomique. En 2012, après l’adoption de onze résolutions du Conseil de sécurité et de multiples sanctions de la part de la communauté internationale, le pays refuse toujours de satisfaire à ses obligations.  

La Syrie est soupçonnée d'avoir entrepris un programme clandestin, notamment la construction d'une centrale nucléaire, détruite lors d'un raid de l'armée de l'air israélienne, en septembre 2007. Selon l'AIEA, la Syrie ne coopère pas avec l'Agence pour élucider les questions posées par cette dernière sur ses activités.

D'autres pays, comme l'Algérie et la Libye ont suscité des soupçons et des interrogations. La Libye a basculé dans la quatrième catégorie puisqu'elle a admis, en 2003, avoir poursuivi le développement d'armes de destruction massive, en dévoilant notamment l'existence d'un programme clandestin de production de matières fissiles qu'elle a abandonné et démantelé depuis, sous contrôle de l'AIEA. 

Pays ayant arrêté leur programme d'acquisition de l'arme nucléaire

L'Afrique du Sud, l'Argentine, le Brésil. Les trois républiques de l'ex-URSS, l'Ukraine, la Biélorussie et le Kazakhstan qui possédaient un arsenal sur leur territoire ont renoncé à l'arme nucléaire et ont restitué leur arsenal à la Russie.

Mis à jour le 07/03/2012

 

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